AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  FAQ de MPFAQ de MP  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  





 

Aller à la page : Précédent  1, 2
 
» 1. Lead sail and a paper anchor


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Mar 9 Mai 2017 - 21:25
Trois mois plus tôt.

Les minutes s’écoulèrent ; longues, pénibles.

À chaque pas s’ajoutait sa charge de douleur et de  fatigue, et pendant l’espace d’un instant, lors d’une énième pause, Mara sentit le désespoir l’envahir. Cette île n’avait donc pas de fin ? La végétation se faisait dense et difficile à écarter ; les branches des arbustes, minces mais étonnamment fermes, lui fouettaient les mollets et les cuisses tandis que les longues feuilles raides des fougères lui entaillaient le haut du corps. À plusieurs reprises, elle crut entendre des bruissements et des craquements à proximité, mais aucune créature n’osa se montrer. Elle se sentait constamment épiée par des yeux invisibles et la sensation persista jusqu’à ce qu’elle se remette en mouvement. À bout de forces et d’idées, elle dégaina sa lame brisée. Faisant fi de ses blessures, elle s’élança en hurlant à plein poumons tout en agitant furieusement son sabre. C’était elle contre la jungle, et elle comptait l’emporter.


Sa course folle fut brève et la jeune femme déboucha finalement dans une zone où les arbres se faisaient rares et où il n’y avait qu’une herbe courte et grasse qui y poussait. Une sorte de prairie au centre de laquelle trônait un petit étang. Aveuglée par la soudaine luminosité des lieux, elle leva un bras pour se protéger du soleil. La guerrière demeura immobile, le temps de calmer les battements affolés de son cœur et de retrouver une respiration régulière. Puis, le déclic se fit dans sa tête. De l’eau. De l’eau fraîche en quantité, rien que pour elle. Marie-Anne s’avança d’un pas chancelant, traînant des pieds jusqu’à la source, et elle se laissa choir à genoux sur la berge sablonneuse.

L’étang était creux, mais clair et en se penchant au-dessus de sa surface, elle put distinguer la silhouette de quelques étranges poissons. Mais ce n’était pas eux qui l’intéressaient. Elle lâcha son arme et joignant ses deux mains, comme une coupe, elle cueillit sa première lampée. Puis sa deuxième et sa troisième, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le vide de son estomac ne donne l’impression d’être comblé. Elle savait la sensation trompeuse, mais pour le moment, cela suffirait. Jusqu’à ce qu’elle trouve quelque chose à se mettre sous la dent.


Mara mouilla sa nuque, puis rinça son visage. Elle pouvait sentir une légère boursouflure au niveau de sa paupière gauche et lorsqu’elle vit son reflet, elle comprit.

Lors de la traversée, peu avant que la vague ne les happe elle et Xar, elle avait tenté de se mettre plus à l’aise sur le dos étroit de sa compagne. Mais un coup de botte mal placée dans les côtes du serpent avait attisé sa colère – celui-ci s’était retourné à demi, sifflant furieusement, la gueule ouverte. Une goutte de venin, bêtement confondue pour de l’eau de mer, avait éclaboussé son œil. Et l’ex-sbire, croyant que la sensation de brûlure venait du sel marin et non des toxines de sa arbok, s’était contentée de se tamponner l’œil avec un pan de sa manche jusqu’à qu’elle n'en ressente plus les effets. Mais tout était allé en régressant.

Marie-Anne esquissa un sourire doux-amer. Il lui semblait que la vie n'en avait pas encore terminé avec elle.


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Mer 7 Juin 2017 - 11:04
Elle mit fin à sa contemplation silencieuse et s’étendit dans l’herbe, les mains posées sur son ventre. 

