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» When you and I were forever wild


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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Jeu 5 Jan - 20:05

When you and I were forever wild


C’était la première fois que tu désirais à ce point réaliser un désir propre à toi-même. Depuis que tu étais résident au Noah’s Circus, tu t’étais toujours contenté de partager les rêves de ton sauveur… La réussite et l’ascension du cirque dans un monde en déclin constituait ton seul unique objectif de vie, comme si toute ton humanité se définissait au travers le chapiteau dans lequel tu avais grandi. Mais c’était faux. Si Lua rêvait de quitter votre mère patrie pour mener une vie aux frontières de la normalité et que Fleur de Lys était partie dans l’espoir de connaître le succès ailleurs, y avait-il quelque chose t’empêchant de caresser ton propre vœu ? Contrairement à certaines idées préconçues, le cirque n’était pas une prison endoctrinant ses artistes afin qu’ils marchent tous dans le même sens. Lua, Clélie et Fleur de Lys, pour ne citer qu’elles, en étaient la preuve incontestable. Jamais elles ne considéraient le cirque comme une finalité… Elles savaient qu’il y avait quelque chose à l’extérieur des tentures et elles souhaitaient ce dont il s’agissait afin de voler de leurs propres ailes. Maintenant que tu prenais conscience de l’importance d’un tel désir, tu te rendais compte que, toi aussi, tu voulais ouvrir tes ailes et vivre une aventure différente.

En dépit de ta certitude, une question continuait de te tarauder : serais-tu forcé de quitter l’arche pour y parvenir ? Suivre son chemin impliquait-il nécessairement de rompre avec le passé ? Cette idée t’angoissait. Tu voulais réaliser ton rêve… Mais quelle serait la gravité des conséquences entraînées par la réalisation de ton souhait ? Il te faudrait en parler avec Alfred. Peut-être comprendrait-il… Il t’avait recueilli au moment où tu avais le plus besoin de lui et jamais il ne t’avait laissé tomber, même lorsque ta condition semblait des plus désespérées. Une part de toi espérais sincèrement qu’il saisirait l’importance de cet accomplissement dans ta vie.

Maintenant que tu venais d’acquérir ton deuxième ruban, l’avenir s’éclaircissait sous tes yeux. Tu sentais que tu pouvais tout réussir, que cela fût réaliste ou complètement loufoque. Quelqu’un d’aussi détaché de la réalité que toi n’avait sans doute pas d’avenir aux dires des autres… Mais tant que quelqu’un croirait en ton succès, c’est qu’il y avait une chance, aussi minime soit-elle, que tu passes au travers la maladie et la différence afin d’accomplir ce en quoi, toi, tu croyais.

« Tu as réussi… » Murmure-t-elle pour la deuxième fois depuis l’annonce des résultats. Les yeux rivés sur les résultats, la jeune femme semble complètement absorbée par ton nom dans la catégorie des vainqueurs. Amusé par sa réaction, tu glisses doucement ta main sur son épaule puis dépose son menton sur le haut de son crâne. « Tu sais… Je crois vraiment à cette pension. » Tu sais que quoi qu’il advienne, Cassandre continuera de croire en toi. Elle a toujours été là. Depuis votre rencontre, elle n’a jamais cessé d’être ton catalyseur… Lorsque l’agressivité était monnaie courante et que ton quotidien était bercé par le rythme des coups entre tes poings et le monde entier, elle avait toujours été présente pour te calmer et te faire entendre raison. C’était la différence entre la Callaha et tous ces gens qui, sans te connaître, t’étiquetaient comme un monstre. Là où une personne normale croyait plus judicieux de te fuir, l’albinos, tant qu’à elle, cherchait à comprendre le fonctionnement boiteux de ton cerveau pour mieux saisir ton essence. Une telle fusion entre deux êtres humains n’existait pas ailleurs qu’entre vous… Tu en avais la certitude. Elle était ton âme-sœur après tout. « Tu crois que père acceptera ? » Elle rigole doucement puis, d’un clin d’oeil, se soustrait à ton étreinte avant de se retourner dans ta direction. Sitôt, son regard s’ancre aux tiens et elle pointe un doigt dans ta direction. « Tu connais mal le vieux si tu penses que tes désirs pourront le contrarier. » commence-t-elle, d’une voix pleine de reproches. La mine momentanément boudeuse, elle ne tarde toutefois pas à se calme alors que son regard te scrute plus en profondeur. « Au contraire, il sera très heureux pour toi… Tu n’as pas à t’inquiéter. » Conclu-t-elle en t’offrant un sourire chaleureux qui bouleverse sitôt ton cœur.

Emporté par la bonne humeur, tu t’empresses de hocher la tête. Cette fille a toujours le bon mot pour te mettre en confiance. Tu ne sais pas comment elle fait… Il y a beaucoup de choses que Cassandre ne comprend pas au même titre que toi, mais elle saisit déjà mieux l’homme que tu ne pourras jamais le concevoir. Elle sait comment rendre les gens heureux. « Je crois qu’il est l’heure de partir… Le bateau pour Algatia quitte le port dans une demi-heure si j'me trompe pas. » Approuvant d’un geste de la tête, la jeune femme fait un tour sur elle-même, manifestement intriguée par quelque chose, puis s’arrête soudain dos à toi. Les épaules légèrement voutées, elle reste silencieuse quelque seconde puis rejette sa tête vers l’arrière pour t’observer. « Moi j’veux bien… Mais tu sais où sont rendus Yggdrasil et Agape ? On va quand même pas partir sans eux. » Surpris par cette constatation, tu restes muet. L’absence d’Agape n’était pas quelque chose d’anormal, mais l’idée de partir sans ton skelenox te laissait un arrière-goût désagréable. Tu ne pouvais pas les abandonner de cette façon, d’autant plus que le massko tardait à revenir vers vous et ça, c’était inhabituel.

« Je crois que nous n’avons pas d’autres choix… Partons à leur recherche. Je me charge d’Agape et toi d’Yggdrasil ? Dans les films, les gens réussissent toujours mieux en se séparant… » Parce que tout le monde sait à quel point Aekyel Lewis était un expert en filmographie depuis son retour de ondes-sur-mer. Tourner une scène de trois minutes dans un navet t’as donné toute l’expérience nécessaire pour être considéré comme un cinéphile. Ou pas, comme le prouve l’expression sceptique de ton âme-sœur lorsque tu évoques un domaine auquel tu ne connais rien. Décidant toutefois de ne pas rebondir, elle se contente d’accepter ton idée puis t’adresse un rapide « Bonne chance ! » crié à la dérive alors qu’elle s’éloigne de toi, t’abandonnant dans cette foule de coordinateurs que tu ne connais ni d’Adam ni d’Ève.

Toutefois, il t’en faut plus que ça pour succomber à la panique -connais-tu seulement ce sentiment ?- et, d’un pas assuré, tu commences là traverse les coulisses, fendant en deux les innombrables participants venus récolter rubans et défaites ici-même, à Nénucrique. Tu as hâte de partir. Tu détestes cet endroit pour son aura grise qui colle à la peau.

Soudain, le bruit du verre brisé attire ton attention à quelques mètres de là. Intrigué, tu penches la tête sur le côté puis te précipites en direction de cet appel, repoussant maladroitement les gens sur ta route, pour finalement découvrir ton skelenox virevoltant autour d’un objet s’étant fracassé sur le sol. Non loin, un jeune homme à la chevelure noire que tu ne remarques pas de prime abord. Concentré sur la bêtise orchestrée par ton protégé, tu te pinces légèrement la lèvre inférieure puis pousse un long soupire découragé. « J’y crois pas… Agape ! Cesse d’embêter les gens. Reviens-ici… S’te-plait. » Parce que oui, la politesse c’est essentiel… Même quand on gronde un Pokémon.



