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» Rétablissement.


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Agent Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/09/2013
Messages : 850

Région : Kantô
Jeu 26 Jan 2017 - 18:00
Comme s’il parvenait à remonter à la surface après une longue et lente plongée en apnée. Un bruit répétitif, un espèce de « bip » à intervalle régulier le rappelle à la réalité. De plus en plus fort. Dérangeant maintenant qu’il en a pris conscience. Il n’arrive pas à ouvrir les yeux, ses paupières paraissent bien trop lourdes pour qu’il y parvienne. Il le faut pourtant. Il faut qu’il reprenne son souffle, il faut qu’il émerge. Il le faut. Il le faut !

Dans une tentative paniquée, il prend une grosse respiration, et se met violemment à tousser. La toux le fait se redresser légèrement et sans qu’il le réalise, ses yeux se plissent dans un réveil difficile. Et après le noir et l’obscurité, c’est le blanc immaculé qui l’agresse. Ses paupières se referment aussi vite qu’elles se sont ouvertes et il tousse à s’en arracher les poumons. Ce n’est pas bon pour son asthme, il le sait.

Il entend brusquement des bruits autour de lui.

« Attention ! Monsieur McKoy... »

Il ne reconnaît pas cette voix, mais il sent une main se positionner sur sa poitrine et on l’aide à se repositionner. Il ne sait pas bien mais déjà, au fond de lui, il devine. Une odeur de désinfectant lui saute aux narines. Il devine et déjà le bruit, l’adrénaline, la douleur et les cris lui reviennent en mémoire. Il lui faut respirer, crier, taper, bouger… c’est comme s’il n’avait aucun contrôle sur lui-même, il se sent lutter pour respirer, il sent qu’on pose quelque chose sur son visage, puis plus rien. Le noir.

Combien de temps reste-t-il ainsi dans les vapes ?
Il n’a aucune conscience du temps ou de l’espace.

Impossible de dire à quel moment, par la suite, il aura à nouveau cette impression de devoir émerger absolument, pour respirer, pour survivre. Il en a besoin. Une inspiration forte. Mais cette fois, il parvient plus facilement à ouvrir les yeux, et dans un réflexe inconscient, il fait ça lentement, sachant que le blanc du décor dans lequel il se trouve va nécessairement le saisir violemment. C’est le cas, mais il parvient peu à peu à s’y habituer. Son torse se soulève avec force au rythme de sa respiration difficile. Il a l’esprit embrumé mais il comprend vite : il est dans une chambre d’hôpital, ou quelque chose qui y ressemble. Autour de lui, comme un rideau épais est tiré tour autour de son lit.

Il a peur.
Sa première vraie émotion, c’est ça, la peur. Les images de Bonville lui reviennent une nouvelle fois. Les cris, les bris de verre des vitres du commissariat soufflées, du car derrière lequel il se trouvait. Les odeurs et les bruits des victimes, des blessés, le bourdonnement de l’explosion… il lui faut d’ailleurs plusieurs minutes avant de réaliser qu’il n’a plus les acouphènes qu’il avait lorsqu’il a tenté – miraculeusement – de s’interposer face aux deux malfaiteurs (terroristes ?). Il ne sait même pas quelle a été l’issue de cette action. Il se souvient bien de Windu, son Herbizarre et de Pipin, son Pikachu. La présence d'Overmind, aussi. Son Porygon a été indispensable. Toujours présent et loin à la fois. Créature insaisissable donc les actions peuvent difficilement être déchiffrées et pourtant si à l'écoute, si conscient de tout ce qui l'entoure. C'est lui qui a compris le premier, qui a su identifier les responsables, jusqu'à remonter leur trace. Sans lui, Nathanael comme tous les autres présents les aurait laissé filer. Sans savoir même qui pouvait être à l'origine de tout cela. Une bombe. Une bombe qui explose. La première réaction est la panique, la volonté d'aider, de sauver des vies. Comprendre est nécessaire. Mais cela vient généralement après. Il ne sait pas comment il a pu avoir la présence d'esprit d'intervenir. Comment il a pu en avoir le courage. Il n'est pas courageux. Lors de ces derniers jours, c'est comme s'il était devenu une machine guidée par il ne sait quelle force.

Il croit aussi avoir entendu des voix. Il n’est pas mort. Il a du se passer quelque chose. Ces hommes ont pu faire exploser un bâtiment public dans un temps de reconstruction et de rassemblement… Lui il n’est personne, qu’un simple agent qui se trouvait là. Qui voulait jouer aux héros. Lui qui n’a jamais aimé se mettre en avant. Qu’est-il donc devenu ?

