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» Un traumatisme contre une amitié


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Coordinateur Unys

C-GEAR
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Dim 11 Déc - 21:52



Cela faisait une semaine que Happy, ma nouvelle et première dresseuse avait passé son appel radiophonique. Elle avait sollicité de l’aide pour placer et s’occuper de tous les pokémons cobayes qu’elle avait libérés. Et nous étions plusieurs dizaines. Un campement de fortune avait été installé par les autorités et les infirmières, à proximité du laboratoire. Happy avait tout gérer avec les autorités. Certains pokémons, trop traumatisés, avait été laissé dans leur cage, trop agressifs et craintifs pour être manipulés.
J’avais personnellement oublié la notion du temps quand cette jeune argentée m’avait trouvé.

Le laboratoire dans lequel nous étions retenus, se servait de nous comme cobayes pour tester, ce qu’ils avaient appelé « une substance médicamenteuse ». Beaucoup d’entre nous mourraient mais ces humains n’en avaient strictement rien à faire. À la place ils envoyaient certains d’entre eux « à la pêche » comme ils disaient. Ce qui signifiait qu’ils partaient capturer de nouveaux cobayes. Je ne sais pas comment j’avais survécu autant de temps. Certains étaient récemment arrivés, que nous les voyons le soir même, étendu dans les caisses transparentes de traitement, les yeux grands ouverts, sans vie. Beaucoup porteraient des cicatrices à vie, à cause des effets secondaires de la substance médicamenteuse. Moi-même, j’avais des cicatrices, mais l’infirmière pokémon qui m’avait examiné avait affirmé que je ne garderai aucune séquelle physique. Je ne faisais plus confiance aux humains. Puis Happy avait découvert le labo, l’avait démantelé, nous avait libérés et fait arrêter les scientifiques qui n’avaient pas réussi à fuir. Les pokémons qui avaient passé le moins de temps en tant que cobayes s’étaient sauvés pour un retour à la vie sauvage. Ce n’était cependant qu’une minorité. Quand je vis Happy pour la première fois, je revenais d’un traitement. Je souffrais recroquevillé sur moi-même. J’avais d’abord entendu des bruits de sabots, que j’avais pris pour un début de démence de ma part, avant de voir un vivaldaim horrifié, marcher dans le couloir des cages de ma section, suivi de sa dresseuse. En entendant mes gémissements de douleur, Happy s’était arrêtée devant ma prison. Je feulais et montrais mes crocs, croyant que c’était un des scientifiques. Mes yeux croisèrent les siens, d’un argent flamboyant de détermination et de rage face à notre détresse et notre état déplorable. La force de ses sentiments m’avais fait frissonner. Un regain d’énergie m’avait traversé et je ne sais trop comment je m’étais relevé. Instinctivement je m’étais approché d’elle. Elle, avait glissé sa main à travers les barreaux puis ouverte. J’y avais posé ma joue. Puis les barreaux des cages s’étaient ouverts et les choses séreuses avaient commencé.

J’avais décidé de rester avec elle. Elle m’avait sauvé la vie, je lui devais un minimum. J’avouerai également, qu’un lien s’était créé entre nous.
Hier encore, beaucoup de gens étaient venus au campement. Le matin, Happy les accueillit et leur demandait de remplir un formulaire de renseignement pour l’adoption. L’après-midi, elle organisait les rencontres entre les futurs adoptants et les pokémons blessés. Les bénévoles les plus réguliers l’aidaient l’après-midi. Le soir, elle passait voir les pokémons après leurs soins, devenus quotidien. Beaucoup de mes congénères restaient agressifs envers les humains et j’étais, avec Haï, le principal lien entre eux et Happy.
Nous raccompagnions une famille qui voulait adopter un pokémon pour leur fils de 10 ans. Je n’aimais pas du tout participer au rencontre, j’étais trop méfiant et haineux envers les humains pour cela. Mais pour Happy, je faisais des efforts. Le garçon de la famille était un petit prétentieux hyperactif, qui croyait tout connaitre sur les chacripans. Happy soupira en les regardant partir. Ils y avaient plus de mauvaises personnes qui voulaient adopter un pokémon que de bonnes.
Happy se dirigea vers la tente des plannings pour voir qui seraient les prochaines personnes à recevoir. Je commençai à la suivre quand je sentis une odeur qui ne m’était pas inconnue. Je me retournais pour découvrir, ma dernière voisine de cellule, une chacripan, qui avait aussi beaucoup souffert durant sa captivité au labo. Pourtant, elle avait été d’une aide précieuse au cours des combats contre les scientifiques. Aujourd’hui, elle était accompagnée d’une femme à l’apparence d’une poupée et d’une aura spectrale.

