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» « It's all written in the stars » ft. Tony Schwärtzwind


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Modo & Sbire

C-GEAR
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Jeu 27 Juil - 21:36

It's all written in the stars

Elle ne pouvait pas savoir, non, mais elle aurait pu s’en douter. C’est même elle qui lui avait parlé de « toute bonne rockstar se drogue » et en cet instant précis, elle le regrettait amèrement. Elle avait bien compris qu’il prenait certains trucs parfois, mais elle s’était imaginée qu’il ne s’agissait que de moments purement récréatifs. Elle s’était bien plantée sur ce coup-là ; il était addicte à la cocaïne, peut-être à d’autres drogues aussi, et elle n’avait pas arrêté de lui raconter à quel point on se sentait bien et à quel point les effets étaient trop géniaux avant la redescente. Elle aurait pu changer de sujet pour éviter de lui donner envie. Même si… même si elle savait parfaitement que c’était plus que ça. Ce n’étaient pas juste ses paroles, c’était physique. Il en avait besoin, comme elle en a eu besoin à une certaine époque de sa vie, et elle pouvait comprendre qu’on ne résistait pas à ce tiraillement. Elle était néanmoins heureuse d’avoir pu l’aider, rien qu’un peu, même si elle ne voyait pas les choses de cette manière. Ce n’était pas le moment pour de l’auto-dérision et l’ironie, alors elle garda pour elle l’envie de lui dire qu’elle n’était pas fière de l’avoir aidé si pitoyablement. Elle aurait voulu pouvoir être sa bouée de secours pour la nuit entière et jusqu’au lendemain matin, mais elle n’allait tout de même pas prendre ça trop pour elle. Elle savait qu’à quelque part, il n’y pouvait rien. Et puis en y réfléchissant, elle préférait autant savoir quels étaient ses problèmes plutôt que de les ignorer et continuer à le tenter en parlant des drogues comme d’un cadeau d’Arceus. Et maintenant elle se sentait encore plus proche de lui, sentiment qui ne lui déplaisait pas malgré le contexte qui l’amenait. Elle avait vécu ce qu’il vivait, peut-être de manière moins intense, mais elle partageait sa souffrance quant à l’addiction et se sentait soudainement comme liée à lui d’une quelconque manière. Est-ce que beaucoup de gens avaient vu Tony Schwärtzwind craquer au beau milieu de la nuit ? Si ça ce n’était pas du rapprochement…

Qui aurait pu deviner que cette soirée allait se dérouler ainsi ? Il aurait été plus probable de se faire bouffer par un Sharpedo que vivre de telles histoires. C’est ce qu’elle pensa avant qu’il ne réponde à sa question. C’était en train de monter, mais le bonheur n’était pas au rendez-vous. Elle hocha la tête à son exemple qui illustrait parfaitement ce que l’on ressentait dans ces moments-là. « Ouais, je sais c’que c’est. Quand tu penses qu’un rail va te sortir de la dépression que t’es en train de te taper et que tu finis tout excité mais vide de l’intérieur. » Elle n’exagérait qu’à moitié. Elle voulait lui faire comprendre qu’elle était de son côté et qu’elle n’essayait pas de le blâmer ou quoi que ce soit. Il ne manquerait plus que ça…

Elle s’activa et remarqua qu’en lui tendant ses habits pour lui proposer une balade nocturne, il n’était pas tant motivé. Le truc, c’est qu’il n’avait pas vraiment le choix. Elle ne le lui donnait pas, en tout cas. Elle n’avait pas envie qu’il reste éveillé toute la nuit à broyer du noir et à taper du pied alors qu’elle dormirait paisiblement juste à côté. Elle ne voulait pas le laisser seul et s’ils restaient à l’intérieur, elle était persuadée de se rendormir en moins de deux minutes. En fait, c’était peut-être un peu égoïste. Mais la raison majeure était celle de ne pas le laisser passer la nuit avec lui-même. En tout cas, à sa place, c’est ce qu’elle aurait souhaité. Quelqu’un qui soit là, avec elle, même si c’était pour ne rien dire ou pour la regarder avec un air accusateur et déçu. Il accepta finalement et s’habilla en vitesse avant qu’ils ne sortent discrètement du ranch pour retrouver l’extérieur. Elune avait remis ses habits elle aussi, et enfilé sa veste car il faisait bien plus frais qu’en soirée. Néanmoins, cette température lui faisait du bien. Encore un peu dans les vapes -elle avait toujours du mal à se lever lorsqu’elle avait fumé-, ce froid réveilla rapidement son corps et ses esprits et elle trouvait cette sensation agréable.

Alors qu’ils marchaient instinctivement et en silence là où leurs pas les menaient, Tony lui proposa de se rendre au lac et elle acquiesça. « Bien sûr, c’est une bonne idée en plus. Y’aura sûrement personne là-bas au lever du soleil et t’auras le temps de reprendre un peu tes esprits avant de croiser du beau monde. » Elle lui sourit, un sourire franc. « Et puis, si on vient t’emmerder, je jouerais une fois de plus à ta garde du corps. C’était marrant. » Elle avait l’impression que tout ça, c’était déjà des jours et des jours auparavant, mais ça s’était passé hier. Étrange sensation. Elle l’écouta lui proposer son aide à son tour et l’entendre parler ainsi lui rappela à quel point Kale lui manquait. Elle n’avait pas parlé de lui à Tony, de sa mort récente, et elle n’était pas sûre d’être prête à s’ouvrir à lui malgré le fait qu’elle se sentait en confiance et qu’elle était persuadée qu’il ne serait ni le genre à juger, ni à s’immiscer dans ses histoires. Elle savait qu’en plus, si elle s’ouvrait à lui maintenant, elle allait craquer elle aussi. Et c’était bien la dernière chose qu’elle souhaitait. Alors, tentant de repousser cette vague de tristesse et de désespoir qui la submergea quelques instants, elle sourit encore et passa son bras sous celui de son compagnon. « Je pense que tout le monde a sa petite dose de problèmes perso et même si tu pouvais y faire quelque chose, je préfèrerais pas ajouter encore d’autres soucis à ta propre liste. Mais ouais, je suis la seule à pouvoir gérer ça, là. Mais c’est gentil, ça me touche ce que tu dis. » Et elle le pensait sincèrement. Il avait peut-être parlé trop vite sous l’effet de la drogue, mais le fait qu’il se rappelle de ce qu’elle lui avait dit et qu’il s’en inquiète un tant soit peu lui faisait chaud au cœur. Définitivement, il n’était pas qu’un banal coup d’un soir. Même si elle l’avait déjà compris bien avant ça.

Ils arrivèrent au lac et Elune décida qu’ils allaient s’installer sur le même banc que celui où ils étaient quelques heures plus tôt. Une fois posée, elle leva la tête vers le ciel et souffla d’admiration. Il n’y a pas à dire, la campagne et son air pur étaient profitable aux étoiles. Il y en avait partout, comme si le ciel se dévoilait, qu’il n’avait plus de secret. Même à Rosalia, qui pourtant n’était pas une ville spécialement polluée, bien au contraire, le spectacle n’était pas aussi magique. « Je ne regretterai jamais d’être venue ici. » Elle resta ainsi quelques minutes avant de fouiller son sac à la recherche de ses cigarettes. Elle en proposa une à Tony et alluma la sienne. « Bon, alors, passons aux choses sérieuses… T’as envie de m’en parler un peu ? Ça fait longtemps que c’est comme ça ? Je sais pas si j’ai besoin de te dire ça, j’espère que tu l’as déjà compris, mais c’est pas moi qui vais te juger ou utiliser ce genre de connerie pour te faire chanter ou je ne sais quoi. » Ok, peut-être qu’elle allait un peu loin ? Mais elle ne voulait vraiment pas qu’il pense qu’elle puisse être du côté des méchants. Elle avait envie qu’il ait confiance en elle, qu’il lui parle de tout ça ou non. S’il n’avait pas envie, elle le comprenait. « Je pense que t’as compris aussi que je suis un peu passée par-là, alors… Je peux pas vraiment te conseiller quoi que ce soit, mais au moins je sais ce que tu vis. Pour ce qui est des drogues en tout cas. J’imagine que t’as d’autres trucs avec lesquels tu dois te battre, peut-être des trucs qui me dépassent carrément, mais ouais, bref, je suis là si t’as besoin de quelqu’un pour parler. Oh Arceus c’est tellement cliché, je suis désolée. » Elle parlait trop pour ne rien dire. Elle se sentait conne, parce qu’elle avait l’impression d’insister et de dire de la merde alors qu’elle ne voulait pas le mettre mal à l’aise.