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Modo Jeux & Coordinateur

C-GEAR
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Région : Kalos
Jeu 5 Jan - 23:43


When you and I were forever wild

Coordinateur - Coulisses Concours 32
Ft. Aekyel Lewis

Ma prestation. Elle ne s’était pas déroulée exactement comme je l’avais imaginé à la base. Finalement, j’avais eu bien plus de mal à mettre mon idée en œuvre que ce que je le pensais. Bon. J’avais tout de même réussi à présenter quelque chose. C’est l’essentiel non ? En tout cas, par rapport à nos entraînements, mes pokémons avaient réellement été fabuleux. On avait peut-être commis quelques erreurs, mais il faut bien se planter pour progresser. En tout cas, ce deuxième concours auquel je participais était enfin terminé. Maintenant, ça allait être le pire moment. Celui de l’attente. J’ai horreur de ce moment. Ce n’est que le deuxième que je vis, mais je le trouve réellement angoissant. On est tous là, tous les participants des différentes catégories. On arpente les couloirs et l’ensemble des salles constituant les coulisses. Personnellement, je me suis posé dans un coin, et j’attends. Je me demande si ma prestation aura été en mesure de subjuguer les membres du Jury. J’ai l’impression d’être tellement loin des spectacles que j’ai pu observer, autant en direct qu’à la télévision. J’ai l’impression de ne pas faire honneur à ces artistes qui m’ont donné l’envie de me lancer. Enfin ce n’est pas seulement pour les moments qu’ils m’ont fait passer que je suis devenu coordinateur. C’est aussi et surtout parce que je souhaite devenir éleveur. Alors oui. Je dois récolter des rubans. Mais maintenant que je me suis fixé des objectifs encore plus élevés pour l’avenir, j’angoisse encore plus que lorsque j’attendais le tout premier verdict.

Des projets. Dire qu’en quelques mois, entre ma toute première participation et ma seconde, j’ai totalement chamboulé tout ce que j’avais prévu. Je n’en reviens pas. J’avais tellement tout prévu avant mon départ de la pension familiale. Je devais obtenir deux rubans afin de pouvoir officiellement devenir éleveur. Ensuite, je pourrais revenir travailler avec eux. Mais si je souhaitais que la pension m’appartienne réellement, je devais parvenir à vaincre l’Élite. Reprendre la pension de famille, ça me tentait grave. Enfin de la pension de ma famille adoptive. Il ne faut pas que je l’oublie. Ils ont absolument tout fait pour que je m’y sente comme chez moi, mais la réalité, c’est que je n’ai jamais réellement ressenti un sentiment d’appartenance. C’est peut-être un peu dur ou radical à entendre, mais c’est réellement ce que je pense. Depuis que je suis parti, j’ai évolué. Je le ressens au plus profond de mon être. Désormais, j’aspire à d’autres choses. Je rêve toujours de devenir éleveur, mais je ne veux plus de leur pension. Comme je m’en suis rendu compte, ce n’est pas la mienne. Elle ne le sera jamais. Elle ne peut pas être à l’image de ce que je suis réellement. Je sais qu’ils ont absolument tout fait pour cela, mais j’ai l’impression que quelque chose me bloque depuis le départ. C’est seulement que je ne m’en étais jamais rendu compte avant. Ou que je ne souhaitais pas le reconnaître. Je ne sais pas vraiment. Je crois que j’avais ce besoin de savoir ce que je veux dans la vie.

Désormais, je me rends compte que je veux plus. Bien plus. Mes projets d’avenir ont bien évolué. Tout d’abord, je me rends compte que je ne me sens pas capable de demander mon certificat d’éleveur après avoir obtenu seulement deux rubans. Franchement. J’ai tellement l’impression que cela ne représente rien de mes capacités. Ce n’est pas parce que je parviens à avoir la chance de me mettre le jury dans la poche à deux reprises que cela signifie pour autant que je suis capable d’élever des pokémons. Non. Je pense que la seule preuve correcte, ce serait de vaincre l’Élite. Cela prouverait réellement que je suis bon dans tous les domaines. J’aurais au moins l’impression d’être un minimum légitime dans mes actions. Même si je sais que je pourrais beaucoup apprendre de l’expérience emmagasinée par ma famille adoptive, j’ai le sentiment que ce ne serait pas réellement bénéfique pour moi. Ils ont été cool. Mais ce n’est pas véritablement ma famille. Leur pension, elle est à leur image et cette dernière est tellement éloignée de mes propres souhaits.

Ensuite, je commence à m’interroger sur mon envie de rester à Kalos. À la base, je souhaitais rester là pour retrouver mes origines, mais je me rends compte que ce n’est plus aussi important pour moi que je ne le croyais. Cela faisait désormais plusieurs mois que j’étais parti à l’aventure, pourtant, je n’avais pas encore entamé la moindre recherche. Alors que c’est tout de même là dessus que je voulais me pencher en priorité lorsque j’avais pris la décision de devenir coordinateur. Et puis avec mes voyages récents, je me suis rendu compte des merveilles que les autres régions peuvent offrir. Il suffit de voir celle où je suis actuellement pour ce concours. Hoenn. Bon, la ville de Nénucrique ce n’est pas vraiment ce que j’apprécie le plus, mais de ce que j’ai pu voir depuis l’avion qui me transportait, je suis absolument certain de pouvoir trouver des endroits fabuleux. Et puis il paraît que cette région regorge de pokémons aquatiques. Ce serait juste tellement parfait pour moi qui souhaite en devenir un véritable spécialiste. Je ne me suis pas franchement renseigné sur les espèces que l’on peut y rencontrer, mais avec toutes les étendues d’eau, je ne doute pas que les spécimens doivent y être présents en nombre. Et puis, peut-être que je pourrais rencontrer d’autres pokémons. Je ne sais pas.

La seule chose que je savais, c’était que cette région m’intéressait fortement. Pour le moment, je n’en avais vu qu’une seule ville, mais je ne doutais pas que le reste serait sans aucun doute bien plus agréable. De cette ville, j’avais seulement apprécié la plage. Le reste, c’est un peu trop grand pour moi. Je crois que je commence sérieusement à saturer à force de vivre dans la capitale de Kalos. Il faut vraiment que je reprenne mon chemin. J’ai encore tellement de chemin à parcourir avant d’être efficace. Rien que pour avoir davantage de possibilités lors des concours, il faudrait réellement que je passe plus de temps sur les entraînements. Pour le moment, on se maintient au niveau, mais cela ne va pas vraiment plus loin. Je voulais tellement être plus rapide. Enfin maintenant je devrais avoir un peu plus de temps devant moi. Mes séances avec Eckho ne devraient plus être très nombreuses. Peut-être même que l’on pourrait s’arranger pour terminer tout cela à distance. Je n’ai vraiment plus envie de rester davantage de temps dans cette ville. Je l’apprécie, mais je ne pense pas être fait pour y vivre au quotidien…

Un mouvement de foule. Les coordinateurs qui se regroupent tous autour des employés venus afficher les résultats. C’est le grand moment. Il est temps de savoir si j’ai réussi à faire quelque chose de bien aujourd’hui. Sans grande conviction, je me rapproche un peu. Avec tout ce regroupement, je ne vois pas grand-chose. Les gens s’éloignent rapidement. Certains ont des sourires victorieux, mais pour la plupart, c’est plutôt la déception qui se lit sur leurs visages. Quand je peux enfin m’approcher, je ne mets pas bien longtemps à trouver mon nom sur la feuille.