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C-GEAR
Ven 16 Déc - 22:40
- Tu comptes te rendre au camp d’adoption, toi ? La période des fêtes arrive…

- Offrir des Pokémons pour Noël, c’est toujours un peu risqué… Je verrai bien.

L’attention d’Aleera se fixa sur cette bribe de conversation à la sortie du centre Pokémon. La veille, la jeune femme avait capturé un Chacripan, une pauvre bestiole affamée avec une fine cicatrice au flanc, probablement l’avorton de la portée qui avait trouvé un moyen miraculeux de s’en sortir. La blanche avait néanmoins eu tôt fait de réaliser que le félin montrait une agressivité toute particulière au genre humain. La bestiole ne s’éloignait pas de sa nouvelle dresseuse, et ses oreilles se rabattaient vers l’arrière dès qu’un inconnu croisait leur route. Si la coordinatrice avait tout d’abord présumé que le chat avait dû subir une raclée en règle, chose assez horrible par elle-même, cette histoire de camp d’adoption capta davantage son attention. De quoi s’agissait-il, exactement ?

La demoiselle finit par emboîter le pas d’une famille se dirigeant selon toute vraisemblance vers cet endroit. En périphérie de la ville, un campement avait été érigé, avec de nombreuses tentes et autres bâtiments utilitaires, comme des toilettes, des infirmeries de fortunes et autres cantines. Si quelques humains parcouraient les lieux, ceux-ci étaient dominés par les Pokémons, tous originaires du coin. Des Ponchiots et des Rattentifs, bien sûr, et même deux ou trois Nanméouïe : mais, surtout, des Chacripans par dizaines. La plupart semblaient relativement détendus; pourtant, ils portaient presque tous les marques d’un passé lourd. Côtes saillantes, pelage rêches, cicatrices diverses, blessures bien plus graves pour certains… Le cœur d’Aleera se serra dans sa poitrine alors que le doute s’y installait. Enfin, ses prunelles se posèrent sur l’une des nombreuses affiches qui décoraient l’endroit, avec un texte expliquatif.

Des expériences pharmacologiques. Tous ces Pokémons avaient servi de cobayes, et une dénommée Happy Woodman avait réussi à les libérer. Les scientifiques responsables étaient désormais en prison, mais ce n’était qu’une bien maigre consolation. La simple idée que de tels drames puissent encore se produire de nos jours, dans une ville aussi peuplée qu’Arabelle, instillait une rage pure dans l’esprit de la blanche pourtant d’un naturel si calme. Comment avait-ce pu arriver ?

Chacripan s’éloigna soudain de sa jambe, pour la première fois depuis sa capture, et la jeune femme ne s’en serait probablement pas rendue compte si Fleur, son Évoli jugé sur son épaule, n’avait pas échapper un léger grognement de surprise. Tout aussi étonnée, sa dresseuse la suivit rapidement, craignant de la perdre dans cette masse.

La nouvellement capturée, plus à son aise que jamais, s’approcha d’un autre félin du même acabit, avant de la renifler comme le font si bien les chats. Enfin, elle frotta affectueusement sa joue à la sienne, et le doute que nourrissait Aleera depuis son entrée au camp, sans oser y croire, disparut. Elles se connaissaient. Son Chacripan provenait de ces horribles laboratoires, cela ne faisait plus le moindre doute.

Soudain, un faible miaulement échappa à cette dernière. Le Pokémon se dirigea avec calme mais excitation vers une jeune femme élégante, à la même chevelure de neige que la coordinatrice et… Ce félin qui n’approchait pas les humains, qui grognait lorsqu’une main la frôlait de trop près, ce chat qui ne laissait personne l’approcher… Se frotta sur les jambes de l’inconnue en ronronnant. Surprise, Aleera resta immobile un moment, avant de s’approcher de celle qu’elle avait reconnue comme étant la fameuse Happy; sa photo était un peu partout, puisque l’on devait s’adresser à elle pour adopter l’une des victimes des laboratoires.