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C-GEAR
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Ven 28 Juil - 11:29
Cela lui faisait du bien de la voir sourire quand il lui avait proposé de se rendre près du lac. Non, ce n'était pas seulement ça. C'était une bonne idée. Il savait qu'au moment de la descente, ça n'aurait plus d'importance, alors il voulait profiter d'être encore émotionnellement à peu près stable pour recevoir le compliment et la blague qu'elle venait de faire et lui sourire à son tour, même si ce n'était pas aussi large que chez elle. Parce que d'ici quelques minutes, il aurait envie de se jeter à l'eau et de ne plus revenir à la surface. En fait, c'était déjà un peu le cas quand elle avait refusé de se confier à lui. Bien sûr, elle s'était justifiée de la bonne manière, qu'elle devait mener son propre combat et que personne, pas même lui, ne pourrait l'aider, parce qu'il y avait des choses qu'il fallait faire seul malgré tout les soutiens du monde. Et puis, elle avait bien précisé qu'elle était touchée par son geste. Mais si déjà dans la réalité les concepts de bien et de mal étaient purement arbitraires, ceux qui existaient dans les pensées de Tony étaient tout autre. Ou plutôt, au fur et à mesure que la situation progressait et que la satisfaction d'avoir pris un rail de cocaïne s'amenuisait, les mots « bien » et « mal » s'étaient changés en « pas assez bien » et « irrémédiablement mauvais ». Ce n'était pas de sa faute, n'importe qui aurait pu en être convaincu. Et au fond de lui-même, il devait également en être conscient. Mais si l'on était effectivement – en théorie du moins – en corrélation avec soi-même quand les effets de la drogue apparaissaient, de la simple herbe jusqu'à l'héroïne, ce n'était tout simplement pas le cas chez lui. En fait, comme elle le disait si bien, il était vide à l'intérieur malgré l'excitation. La conclusion que l'on pouvait en tirer était la suivante : prendre un rail en étant dans un état aussi déprimé par le sien n'était rien d'autre qu'une multiplication par zéro.

Pire que les ténèbres de la tristesse, il ne restait rien d'autre que le gouffre sans fond du néant. Gouffre qu'il devait traverser tel un funambule sur un fil de fer presque invisible tellement il était fin, pour tenter de retrouver un petit morceau de ce bonheur qu'il avait pourtant trouvé il y a quelques heures encore.

Et pourtant, peut-être que c'était alors que c'était dans cet état-là qu'il trouvait le lac encore plus beau. Lui non plus ne regretterait pas d'avoir vu ça, autant à des heures plus fréquentables que maintenant. Il n'y avait plus que la lumière de la lune pour les éclairer légèrement, mais il y avait aussi cette espèce de brume nocturne, suffisamment faible malgré tout pour ne pas cacher le ciel, qui avait occupé l'espace maintenant que la nuit s'était rafraîchie et qui rendait l'endroit à la fois attrayant et mystérieux. L'eau était également plus trouble maintenant que la plupart des Pokémon aquatiques peuplant le lac s'étaient endormis, les baignant dans l'obscurité la plus totale, si ce n'est pour la lumière sus-citée. En un sens, c'était quelque chose de légèrement positif, même si ce n'était sûrement pas quelque chose qui allait changer le cours de sa vie. Mais il était clair qu'il serait plus détendu là, en sachant que personne ne viendrait les déranger, qu'à l'entrée du ranch. Et puis, peut-être que la cigarette aidait aussi, en un sens. Cela l'occupait, d'avoir quelque chose dans les mains pendant quelque temps.

Puis commença le début de l'interrogatoire. Enfin, si l'on pouvait se permettre d'appeler cela ainsi. En vérité, Tony voyait à quel point la jeune femme insistait sur le fait qu'elle ne le jugerait pas et qu'elle connaissait ce qu'il traversait. Pour être tout à fait honnête, s'ils n'avaient pas partagé des moments aussi bons et aussi intimes pendant le reste de la soirée, il l'aurait probablement envoyé paître. La déprime, chez certaines personnes, prenait la forme d'une agressivité et d'un égocentrisme certain dont il aurait très certainement fait preuve. Mais comme il éprouvait pour elle une certaine affection réciproque, encore plus marquée par cette volonté de l'aider, il finit par tout lui avouer.

« Je sais pas trop comment dire ça… » commença-t-il. « Si t'as déjà lu un magazine people sur moi, tu dois savoir que j'ai été marié avant de revenir sur le devant de la scène. Je sais qu'à notre époque ça peut paraître un peu désuet mais… T'as déjà aimé quelqu'un au point que t'étais prêt à tout laisser tomber pour cette personne et passer le restant de ta vie avec elle ? »

Il le sentait déjà, ça allait être long. Il tira une bouffée de sa cigarette le temps de remettre de l'ordre dans ses idées et de ne pas trop y penser. Il le savait, cela allait le rendre encore plus mal de ressasser tous ces souvenirs, toute cette douleur. Peut-être qu'au fond, certaines blessures ne s'étaient jamais vraiment fermées ? Il ne le savait pas, mais ce dont il était sûr, c'était que repenser à Mina était tout aussi difficile que de faire la même chose avec Axelle, encore plus après la mort de cette dernière.

« Avec mon ex-femme, ça a duré dix ans. » poursuivit-il. « Et on serait sans doute allé plus loin si elle avait pas décidé de ne pas avoir d'enfants et d'ouvrir sa pension pour Pokémon. Mais on était plus sur la même longueur d'ondes. A l'époque j'avais rien contre les Pokémon mais je comprenais pas comment on pouvait décider de consacrer une vie à s'occuper d'eux et placer ça avant l'idée de fonder une famille. Alors ça a pas tenu très longtemps après ça. »

Seconde bouffée. Celle-ci fut plus longue, plus prononcée, aussi. Dommage que ce n'était pas de la weed. Il se serait sans doute senti un peu plus à l'aise pour parler des détails. La cigarette ne pouvait pas supprimer la tristesse ni la teinte de frustration qui avait commencé à s'immiscer dans son discours.

« J'ai eu quelques galères après ça, je suis retombé dans l'anonymat, puis je suis revenu… Enfin, je suppose que tu connais l'histoire si t'as suivi les infos. Mais ce qu'on dit pas, c'est que quand j'ai commencé à revenir sur le devant de la scène, j'ai rencontré quelqu'un, une fille de Volucité qui traînait dans un gang et qui faisait des courses de moto dans le Désert Délassant. Il y avait quelque chose chez elle que beaucoup de gens n'ont pas, je saurais pas mettre un nom dessus. Mais on a tous les deux été dans une situation un peu délicate, et quand j'ai senti qu'on aurait pu y passer, elle et moi… Je crois qu'il y a eu un truc. La sensation qu'il pouvait y avoir un « après ». Comme si j'avais eu une nouvelle vie et que j'avais trouvé la personne qui allait parfaitement avec celle-là, même si elle traînait pas dans les meilleurs plans. »

La frustration avait disparu, mais elle avait laissé place à une sorte de nœud dans son ventre qui lui semblait fortement désagréable. Même le cœur qui battait dans sa poitrine commençait à lui faire mal, et il y plaça sa main libre l'espace d'un instant, comme si cela pouvait amenuiser sa souffrance ne serait-ce que d'un soupçon.

« C'était incroyable. On était pas d'accord sur tout et elle sentait davantage le besoin d'être indépendante que moi, et on avait des emplois du temps chargés tous les deux… Mais on s'en foutait, tu vois ? On finissait toujours par trouver une solution pour nous. Qui faisait qu'on se sentait bien… qui m'avait fait croire à nouveau en l'amour. »

Troisième bouffée. La dernière. Comme incapables de résister sous le poids de sa tristesse après avoir écrasé sa clope, les jambes du musicien se mirent à trembler et il tomba à genoux, les bras ballants, et la tête baissée. Le nœud dans son estomac s'était déplacé dans sa gorge et les sanglots commencèrent à revenir.

« Elle est morte. » parvint-il à dire à peu près correctement malgré tout, pour tenter d'expliquer son histoire à sa valentine du mieux qu'il le pouvait. « Accident de moto, d'après la police. C'est des conneries. Elle travaillait avec eux pour éviter la taule et elle s'est faite tuer, j'en suis sûr. »

Cet enfoiré d'Evans… Il lui avait promis de veiller sur elle. Et il n'avait rien fait pour empêcher ça.

« J'ai pas pu assister à son enterrement… » hoqueta-t-il. « Ses parents voulaient pas que je vienne. Ils disent que c'est à cause de moi qu'elle est devenue aussi rebelle et qu'elle s'est lancée là-dedans. Un des trucs qui arrivent quand on a quasiment dix ans d'écart, je suppose… »

Lentement, il enfonça ses mains dans son visage. Il avait envie de se l'arracher, parce qu'il ne méritait plus tout ça. Être une rockstar ? Ben voyons, quand on n'était pas capable de se regarder en face et d'accepter la mort d'un être cher, ce n'était même pas la peine d'essayer d'émerveiller les gens et de les inspirer. Il n'avait jamais cherché à faire ça pour l'argent ou pour la gloire, même s'ils avaient leurs intérêts respectifs. Il faisait ça parce qu'il aimait ça, tout simplement. Mais comment trouver la force de continuer quand on avait l'impression qu'une partie de soi était morte avec la personne qu'on aimait ?