Sans les soins nécessaires pour traiter son oeil, elle perdrait définitivement la vue. Un léger frisson lui parcourut le corps, hérissant le duvet sur sa nuque et sur ses bras ; il faisait pourtant chaud et humide, malgré la faible brise qui balayait son havre. Elle se tourna sur le côté et se recroquevilla sur elle-même, et son sourire s’effaça définitivement. Elle se sentait las, presque désespérée. Combien de temps passerait-elle sur cette île ? À quelle distance se trouvait-elle de la côte ? Lorsqu’elle s’était engagée pour ce qui s’était avéré être sa dernière mission, peu de détails avaient été divulgués. Elle se savait en territoire inconnu, inexploré par les Aqua, mais rien ne lui disait s’il y avait présence humaine ou non. Mara regrettait maintenant de ne pas avoir exigé des précisions supplémentaires – peut-être ce serait-elle rendue compte du subterfuge avant de mettre les pieds à bord du navire d’Archie.

Et Samaël serait encore en vie. Et Xar aussi.

Après s’être retenue pendant de longues heures, elle finit par craquer et elle se mit à sangloter. Les larmes roulèrent sur ses joues, traçant des sillons amers sur sa peau pâle. Marie-Anne hoqueta et ses pleurs redoublèrent d’intensité. Seule, à l’abri des regards, elle n’éprouvait pas la moindre honte à se laisser aller. C’était le moment juste ; celui qui lui permettait de se décharger d’un mal qui la rongeait depuis son arrivée sur l’île.
Lorsque ses larmes s’atténuèrent enfin, elle renifla bruyamment ; elle n’osa toutefois pas bouger de sa position, son corps s’étant réchauffé et détendu. Une fatigue intense gagna ses membres et elle ferma les yeux, sa faiblesse et sa lassitude atteignant leur paroxysme. Son ventre gargouilla, mais elle l’ignora ; combler sa faim attendrait, elle y pouvait résister. Tout le contraire du sommeil qui l’attirait tranquillement, mais sûrement dans ses abysses.

***

Un bruit effrayant, pareil à une détonation, la réveilla brusquement.

Paniquée, elle se redressa et elle fouilla les environs du regard, tandis que l’une de ses mains se refermait d’instinct sur la garde de son sabre brisé. Il y eut un craquement sinistre, puis quelque chose de lourd tomba au sol, le faisant trembler pendant quelques seconds. Au-dessus de sa tête le ciel s’était assombrit, recouvert de nuages gris chargés de pluie. Mais il lui semblait que ce n’était pas le tonnerre qui l’avait tiré de son sommeil ; on aurait dit un arbre se faisant abattre. Mara se releva et s’avança prudemment vers la source du vacarme. Elle crut voir parmi les hauts arbres une lueur rouge-orangée, semblables à des flammes, qui se mouvaient à bonne vitesse. Puis elle la vit plonger vers un amas de buissons et il y eut un tintement, qui lui rappela le son de deux lames s’entrechoquant.

Un croassement rauque retentit et la silhouette massive du même toucan qu’elle avait vu auparavant jaillit du bosquet. Son bec crépitait et des flammèches s’en échappaient ; voilà donc le responsable de son réveil hâtif ? Dans tous les cas, il s’éloigna d’un battement d’ailes rapide et la donzelle le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse hors de son champ de vision. Un bruissement attira ensuite son attention et elle se tourna derechef vers les buissons.

Quelque chose s’y cachait encore.


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Lun 26 Juin 2017 - 16:06
Les branches de l'arbuste s'écartèrent brusquement, révélant la forme trapue d'un crabe mauve aux pinces massives - il les brandissait d'ailleurs avec agressivité, et Mara comprit qu'il était le responsable de la fuite du toucan. Sa carapace présentait des traces de brûlures ; un douloureux souvenir de son bref affrontement avec son ennemi volant. Le pokémon gesticula encore jusqu'à ce qu'il réalise que le danger avait été écarté, puis retourna se cacher en titubant.

Mais pour la jeune femme, affamée comme elle l'était, l'apparition du crustacé venait de tirer un gargouillement sonore à son estomac.