« - J’ai réussi ? Je n’en reviens pas… Mon second ruban… »

Encore sous le choc, je retourne dans mon coin, où j’avais abandonné mes affaires. Je me sens tellement surpris. Je ne m’y attendais absolument pas. Et dire que je pourrais devenir éleveur si je n’avais pas pris la décision de totalement bouleverser mes plans. C’est tellement inattendu. Je n’en reviens pas. J’espère tellement que les prochains se dérouleront de la même manière. J’ai tellement envie de me confronter à de grands défis. Je crois que c’est ce qu’il me manque le plus. Réaliser des choses dont je pourrais être réellement fier.

J’ai l’impression que je me suis perdu un moment dans mes pensées sans même m’en rendre compte. Au moment où je relève la tête, je remarque un objet en verre brisé sur le sol. Juste devant moi. En regardant sur la gauche, je remarque que mon verre n’est plus là. Bon. Je suppose donc que c’est le mien qui s’est brisé sans même que je le remarque… J’étais bien plus distrait que je ne le pensais visiblement. Un Skelenox à la couleur étrange qui se déplace tout autour. Je me demande s'il s'agit d'une coloration faite spécialement pour le concours ou s'il est toujours aussi spécial. C'est peut être un problème génétique... Et à côté, un jeune homme au look un peu spécial. Ça me va bien de penser cela avec ma propre apparence. Mais c’est surtout que j’ai l’impression de l’avoir déjà vu. Sa tête me dit quelque chose. Mais je ne parviens pas à me souvenir de l’endroit où je l’ai déjà croisé. Soudainement, une idée me vient, mais j’ai un doute. Je me rapproche de lui. J’ai besoin d’avoir la confirmation. Si c’est vraiment celui auquel je pense, ce serait véritablement un rêve de le croiser ici.

« - Excuse-moi ? Je me demandais… Tu as bien participé au concours sur les Mythes à Flusselle ? C’est bien toi qui avais réalisé une prestation sur L'épopée de Gilgamesh ? »

Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais bel et bien l’impression que c’était lui. Ce concours, j’y avais assisté en tant que spectateur. Avant même que je ne me lance moi même dans la coordination. Je l’avais trouvé tellement génial. Sa prestation m’avait tellement enthousiasmé. Il faut dire que ce mythe fait partit de mes préférés. Je ne sais même plus à combien de reprises j’en ai lu l’histoire, mais en tout cas je l’aime beaucoup. Alors, voir ce mythe dans une prestation, cela m’avait particulièrement marqué. Maintenant, je me plantais peut-être totalement. Toutefois, c’est assez compliqué d’oublier quelqu’un avec un look aussi décalé. Dans le pire des cas, j’aurais simplement l’air idiot. Ce ne serait pas la première fois… Mais j’espérais que non.


Utilisation de la CS Vol (30/05/16)




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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Mer 18 Jan - 3:40

When you and I were forever wild


Tu n’étais pas du genre à te sentir particulièrement responsable des gaffes engendrées par tes Pokémon… Une sorte de détachement t’animait à la vue des innombrables bêtises que certains d’entre eux pouvaient commettre et tu ne prenais généralement pas la peine de demander pardon en leur nom. Comme si tu ne comprenais pas que ce qu’ils venaient de faire était mal et que, en tant que dresseur légitime, il était de ton devoir de prendre sur tes épaules ce qu’ils ne pouvaient assumer eux-mêmes. Peut-être était-ce dû à ta notion particulière du bien et du mal… Après tout, tu n’avais jamais particulièrement compris le poids que pouvait posséder certaines de tes conneries. Il t’arrivait si souvent de dire le mot de trop ou de commettre un geste fâcheux sans jamais comprendre ce qu’il y avait de fondamentalement mal dans ce que tu venais de faire… Seules les réactions parfois disproportionnées savaient te mettre la puce à l’oreille. Et ce n’était pas pour autant que le gros du travail concernant le pardon qu’il te fallait acquérir était terminé… Ta maladresse légendaire et ton absentéisme chronique étaient de loin tes plus gros ennemis dans ta quête de bonnes relations. Même si tu faisais de gros d’efforts pour changer, il t’était impossible de corriger quelque chose que ton esprit dysfonctionnel ne comprenait pas. C’était triste, mais inévitable : le tact et les bonnes manières ne pourraient jamais faire partie du quotidien d’Aekyel Lewis tant que celui-ci ne saurait pas les identifier correctement, lui et les conséquences qu’il peut amener.

Dans l’état actuelle des choses, tu souhaitais seulement qu’Agape cesse d’embêter quelqu’un qui n’avait rien demandé. Même en voyant le verre cassé sur le sol, tu ne prévoyais pas d’adresser à son propriétaire les plus plates excuses qu’il méritait légitimement. Après tout, ce n’était pas très grave un verre sur le sol. Ce n’était vraisemblablement pas un modèle rare et sa valeur sentimentale semblait limité à son contenu désormais étendu sur le parquet des coulisses. À moins que ce ne soit le verre porte bonheur de l’arrière-grand-mère de son petit cousin germain, morte au cours d’une prestation dans les années dix-huit-cents… Dans un tel cas, il faudra t’avertir. Tu ne pourras rien faire pour sauver l’objet, mais savoir que tu viens de condamner son propriétaire à dix ans de malheur en coordination devrait peut-être t’arracher de plates excuses. Enfin, pour peu que tu sois superstitieux. Bon d’accord : tu l’étais. Les laporeille-zombis le prouvaient.

Jetant sur Agape un regard découragé, tu retiens un soupire lorsque celui-ci se met à virevolter autour de toi. Ce vieux spectre est ingérable. Tu n’as jamais voulu tenir en laisse tes Pokémon afin de leur permettre de s’épanouir… Mais connaissant la personnalité insupportable de ce Pokémon heureux de revoir la civilisation après quelques centaines d’années passées sur son île, tu devrais peut-être revoir momentanément tes convictions concernant les bêtes t’accompagnant. Même si, à ton regard, il n’y a pas de soucis concernant son comportement farceur, Cassandre t’a toutefois avertie que cela risquait d’importuner certaines personnes. Tu n’y croyais pas vraiment, mais comme c’était présentement le cas… Il serait peut-être temps que tu ouvres les yeux et que tu cesses de croire naïvement que tout le monde possède la même tolérance ou insouciance que toi.

Toutefois, lorsque le propriétaire du verre brisé t’approche, il semble se foutre complètement de l’accident dans lequel il est impliqué. Si la logique avait voulu que quelqu’un normalement constitué se mette à t’agresser verbalement à la seconde où il aurait compris que tu n’étais pas le moindrement du monde désolé, lui, toutefois, ne semble pas répondre à ce registre. Sa question, même, te surprends. Doucement, tu quittes Agape des yeux pour concentrer ton regard sanglant sur l’inconnu venu t’adresser la parole. Il ne t’en faut pas plus pour être intrigué par le personnage. Habitué aux physiques particuliers, tu ne remarques qu’à moitié vos nombreux points communs. Que ce soit la coiffure ou l’habillement, tu ne vois absolument pas ce qu’il y a de différent chez ce personnage sorti tout droit d’un mauvais film sur la rue. Après tout, qui es-tu pour parler ? Ton apparence physique est sans doute ce qui dérange le plus les gens chez toi. En te voyant, ils ne comprennent pas à quel point la différence entre l’image et la réalité est différente… Tu aimes les tatouages et alors ? Ton corps est une toile sur laquelle se dépeint ton excentricité. Quel mal y a-t-il à ça ? Ce garçon est exactement comme toi. Huit millions de tatouages en moins.