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Mar 1 Aoû - 23:14

It's all written in the stars

Il ne savait pas à quel point il touchait dans le mille en lui demandant si elle avait déjà aimé quelqu’un au point où elle était prête à faire n’importe quoi pour lui. Et la première personne qui lui vint à l’esprit ne fut non pas Kale, mais Oliver. Son visage apparu aussi net que la cigarette qui se consumait entre ses doigts et lui valut une bouffée de mal-être. Monsieur Oliver Grimm… son plus grand et probablement éternel amour. Celui auprès de qui elle avait passé deux ans de sa vie à devenir une nouvelle personne, à donner autant qu’à recevoir, à aimer et à être aimée en retour d’une passion et d’un désir jamais égalés. Les deux meilleures années de sa vie passées dans leur maison à Oliville, à profiter de l’un et de l’autre et à se donner corps et âmes à cette relation qui paraissait -qui était- parfaite. Jusqu’à ce qu’il l’abandonne sans dire un mot. Jusqu’à ce qu’il fasse retomber Elune au plus bas en la poussant dans le gouffre de la solitude et du désespoir. Jusqu’à ce qu’il l’oblige à devenir la pauvre sous-merde qu’elle était avant de le rencontrer. Aujourd’hui encore, elle ne sait pas pourquoi il a décidé de la laisser sans nouvelles, de déserter comme un lâche alors qu’ils vivaient clairement ce qu’ils avaient toujours souhaité. Peut-être que c’était trop pour lui. Peut-être que ce n’était pas la vie qu’il voulait réellement, que sa liberté lui manquait juste assez pour qu’il l’abandonne malgré tous les efforts qu’elle fournissait pour le rendre heureux. Pour lui, elle aurait fait n’importe quoi et même plus. Avec lui, elle se voyait passer le reste de sa vie et pensait que la mort de l’un entraînerait celle de l’autre. Il n’était pas tout à fait mort et elle ne s’était pas tout à fait laissée mourir non plus, mais est-ce qu’il y a vraiment une différence ? Gardant les yeux rivés sur le lac sombre, elle acquiesça, la gorgée nouée. Décidemment, elle les faisait tous fuir. Oliver, Kale, … peu importe qui, dès qu’elle ouvrait son cœur et laissait quelqu’un s’en emparer, elle devait lui dire adieu six mois ou deux ans après. Brutalement. Mais cette question que Tony lui posa n’attendait pas réellement de réponse. C’était une introduction pour continuer son histoire, juste ce qu’il fallait pour qu’Elune se mette dans sa situation et fasse le parallèle avec sa propre vie.

À vrai dire, elle ne savait pas qu’il avait été marié. Elle en apprenait beaucoup sur lui depuis hier. Elle l’avait vu dans des magazines, oui, elle l’avait vu sur internet aussi, mais sans aucune bonne ni mauvaise raison, elle n’avait simplement jamais fait attention à sa vie privée. Elle avait écouté sa musique, prêtait une oreille semi-attentive lorsqu’elle entendait parler de lui autour d’elle, mais n’avait jamais été une fan-girl qui savait tout de tout. Alors elle le découvrait complètement et l’écoutait cette fois attentivement. Dix ans ? Ils avaient quoi, quinze ans quand ils s’étaient mis ensemble ? Elle ne commenta pas cette partie, mais elle était agréablement étonnée. Elle le fut moins positivement lorsqu’il continua sa phrase. Ils s’étaient quittés car elle préférait les Pokémon à sa famille et au vu du ton qu’il employait, il n’était pas particulièrement fan des Pokémon en général. Un point qui la déçu étrangement beaucoup. Elle qui les aimait tant, elle ne pouvait pas concevoir l’inverse. Il n’y a pas si longtemps que cela, elle les considérait même supérieurs aux humains sur de nombreux points. Son objectivité avait plus ou moins pris le dessus ces derniers mois, et elle était consciente que ce qu’elle pensait n’était pas non plus la vérité, mais elle restait persuadée qu’elle avait raison. Et même si elle savait que ça ne devait normalement pas la toucher plus que ça, elle ne pouvait s’empêcher d’être déçue d’entendre ça de lui. « S’il n’aime pas les Pokémon, peut-être que c’est pas lui qui réparera ton pauvre petit cœur brisé. » Elle secoua la tête en se recalant dans son siège et en aspirant une grande bouffée de sa cigarette. « T’es sérieuse, grosse débile, de penser à des trucs pareils ? Maintenant ? » Elle tenta de chasser ses pensées égoïstes, stupides et malvenues de sa tête et se concentra à nouveau sur ce que lui disait Tony. Il se livrait à elle et malgré ce qu’elle pouvait désapprouver, elle n’était pas là pour juger, comme elle le lui avait dit. Alors elle ne fit toujours aucun commentaire, hochant simplement la tête pour l’encourager à continuer et à lui montrer qu’elle était là pour jouer le public silencieux.

Elune s’empêcha de ricaner nerveusement lorsqu’il lui parla de cette fille qu’il avait rencontré et qui lui donnait la sensation qu’elle était faite pour la nouvelle vie qui s’était offerte à lui. Elle avait déjà reconnu sa propre histoire lorsqu’il avait parlé de son ex-femme mais là, c’était carrément du plagiat. Tomber sur quelqu’un qui se révèle être notre second amour, qui parvient à nous faire oublier le premier et qui colle parfaitement à notre « nouvelle vie » même si ladite personne traîne dans des trucs louches ? Elle avait l’impression qu’il parlait de K, qu’il narrait leur histoire à quelques détails près. Leurs relations respectives avaient probablement été totalement différentes, mais il n’empêche que dans les faits, tout était très similaire. Et son rire qu’elle retint n’aurait été qu’une façade des larmes qui n’attendaient que le feu vert pour se déverser en flot sur ses joues. Merde, s’il savait à quel point elle pouvait le comprendre… Et plus il continuait de décrire cette fille et leur vie ensemble, plus Kale était présent dans les pensées d’Elune et plus elle sentait qu’elle était elle aussi sur le point de craquer. Elle avait réussi à le mettre de côté le temps d’une nuit, elle avait réussi à faire abstraction de tous ses sentiments de tristesse et de souffrance depuis qu’elle avait quitté sa chambre, mais ses efforts semblaient vains dans une telle situation. Qui aurait cru qu’elle se serait reconnue dans les propos de Tony Schwärtzwind ? Qui aurait cru qu’après une nuit pareille à tenir bon et à faire abstraction des événements récents, elle se retrouverait à deux doigts de se taper une nouvelle crise ?

Elle tenta de rester forte et de résister, mais lorsqu’elle le vit tomber à genoux et se mettre à pleurer en lui expliquant qu’elle était morte et les conditions dans lesquelles elle avait trouvé la mort, elle fut incapable de se retenir. Les larmes qu’elle retenait depuis tout à l’heure se mirent à rouler sur ses joues, doucement d’abord, elle essaya de les essuyer avec ses mains tout en s’approchant de Tony pour tenter de l’apaiser, mais elle n’arriva pas à l’atteindre que son visage était déjà inondé, laissant s’échapper le flot qu’elle redoutait et qu’elle espérait cacher à son valentin jusqu’au moment du départ. Elle n’y arrivait plus et après tout ce qu’il lui avait dit, était incapable de trouver la force de se leurrer encore. Il lui manquait trop. Il lui manquait atrocement et elle avait encore du mal à réaliser qu’elle ne le verrait plus jamais, que son dernier je t’aime avait été au téléphone vingt minutes avant qu’il ne trouve la mort. Elle n’essayait plus de sécher ou d’atténuer ses larmes. La vision brouillée, elle s’assit à côté de Tony et enroula ses bras autour de ses genoux avant d’enfouir sa tête dedans. Les deux dans leur position respective avaient l’air au fin fond du désespoir. C’était le cas. Chacun devait lutter avec ses démons et le combat était perdu d’avance des deux côtés. Elune finit par relever la tête, les yeux encore brouillés de larmes et la gorge sèche, pour l’appuyer sur Tony. Elle avait besoin d’un contact, pas juste de le frôler. Elle en avait besoin parce qu’elle aussi était prête à s’ouvrir à lui.