- Enchantée, je suis Aleera. Son regard, toujours sidéré, se posa sur le chat. Je suis navrée, elle fuit les humains, normalement… Elle doit vous avoir reconnu. Ça doit être une façon de vous remercier.

Et la sienne était de le faire à demi-mots, presque au travers son Pokémon. C’était un beau geste, tout ça. La coordinatrice n’osait pas imaginer les risques que la femme face à elle avait dû franchir pour libérer les cobayes, et combien encore auraient péris sans son aide.

- Je l’ai attrapée hier, plus loin sur la route… Je présume qu’elle vient d’ici.

La Chacripan lâcha enfin le pantalon de son héroïne pour revenir à la robe sombre de sa dresseuse, qui ne savait toujours pas vraiment où se mettre. Sa gêne ne se voyait pas vraiment, son expression demeurant placide, mais la demoiselle ne savait plus quoi penser de toute cette histoire. La moindre des choses seraient probablement de donner un coup de main, mais la tâche semblait bien plus complexe. Les temps froids approchaient; les pauvres bêtes ne pouvaient pas se loger dans des tentes éternellement, il leur fallait des maisons. Ses pensées s’égarèrent vaguement sur cette piste alors qu’elle attendait sagement la réaction de l’héroïne du jour.
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C-GEAR
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Sam 17 Déc - 22:58
Mon ancienne camarade vint frotter sa joue contre la mienne. Je lui rendis son geste, vraiment heureux de la revoir. Elle semblait être sur la voie de la guérison et visiblement, comme moi, elle avait trouvé son port d’ancrage, son refuge.

Elle émit un miaulement qui fit se retourner ma dresseuse argentée. L’ancienne cobaye s’approcha d’elle et se frotta à ses jambes en ronronnant. Happy s’accroupit et caressa la petite chacripan. La jeune femme l’avait reconnue.

- Bonjour jolie fille, salua-t-elle, je ne pensais pas te revoir un jour.

Happy releva la tête en apercevant un pan de robe sombre. L’argentée découvrit l’étrange personne qui me faisait penser à une poupée. Elle se présenta sous le nom d’Aleera et expliqua que d’habitude mon ancienne voisine avait tendance à fuir les gens. Seulement cette fois, elle avait reconnue Happy. Aleera ajouta que la capture était récente et s’était passée non loin d’ici.

- Enchantée, je me nomme Happy, répondit ma nouvelle dresseuse. Il n’est pas nécessaire de vous excusez. Effectivement, je pense qu’elle se souvient de moi. Pour ma part, mes souvenirs d’elle sont encore frais.

Ma maîtresse se redressa pour faire face à son interlocutrice, que ma congénère avait rejointe.

- Oui, comme vous devez l’avoir deviné elle faisait partit des pokémons utilisés comme cobayes. Tout comme mon Chacripan, ajouta-t-elle en me désignant. Je la remercie également, elle a été d’une aide précieuse au cours des combats. D’autant plus que j’ai remarqué qu’elle n’appréciait pas particulièrement de se battre, mais elle a un grand cœur. Se battre pour la liberté est un noble combat. Quand tout fut terminé, j’ai supposé qu’elle était repartit d’où elle venait, comme beaucoup d’autres pokémons sauvages. Elle devait faire partit des cobayes récemment capturés pour les expériences.

Happy fit une pause. Je compris qu’elle ressentait le sentiment de gêne de la dénommée Aleera, alors que rien se ne lisait sur son visage. Cette émotion me mettait particulièrement mal-à-l’aise et je me rapprochais de ma nouvelle maîtresse. Mais ma camarade faisait confiance à cette humaine, donc même si j’étais méfiant, je l’étais bien moins qu’envers les futurs adoptants que j'étais amené de cotoyer.

- J’aimerais vous remercier à mon tour, repris Happy espérant apaiser Aleera. Vous semblez être une personne douce, qui conviendrait très bien à cette petite. Et le plus important, elle a l’air d’avoir choisi de rester avec vous, ce qui n’est pas rien. Auriez-vous un peu de temps ? Un peu d’aide supplémentaire ne serait pas de refus. Il me reste une dernière famille à accueillir pour une adoption, avant de me rendre dans la section 2. Souhaiteriez-vous m’accompagner ?