Doucement, tu te composes un sourire qui se veut avenant. Orange brûlé. Tu ne sais pas par quel chemin cet inconnu est passé… Mais tu as fini par comprendre certaines choses sur les couleurs que tu perçois au quotidien : les couleurs foncées ne sont jamais positives. Elles cachent toutes un lourd secret… Ou quelque chose dans le genre. Pointant un doigt dans ta direction, tu fixes un instant ton vis-à-vis. « Moi ? Les mythes… » Flusselle ? Brièvement, tes yeux se plissent et ta main vient se refermer autour de ton menton pour te laisser réfléchir plus sérieusement. Fuselle non ? Pour être franc, tu n’avais rien retenu de la ville où tu avais participé à ton premier concours. Kalos, c’était suffisant. Inutile de s’attarder plus longuement sur les détails. Relâchant ton menton, tu finis par secouer la tête de haut en bas. « Je crois que c’était moi oui… À moins qu’il n’y ait eu un autre coordinateur ayant choisi le même mythe que le mien. » admets-tu, sans oublier que tu n’as rien retenu des autres prestations. Cela semble tellement lointain dans ton esprit… Comme si cette première expérience sur scène relevait d’une autre époque alors quelques semaines tout juste s’étaient déroulées. Le temps passait avec une telle lenteur… Tu avais le sentiment que tous les jours se ressemblaient et que tu ne prenais plus le temps de vivre mémorablement. Ça ne t’arrangeait pas. Mais ça ne concernait pas surtout pas ton vis-à-vis.

Zyeutant le jeune homme de la tête au pied, tu finis par pencher légèrement la tête comme pour manifester ton incompréhension. Tu n’as pas l’habitude d’être ainsi interpellé… Serais-tu parvenu à créer quelque chose capable de rester dans la mémoire de l’homme ? Cette prestation t’avait inspiré… C’est à ce moment que tu avais compris que la coordination était plus qu’une source de revenue pour le Cirque et qu’elle pouvait devenir un complément à ton rôle d’artiste. En travaillant main dans la main, vous pouviez créer quelque chose qui vous permettrait de vous épanouir dans cette quête aux rubans. Tout n’était que continuité… Et c’était toujours un plaisir de voir les membres s’éclater lorsqu’ils réalisaient les décors et les détails de la prestation ! « Je te préviens : je ne signe pas d’autographes. Ils n’arrêtent pas de me dire que j’ai une écriture horrible même si je suis droitier… Et si jamais c’est le gouvernement qui t’envoie, alors je t’avertis immédiatement : je n’ai rien de plus à te dire. » Mieux valait être prudent. Tu appréciais les inconnus dans la mesure où ils n’avaient aucun lien avec le gouvernement, que tu croyais être complètement obsédé par ta perte. Entre ça et les laporeille-zombis, autant dire que ton quotidien n’était qu’un cumule de paranoïas toutes aussi irréalistes les unes que les autres…



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Région : Kalos
Mar 7 Fév - 2:53


When you and I were forever wild

Coordinateur - Coulisses Concours 32
Ft. Aekyel Lewis


S’il y a bien une chose qui peut être absolument certaine depuis le départ de cette journée, c’est bien le fait que tu n’as absolument rien demandé pour en arriver là. À son commencement, cela s’était plutôt bien déroulé. En tout cas, tu ne considérais pas spécialement qu’il y ait matière à t’en plaindre. Jusqu’à ce moment précis en tout cas. Ton verre avait été projeté au sol par un pokémon. Tu n’avais pas vraiment bien vu, mais il semblerait que le Skelenox à l’étrange teinte qui semblait beaucoup s’amuser soit le coupable de cette étrange farce. Le verre en lui même, tu n’en avais pas grand-chose à faire. Il s’agissait d’un modèle tout ce qu’il y a de plus standard. Le genre d’objet que tu pourrais remplacer sans le moindre mal en entrant dans la première boutique qui viendrait à portée de ton regard. En réalité, même le contenu, tu n’en as strictement rien à faire. Ce n’était que de l’eau. Quelques gouttes de ce liquide transparent qui t’avait bien aidé à te réhydrater pendant que tu faisais de l’apnée en attendant les résultats de ce second concours auquel tu participais. Ce n’est pas comme si elle t’avait été particulièrement coûteuse. Non. Tu n’avais eu qu’à traverser la pièce pour rejoindre la fontaine où tu avais pu remplir ton verre. Tu étais seulement un peu triste de ne pas avoir pu le finir. Malgré l’annonce des résultats et la découverte de ta réussite, ta gorge continuait à être légèrement sèche. Peut-être encore un des effets du stress que tu avais pu ressentir. Tu ne sais plus vraiment. Mais cela t’aurait sans doute fait le plus grand bien pour t’aider à retrouver tes esprits et te préparer à rencontrer les membres du jury et saluer une dernière fois le public pour recevoir ton précieux ruban. Mais non. Cela allait en être autrement. D’un regard légèrement absent, tu fixais les débris de verre jonchant le sol ainsi que les restes de ta boisson répandue sur le parquet du salon d’attente dans lequel tu t’étais installé en attendant les résultats. Tu aurais sans doute pu choisir un endroit plus tranquille, avec moins de passage. Cela aurait éventuellement pu éviter la casse de ton verre, mais non. Tu te demandes d’ailleurs pourquoi tu y penses encore. Ce n’est pas comme si tu y attachais de l’importance. Tu n’as jamais été une personne dans ce genre. Tu ne t’es jamais vraiment préoccupé des possessions matérielles. Ce genre de trucs, cela te passe vraiment très haut au-dessus de la tête. Alors oui. Tu te n’en as strictement rien à faire que ton verre ait terminé sa courte vie brisée au sol en un nombre non calculable de petits morceaux.

Lorsque tu t’approches du propriétaire du pokémon, tu ne possèdes pas la moindre once de reproche ou d’émotions similaires dans le regard. Non. Toi, ce qui t’intéresse, c’est que tu as l’impression de le reconnaître ce jeune homme. Il n’a plus exactement l’apparence dont tu te souvenais, mais tu as une assez bonne mémoire des visages pour être capable de reconnaître quelqu’un que tu n’as vu qu’une seule fois plusieurs mois auparavant. Tu es comme cela. Ton cerveau a toujours fonctionné de cette manière. Et tu ne vas certainement pas t’en plaindre. C’est une fonctionnalité relativement pratique. Tu ne remets pas toujours les personnes dans le contexte dans lesquelles tu les as rencontrés, mais cela te permet au moins de savoir que tu les as déjà croisés quelque part. Cela peut alors te permettre d’adapter ton comportement afin d’éviter de commettre des bourdes encore plus grosses que toi. Et quand on connaît ton niveau de maladresse, notamment dans le domaine social, autant l’avouer directement, ce n’est pas négligeable. Mais bon. Bien souvent, tu oublies encore les conventions sociales. Ce n’est pas forcément volontaire. Dans la plupart des cas en tout cas. Parfois, il t’arrive de le faire plus ou moins volontairement. Mais de manière générale, c’est plutôt accidentel lorsque tu te comportes mal avec d’autres personnes. C’est seulement que tu n’as jamais vraiment été habitué ou initié aux conventions sociales devant exister entre deux personnes pour qu’une relation se déroule correctement.