« Kale… Mon copain est mort y’a deux semaines. » Sa voix était tremblotante, tout comme son corps, et elle avait du mal à finir sa phrase sans être interrompue par quelques hoquets. « Tu peux pas savoir à quel point je te comprends. Ah merde, attends. » Un nouveau flux de larmes se déversa sur ses joues alors qu’elle tentait vainement de l’arrêter et de s’essuyer les yeux à tout-va. Lorsqu’elle se calma un peu, elle reprit. « Il me manque tellement, j’ai pas pu le revoir non plus, c’est les Plasma qui ont son corps et je suis sûre et certaine que ça s’est pas passé comme on m’a dit. C’est impossible. Et je sais pas quoi faire et je l’aimais vraiment, il m’a fait oublier l’autre et il a vraiment été là pour moi et il m’a aidé à retrouver goût à plein de choses et, et… et pis tout ça. » Elle voulait s’exprimer mieux, elle voulait tout lui raconter, tout lui expliquer pour qu’il se rende compte qu’elle vivait exactement ce qu’il avait vécu, mais elle était incapable d’aligner deux phrases logiques et de structurer les propos qu’elle lui sortait. Elle en venait presque à se demander pourquoi elle avait fait tout ça, pourquoi elle avait tenté de tout cacher, pourquoi elle était venue ici alors qu’elle était loin d’en avoir terminé avec cette histoire et qu’elle n’était pas prête de lâcher l’affaire, pourquoi elle l’avait trahi… Tout remontait d’un coup et ça faisait mal. Merde. Elle regarda Tony de ses grands yeux rouges et gonflés en ayant presque l’impression de faire face à un miroir tant les siens étaient dans le même état. « Je suis tellement désolée pour tout. Je suis tellement désolée de t’avoir forcé à parler et à raviver tous ces souvenirs. Je voulais pas… je voulais vraiment pas que ça se passe comme ça. J’ai… j’ai déconné, c’était trop tôt pour que je sorte sociabiliser. C’était trop tôt pour que je puisse vraiment passer et faire passer une bonne soirée avec quelqu’un. » Elle se sentait mal, elle s’en voulait. Elle ne regrettait pas sa rencontre avec Tony, elle ne regrettait pas sa nuit avec lui, mais elle regrettait d’avoir poussé les choses trop loin et d’avoir assez tenté le destin pour qu’il les amène à pleurer au milieu de la nuit au bord d’un lac en pleine campagne. C’était la dernière preuve qu’il lui fallait pour se convaincre qu’elle n’était pas encore prête à sortir à nouveau. Elle devait rentrer, au plus vite, et ne jamais sortir avant d’avoir au moins résolu le meurtre de K qui, peut-être, lui permettra enfin de faire son deuil.





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Jeu 3 Aoû - 8:43
Il n'y avait rien. Tout ce qu'il avait pu lui dire, toutes les bouffées de la clope qu'il avait fumé… Au final, il ne s'était rien produit, comme s'il avait préféré se taire et tout garder pour lui. Aucune sensation de réconfort, aucun sentiment bénéfique n'était sorti de tout ça, si ce n'était peut-être un peu de nostalgie au moment où il avait parlé d'Axelle. En fait, tout cela l'avait exténué, finalement. La preuve, il n'arrivait plus à tenir sur ses jambes, complètement terrassé par son mal-être. Finalement, cette soirée aurait été un véritable ascenseur émotionnel pour lui. Quelque chose qui avait décuplé ses sentiments, autant en bien qu'en mal. Mais ces instants qu'il avait partagé avec Elune lui semblaient si lointains maintenant… A défaut de pouvoir revenir à l'époque où Axelle et lui vivaient en plein bonheur, il aurait aimé remonter quelques heures en arrière, revenir à ce moment de pure extase où rien d'autre ne comptait que la jeune femme avec qui il avait partagé la nuit et les sensations ne serait-ce qu'un court instant. Ou courir à en perdre haleine et tomber d'épuisement, incapable de ressentir autre chose que la douleur qui lui aurait traversé les membres. Même s'il avait une arme à feu entre les mains et qu'il mourrait d'envie de coller le canon dans sa bouche et de se tirer une balle, il n'aurait pas pu le faire. Son esprit, autant ravagé par la dépression que par toutes les drogues qu'il avait pu consommer ainsi que le manque de sommeil, était bien trop faible pour accomplir une pareille chose.

Il ne pouvait que rester là, impuissant et à la limite de la mort cérébrale, quitte à ce que tout autour de lui se consume dans les flammes de la fin du monde sans qu'il ne s'en aperçoive.

Et pourtant, il n'y eut que lorsqu'elle commença à enrouler ses bras autour de lui et qu'il aperçut sa tête sur ses genoux qu'il éprouva une once de réaction autre que les sanglots et les larmes. Tony aurait voulu se retourner pour lui dire quelque chose, au moins de ne pas pleurer, mais il se ravisa. Il ne comprenait pas ce qu'il lui avait pris, mais il sentait que ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait apaiser comme ça. A la place, il se contenta de caresser doucement les cheveux d'Elune. « Pas toi non plus… » voulait-il lui murmurer, bien qu'il ne garda ses pensées que pour lui. « Je t'en prie… »

Il ne savait pas pourquoi elle faisait ça, mais sa culpabilité redoublait d'intensité. Ce devait être quelque chose qu'il avait dit, ça ne pouvait pas être possible autrement. Il aurait dû se taire, garder tout ça pour lui. Rester enfermé dans la chambre du ranch et éviter de rencontrer qui que ce soit. Renvoyer cette putain d'invitation au visage du Doc en lui criant d'aller se faire voir. Se laisser crever dans la chambre de l'appart', refuser de manger jusqu'à ce qu'il se sente mal. Au moins, il n'aurait fait souffrir personne comme ça. Elune aurait sûrement été la valentine de quelqu'un d'autre, avec son joli minois prêt à faire fondre n'importe qui dans la salle qui prenait le temps de la regarder. Ce n'était pourtant pas sorcier, et il avait fallu qu'il fasse l'erreur de venir… « Tu la fais pleurer en plus. Quel abruti. Tu ferais encore mieux de rendre service aux gens et d'aller te pendre. »

Elle commença à son tour à vider son sac, à justifier la raison de ses larmes qui perlaient le long de ses joues. A nouveau, les lèvres du musicien s'étaient tordues dans l'espoir de dire quelque chose, mais rien n'en sortit. Et elle continuait dans son histoire toujours plus sombre, toujours plus sordide… Son copain, un Sbire Plasma, s'était fait tuer et c'était le gang qui avait son corps ? Comment pouvait-on lui faire une chose pareille ? Même si Tony était certain qu'il y avait une anguille sous roche avec le Skean Skelenox et qu'Axelle n'était pas morte dans l'accident de moto que la police voulait lui faire croire, un enterrement avait bel et bien été organisé. Les parents de la femme qu'il aimait avaient refusé qu'il vienne, donc il n'avait pas pu certifier qu'elle était bien là, mais qu'une organisation criminelle ne le lui fasse pas parvenir le corps de son copain ou ne l'enterre pas dans des conditions décentes avait fait perdre le peu d'empathie qu'il éprouvait à leur égard. D'autant plus que, tout comme lui avec la motarde, elle avait retrouvé goût à l'amour auprès de cet homme-là. Pourquoi la vie et le malheur devaient-ils s'acharner sur ces deux-là ? Il estimait que c'était peut-être le prix du succès, mais elle ? Elle n'avait rien demandé dans tout ça. De ce qu'il avait compris, elle menait une vie tout à fait normale… Ils n'avaient pas le droit de lui faire ça… Et entre cet événement tragique et le pétage de plombs du musicien, elle trouvait quand même le moyen de s'excuser, de se sentir coupable parce qu'elle avait ravivé tous ces souvenirs douloureux chez lui. Elle en était venue à la même conclusion que lui, qu'elle n'aurait jamais dû venir, à ceci près qu'elle justifiait cela par le fait que c'était trop tôt pour vivre une soirée avec quelqu'un. Malgré tout, elle avait au moins l'air d'avoir réussi à se dire qu'il devrait y avoir un « après », qu'elle devait retrouver une nouvelle personne qui pourrait lui donner une fraction de ce que Kale avait pu lui donner. Pouvait-il en dire autant ? Il ne le savait pas. A l'approche de la quarantaine, ce n'était pas aussi simple. Une bonne partie de la population féminine célibataire à cet âge avait déjà des enfants et s'il était prêt à se lancer là-dedans s'il le fallait, il savait que ce ne serait pas facile de se faire accepter. Quant aux jeunes filles de l'âge d'Elune ou d'Axelle, c'était des cas relativement exceptionnels. Son ex-copine disposait d'une vie particulière qui lui avait donné un mélange de maturité et d'insouciance, et qui était particulièrement attirante chez elle. Et de ce qu'il connaissait d'Elune jusque-là, c'était plus ou moins la même chose. Ce genre de femmes étaient des cas à part, des « perles » comme le disait si bien Evans.

Elle méritait mieux que ça. Tellement mieux.