Ma dresseuse argentée était calme et sereine, ce qui m’aidait à me détendre. Elle attendait la réponse d’Aleera, qu’elle espérait être affirmative. « Elle a quelque chose en tête » pensais-je en scrutant Happy.

Je pointai une oreille en direction de pas qui se rapprochaient. Jérôme, un bénévole qui venait tous les après-midi, venait vers nous. Je plaquai mes oreilles en arrière. J’étais bien plus enclin à m’ouvrir aux femelles humaines qu’aux mâles. Même si cela faisait plusieurs jours que je le voyais et qu’il faisait du bon travail.
Happy détourna la tête d’Aleera pour écouter ce que Jérôme avait à lui dire. Mais un autre bruit, un brâme, nous fîmes tourner la tête à tous.

- Haï, souffla Happy. Jérôme occupe-toi de ma visite, dis leur que la décision finale leur sera remise de ma part plus tard. Voici le dossier.

Et elle partit en direction de la section 2, où Haï protégeait le bâtiment. Je bondis à la suite de ma dresseuse, laissant le choix à nos invitées de nous suivre ou non.

En arrivant à la section 2 je découvris, en même temps que Happy, Haï – mon coéquipier haydaim de forme hivernale – menaçant un groupe d’adolescents humains mâles. Visiblement, le renvoi catégorique que leur avait fourni Happy en personne, n’était pas digéré.
Ma dresseuse avait les sourcils froncés et le visage fermé, ne trahissant aucune émotion. D’ordinaire, elle ne tolérait aucune intrusion dans le campement, mais alors la section 2, il était impossible d’y entrer sans qu’elle ne vous accompagne. Cette partie du camp étant réservée aux pokémons les plus traumatisés psychologiquement et physiquement.

- Dans mes souvenirs, je vous intime de ne jamais, remettre les pieds ici, me semble, engagea Happy en insistant franchement sur le « jamais ».
- T’as pas d’ordre à nous donner pétasse, répliqua un des ados. T’as quoi deux ans de plus que nous et tu te crois tout permis.
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C-GEAR
Dim 18 Déc - 21:40
Aleera faisait de son mieux pour ne pas devenir trop émotive face à la situation, qui lui brisait le cœur. Voir sa Chacripan aussi affectueuse envers un être humain était émouvant, mais la raison était… Brr. Happy se présenta, sans trop de colifichets, ce qui arrangea la blanche, qui n’avait nulle envie de s’étirer en politesses inutiles. Elle confirma ses doutes, sans détour, et la coordinatrice ferma un instant les yeux pour digérer tout ça. Que le karma les rattrape. Sa façon à elle de maudire.

Happy la remercia à son tour, ce qui la gêna un peu. À part, comme n’importe quel dresseur, avoir lancé une Pokéball sur le premier Pokémon sauvage venu, l’apprentie n’avait pas l’impression d’avoir fait grand-chose. Il était vrai que, par la suite, elle avait dorloté la pauvre bête, prenant le temps de la nourrir, de la brosser et de créer un lien de confiance, mais cela lui semblait si naturel que cela ne nécessitait, à son sens, aucun remerciement. Peut-être se trompait-elle… ? À la demande d’aide, Aleera se contenta d’acquiescer. C’était la moindre des choses, gérer un camp de cette ampleur ne devait pas être de tout repos. Et puis, la mention de cette « Section 2 » l’intrigua, sans qu’elle osât poser la moindre question.

Un jeune homme vint les interrompre un bref instant. Les deux Chacripan étaient clairement plus tendus, rien de plus naturel. La demoiselle en profita pour se baisser, de cette façon si particulière que lui imposait sa robe à corset, c’est-à-dire les fesses vers le bas et les genoux à la poitrine, pour prendre son Chacripan contre elle. Elle se redressa ensuite, songeuse, un nom pour le félin commençant à poindre dans son esprit. Mais ça devrait attendre. Un brâme se fit entendre, avec une pointe claire de colère, et l’inquiétude que la coordinatrice capta chez la dirigeante des lieux n’était pas là pour la rassurer. Sagement, elle lui emboita le pas.