En t’approchant du propriétaire du pokémon spectre, pour lui parler, tu t’en étais rendu compte, pour la première fois, que lui aussi possédait une apparence physique aussi particulière. C’est assez rare que tu rencontres quelqu’un qui te ressemble pour que tu ne le remarques pas immédiatement. Pourtant, la première fois que tu avais vu cette personne, enfin à condition que tu ne te plantes pas, tu n’avais pas remarqué à quel point son apparence pouvait être aussi éloignée de ce que la société considère comme une normalité. Sa coiffure pour commencer. Ses tatouages si nombreux que tu étais bien incapable de tous les compter. Ou ses yeux rouges. Tu ne sais même pas par où commencer pour parler de sa personne. En réalité, tu le trouves encore plus intéressant que dans tes souvenirs. Tu avais déjà une grande estime de lui après avoir admiré sa prestation sur les mythes qui t’avait tant marqué. Tu en avais même totalement oublié les pauvres coordinateurs qui étaient passés après lui. C’est vraiment triste pour eux. Mais à tes yeux, ils n’avaient pas eu la même classe que lui. C’est peut-être un peu méchant à dire, mais c’est ainsi que tu l’avais vécu. C’est lui qui avait réussi à captiver entièrement ton attention. Il t’avait subjugué. C’est d’ailleurs peu de temps après que tu avais pris ta décision de te lancer toi aussi dans le métier. Il t’avait tellement fait rêver avec sa prestation que tu t’étais mis à rêver toi aussi de pouvoir toucher des personnes en étant sur scène. Tu n’avais pas la moindre expérience dans le domaine, mis à part les rediffusions que tu regardais en boucle à la télévision. Mais ce n’était pas une raison. Tu allais travailler dur. Toujours plus. Avec cela, tu espérais bien un jour être capable, toi aussi, de faire rêver quelqu’un. Le plus important, après tout, ce n’était pas la perfection de ton travail, mais la capacité de faire naître des sentiments dans le cœur des gens. Tu ne comprenais pas grand-chose à tout cela, mais peut-être qu’un jour cela finirait par arriver. Oui. Tu comptais vraiment là-dessus.


Son habillement aussi est plutôt hors du commun. À l’époque, tu t’étais dit que cela devait sans doute être lui à son passage sur scène, que cela devait être une sorte de costume. Mais aujourd’hui, tu te rends bien compte que c’était davantage le genre de tenu qu’il porte au quotidien qu’une sorte d’habillement spécialement conçue pour monter sur scène lors des concours. Tu trouvais ça vraiment génial. En plus, ses vêtements te semblaient incroyablement bien travailler. Toi qui es passionné par la mode et le travail des créateurs, cela t’interpellait fortement. Tu n’avais jamais vu ce genre de créations au préalable, mais cela t’intéressait beaucoup. Tu te demandais où il avait bien pu trouver cela. Tu avais toujours été persuadé que c’était dans ta région que l’on pouvait trouver les plus grandes créations en provenance des couturiers les plus doués. Tu pouvais passer des heures entières à faire le tour des boutiques et à baver devant les vitrines. Pourtant, jamais tu n’avais vu des vêtements aussi géniaux. Tu aurais sans doute donné très cher pour porter des tenues similaires. Il faudrait que tu lui demandes. Mais pas tout de suite. Tu viens déjà de lui poser une question légèrement en décalage par rapport à ces deux inconnus sont censé se dire lors de leur premier échange. Tu ne vas pas en rajouter une couche tout de suite quand même. Bien que cela te plairait beaucoup. Mais ce serait dommage que tu le fasses fui avec tes réactions bizarres. Alors tu vas te calmer. Tu vas respirer un bon coup. Tu vas gentiment patienter sans agresser le jeune homme que tu viens déjà d’aborder d’une manière plutôt sauvage. Tu vas te concentrer sur tes bonnes manières. Oui, tu sais, celles que tu passes ton temps à oublier. Tu vas inspirer, puis expirer l’air de tes poumons. Le tout en tâchant de ne pas avoir l’air d’un débile. Puis, tu vas le laisser en placer une. Peut-être même plus. Ce serait bien de le laisser parler pour répondre à ta question. Et surtout, tu vas faire en sorte de retenir l’hystérique de la mode qui sommeille au fond de toi.

Un sourire. Il te sourit. C’est que cela ne doit pas être trop mauvais signe non ? Tu t’étais pointé comme ça devant lui. Soudainement. Sans vraiment réfléchir. Encore une fois, tu t’étais laissé emporté dans ton élan. Tu avais laissé place à ton impulsivité. Tu avais agi sans même réfléchir. Une fois encore, tu avais eu une idée dans la tête et tu n’avais même pas été cherché plus loin. Pour une fois que quelque chose d’aussi intense et important pour toi traverse ton esprit, tu n’en as pas eu besoin de davantage pour passer à l’action. Il pointe un doigt dans sa propre direction, comme s’il s’interrogeait sur le fait que c’est bien à lui que tu t’adresses. Sur le coup, cela étire un léger sourire sur ton visage. Ce n’est pas une moquerie. Simplement un sourire amical. Il n’y a personne d’autre autour de vous. Alors oui. C’est forcément à lui que tu parlais. Il n’est même plus certain que c’est bien de sa prestation que tu parles. Tu n’en reviens pas. Tu ne comprends pas comment il a pu oublier un passage sur scène aussi génial à tes yeux. Oui. Sa prestation, elle t’a réellement marqué toi. Et ça doit être lui. Oui. Tu n’en doutes plus un instant. Avec toutes les légendes qui existent, tu as du mal à imaginer que quelqu’un ait pu choisir le même sujet qu’un autre participant. Cela aurait réellement été un manque de chance incroyable. C’est d’une voix un peu étrange au premier abord que tu commences à lui répondre.

« - Non. Je ne crois pas. Enfin je n’ai pas suivi les autres.»

Il penche légèrement la tête sur le côté tout en te regardant de haut en bas. Mince. Ça, ce n’est pas vraiment un très bon signe pour toi. Enfin tu n’as jamais vraiment été observé de cette manière. Cela t’étonne un peu. Tu te demandes ce que cela signifie vraiment. Tu n’es clairement pas coutumier de ce genre de réaction. Tu espères qu’il n’est pas en train d’estimer le niveau de ta santé mentale. Parce que dans ce cas-là tu risques d’être plutôt mal. Les gens qui te considèrent comme sain d’esprit sont plutôt rares. Toi, tu penses que tu l’es, forcément. Mais ton avis n’est pas forcément des plus objectifs. Vraiment. Ton avis à toi il est biaisé. Franchement. Comme si tu allais avouer que dans ton esprit tout ne tourne pas forcément très rond. Ce serait complètement idiot. Alors non. Tu te penses et tu te considères comme totalement normal. De toute façon, c’est bien meilleur pour la santé de ton esprit dérangé.

« - S’il se vend, on pourrait partager les gains pourtant ! Peu importe l’écriture. Ce qui compte c’est ce que l’on peut en obtenir.»

Tu ne sais même pas pourquoi tu avais répondu cela. Il t’avait un peu pris au dépourvu avec son histoire d’autographe. À aucun moment du n’avais songé à ce genre de possibilité. Ce n’est pas vraiment ton genre. Tu admires les gens et leur travail, mais pour le reste tu n’es pas vraiment dans le clan des groupies qui cherche à tout prix à obtenir des souvenirs plus ridicules les uns que les autres. Franchement. Comme si tu allais vouloir de sa bouteille d’eau aussi. Il ne faut pas déconner. Toi, tu voulais seulement parler un peu avec lui. Ce n’est pas tous les jours que l’on possède la chance de rencontrer en face à face la personne qui nous a donné l’envie et la force d’avancer dans notre vie. Toi, aujourd’hui, c’est ta chance. Tu rencontres celui qui a bouleversé ton existence. C’est peut-être un peu idiot à dire comme cela, mais après tout c’est la vérité à tes yeux. Tu avais déjà une certaine envie avant de venir assister à ce concours qui pour une fois se déroulait dans ta région. Mais ce n’est pas pour autant que tu t’étais réellement décidé. Tu te disais que tu changerais sans doute d’avis avant même de finir de boucler ton sac à dos. Alors cela restait dans un coin de ton esprit. Cela n’allait toutefois pas plus loin. Mais après sa prestation, ta décision était prise. Tu allais devenir coordinateur. Ainsi, tu pourrais ensuite devenir éleveur, un jour. Quand tu aurais trouvé ta place. Quand tu aurais trouvé un endroit où t’établir.