Les larmes perlaient encore le long de ses joues, mais il leva sa main pour caresser le visage de la pauvre Sbire. C'était un bien maigre réconfort, mais ce geste lui avait beaucoup demandé. Lui-même n'aurait pas pensé avoir la force de le faire après que le désespoir se soit complètement immiscé dans son cœur et dans son âme. Mais peut-être qu'une part de lui-même se demandait s'il ne valait pas mieux que l'un d'entre eux prenne sur lui pour éviter qu'ils ne sombrent tous deux dans la misère et qu'il était prêt à prendre ce fardeau sur ses épaules ?

« Non, c'est ma faute. » répondit-il, tentant de réprimer ses sanglots. « Si j'avais su que tu traversais ça aussi, je serais pas autant allé dans les détails. J'ai ma part de responsabilité là-dedans. Peut-être même que si je m'étais pas inscrit à cette connerie, tu aurais pu trouver quelqu'un de mieux. »

Ça aurait été mieux comme ça. Il avait beau être une rockstar, des gens mieux que lui, il y en avait des milliers. La réciproque, cependant, il en doutait fortement.

« Tu sais… » commença-t-il avant se s'interrompre pour essayer de se calmer un peu. « J'ai pas eu l'occasion de le dire avant, et je sais pas si c'est le meilleur moment pour ça, mais je me dis que si ça peut t'aider à remonter la pente ne serait-ce qu'un tout petit peu, ce serait bien. »

Il plongea son regard encore rougeoyant dans les siens. La vérité, c'était qu'il voulait l'embrasser de tout son saoul, la serrer dans ses bras de toutes ses forces, mais il sentait que ce n'était pas approprié. Comment cela pouvait-il l'être après qu'elle se soit remémorée tous ces souvenirs, toutes ces pensées ? Et pourtant, même s'il n'était pas amoureux, il voulait simplement lui donner un peu de cette affection dont elle avait tant besoin en ce moment. Ce n'était pas Kale, alors ce ne serait pas aussi bien, naturellement. Mais même si cela pouvait l'atteindre ne serait-ce qu'un tout petit peu, il l'aurait fait avec joie.

« J'ai passé un moment merveilleux avec toi. » lui avoua-t-il à la place. « Je sais pas si ça a été la même chose pour toi, mais j'aurais pas pu trouver une meilleure valentine ici. Tu m'as donné beaucoup et je peux pas trouver de mot pour te dire à quel point j'aimerais te remercier. Alors t'as peut-être raison quand tu disais que c'était trop tôt pour toi ou je sais pas quoi, mais quand tu penses que tu seras de nouveau prête, j'espère que tu trouveras la personne qu'il te faut. Tu le mérites, vraiment. Deviens pas comme moi. »

Était-ce la drogue ou lui-même qui parlait ? Il ne savait plus vraiment, et en vérité, il s'en foutait. Il voulait juste son bonheur, même s'il se doutait qu'il ne pouvait pas y faire grand-chose. Tout ça parce qu'il retrouvait un peu d'Axelle en elle, sans doute.


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Sam 12 Aoû - 13:15

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Elle avait craqué et ça ne lui ressemblait pas. Elle avait vidé son sac, elle avait pleuré toutes les larmes de son corps comme en début de soirée dans sa chambre, lorsqu’elle s’était jurée de ne pas recommencer aujourd’hui et d’être forte. Mais ça avait été plus fort qu’elle, l’histoire de Tony lui avait rappelé presque mot pour mot la sienne avec Kale et il était trop tôt, beaucoup trop tôt pour que ce genre de propos ne lui fasse plus rien psychologiquement. Si seulement un jour il était possible que ça ne lui fasse réellement plus rien, ce dont elle doutait fortement. Elle se sentait toute conne, toute penaude. Ses larmes roulaient encore sur ses joues alors qu’elle se maudissait d’avoir tout balancé et d’avoir fait subir à Tony une soirée qui aurait pu se dérouler sans drogue et sans larme si ça n’avait pas été elle. Qu’est-ce qu’elle s’était dit, même pas vingt minutes auparavant ? Que cette histoire, personne d’autre qu’elle-même ne pouvait la régler. Que ça ne servait à rien qu’elle commence à déballer sa vie à quelqu’un qu’elle ne connaissait que d’une soirée, aussi proche se sentait-elle de lui. Et qu’est-ce qu’elle venait de faire ? Exactement ce qu’elle s’était dit de ne pas faire. Tout à fait son genre, finalement. Faible et lâche. Elle voulait rentrer et éviter à Tony de rester avec elle plus longtemps encore. Elle était plus que persuadée d’attirer la poisse, c’était une évidence, et il n’y avait qu’à voir la fin de la soirée pour comprendre que s’ils continuaient, le pire restait à venir.

Elle hésita à se lever et partir, préférant souvent la solution de facilité qu’était la fuite, mais la main de la star approcha doucement son visage et il la laissa glisser le long de la joue d’Elune. Un geste tendre qui lui rappela qu’il ne méritait pas qu’elle se casse comme une voleuse. Un geste qui lui rappela qu’ils étaient dans la même situation et que lui aussi avait besoin de réconfort. Elle attrapa sa main avec la sienne et entremêla ses doigts avant de les serrer fermement. Il s’excusait. Lui, s’excuser ? Alors que c’est elle qui avait ramené sa vie sur le tapis, qui l’avait presque forcé à parler, qui l’avait poussé au craquage ? Elle avait fait de la soirée d’une rockstar un cauchemar alors qu’il aurait pu se taper deux filles en même temps en claquant des doigts et s’en enchaîner quatre autres après en ne passant que du bon temps, sans larmes ni aveux difficiles. Non, c’était dégradant de l’imaginer ainsi. Même si elle était elle-même la preuve qu’il s’enfilait des coups d’un soir, elle ne pensait pas de lui qu’il était un de ces types qui couchaient partout avec toutes les groupies les plus mignonnes juste pour s’éclater un moment. Il avait eu une femme, puis une copine à qui il tenait plus que tout, il n’était pas l’infidèle rocker qui abusait des drogues et se fichait bien des relations sérieuses. Quoique pour les drogues, elle avait raison.

Enfin peu importe, il s’excusait et elle trouvait ça aberrant. Trouver quelqu’un de mieux ? C’était encore plus aberrant. À vrai dire, elle était venue ici en pensant repartir seule. Parce qu’elle aurait fait fuir les hommes, parce qu’elle ne voulait pas trahir Kale, parce qu’elle n’était pas encore prête, pour mille raisons différentes. Et finalement, elle avait là aussi craqué. Craqué pour lui, et tout s’était fait naturellement. Alors trouver quelqu’un de mieux ? Elle n’aurait même pas trouvé quelqu’un d’autre. Il se sous-estimait et elle n’aimait pas ça. « Tu rigoles, j’espère. Et tu ne pouvais pas savoir. Moi non plus je t’aurais pas forcé à parler si j’avais su tout ça… T’y peux rien. Et non, je n’aurais pas pu trouver quelqu’un de mieux. » Elle hésitait à continuer, elle voulait lui avouer ce qu’elle ressentait, tout ce qu’elle avait pensé tout à l’heure comme quoi elle pensait même rentrer seule et ne pas avoir une seule conversation intéressante avec qui que ce soit, mais elle se retint et il commença à parler. Son introduction la rendit plus que curieuse. Et lorsqu’il plongea son regard dans le sien, lui avouant qu’il avait passé un bon moment avec elle et qu’il n’aurait pas pu trouver de meilleure valentine, son cœur se remit à battre rapidement, la chaleur remontant dans son corps comme lorsqu’ils s’étaient rapprochés la première fois. C’était difficile pour elle de soutenir son regard. Elle en était presque gênée, elle avait envie de fuir encore, mais lorsqu’il lui souhaita de trouver la personne qu’il lui faut et qu’il lui pria de ne pas devenir comme lui, son regard changea. Elle fronça les sourcils, l’air sévère. « Dis pas des trucs comme ça. Comment ça, deviens pas comme moi ? On a chacun nos démons, tu sais, ça fait pas de toi quelqu’un qu’on ne devrait pas prendre en exemple. Et puis… tout peut finir par s’arranger. Toi aussi, tu mérites ça. » Son regard redevint doux et mélancolique. Elle ne laissait généralement pas les expressions envahir son visage mais ce soir, elle ne pouvait rien retenir. « Et puis moi non plus, je n’aurais pas pu trouver quelqu’un de mieux aujourd’hui. » Cette fois-ci, ses yeux s’enfuirent et elle évita de le regarder en fixant le lac à la place. « Ca fait si peu de temps que tout ça est arrivé et pourtant… c’était vraiment une belle soirée. Une belle nuit, un beau tout. Je pensais pas que j’allais pouvoir ressentir ça et autant m’éclater. Tu m’as fait… » Les mots étaient difficiles à prononcer, mais le fait de ne pas le regarder l’aidait à s’ouvrir. « … un peu oublier tout ça et je pourrais jamais assez te remercier d’avoir été comme tu es. D’être comme tu es. » Cette fois-ci, elle osa le regarder dans les yeux. « Au final, tout ça, ça me prouve qu’on a encore plus en commun que je l’avais imaginé. Et ouais, c’était peut-être trop tôt pour moi, c’est sûr, sinon j’aurais pas craqué, mais… dans ces conditions, je n’aurais pas pu avoir de meilleure St-Valentin. Alors merci. » Elle se comportait vraiment différemment avec lui qu’avec le commun des mortels. Elle ne se reconnaissait à peine. Mais elle avait envie de lui dire tout ça et était soulagée à présent que c’était fait. Elle avait aussi envie de le prendre dans ses bras et de rester comme ça de longues minutes durant, mais n’était pas certaine que c’était le bon moment et que c’était le bon geste à avoir. Ils venaient tous les deux de parler de leur amour perdu et c’en devenait presque bizarre de continuer à ressentir l’envie de lui.