Arrivée à la fameuse section deux, Aleera comprit rapidement la nature du problème. Un Vivaldaim, probablement le dénommé Haï, grognait et piaffait en direction de trois adolescents qui semblaient tout sauf bien intentionnés. Bon. La blanche écouta le début d’altercation en silence, avant de froncer les sourcils. Il était vrai que Happy ne semblait pas bien agée; elle n’avait certainement pas atteint la vingtaine. Mais qu’est-ce que cet argument venait faire là ? Parce qu’elle était jeune, elle n’avait aucun droit de décision ?

La demoiselle dressa le dos plus droit. Son Chacripan venait de sauter au sol sans lui demander son avis, s’appuyant sur ses quatre pattes pour feuler en direction des adolescents. Sincèrement, la jeune femme doutait que le moindre Pokémon accepte de quitter le campement avec l’une de ces énergumènes, et il ne serait donc pas très dangereux de les emmener visiter quelques chats. Néanmoins, Happy semblait avoir des raisons bien particulières de protéger la section deux, et Aleera préférait lui faire confiance. Elle semblait savoir ce qu’elle faisait, mais avait vraisemblablement avoir besoin d’un coup de main.

La blanche avait rarement recours à son apparence peu conventionnelle pour chercher à intimider les gens. De toute façon, au vue de sa corpulence délicate, cela s’avérait souvent un projet délicat et complexe; il fallait plutôt jouer sur l’aspect sorcière. Néanmoins, elle gardait cette façon de faire dans un coin de son esprit, comme plan B. Les adolescents étaient, en règle générale, bien plus crédules que les adultes.

- J’ai 24 ans, ça me donne davantage le droit de vous mettre à la porte ? lança-t-elle d’entrée de jeux aux adolescents. L’âge n’est pas un argument. Cette femme protège les Pokémons ici présents et a une autorisation de la ville pour gérer ce campement comme elle l’entend, dans les limites des droits des Pokémons, comme un refuge temporaire.

La demoiselle était ravie de s’être attardée sur les écriteaux à l’entrée du campement. L’un d’eux décrivait précisément cette entente. Aleera glissa une main dans son sac, en sortant un Holokit encore brillant de par sa nouveauté.

- Ceci dit, si vous préférez, je peux toujours contacter les agents de la ville, ils se feront un plaisir de vous expliquer avec des termes bien moins tendres que les nôtres que vous n’avez rien à faire ici. Ça vous intéresse ?

Son regard se planta sur chacun des intrus, un à un, les scrutant de haut en bas. Ils semblaient nerveux, mais difficile de prédire la décision d’un groupe d’ami. La jeune femme, ne désirant pas que la situation s’éternise, ouvrit son Holokit, posant son doigt sur le premier chiffre pour composer le fameux numéro si menaçant. Elle ne plaisantait pas, tout son corps le trahissait. Ce genre de personnes, qui semblaient croire que les Pokémons leur étaient dû, l’insupportaient. Comme beaucoup de gens, à bien y penser.

- Je vous donne trente secondes.
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C-GEAR
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Jeu 22 Déc - 23:27
La situation était sérieuse pour Aleera, c’était clair. Tout en elle le criait. Cependant, nous avions à faire avec des gens peu soucieux des états d’âmes de leurs congénères. Happy jeta rapidement un regard à la blanche pour se confirmer du sérieux de la jeune femme. L’esprit combatif qui pouvait animer ma dresseuse avait pris le dessus et je sentais qu’elle ne souhaitait pas que ces jeunes gens s’en tire à si bon compte. Elle attendait clairement une excuse pour passer à l’action. Et l’action, c’était nous.
Deux des trois ados étaient intimidés et il ne manquait pas grand-chose pour qu’ils ne partent. Le troisième, qui devait être l’instigateur de cette intrusion, n’avait pas le moins du monde envie de retourner d’où il venait.

- Ah oui, trente secondes, et tu crois que les flics te croiront en voyant ton look de fantôme, dit-il sur un ton sarcastique à Aleera.

Ses comparses se trémoussaient derrière lui, mal à l’aise.