« - Le gouvernement ? Je suis coordinateur… Je veux devenir éleveur. Le gouvernement ce n’est pas pour moi. Je me ferai recaler directement de toute façon. Et puis on ne peut pas avoir confiance. Toujours à magouiller pour nous détruire ceux-là. »

Le gouvernement. Ces gens qui ont détruit ta vie. Tu n’étais pas forcément le petit garçon le plus heureux du monde avec tes parents biologiques. Ils se servaient de toi. Ils t’ont rendu handicapé. D’ailleurs, tu as horreur de ce terme. Tu ne te sens pas malade. Ce n’est pas une catastrophe d’être sourd. Non. Loin de là. Tu découvres la vie autrement maintenant. Mais si ce fichu gouvernement n’était pas intervenu, tu n’aurais pas vécu l’enfer des foyers. Tu n’aurais pas connu toutes les galères. Bon. Peut-être également que tu ne serais plus de ce monde. Mais après tout. Tu n’y aurais pas forcément perdu grand-chose. Vu la pourriture qui le salit, tu aurais peut-être préféré ne pas connaître tout cela. Tu pourrais reposer en paix comme on le dit. Tu aurais raté de nombreuses choses, forcément. Mais tu aurais sans aucun doute échappé à un nombre non négligeable d’horreurs en tout genre. Alors oui. Tu n’as aucune confiance envers le gouvernement et les gens qui y travaillent. Au fond de toi, tu te demandes encore s’il ne s’agissait pas d’une manœuvre du gouvernement pour t’atteindre. Plus tu y réfléchis, plus tu te demandes si tu n’avais pas été, malgré toi, embarqué dans l’une de leurs foutues expériences secrètes. Le genre de choses se déroulant totalement à l’insu des cobayes pour étudier leur fonctionnement et leurs réactions. Ce que tu as subi, tu as l’impression que c’est à cause du gouvernement et de leurs recherches complètement foireuses. Tu as toujours la crainte qu’ils aient pu te faire quelque chose pendant que tu n’étais encore qu’un gamin sans la moindre défense. Cela t’angoisse assez souvent. Alors, autant dire que tu ne leur accordes pas la moindre once de confiance. Pour toi, c’est hors de question. Ils t’ont déjà fait assez de mal comme ça. Il est hors de question que tu puisses laisser le gouvernement s’approcher de toi pour achever ce qu’ils avaient commencé lorsque tu n’avais que quelques années. Tu ne les laisseras pas te détruire.







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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Ven 10 Mar - 2:13

When you and I were forever wild


Tu ne prenais pas vraiment la grosse tête. À dire vrai, on te reconnaissait habituellement comme quelqu’un d’assez modeste qui ne s’enflait jamais les chevilles malgré tout ce qu’il construisait de ses propres mains pour en arriver là. Après tout, les concepts même d’orgueil ou de fierté te semblaient toujours un peu brumeux malgré les tentatives répétées de Cassandre pour te faire comprendre que c’était dans tes droits de crâner légèrement lorsque tu réalisais quelque chose de bien. Au fond, tout le monde le faisait fatalement tôt ou tard, non ? Ce n’était ni un crime, ni un acte de malveillance alors pourquoi s’en priver ? C’était malheureusement l’un de tes problèmes : tu étais spectateur de ta vie avant d’en être acteur. Tu réalisais plus ou moins à la perfection ce que l’on attendait de toi sans nécessairement en tirer les mérites ou la satisfaction. Tu agissais par automatisme, conscients que c’était ton boulot et banalisant un peu trop la qualité de tes réalisations. Tu avais confectionné à la sueur de ton front chacun des costumes du Noah’s Circus et certains vêtements quotidiens de beaucoup de ses membres sans jamais en retirer une once de fierté. Pour toi, c’était simplement normal de le faire. Et ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres.

Et si tu avais abordé le sujet de l’autographe, c’était surtout par maladresse de langage. Une fois, tu avais déjà vu un homme se faire harponner dans la rue et devoir signer de sa main le bout de papier tendu par le duo de jeunes filles l’ayant reconnu. Ne reconnaissant pas cette pratique inhabituelle, tu en avais glissé un mot à Saffy en revenant au Cirque et, entre deux boutades, celle-ci t’avait expliqué que certaines personnalités publiques signaient parfois des autographes aux gens qui les reconnaissait afin que ceux-ci puisse garder un souvenir matériel de leur rencontre. Pour quelqu’un comme toi, cela ne possédait aucune valeur particulière, mais Cassandre, non loin, n’avait pas manqué d’ajouter qu’au vu de ta calligraphie, il fallait mieux éviter que tu t’abandonnes à de telles pratiques. Pour le reste, ton cerveau avait fait les connexions nécessaires afin de formuler tout naturellement ta réponse au jeune homme qui venait de t’aborder.

Il faut dire que c’était rare que de parfaits inconnus viennent t’apostropher ainsi. Généralement, les gens préféraient t’admirer de loin ou, plus concrètement, te fuir le plus possible. On te regardait de la tête aux pieds, déglutissait maladroitement, puis changeait de trottoir en espérant que tu ne remarquerais rien. Neuf fois sur dix, c’était effectivement le cas. Mais lorsque tu voyais une mère attraper son gamin par le bras pour le tirer loin de toi, un petit pincement au cœur te rappelait immanquablement à quel point ton nez faisait fuir les gens. C’était la même histoire, encore et encore, qui se répétait depuis l’adolescence. Et malgré tout, tu digérais encore difficilement ce rejet de masse. À quelque part, sous les traits d’un monstre, ton cœur, lui, n’en restait pas moins humain. Tout ce que tu désirais réellement, c’était être apprécié et accepté tel que tu étais… Avec un nez un peu trop gros et quelques centimètres en trop.

Alors, forcément, voir quelqu’un t’approcher sans crainte ni haine… Ça avait le mérite de faire remonter nombre de questions dans ton esprit. Tu n’étais pas certain de comprendre parfaitement les enjeux de la situation. Et quand tu ne comprenais pas très bien quelque chose, tu avais la fâcheuse tendance à rejeter la faute sur le gouvernement. C’était ta manière de justifier ton incompréhension par leurs manières peu orthodoxes de faire les choses. C’était un peu ridicule, mais qui allait vraiment t’en blâmer ?

« Les… Gains ? Tu crois qu’on peut en obtenir des baies nananas ? » Parce que l’argent, dans la vie d’Aekyel, n’était qu’un mot censé faire survivre le Noah’s Circus. Concrètement, tu n’étais pas très porté sur les billets verts. Ou bleu. Ou rose. Qu’importe leur couleur au final. Tu appréciais de pouvoir acheter certaines choses pratiques et il n’y avait pas besoin d’être mathématicien pour comprendre la corrélation entre les profits engendrés par le cirque et l’acquisition de biens matériels, mais ce n’était pas pour autant un automatisme. Les nananas, en revanche, c’était une autre histoire. La simple évocation de ce fruit tant aimé suffisait à te faire saliver abondamment. Alors nécessairement, quand ça parlait de gains, c’était la première chose à laquelle ton esprit pensait… Et puis, ce n’était pas quelqu’un comme toi qui irait croire que son nom sur un bout de papier pouvait valoir quelques millions de Pokédollars. Si tu avais été un brin plus arrogant, cela aurait sans doute pu fonctionner. Mais avec des « si » on mettrait Illumis en bouteille. « Je ne partagerais pas mes baies avec toi… » Admets-tu sur le ton de l’innocence même. Ce n’est pas de l’égoïsme ou un rejet de la personne en face de toi, bien au contraire, mais une simple mise au clair. Tu ne partageais que trop rarement tes précieuses, allant jusqu’à bouder abondamment quiconque osait mettre le doigt sur ton frigo. C’était comme ça, il ne fallait pas le prendre personnel. D’autant plus que tu soupçonnais encore l’inconnu d’avoir un lien avec ce gouvernement que tu détestais tant.