Alors elle se leva, les yeux encore bouffis, et lui tendit la main. Il y a dix minutes elle voulait partir mais maintenant, elle voulait rester avec lui jusqu’à la fin. Elle ne voulait pas le quitter, parce qu’elle savait ce que ça signifiait. Ils avaient beau s’être dit qu’ils se reverraient sûrement un jour, elle était consciente que ça ne se ferait sans doute pas. Il était occupé, très occupé même, n’habitait pas la même région… alors elle voulait en profiter. Profiter des derniers instants, car le soleil commençait doucement à se lever et à sonner la fin de leur rencontre. « Le soleil est déjà presque là… Comment est-ce que tu veux passer ta fin de soirée et ton début de matinée ? Dis-moi tout, qu’on puisse faire ce que t’as envie avant que je parte. »





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Dim 13 Aoû - 10:17
« Finir par s'arranger, hein ? »

Elle lui donnait envie d'y croire. Sincèrement. Était-ce parce qu'elle avait dit ça de manière un peu plus dure qu'à l'accoutumée et que ça l'avait secoué dans le bon sens ? Sans doute un peu. A vrai dire, il brûlait déjà d'envie de la revoir un jour ne serait-ce parce qu'elle croyait en lui et qu'ils pourraient peut-être avancer ensemble. Pas forcément en tant qu'amoureux, en tant qu'amis, sex friends ou quoique ce soit d'autre – honnêtement, il n'était pas en état de réfléchir à la nature de leur relation, il voulait juste croire en ce qu'elle disait – ce pouvait être tout aussi bien. Elle lui donnait envie d'y croire, mais quelque chose lui disait que ça ne se passerait pas comme ça. Une espèce de voix à l'intérieur de lui qui lui susurrait des mots durs à l'oreille, qui lui parlait mal constamment, qui le traitait de raté et d'autres choses bien pires encore. S'il devait représenter cela visuellement, ce serait sans doute une espèce de monstre noir à l'aspect humanoïde – pour montrer que c'était proche de lui, et que c'était plus vicieux qu'on ne le pensait – pourvu de griffes et de crocs aussi aiguisés que des couteaux et à la langue fourchue, sifflant, d'une voix presque similaire à la sienne, toutes ces horreurs qui le faisaient sombrer toujours un peu plus, à chaque fois qu'il tentait de se battre. S'ajoutait à lui, assez souvent, le démon de la cocaïne et des autres drogues qui lui promettaient à chaque fois de lui montrer un monde merveilleux où il aurait la sensation que tout serait comme avant et que le monstre aurait disparu définitivement. Un piège dans lequel Tony tombait à chaque fois, alors qu'il le connaissait et qu'il suffisait simplement de dire « non ». Mais il était trop stupide et trop faible pour le faire. Trop faible pour résister, trop stupide pour prendre quelque chose qui le dissuaderait de continuer, et qui, à la place, le faisait se complaire dans ces conneries.

C'était dommage qu'il soit ainsi. Que ces deux abominations le tourmentaient depuis qu'il avait reçu ce coup de téléphone. Parce que les mots qu'Elune employa par la suite, dans d'autres circonstances, lui auraient valu un long et tendre baiser de sa part. Qu'une personne pense cela de lui, avec une telle sincérité, même s'il pouvait sentir que ce n'était pas facile pour la jeune femme de lui avouer une telle chose, l'aurait simplement comblé de joie. Il ne savait pas quel genre d'homme était Kale, mais il devait sans doute avoir beaucoup de chance pour tomber sur une femme comme elle de son vivant. Il s'en était sûrement rendu compte, pour lui avoir donné autant de bonheur comme elle l'avait affirmé. Il se surprit à songer qu'il aurait bien voulu les rencontrer, ou plutôt, la connaître et constater par lui-même comment elle se comportait quand elle était pleinement épanouie avec quelqu'un comme lui. Après tout, si Elune avait déjà été une femme incroyable avec lui, autant physiquement que moralement, avec la personne qu'elle aimait le plus au monde, elle devait vraiment être resplendissante. Deux beaux yeux bleus et profonds et un sourire rayonnant de bonheur… Pour Kale, cela avait sûrement compté comme la huitième merveille du monde, et Tony n'avait aucun mal à comprendre pourquoi.

« Elle dit ça pour être polie. » siffla sans prévenir cette voix perverse dans sa tête au moment où il s'y attendait le moins. « Tu crois vraiment que quelqu'un pourrait passer un bon moment avec une loque comme toi ? Tu l'as fait pleurer, tu lui a rappelé la mort de son mec, peut-être d'autres trucs qu'elle t'a pas dit… Si elle ne te déteste pas, c'est qu'il lui manque une case. »

Il ne pensait même plus à répliquer face à ce monstre tellement il se sentait vide à l'intérieur de lui-même. Et pourtant, à nouveau, un miracle se produisit. Elune qui s'était relevé, et qui lui tendait sa main pour qu'il en fasse de même. Elle lui fit remarquer que le soleil n'allait pas tarder à se pointer, et elle lui proposait de faire une dernière activité, avant de partir. Elle pensait encore à lui, même alors que le matin était quasiment là et qu'elle n'allait pas tarder à fermer cette page de leur histoire d'une soirée. Tony voulait pleurer de plus belle mais décida de se faire violence. Ce n'était pas le moment de céder. Encore une heure, tout au plus… Mais pas une nouvelle fois, par pitié.

« Je veux… » commença-t-il, cherchant ses mots. « Tu crois que tu peux rester ici, avec moi, au moins jusqu'à ce que le soleil finisse de se lever ? Sinon c'est pas grave, je comprendrais… »

Il baissa la tête, les yeux rivés vers le lac à son tour. Non, il ne pouvait pas faire quelque chose d'aussi mauvais. Il voulait lui donner plus. Tellement plus, pour tenter de grappiller autant de secondes que possible. Quand lui vint enfin une idée.

« J'ai pas envie de nous faire perdre du temps à aller au ranch et chercher ma guitare pour profiter de l'instant, alors si ça te dit… J'aimerais bien chanter quelque chose. Pour toi, pour nous, et pour eux aussi. C'est pas grand-chose, ça reste des mots et je connaissais pas ton copain, mais… »

Il ne finit pas sa phrase. Cela n'en valait probablement pas la peine et ça lui éviterait de sortir une énormité plus grosse que lui. Il attendit donc d'avoir son accord, avant de sortir son téléphone de sa poche et de chercher le morceau qu'il avait en tête.

« T'en as peut-être entendu parler, ça s'appelle In Loving Memory. Le guitariste a écrit les paroles pour sa mère quand elle est décédée. Certes, c'est pas tout à fait la même chose, mais c'est ce que j'ai qui s'en rapproche le plus. »

Il avait cette horrible sensation dans ses tripes qui lui donnait l'impression qu'il faisait une grosse connerie, mais il appuya sur le bouton de lecture quand même. Il ne cherchait pas à mal, en réalité. En fait, même si ça pouvait paraître un peu narcissique aux yeux de certains de penser ça, il espérait que les paroles de la chanson puissent mettre des mots sur ce qu'elle ressentait et que ça l'aiderait, ne serait-ce qu'un tout petit peu, pour faire son deuil correctement, elle qui ne pouvait pas avoir le corps de son bien-aimé parce que des salopards refusaient de le lui donner pour qu'elle puisse pleurer proprement. Il ferma donc les yeux un instant, se laissant porter par les notes de guitare pré-enregistrées sur son téléphone et prit une légère bouffée d'air avant d'entrer en scène.