La mort, la violence, le sang, des vies humaines meurtries. Pourquoi s’est-il à nouveau retrouvé au milieu de tels événements ? Pourquoi sa vie se résume maintenant à un tel déversement de violence ?

Et sur ces images confuses et terrifiantes qui remontent à son esprit par flash, celles toutes aussi saisissantes du Jugement dernier, le ciel noir, la folie des éléments et des hommes. Il ne saurait le dire ce qui l’effraie le plus, en cet instant. S’être senti impuissant face à une force insaisissable ou s’être senti perdu face à la démence humaine. Rien ne peut expliquer les événements du Ciel noir. Rien ne peut expliquer les événements de Bonville. Ces hommes qui ont fait exploser un commissariat alors que tant de personnes avaient fait le déplacement pour aider et reconstruire… Comment ? Pourquoi ?

Il n’est pas en état de songer à tout cela, et pourtant il est assailli d’émotions confuses et douloureuses. Elles éveillent en lui une véritable tenaille dans son estomac et une sensation désagréable naît en lui, à ses tempes, à sa nuque. Il a les yeux plissés, il voit trouble et n’a pas la force d’étirer son bras. Il se sent faible et a mal. Il ne saurait localisé où. Il ne saurait dire pourquoi. Il a mal. Physiquement, moralement, il a l’impression d’avoir été lacéré.

Il se sent las. Épuisé. Il n’entend pas vraiment des bruits de pas qui se dirigent vers son lit d’hôpital. Il n’a aucun contrôle sur son corps qu’il sent faible, trop faible. Parmi le flot de questions qui le prend aux tripes, il se demande ce qui s’est passé ? Il y a-t-il eu d’autres explosions ? D’autres morts ? Il s’est laissé guidé par une force incontrôlable pour remonter la piste des deux fuyards, malgré la douleur qu’il ressentait, et il a su s’interposer. Oui. Mais qu’a-t-il réussi à faire ? Que sont devenus les terroristes ?

Et pourquoi lui a-t-il la chance d’être encore en vie, et entier, alors que tant d’autres qu’il a vu au sol et blessés par l’explosion n’ont certainement pas pu s’en sortir. Comment fait-il pour survivre ? Tient-on tant que cela à noircir son existence ? A le meurtrir pour lui montrer combien la vie n’a rien de belle, combien elle n’est faite que de douleur, de violence et de déception ? Combien jamais les hommes ne comprendront rien à rien malgré les avertissements et les signes bien concret qu'ils vont dans le mauvais sens. A jamais vouer à détruire ce qui, en réalité, ne leur appartient jamais.

Même ce qui lui parait - paraissait - beau et synonyme d'espoir n'a finalement été là que pour ajouter de la douleur à la douleur. Alors qu'il était à flan du Mont Couronné, luttant pour la survie de tous, en vérité, que la survie du monde rime avec une séparation incompréhensible. Une disparition. On dit que le bonheur des uns fait le malheur des autres. Il ne saurait dire si c'est le cas. Il sait seulement que ce Jugement dernier n'a pas été une libération.

Les yeux rivés sur la plafond bien trop blanc, il ne prend pas conscience d'une présence à ses côtés. Ce n'est que lorsqu'un visage apparait dans son champ de vision qu'il sursaute et tourne légèrement la tête. Une femme blonde, d'un certain âge, chignon négligé et joues rougies d'effort, elle a une tenue d'infirmière et il ne peut guère se tromper sur sa fonction. Elle a un visage soucieux. Lorsqu'elle croise son regard noisette, elle a un mouvement de surprise et lui sourit.

« Monsieur McKoy ? Bon retour parmi nous. » Il ne sait pas trop ce qu'il doit dire à cela, il sent sa bouche pâteuse et n'arrive même pas à formuler un mot. Il se sent toujours endolori et une douleur au crâne persiste. Il n'a jamais autant été en contact avec le corps médical qu'au cours de ces quelques jours.

« Apparemment, vous avez été exemplaire... » Dans un geste qu'il reconnait pour l'avoir déjà subi, elle l'aide à se redresser et repositionne un épais oreiller derrière lui. Elle a toujours un sourire de circonstance, mais il sent bien que c'est très professionnel, comme attitude. Elle est toute proche de lui et il voit bien les traits tirés par la fatigue et l'inquiétude.

« Des gens vont vouloir vous parler. Mais avant, on va faire en sorte que vous repreniez des forces. Votre famille veut vous voir, aussi. »

Des gens ? Sa famille ? Il ouvre des yeux ronds à cette évocation. Il a le sentiment que cela fait une éternité qu'il n'a vu ni ses frères ni ses parents... il a cru un temps qu'un regard trop bleu pourrait devenir une "famille" aussi. Mais la vraie, elle, reste immuable.



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flic ?!
paumé.
trucs.:
 
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