Dans son esprit, l'image de la bête, étendue sur un plateau recouvert de laitue et recouverte d'une abondante couche de beurre fondue à l'ail, commençait à faire son effet. Elle se pencha et tira silencieusement son sabre. Sa main tremblait de fatigue, mais ses doigts tinrent bon, agrippant le manche comme si sa vie en dépendait. Par le passé, lorsqu'elle vivait encore dans la région de Kanto et qu'elle avait la chance de faire un arrêt à Carmin-sur-Mer, elle ne pouvait s'empêcher de faire un tour dans l'un des fameux restaurants situé au bord de l'eau, où poissons et fruits de mer étaient servis à volonté. La vue était magnifique et la brise maritime offrait une agréable fraîcheur pour les habitués, qui choisissaient les tables de la terrasse plutôt que celles de la salle intérieure. Son amour pour les pokémons eau et son ancienne allégeance aux Aqua ne l'avaient jamais empêché de se régaler des produits locaux.

La guerrière s'avança vers les buissons, sa lame brisée levée et prête à frapper. Le seul élément qui la laissait perplexe et qui pouvait réduire son plan à néant était la solidité de la carapace de sa proie. Dans le pire des cas, elle pourrait toujours utiliser une roche pour la casser et ou l'écraser sans abîmer la chair. 

Marie-Anne repoussa délicatement le branchage chargé en feuilles ; elle n'y trouva rien, sinon quelques traces laissées par les pattes de l'étrange crabe. Il s'était donc enfui plus loin et si elle souhaitait se nourrir, il lui faudrait partir à ses trousses. Un soupir franchit le seuil de ses lèvres. Dans son état actuel, elle ne pourrait aller bien loin ; il lui fallait ménager ses forces jusqu'à ce qu'elle puisse les recouvrer entièrement. Elle ferma les yeux quelques secondes et inspira profondément. Lorsqu'elle les rouvrit, ses prunelles mordorées se posèrent sur sa main gauche, où les crochets à venin de feue Xar se dressaient entre ses jointures. L'eau de l'étang les avait nettoyé et ils luisaient à présent d'un éclat tout aussi meurtrier que lorsqu'ils saillaient de la gueule de sa Arbok. 

Au moment opportun, ils s'avéreraient utiles.

Contournant prudemment les buissons, Mara s'enfonça à nouveau dans la jungle. La nuit ne tarderait pas à tombée, aussi souhaitait-elle profiter des dernières heures de clarté pour mener sa chasse à terme. Elle manqua à deux reprises de se prendre les pieds dans des racines, mais elle parvint à se ressaisir et à continuer d'avancer. Enfin, elle déboucha près d'un regroupement d'arbres aux troncs et aux feuillages différents ; les fruits colorés et gorgés de jus qui pendaient aux branches attirèrent aussitôt son attention. Certains des arbres n'en portaient pas, mais étaient couverts de bourgeons et de fleurs aux larges pétales. D'ici un mois, tout au plus, ils fourniraient autant de délicieuses collations que leurs congénères. Au pied du plus petit arbre se trouvait une pile de baies d'une taille impressionnante ; la donzelle sentit son ventre s'agiter. 

Et il y avait aussi le crabe, occupé à entasser ses provisions, et qui ne semblait pas se douter qu'il finirait sous peu comme plat de résistance.


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Jeu 29 Juin 2017 - 15:36
Présent.

« Je te l'appendrais à une condition. »
« Laquelle ? »

La jeune femme baissa les bras et rouvrit les yeux, son visage adoptant une moue exaspérée. Le charme de la mer venait de se rompre brutalement. Elle aurait préféré qu'il lui apprenne sa langue maternelle de bon coeur, sans rien quémander en échange. Ses orteils s'enfoncèrent dans le sable humide tandis qu'une énième vague venait happer ses jambes, éclaboussant le bas de son pantalon dont elle n'avait même pas pris la peine de retrousser les bords.

« Que tu me dises d'où tu... »
« Je ne te dirais pas d'où je viens, Danik. » 

Elle le coupa sèchement, catégorique ; une mise en garde subtile, car l'alolien frôlait dangereusement les limites de sa patience. Combien de fois le lui avait-elle répété depuis leur rencontre ?