Thanks for all you've done
I've missed you for so long
I can't believe you're gone
You still live in me
I feel you in the wind
You guide me constantly

I've never knew what it was to be alone, no
'Cause you were always there for me
You were always home waiting
And I'll come home and I miss your face so
Smiling down on me
I close my eyes to see

And I know, you're a part of me
And it's your song that sets me free
I sing it while I feel I can't hold on
I sing tonight 'cause it comforts me

Plus il chantait et plus sa voix tremblait. Chaque seconde qui défilait lui donnait encore plus envie de craquer. Et à chaque fois, il devait puiser un peu plus dans le peu de forces qu'il lui restait pour tenir le coup. Il profita de l'instrumental qui passait pendant quelques secondes pour regarder la jeune femme qui était si proche de lui et qui serait si loin dans quelques heures à peine. Est-ce que cela lui plaisait ? Il l'espérait. Il voulait la rendre heureuse au moins un bref instant, et il se sentirait comblé. Ce qu'il ressentait pour elle en ce moment était flou : il devait admettre que c'était quelque chose qui ne se produirait probablement plus si jamais ils devaient un jour se revoir et ce sentiment qu'il avait eu pendant toute la soirée serait sans doute parti si des retrouvailles devaient avoir lieu, mais il avait en même temps envie de se jeter sur elle et de l'embrasser de tout son saoul. Pas pour satisfaire des pulsions, il n'y avait rien de sexuel sur cet instant, et encore moins alors qu'ils venaient de parler de leurs copains décédés. C'était un autre plan, quelque chose de difficile à exprimer avec des mots…

I carry the things that remind me of you
In loving memory of
The one that was so true
You were as kind as you could be
And even though you're gone
You still mean the world to me

I never knew what it was to be alone, no
'Cause you were always there for me
You were always home waiting
But now I come home and it's not the same, no
It feels empty and alone
I can't believe you're gone

And I know, you're a part of me
And it's your song that sets me free
I sing it while I feel I can't hold on
I sing tonight 'cause it comforts me


La partie avec distorsion était entrée en scène et il fallait qu'il chante à plein poumons pour faire ressortir les sentiments évoqués par la chanson, mais sa voix ne suivait pas tout à fait. L'émotion, le manque de préparation, le fait d'avoir trop parlé, et le manque de sommeil notamment, se faisaient tous ressentir. Il ferma à nouveau les yeux pour rester concentré et présenter à la jeune femme un cadeau décent.

I'm glad He set you free from sorrow
I'll still love you more tomorrow
And you will be here with me still

And what you did you did with feeling
And you always found the meaning
And you always will

And I know, you're a part of me
And it's your song that sets me free
I sing it while I feel I can't hold on
I sing tonight 'cause it comforts me

Voilà. Ce n'était pas forcément le plus beau des points culminants, mais c'était ce dont il s'était senti capable de faire pour elle. Il attendit que la chanson s'arrête, puis laissa échapper un soupir en passant ses mains sur le visage pour essayer à nouveau de réprimer ses larmes. Il attrapa la main d'Elune et la caressa doucement, attendant patiemment son verdict qui, il l'espérait, ne serait pas trop négatif.


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Mar 15 Aoû - 10:52

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Elle n’arrêta pas le sourire qui se formait sur son visage lorsqu’il émit son premier souhait. Juste rester avec lui jusqu’au lever du soleil et jusqu’à ce qu’elle doive repartir à Johto. Des goûts simples pour une personne loin de l’être autant. Ça lui plaisait et elle avait envie de lui dire oui. S’il voulait rester là et admirer le lever du soleil dans un petit coin de paradis qu’était le leur, elle accepterait sans sourciller. Elle voulait lui faire plaisir, qu’il se fasse plaisir, qu’on puisse répondre à ses besoins plutôt qu’il réponde toujours à celui des autres. Depuis quand était-elle devenue si généreuse avec des inconnus ? Sûrement depuis que l’inconnu en question faisait naître en elle quelque chose qui lui avait manqué, à moitié envieuse de prolonger ce sentiment et à moitié coupable de juste le ressentir. Ce sont des choses qu’on ne peut pas contrôler et sur ce point, Elune était plus que faible. Elle avait beau avoir su royalement cacher et enfouir ses sentiments durant une bonne période de sa vie, elle n’en était plus capable aujourd’hui, ces derniers l’envahissant à peu près quand ils le souhaitaient sans demander leur reste. Ces ressentis la guidaient, l’emmenaient parfois dans des situations dont elle ne se doutait pas, qu’elle n’aurait pu imaginer, et qui parfois s’avèrent être ce dont elle a besoin. Comme cette soirée, cette nuit et ce début de matinée à ses côtés. Partant d’une simple rencontre amicale aux pointes d’idées derrière la tête, elle se retrouvait ensorcelée et attachée à lui comme s’ils avaient vécu bien plus d’une demi-journée ensemble. Une demi-journée, certes, mais combien d’émotions ? Elle n’était plus passée par autant de stades de confusion différents depuis un bon moment. Depuis Oliver, probablement. Mais elle marchait comme ça, et c’est aussi pour cette raison qu’elle savait que Tony était spécial. Qu’elle aurait voulu passer bien plus de temps avec lui et non pas devoir en profiter jusqu’au lever du soleil seulement. Mais ils allaient devoir se quitter bientôt. Finalement, cette rencontre, était-ce un bien ou un mal ?

Il se proposa à chanter une chanson en l’honneur de ceux qu’ils avaient perdus, mais pour eux aussi, et elle hocha la tête en s’installant à nouveau à ses côtés. « Je suis sûre que ça sera parfait. » Elle l’encouragea d’un sourire, même s’il n’avait pas besoin d’être encouragé. In Loving Memory. Elle n’avait pas l’impression de déjà connaître mais était déjà persuadée que les paroles colleraient tout aussi bien, quelle que soit la personne pour laquelle elles avaient été écrites. Les premières notes résonnèrent, puis il se mit à chanter. Elune n’eut pas à attendre trente secondes que les larmes roulaient à nouveau sur ses joues. Son visage restait stoïque, le regard vague, les oreilles attentives, mais elle ne pouvait s’empêcher de pleurer encore. Les paroles la touchèrent là où ça faisait du mal et du bien en même temps. Elle souffrait, indéniablement, mais la musique l’apaisait et ne lui faisait ressentir aucune haine concernant la mort de Kale. Il était mort, c’était une fatalité. Il lui manquait atrocement et elle aurait voulu pouvoir chanter aussi bien que Tony pour ressentir encore un peu plus ce qu’elle éprouvait déjà. Cette chanson lui donnait des frissons. Elle était calme, mais lui faisait peur. Elle n’était pas encore prête à accepter, même si elle en avait envie. Elle n’y arrivait pas. Sa voix commençait à trembler et lorsqu’il attrapa son regard, elle n’était pas certaine de pouvoir le soutenir. Il chantait magnifiquement bien, il chantait comme si la chanson lui appartenait, avec émotion, en ressentant chacun des mots, en y croyant et l’effet que cela provoquait chez Elune était encore intensifié. Plus sa voix craquait, plus elle craquait aussi, plus les phrases avaient de sens et s’entremêlaient avec leur propre histoire. Ce guitariste avait écrit pour sa mère décédée, mais on pouvait l’appliquer à chacun de nos proches perdus et toutes ces paroles trahissaient exactement ce qu’Elune pouvait ressentir. Elle ne pouvait pas croire qu’il n’était plus là, il lui avait laissé un manque gigantesque, un trou béant, mais il était encore et toujours là, avec elle, quelque part, et il fallait qu’elle le comprenne et qu’elle l’accepte. Elle l’aimerait toujours, il n’y avait pas de doute, elle l’aimerait probablement sa vie entière et bien au-delà encore. Elle l’aimait tellement, et cette chanson était tellement poignante. Elle ne savait toujours pas si elle la soulageait ou la faisait souffrir. C’était difficile. C’était impossible de décrire réellement ce qu’elle ressentait.

Il attendit les dernières notes et la musique s’arrêta. Il attrapa sa main et de l’autre, Elune essuya ses larmes. Elle ne sanglotait pas, elle ne tremblait même pas, elle pleurait seulement la beauté, la tristesse et la vérité qui émanaient de ces paroles touchantes et de la voix pleine d’émotions de Tony. Elle ne savait même pas quoi lui dire tant elle avait été subjuguée. Elle voulait trouver les mots justes, mais tout ce qui lui venait à l’esprit était flou et décousu. Le silence n’était cependant pas une option, elle devait essayer. « … Merci. » C’était un début. « Et faut que tu sois plus confiant. C’était pas « pas grand-chose », ou juste des simples mots, c’était… » Là où il fallait exprimer ce qu’elle ressentait, elle avait beaucoup de peine. Elle n’avait pas envie de paraître stupidement accro ni de minimiser le cadeau qu’il venait de lui faire. « C’était absolument parfait. Je veux dire, les paroles, ta voix, l’émotion… » Elle serra sa main avant de se tourner vers lui et de le prendre dans ses bras. Elle glissa ses doigts dans ses cheveux et s’efforça d’être tendre pour ne pas l’étouffer en l’étreignant trop fort. « Merci pour lui. Merci pour tout. C’était magique. » Et elle ne pensait pas qu’à ces cinq dernières minutes en le disant. Elle pensait à tout ce qu’elle avait vécu avec lui depuis hier soir et tout ce qu’il lui avait donné. Elle qui n’espérait rien repartait avec tout. Une nuit intense, autant physiquement que psychologiquement, qu’elle garderait précieusement en mémoire. « Tony Schwärtzwind, je ne suis pas prête de t’oublier. » Même si leur relation devait s’arrêter là, même s’ils ne se revoyaient plus et qu’ils mettaient cette soirée sur le compte d’un pas de travers, elle ne l’oublierait jamais. Elle ne le pensait pas à la légère, elle le savait. Des gens comme lui, on en rencontrait peu dans une vie. Des gens qui marquent, des gens qui comptent, qui arrivent à se faire une place dans le cœur des autres en un rien de temps pour y rester toute une vie. Elle savait qu’il faisait partie de ces gens-là, et il l’avait, à quelque part, faite avancer. Avancer dans son deuil, mais aussi sur sa motivation à chercher la vérité. Faite se rappeler qu’elle avait une vie à côté de ça, des émotions dont il fallait qu’elle s’occupe, et un cœur certes détruit et vaguement recollé plusieurs fois, mais toujours bien présent et toujours aussi fragile. Merde, c’est fou comme il comptait déjà pour elle.