Heureusement, il balaie vite tes réticences à ce sujet. Devant cette approbation de sa part, ton sourire se fait plus sincère et flagrant. C’est bien vrai : on ne peut pas faire confiance aux institutions gouvernementales. Pour ta part, tu les soupçonnes de t’espionner pour mieux te détruire, mais ce ne sont que les suppositions d’un pauvre paranoïaque à l’esprit un brin trop fertile. Et même s’ils n’en ont rien à faire de toi, tu continues de croire. Parce que quelque chose de trop grand et trop fort cache nécessairement sa part d’ombre… Non ? « Éleveur… ? » Lui et toi partagez les mêmes ambitions. À tes yeux, ça ne signifie rien, mais la coïncidence est suffisamment puissante pour être relevée. Tu en rigolerais presque, si tu avais un peu plus de tête sur les épaules. Si ces effusions de joie faisaient partie de ton monde, recouvrant parfois l’incompréhension et le premier degré qui rythment tes jours. Être toi est particulièrement complexe. Il y a tant de choses que tu ne comprends pas ou que tu ne parviens pas à saisir avec précision que c’en est parfois usant d’être dans ta peau… « Aekyel. Agape. » Cassandre t’a maintes fois répété qu’il fallait décliner ton identité quand tu rencontrais de nouvelles têtes. Voilà, c’est chose faite. Dans la foulée, tu désignes le skelenox qui vous tourne autour, histoire d'associer ce deuxième nom à l'entité qui vous embête. « Je suis content de rencontrer quelqu’un qui partage ma vision sur le gouvernement… » Admets-tu dans un demi-sourire. Une telle personne, en accord avec tes théories loufoques sans même les avoir entendues, ne peut-être qu’un ami après tout. Il n’y a pas d’autre alternative possible.

Fixant sans la moindre gêne ton vis-à-vis, tu finis par tendre mollement ta main aux doigts tatoués dans sa direction afin de sceller votre rencontre tel qu’on te l’a appris. « Et que penses-tu des laporeille ? » Il ne fallait pas te lancer sur un tel sujet. Il t’en faut peu, trop peu, pour reprendre tous tes mauvais plis et chercher l’approbation des autres au travers toutes tes craintes infondées.



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Modo Jeux & Coordinateur

C-GEAR
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Région : Kalos
Ven 17 Mar - 0:19


When you and I were forever wild

Coordinateur - Coulisses Concours 32
Ft. Aekyel Lewis


Tu ne savais pas vraiment pourquoi tu avais balancé cela au sujet de la possibilité de vendre son autographe. Tu n’étais même pas certain de la possibilité de le faire. C’était juste quelque chose que tu avais lancé comme cela, sur le moment. Tu avais vu cela dans des films, mais pour ce qui était de la réalité, tu n’avais aucune idée du fonctionnement. Toi, tu avais reconnu le coordinateur parce qu’il t’avait subjugué lors de la prestation à laquelle tu avais assisté en tant que spectateur. Mais tu n’avais absolument aucune notion de la célébrité et de ce qu’il est possible de faire avec cela dans la vie réelle. Tu ne savais même pas si le personnage que tu avais devant les yeux pouvait faire valoir une quelconque célébrité. Non. Ce n’était clairement pas ton domaine d’expertise. Tu aurais peut-être dû te retenir de balancer la première imbécillité qui t’avait traversé l’esprit. Parce que, maintenant, tu ne sais pas vraiment comment tu vas pouvoir te dépatouiller de cette histoire.

Obtenir des baies nananas ? Tu as du mal le comprendre. Pourquoi est-ce qu’il te parlerait de baies quand tu parles de vendre son autographe ? Tu ne saisis absolument pas sa réponse. Tu as forcément dû mal lire sa réponse. Ce n’est pas possible autrement. C’est sans doute parce que finalement tu as un petit creux et que tu commences à penser davantage à ce que tu pourrais manger qu’au reste. Oui, voilà. Ton esprit a dû interpréter les paroles du coordinateur selon ses propres envies. C’est assez rare, mais cela t’arrive tout de même, parfois. Notamment lorsque tu n’es pas très en forme ou quand tu viens de subir un stress important. Aujourd’hui, c’est sans doute ce dernier cas qui est en vigueur. Avec la prestation que tu as dû réaliser devant le public pour ta participation à ce concours dans la région d’Hoenn, le stress était bien présent dans ton esprit. Et forcément, dans ces cas-là, tu as tendance à t’exprimer un peu trop et surtout sans réflexion suffisante. Finalement, tu commences à regretter la période où tu n’étais pas en mesure de t’exprimer autrement que par des signes ou par l’usage d’un logiciel de synthèse vocale.

Il ne veut pas partager ses baies avec toi ? Cela signifierait que finalement tu n’as pas tant rêvé que cela. Il t’aurait réellement demandé s’il pouvait obtenir des baies nananas en vendant son autographe ? Vous n’avez visiblement pas la même notion du mot gain. Quand tu parlais d’obtenir quelque chose de sa signature sur un bout de papier, tu pensais essentiellement à de l’argent. Tu ne pensais même pas à la possibilité de pouvoir faire un échange contre des baies. C’est dommage. Surtout que tu les apprécies beaucoup également. Mais visiblement le coordinateur n’est pas vraiment partageur à ce niveau-là. Mais en même temps, les chances d’obtenir directement des baies nananas te semblent plutôt faibles. Par contre, avec de l’argent, vous seriez en mesure d’en acquérir sans le moindre problème. Surtout qu’au final, ce n’est pas si cher que cela lorsque l’on regarde bien. Enfin toi, tu risques de commencer par prioriser ta garde-robe. Tu ne peux pas t’en empêcher. Il faut toujours que tu fasses de nouvelles conquêtes vestimentaires mêmes si, finalement la plupart de tes emplettes terminent rangées dans un coin sans que tu ne t’en revêtisses la moindre fois.

« - Je ne crois pas. On pourrait plutôt en obtenir de l’argent. Le troc n’est pas vraiment une monnaie courante dans le domaine, il me semble. Par contre, avec des billets, tu pourrais t’offrir toutes les baies que tu veux. »

Il le dit clairement. Il ne veut pas partager ses baies avec toi. Tu ne comprends pas trop sa remarque sur le coup. Tu as bien saisi qu’il est sérieux sur le fait d’obtenir des baies nananas en contrepartie de son autographe. Mais tu ne lui as strictement rien demandé à ce sujet. Tu aimes les baies, mais bon, il ne faut pas exagérer non plus. À une certaine époque, tu aurais sans doute pu agir de la même manière que lui. En y réfléchissant, cela te fait te poser quelques questions au sujet du coordinateur que tu avais devant les yeux. Il ne devait pas avoir un quotidien très simple pour s’accrocher autant à la possibilité d’obtenir des baies. Ou alors, il en raffole vraiment. Tu te demandes ce qui serait le plus favorable pour lui. Même si en fin de compte, cela ne te concerne pas vraiment. Pourtant, tu n’as pas pu t’empêcher d’y penser. Le simple fait qu’il ait annoncé qu’il ne partagerait pas ses baies avec toi t’avait fait réfléchir à de nombreuses choses. Tu avais même repensé à la longue période que tu avais passée, plus jeune, à être envoyé d’un foyer à un autre. Les autres enfants ne voulaient jamais rien partager avec toi. Ni les jouets ni les pâtisseries. On ne te laissait même pas approcher. Tu n’avais donc jamais l’occasion d’obtenir la moindre part de gâteau aux nananas.