« Calme-toi. Ce n'était pas ma question. » Il soupira, agacé. Peut-être aurait-il mieux fait de formuler autrement son interrogation. Il se gratta la nuque tout en réfléchissant, puis reprit : « Tu ne nous as jamais dis comment tu t'es échouée sur cette île. »

Le jeune homme évita de mentionner leur macabre découverte, lorsqu'ils avaient fais le tour de la plage pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'autres personnes en détresse ; la carcasse de l'Arbok, sa chair pourrissant sous le chaud soleil et infestée de mouches et de larves grouillantes. Sora avait vomi, il avait tenu le coup. Et jusqu'à récemment, il n'avait pu résoudre le mystère de sa présence puisqu'il ne s'agissait pas d'une espèce commune à leur région. Il souhaitait recevoir une confirmation de vive voix. 
Danik fit un pas en direction de la donzelle, certain qu'elle se refuserait de répondre à sa question, mais il se figea lorsqu'elle tourna vers lui un regard brillant d'émotions. Un mélange d'incompréhension, de colère et de tristesse. Mais elle conserva un silence de marbre, comme si elle pesait ses mots ou tentait de trouver la formule gagnante pour se confier sans éclater en morceaux. Son combat intérieur transparaissait sur les traits de son visage. Il vit ses lèvres remuer, mais sans qu'aucun son ne s'en échappe, puis elle se racla doucement la gorge. 

« J'ai eu de la chance. »


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Jeu 29 Juin 2017 - 17:30
Sa bonne étoile veillait sur elle, comme à chaque fois qu'elle se retrouvait dans le pétrin. 

Marie-Anne toisa longuement son interlocuteur, sans rien ajouter. Son passé lui appartenait, et bien qu'elle appréciât sa famille d'accueil, elle ne se sentait pas prête à livrer ne serait-ce qu'une infime parcelle de ses souvenirs. Au bout d'une minute de silence, elle secoua un pied puis l'autre, avant de se remettre à marcher le long de la plage ; l'alolien lui emboîta aussitôt le pas, désireux de savoir si elle finirait par se confier. « Je ne pourrais pas respecter ta condition. Pas maintenant. » Danik hocha la tête par réflexe, même s'il savait qu'elle ne pouvait pas le voir. Bien qu'il soit déçu de sa réponse, il comprenait. Il se décida d'ailleurs à changer le sujet de la conversation, car il commençait à sentir le gouffre qui se creusait entre eux ; il ne tenait pas à réduire à néant le lien de confiance et d'amitié qui s'était établi, au bout de trois longs mois.

« Ta couleur préférée alors ? »
« Le... turquoise ? » 

Mara ralentit l'allure pour qu'ils puissent marcher côte à côte et jeta un regard pétillant de surprise vers le dresseur. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il saut du coq-à-l'âne et qu'il l'interroge cette fois-ci sur des détails légers et dénués d'intérêt. Du moins, c'est ce qu'elle croyait.

« Et toi ? »
« Le rouge. »

Il pointa ses cheveux cramoisis de l'index, tout sourire, avant de désigner la mer d'un large mouvement de bras. 

« Tu connais le nom de cette mer ? »
« Non. C'est ? » 
« Aucune idée. »

Mara secoua sa tête, mi-découragée mi-amusée. Comment pouvait-il ne pas connaître le nom de ce qui appartenait à sa région, à son archipel ? Elle songea qu'il agissait peut-être en cancre pour la faire rire - une technique qui fonctionnait bien en général et qui lui rappelait étonnamment Samaël. Son coeur se serra légèrement, mais elle choisit de ne pas se morfondre à nouveau. S'en suivit un jeu de questions sans queue ni tête, davantage basé sur les préférences et les goûts, voire sur la culture locale, qui se solda par la capitulation de la guerrière qui commençait à avoir la gorge sèche à force de parler sans s'accorder le moindre répit. Elle assura néanmoins qu'elle recommencerait volontiers un autre jour. Suite à quoi, ils firent demi-tour, puisqu'ils venaient d'atteindre la limite de la plage ; une falaise naturelle s'élevait à son extrémité, délimitant ainsi le terrain que les touristes pouvaient envahir durant la journée et où des centaines de parasols se dressaient, pareil à un champ de fleurs faites de toile en tissu et d'acier.