Elle le relâcha après ce qui semblait avoir duré quelques secondes mais qui en réalité avait pris bien plus de temps. Il faisait plus jour que nuit à présent et les Pokémon du lac et des arbres se réveillaient gentiment. Elle ne voulait pas le quitter, mais restait tenue par d’autres obligations. Il fallait qu’elle garde ces souvenirs, qu’elle garde tous ces moments passés avec lui en tête et qu’elle en profite plutôt que d’en avoir des regrets. Et c’est ce qu’elle allait faire. En profiter, et profiter des dernières précieuses minutes qui leur restait. Toute bonne chose a une fin.





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Jeu 17 Aoû - 9:34
Chanter lui avait prouvé quelque chose, en fin de compte : quelque part au fond de son être, enfoui sous une couche de ténèbres se trouvait une faible lumière, une infime partie de lui-même encore capable de ressentir quelque chose autre que du désespoir. Dans quelques heures, elle serait à nouveau ensevelie par les démons de la drogue et de la dépression, mais elle était là, en train de lutter pour respirer un peu d'air, même si ce n'était qu'un soupçon. C'était cette partie qui criait, qui appelait à l'aide de toutes les manières qu'elle le pouvait et qui voulait simplement qu'on l'on voit ce qui se passait pour se sortir de tout ça. Car même cette part de lui-même savait qu'elle serait incapable de se débrouiller seule. Si elle en avait eu le pouvoir, il y aurait longtemps que ce serait fait. Sauf que l'on parlait du deuxième amour de la vie du guitariste, qui lui avait été arraché par un accident qui n'aurait jamais dû arriver et dont il se sentait coupable parce qu'il n'avait pas été là pour intervenir. Pour prendre sa place, si cela avait été nécessaire.

Et puis il y avait cette jeune femme en face de lui, qui était dans le même état. Une jeune femme qui, comme lui, pensait que la vie n'avait plus la même saveur maintenant que cet homme était parti lui aussi. Peut-être que cette partie de lui qui avait chanté cherchait à savoir si elle aussi, au fond d'elle, tenterait de s'en sortir. Et si oui, elle voulait l'aider à relever la tête hors de l'eau, à elle aussi. Il fallait qu'au moins un des deux s'en sorte, c'était ce qu'il pensait, dans son for intérieur. Il serait content si elle trouvait le moyen de passer à autre chose. C'était ça aussi, être une rockstar. Non… être artiste, tout simplement. Créer quelque chose à partir de ce que l'on voyait, de ce que l'on sentait, écoutait ou touchait, mélangé aux émotions que l'on ressentait et que l'on voulait montrer à son public, quel qu'il soit.

Et effectivement, quelque chose semblait s'être produit chez Elune. C'était imperceptible si on n'y prêtait pas attention, surtout lorsque l'on avait vu à quel point ils avaient pleuré et à quel point ils semblaient détruits par leurs peines respectives. Pourtant, quand on s'en était rendu compte, cela se voyait comme un phare en pleine nuit. Les mots qu'elle avait choisi, le ton qu'elle avait employé, les larmes qui s'étaient versés sur ses joues. La musique avait eu l'effet escompté. Bien sûr, cela n'effacerait pas sa peine comme par magie, c'était quelque chose qu'elle devait accomplir elle-même. Mais cela avait amorcé quelque chose. Quand elle lui dit qu'il devait être plus confiant envers lui-même, elle avait ce regard empli d'un éclat qu'il n'avait pas perçu chez elle jusque-là. Ce n'étaient pas dû aux larmes, il en était certain. C'était de l'espoir. De la détermination. Le nom pouvait changer selon les gens et sans doute n'était-ce pas rendre justice à ce sentiment qui l'habitait maintenant, mais ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il avait réussi. Il y avait les mots, bien sûr, mais ceux qui les maniaient bien pouvaient s'en servir pour être trompeur. Cet éclat était une preuve bien tangible de son succès, quelque chose dont il se disait qu'il pouvait éventuellement être fier si cela venait à porter ses fruits plus tard. Peu importait ce qui se passerait les prochains jours, les prochaines semaines, les prochains mois. Peu importait si tout venait à s'arrêter pour lui, maintenant.

Ce fut ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'elle le prenne à nouveau dans ses bras et que sa main se nicha dans ses cheveux avec une affection toute particulière. Elle le remercia, pour son amoureux et pour elle et, même si elle s'efforçait de ne pas l'étouffer tout de même, resserra son étreinte sur lui. Il était sûrement difficile pour elle de le voir, mais un léger sourire, à peine distinct, venait de se dessiner sur ses lèvres. Il aimait être dans ses bras, cela lui procurait un bien fou, autant sur le plan physique que psychologique. Elle qui pourtant était au bord du gouffre elle aussi tentait de le tirer vers le haut, de le rendre meilleur sous tous les angles. En général, à moins d'être une personne infiniment généreuse, humaniste et empathique – ce qui, même si des gens prétendaient être ainsi, devait bien représenter une infime partie de la population humaine – il n'y avait que deux types de personnes que l'on espérait tirer vers le haut de cette façon : les amis et les amants. Pour ce soir, ils avaient été le deuxième, mais tous deux savaient que ça ne durerait pas. Mais peut-être qu'ils pouvaient être le premier pour la suite ? Si c'était le cas, Tony se sentirait sans doute déjà comblé.

« Quand on se reverra, j'irai mieux. » répondit-il en rompant le silence. « Je te le promets. »

C'était dorénavant inscrit. Ce n'était plus un délire sur lequel ils pouvaient plaisanter, ou faire des projets un peu en l'air comme ils l'avaient fait pour le concert ou pour jouer ensemble de la musique. Évidemment, de son côté, il avait été sincère quand il disait vouloir la revoir dans ces circonstances, et Elune l'était également sans le moindre doute, mais c'était dit sans réfléchir, avec une spontanéité qui pouvait parfois disparaître après l'euphorie de la situation. Mais plus maintenant. Il l'avait promis, et Tony faisait toujours son possible pour remplir sa promesse. N'importe qui qui le connaissait bien pouvait le certifier. Rien que ça, c'était une bataille remportée – une victoire bien maigre, certes, mais une victoire tout de même – dans sa guerre contre la négativité et le désespoir.

Le temps passa, et même si le duo se sentait bien dans les bras de l'autre, le moment fatidique où ils durent interrompre leur étreinte s'arrêta. Mais le guitariste ne laissa pas les choses mourir ainsi. Il sortit son téléphone, ouvrit l'application bloc-notes et y écrivit quelque chose avant de tendre l'objet à la jeune femme.

« C'est mon numéro. » indiqua-t-il. « Dès que je serai à Johto et que j'ai un moment de libre, je t'appellerai. Je te dirai si je suis avec mon groupe ou pas, mais si je suis tout seul, on fera ce que tu veux, je te laisse le choix. C'est toi qui connais la région, en même temps. »

Du moins, en ce qui concernait Rosalia. Mais ce n'était pas la partie importante. Ce qui était important, c'était qu'ils se reverraient, peu importe le temps que ça prendrait. A ses yeux, rien n'était plus important qu'une promesse envers une personne qui comptait pour lui. Cela lui permettait d'avoir la force de continuer encore une heure, une journée, une semaine, un mois, plus encore peut-être, pour une personne qui, à ses yeux, le méritait.

Ils pouvaient s'en sortir. Il replongerait sitôt qu'elle serait partie, mais maintenant que cette promesse était faite, ils s'en sortiraient tous les deux. C'était une certitude et il mettrait tout en œuvre pour que cela en reste une.


Double-compte: Mary Nephilim & Soren Kenshin

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