« - On pourrait partager l’argent… Je te laisse les baies. J’aimerais bien une nouvelle garde-robe plutôt… »

Tu ne sais pas trop sur quel ton il l’avait dit. C’est l’inconvénient de ne rien entendre. Il ne t’est pas possible de comprendre la totalité des éléments de la communication non verbale. Et c’est bien l’un de tes principaux problèmes. Surtout lorsque l’on sait que dans une conversation, l’essentiel du message passe par des éléments externes aux mots prononcés. Pour les gestes ou les expressions faciales, tu peux t’en sortir, tu as longuement travaillé sur ces éléments pour te faciliter la vie. Mais pour le ton ou la façon dont les mots sont prononcés, tu ne peux strictement rien faire. Tu ne possèdes pas la moindre possibilité pour saisir ce genre de subtilités. Enfin il doit bien y avoir des solutions médicales pour cela, mais bien entendu tu n’es pas suffisamment riche pour cela. Afin de te permettre d’accéder à des solutions de ce genre, il faudrait sans doute que tu te sépares de tes deux reins. Peut-être de tes poumons également. Et encore. Même avec tout cela, tu n’es même pas certain que cela soit suffisant pour payer les coûts de ce genre d’interventions chirurgicales. À une époque, tu avais cherché quelques renseignements. Mais en découvrant les tarifs pratiqués par les chirurgiens, tu avais rapidement oublié l’idée. Tu n’étais définitivement pas en mesure de t’offrir quelque chose dans le genre. Surtout que tu ne peux pas obtenir la moindre aide. Il faudrait peut-être que tu trouves un moyen de te faire un peu plus de sous. Et que tu économises, mais à ce rythme, il te faudrait sans doute une vie entière. Et même là, ce ne serait pas gagné d’avance. Un jour, peut-être. Tu n’oublies pas l’idée, bien que tu n’as plus vraiment d’espoir pour une réalisation rapide. Mais donc, tu ne savais pas s’il l’avait vraiment dit sérieusement où s’il s’agissait d’une simple boutade.

Tiens. Il avait relevé le fait que tu souhaitais devenir éleveur. Cela ramena automatiquement ton attention vers lui. Peut-être que vous aviez cet objectif en commun. Tu ne savais pas trop. Ce n’est pas tous les jours que tu rencontres quelqu’un que ça intéresse. Ce n’est pas particulièrement rare, surtout dans le contexte des concours de coordinations. Mais tout de même. Tous les coordinateurs ne souhaitent pas forcément s’orienter vers cette voie. Pour certains, elle est même plutôt méprisée. Beaucoup de travail. Des gains parfois un peu limités lorsque la concurrence est forte. Mais toi, ce n’est pas pour cela que tu t’orientes vers ce domaine. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas l’argent qui te motive. Non. C’est plutôt une passion pour les pokémons. Et l’envie d’en prendre soin. Et puis il y a ce défi. Tu rêves de prouver à tout le monde que tu es capable de le faire et de maîtriser ta vie. C’est sans doute un peu idiot. Surtout que finalement, tu n’as pas tant de monde que cela a impressionné. Ta famille adoptive ? C’est sans doute les seuls que cela peut intéresser en effet. Pour le reste, les gens ne doivent même pas s’intéresser à ce que tu as bien pu devenir.

« - Oui. Éleveur. C’est mon objectif. C’est pour cela que je participe aux concours. L’élevage t’intéresse ? »

Tu espérais bien que c’était pour cela qu’il avait relevé le fait que ton souhait est de devenir éleveur. Tu ne serais pas forcément surpris du contraire, mais tu serais un peu déçu. C’est quelque chose qui t’intéresse fortement, et tu n’apprécies pas beaucoup lorsque les gens tentent de te démontrer à quel point cela demande des efforts conséquents par rapport aux gains. Rapidement, il enchaîne sur deux noms. Le premier, tu as un peu de mal à le comprendre sur le coup, mais il te semble que c’est le prénom du coordinateur. Tu ne parviens plus à te souvenir de ce que c’est et en lisant sur les lèvres cela ne t’a pas vraiment aidé. Tu sais qu’il commence par la lettre a, et tu as une vague idée de la suite. Mais pour la prononciation, tu crains un peu de te lancer. Cela te semble compliqué. Par contre, le second est plus simple. Il te désigne en même temps le Skelenox qui est toujours autour de vous. Ainsi, il se nomme Agape. Comme l’amour. Cela te fait sourire. Tu trouves le nom intéressant pour un pokémon spectre.

« - Moi, c’est Kaktus. »

Il est content de rencontrer quelqu’un qui a une vision similaire à la sienne sur le gouvernement. Cela te fait sourire. En effet. C’est plutôt rare. En général, ce n’est pas le genre sur lequel tu vas partager aussi rapidement tes opinions. Tu te méfies bien trop des gens. Mais tu ne sais pas pourquoi, lui, il t’inspire une certaine confiance. Tu n’as pas l’impression qu’il soit membre d’un groupe d’agents infiltrés du gouvernement. C’est sans doute pour cela que tu as donné aussi rapidement ton véritable avis sur la question.

Ce que tu penses des laporeilles ? La question te fait sourire. Tu ne t’attendais pas à un changement de conversation aussi brusque. Enfin dans ton esprit, pour le coup, cela ressemblait à cela. Mais finalement, après une courte réflexion, les deux sujets ne te paraissent plus aussi éloignés. Tu n’avais jamais vraiment songé à ce que tu pensais de ces pokémons, mais maintenant que l’on t’interroge à ce sujet, tu commences à les trouver un peu louches. Leur apparence te semble bien trop gentille pour qu’ils ne cachent pas quelque chose.

« - Je m’en méfie. Je trouve qu’ils semblent trop mignons pour que cela ne soit pas un piège. Je suis presque certain que le gouvernement se sert d’eux pour espionner les gens en toute impunité. Après tout, qui irait se méfier de créatures dont l’aspect est aussi anodin. C’est une couverture parfaite, je trouve. Alors oui. Je m’en méfie. Je ne sais pas. J’ai l’impression qu’ils sont mesquins. Et qu’ils cachent quelque chose. Tu as un avis sur la question ?  »

Maintenant, sa réponse t’intéressait au plus haut point. Après tout. S’il avait posé la question, c’est sans doute parce qu’il possède un avis sur le sujet. Soit c’est un adorateur, soit il ne les aime pas. Mais dans tous les cas, une personne ayant un avis neutre n’aurait pas lancé ce genre de sujet. Alors oui. Tu te demandes un peu dans quel camp il se place. Tu espères que ce n’est pas un grand adorateur. Tu ne le supporterais sans doute pas. Ces pokémons, tu les crains beaucoup, au final. Tu ne l’avais encore jamais remarqué, mais maintenant que le sujet a été lancé, tu t’en rends bien compte. Toi, tu ne pourrais pas vivre avec ce genre de pokémon. Non. Tu t’en méfies bien trop. Et tu ne veux pas les élever non plus. Il ne faut pas déconner. Hors de question que tu laisses, une porte ouverte au gouvernement dans ton intimité.






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