Ils récupérèrent leurs bottes et sandales, qu'ils enfilèrent malgré leurs pieds couverts de granules dorées, puis se dirigèrent vers l'escalier le plus proche et qui menaient à la rue principale. D'un commun accord, ils choisirent de se désaltérer à l'un des restaurants du coin ; celui-ci offrait une vue incomparable de la mer, au grand plaisir de Mara. Elle se sentait presque comme à Carmin-sur-Mer, sans la pollution et les embouteillages, sans les immenses paquebots et les bateaux de plaisance. Il n'y avait qu'un ou deux voiliers qui chevauchaient présentement les vagues, découpant l'horizon de leurs voiles triangulaires. L'alolien et la kantonienne, étrange duo parmi les habitués de la place, s'installèrent à une table pour deux. 

« Je suis sincèrement désolée. » Devant le haussement de sourcil de l'aîné des Helaku, elle poursuivit : « Je vous fais la vie dure, à Sora et à toi. »

« Mais non, Tora. Ça met du piquant à notre quotidien. »

Danik se mit à rire doucement, car c'était là la pure et simple vérité.


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Ven 30 Juin 2017 - 16:26
Une serveuse vint remplir leur verre d'eau citronnée et ils en profitèrent pour commander une boisson. Danik se saisit du menu bières et vins, et son index parcourut la liste des noms jusqu'à ce qu'il jette son dévolu sur une bière locale, faite à base de germes de blé et d'extrait de baie stepka, et dont le faible indice d'IBU éviterait de le faire grimacer. Mara, quant à elle, décida de prendre un daiquiri à la mangue et aux baies topo, une spécialité du restaurant. La serveuse nota le tout sur son calepin, puis leur tendit le menu principal avant de s'en retourner vers le bar. « C'est moi qui offre. » La jeune femme esquissa une moue. Elle faillit argumenter, dire qu'elle pouvait aisément régler son addition elle-même, mais elle se retint et acquiesça simplement.

« Tu sais bien que ça me fait plaisir. Et puis, ça te sauve de la cuisine de ma mère. »
« Mais elle cuisine bien ! »
« À voir ta tête à chaque fois que tu prends une bouchée, ses recettes sont peut-être un peu trop épicées pour toi. »

L'alolien rit de bon coeur, s'amusant de l'expression mal à l'aise de son interlocutrice et de la soudaine rougeur qui colorait ses joues. Marie-Anne n'était effectivement pas habituée à une cuisine aussi haute en couleurs et en saveurs, et il lui fallait un temps d'adaptation. D'ici quelques mois, elle parviendrait sans doute à croquer à pleines dents dans les plats au généreux dosage d'épices et d'herbes sans avoir l'impression d'avoir avalé une coulée de lave. 

« Mais t'inquiète. Sora lui répète souvent qu'elle abuse. Vous pimentez nos vies à votre façon. » 

Il lui décocha un clin d'oeil complice et Mara lui offrit un sourire gêné. Après quoi, la serveuse mit un terme à son embarras en revenant avec leurs breuvages. Elle déposa devant l'aîné des Helaku un long verre rempli d'un liquide ambré rehaussé d'une fine couche d'écume et dont la moitié du rebord était recouvert de cristaux d'assaisonnement et d'une tranche de lime. Selon la coutume locale, il fallait d'abord prendre une gorgée de la bière avec la garniture avant de pouvoir savourer pleinement la simplicité de l'alcool. Mara, elle, reçu un large verre au contenu grumeleux d'un rose orangé dont le rebord avait été saupoudré de sucre. Une paille et une minuscule ombrelle jaune ajoutait une touche de coquetterie à l'ensemble. Ils trinquèrent et prirent une première gorgée parfaitement synchronisée, avant de se dépêcher à donner leur commande sous le regard impatient de la serveuse, qui repartit en faisant claquer sa langue. 

« Est-ce que vous aviez prévu de faire quelque chose ce soir ? »
« Pas que je sache. Sora travaille demain matin, mais il ne dira jamais non pour sortir. Tu voulais faire un tour en ville ? »
« J'aimerais bien. »

L'ex-sbire prit une nouvelle gorgée, mâchouillant sa paille au passage ; une vieille habitude dont elle ne pouvait se départir. 

« On pourrait aller à Lili'i. Pectorius, notre doyen, organise souvent des festivités et des feux de joie. Si ça se trouve, on tombera en plein coeur d'une fête officieuse. »


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Lun 24 Juil 2017 - 15:53
« Pourquoi pas. »

Elle haussa les épaules en souriant ; cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle ne connaissait que la réputation du village et elle se voyait mal refuser l’invitation ; elle souhaitait voir de ses propres yeux les festivités et s’imprégner de la joie et de l’énergie qu’elles dégageaient. Sirotant sa boisson, Mara se perdit dans ses pensées ; face à elle, Danik se contenta de la fixer silencieusement, ses prunelles couleur ocre brillant d’amusement. Sentant le poids de son regard, la dresseuse revint à elle et lui tira la langue. « Lequel de vous deux est le meilleur danseur ? » Sa question, quoique anodine, fit rigoler son interlocuteur.

« Sans vouloir paraître prétentieux, je suis le meilleur. Sora a deux pieds gauche et il a de la difficulté à retenir les chorégraphies. » L’alolien se mit à pianoter sur le rebord de la table, un large sourire éclairant ses traits. « Par contre, c’est un excellent jongleur. Avec de la chance, tu le verras peut-être à l’oeuvre ce soir, s’il n’est pas trop saoul. »

Il s’interrompit lorsqu’il vit la serveuse revenir vers leur table d’un pas pressé, les mains chargées de leurs assiettes. Celles-ci furent déposées à la hâte, mais les deux convives n’en firent pas grand cas – le restaurant étant bondé et presqu’à pleine capacité, les serveuses croulaient sous la pression et essayaient de perdre le moins de temps possible lorsqu’elle livrait les plats fumants. Marie-Anne s’arma de ses ustensiles, prête à prendre une première bouchée de son repas, tandis que Danik humait avec satisfaction le délicieux fumet qui s’échappait du sien. « Rien de tel qu’un filet mignon de frison pour satisfaire un homme affamé. » Il piqua la viande saignante de sa fourchette et en découpa une fine tranche, dont il trempa l’extrémité dans la sauce aux poivres qui l’accompagnait, puis il l’engloutit sans plus de façon.

« Je te croyais végétarien. »
« Ah ça, jamais ! »

Il prit une gorgée de bière avant de désigner son assiette d’un geste de la main. « Je ne couvrirais pas mes ancêtres de honte en me convertissant au culte de la salade. » Il se signa d’un mouvement étrange, tout en prononçant un mot en dialect local, detail qui attisa soudainement la curiosité de la guerrière. Étonnamment, il lui semblait connaître ce mot, et il résonnait dans sa tête avec une familiarité déconcertante, sans qu’elle puisse toutefois mettre le doigt sur sa signification. Son expression devait être drôle à voir, car Danik cessa de manger pour la toiser d’un air inquiet.

« Tora ? »


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Dim 20 Aoû 2017 - 16:33
Trois mois plus tôt.

Sa première pensée fut qu’elle venait de commettre une grossière erreur en sous-estimant la rapidité et la force de sa cible. 

Sa deuxième fut pour son sabre, dont la lame vola en éclats dès qu’elle se heurta à la pince massive du crabe ; l’héritage de ses ancêtres, symbole jusqu’alors immuable de l’honneur de sa famille, venait d’être réduit à un vulgaire bout de métal de moins de dix centimètres. Cette fois-ci, aucune chance de pouvoir la réparer, les dommages étant trop importants ; elle doutait de pouvoir retrouver un jour les mêmes matériaux que ceux ayant servis pour forger son arme.

Un cri où se mêlaient colère et désarroi lui échappa tandis qu’elle faisait un pas vers l’arrière, un bras levé pour se protéger le visage. Mara réalisa qu’elle aurait dû planifier soigneusement son attaque plutôt que de bondir à l’aveuglette, mais sa faim grandissante poussait sa patience au-delà de ses limites. Il était trop tard pour faire marche arrière. Elle se ressaisit et à frappa à nouveau, cherchant à atteindre l’un des yeux du crustacé. Ce dernier évita le coup en se baissant, puis il chercha à nouveau à cogner la jeune femme. Il manqua lui aussi sa tentative. Il recula ensuite jusqu’à ce qu’il bute contre un fruit dur et il se mit en garde. Leurs regards se croisèrent et la donzelle, épuisée par ce simple échange, mit un genou en terre. Elle n’avait pas l’énergie pour continuer. Ses doigts lâchèrent prise et son sabre tomba sur le sol dans un tintement métallique à peine audible. Une lueur suppliante passa dans sa prunelle droite tandis qu’elle désignait d’un mouvement de tête la pile de fruits qui n’attendait qu’à être dévorer.

Le Crabagarre rouvrit alors ses pinces et recula de quelques pas, comme s’il acceptait de partager ses trouvailles. Mara hésita un instant, certaine qu’il s’agissait d’un piège. Mais apparemment, le fait qu’elle soit désarmée et dans une position rappelant une soumission face à un ennemi plus puissant rendait le pokémon combat plus concilient. Le déclic se fit dans la tête de la jeune femme et elle s’empressa de saisir le plus de baies possibles, même si elle n'en reconnaissait aucune. Peu lui importait. Elle venait de résoudre en partie son problème et elle n’aurait pas à tuer une innocente créature pour sa survie. Elle regroupa devant elle ses maigres provisions, puis elle reprit son sabre et le glissa à sa ceinture, prête à retourner près de l’étang. Près d’elle, le crustacé sembla soudainement retrouver son caractère original ; il émit une série de cliquetis agressifs tout en brandissant ses poings, et il se mit à toiser l’humaine d’un air mauvais. Il n'en fallut pas davantage pour que la guerrière prenne la fuite, les bras chargés, pour retourner auprès de l'étang. 

*

Assise au bord de l'eau, elle se saisit d'un gros fruit rond. Avec ses ongles, elle en déchira la pelure jaune striée de rose. Une fois entièrement mise à nue, la chair avait une couleur crème ; elle s'avéra d'ailleurs facile à couper en quartiers, puisqu'elle possédait une structure similaire à celle d'une orange. Mara se mit à renifler, cherchant à déterminer de par l'odeur si la baie était sucrée, mais elle n'obtint aucun résultat - il lui faudrait donc le découvrir en y goûtant. Ce qu'elle fit après une brève hésitation. La pulpe explosa, juteuse à souhait, et la jeune femme fut surprise de constater que sa trouvaille avait une saveur similaire à celle d'une framboise. Aucune trace d'acidité. Après une vingtaine de secondes à mâchouiller la chair, ses papilles furent frappée par un arrière-goût horrible. Elle recracha sa bouchée et essuya ses lèvres, avant de sentir un frisson nauséeux lui parcourir l'échine. Son estomac se contracta et elle tourna la tête sur le côté, pour vomir un mince filet de bile écumeuse. 

Haletante, le visage crispé, elle s'empressa de cueillir un peu d'eau avec ses paumes, histoire de se rincer la bouche et de chasser l'arrière-goût. Évidemment, elle apprendrait à ses dépends que ses provisions, bien que belles d'apparence, ne signifiaient pas forcément qu'elles étaient comestibles pour les êtres humains. 

À quelques exceptions près ; mais il lui faudrait d'abord les trouver.


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 27/02/2017
Messages : 501

Région : Alola
Lun 16 Juil 2018 - 19:37
Avec une détermination et un espoir fragilisés par ses nausées, Mara se lança dans le tri des baies en utilisant la seule méthode pouvant lui offrir un résultat ; celle de l'essai-erreur. Elle goûta chacun des fruits avec prudence, évaluant leurs saveurs et leurs effets sur son estomac. La tâche s'avéra ardue, car la plupart des baies s'avérèrent indigestes, et elle ne s'arrêta que lorsqu'elle fut assaillit par de douloureuses crampes abdominales. Combinée à son oeil gauche enflé et dolent, et à son front brûlant de fièvre, son mal allait au-delà de ce qu'elle avait pu expérimenter par le passé. Repliée sur elle-même, la jeune femme jeta l'éponge. Elle ne pouvait pas continuer. Elle se remit à sangloter de plus bel. 


*
Lorsqu'elle se réveilla, Mara fut surprise de constater qu'il faisait déjà nuit. Elle ne se souvenait pas de s'être endormie, mais elle soupçonnait son corps de s'être délibérément plongé dans cette torpeur afin d'échapper à ses maux. Elle inspira profondément et se redressa en position assise. Lentement, pour ne pas s'étourdir. Elle resserra sa prise sur ses vêtements et se frotta vigoureusement les bras, frissonnant au point de claquer des dents. La fraîcheur apportée par les ténèbres n'avait rien à voir avec la chaleur qui l'avait étouffé durant l'après-midi. Une lune pleine, bien visible malgré quelques nuages, baignait l'île de sa lumière argentée. Marie-Anne plongea une main dans l'étang et rinça sa bouche pâteuse avant de tenter de décoller sa paupière gauche, qui refusait de s'ouvrir d'elle-même. Elle se pencha légèrement vers l'avant, pour y examiner son reflet et elle réalisa avec effroi que les effets ravageurs du venin ne s'estomperaient pas sans traitement adéquat. 

Elle qui avait toujours eu un beau visage, sans réelles imperfections, le voilà qui se faisait gâcher par l'enflure et des veinures violacées. Une atrocité. Ses pensées se tournèrent aussitôt vers Samaël, le seul qui aurait pu la réconforter. Mara refoula un sanglot lorsqu'elle se rappela de sa chute et du sentiment de culpabilité ayant suivi son abandon. La mer l'avait-il recraché ? S'était-il noyé ou était-il encore vivant, flottant à la dérive en compagnie de son fidèle aligatueur ? La brunette se nettoya la figure avec de l'eau et tampona avec douceur son oeil enflé avec un pan de son débardeur. Elle le retira ensuite et le déchira ; avec la bandelette de tissu, qu'elle trempa au préalable dans l'étang, elle se patenta un bandeau de fortune. Avoir été dans une situation moins critique, elle aurait pu en rire, en s'imaginant être une pirate. 

Elle chercha ensuite un moyen de se réchauffer. Elle rassembla quelques pierres qui jonchaient le sol et les plaça en cercle, avant de se diriger vers la lisière de la jungle où elle dégota des branches mortes et des feuilles séchées. En se basant sur les maigres connaissances qu'elle possédait en matière de feu de camp, elle dressa la base. Puis, attrapant deux roches laissées à l'écart, elle se mit à les entrechoquer avec l'espoir de voir naître une étincelle. 


« This fate has become my own. » / avatar par Jill (l)
DC:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



C-GEAR
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
(Page 2 sur 2) Aller à la page : Précédent  1, 2
Sujets similaires
-
» Waterslide Clear Decal Paper
» Un bon suicide lead ?
» Meilleurs Lead
» I'm the one at the sail, I'm the master of my sea ♪
» I'm the one at the sail, i'm the master of my sea.

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Master Poké :: Le Pokémonde :: Région Alola - 7E G E N :: Ekaeka :: Route 2-