- Arrête s’te plaît, on devrait partir, je veux pas qu’elle appelle la police.
- Arrête de chouiner. Elle est pas sérieuse. Et je m’en tape que l’autre ait l’autorisation de la ville. Ces pokémons cherchent un dresseur et moi je cherche des pokémons.
- Je crois bien que si.

L’ado avait soufflé tout bas cette dernière phrase ne voulant certainement pas se faire réprimander une seconde fois.

C’était ce qu’attendait Happy, elle me fit un signe d’une main et de l’autre fit un signe à Haï. Je m’avançai discrètement derrière mon coéquipier herbivore. Il remua sa petite queue, m’indiquant qu’'il était près.
Je lançai donc mon attaque jet de sable vers le perturbateur, pendant que Haï générait son attaque écosphère. Une qui ferait très peu de dégâts sur un humain, néanmoins suffisamment pour le faire réfléchir. Le temps que les jeunes humains comprennent ce qu’il se passe, l’attaque de Haï atteignait sa cible. L’ado fut envoyé à terre, la respiration coupée.
Ses deux camarades détalèrent à toute vitesse sans rien demander de plus.

- T’es… complètement… tarée, réussi à articuler le garçon en se redressant légèrement, une main contre lui.
- Ce sont des pokémons entrainés qui ont répondu à mes demandes, l’ignora Happy. Ceux qui sont dans ce bâtiment.

Elle le montra du doigt.

- Ces pokémons, n’hésiteraient pas une seule seconde à te tuer, lâcha-t-elle.

Je savais ô combien ma dresseuse argentée avait raison. J’y avais pensé de très nombreuses fois envers les scientifiques qui pratiquaient leurs expériences. Si Happy et Haï n’étaient pas là, qui sait ce qu’il pourrait se passer. Je grognais et feulais pour appuyer ses dires. Le garçon se releva, esquissa un pas vers nous, avant de se raviser et de prendre la direction vers la sortie du campement. Nous le regardâmes s’éloigner. Tout s’était passé en moins de trente secondes. Happy reporta son attention sur Aleera.

- Désolée, s’excusa-t-elle, je ne souhaitais pas mêlé la police à cela. Je voulais les marquer pour qu’ils réfléchissent sur leur comportement. Ils sont en âge de posséder des pokémons, mais ne possède pas la maturité pour. J’espère leur avoir permis d’avancer dans ce sens.

Elle changea complètement de sujet sans transition.

- Il est nécessaire que je t’avertisse. Les pokémons qui sont dans ce bâtiment, sont les plus gravement touchés par les effets secondaires liés aux premiers tests. Certains ont un orbite vide, d’autres ont des membres mal positionnés sur leur corps, d’autres sont amputés. Ce n’est pas tout...

Ma dresseuse prit une inspiration avant de continuer.

- Il est nécessaire qu’ils arrivent à faire confiance à une autre personne que moi. Je pense que tu es la personne idéale.

Ma maîtresse regardait Aleera, pleine d’espoir et en même temps, elle avait peur qu’elle ne lui réponde négativement. Ce qui serait compréhensible. De plus Happy ne pouvait décrire l’abominable état dans lequel étaient les pokémons traumatisés.
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C-GEAR
Mar 27 Déc - 4:06
Plus le temps passait, plus Aleera se disait que les adolescents étaient majoritairement débiles. Des moutons, qui se rassemblaient autant que possible derrière une chèvre à grandes cornes, aux airs imposants, mais au final... Con comme une chèvre, quoi. Pourtant, ils n'étaient pas tous ainsi; la blanche se souvenait très bien de son passage à l'école, et des gens sympathiques qu'elle avait pu y croiser. Néanmoins, c'était les imbéciles qui faisaient le plus de bruit, peu importe le groupe, et c'était sur eux que l'intention se focalisait. Ainsi naissaient les stéréotypes. Certains les fuyaient, d'autres les adoptaient tel un dogme. Devinez dans quelle catégorie semblait se trouver le brillant trio face à elle ? Un peu plus et elle les croirait de la fameuse team Skull, ces malfrats immatures qui terrorisait les régions chaude d'Alola.

Deux semblaient convaincus de sa stratégie qu'elle, contrairement à ce que semblait penser leur leader, n'hésiterait pas un seul instant à mettre en branle. Devant leur manque de réaction, l'effet de groupe étant ce qu'il était, la jeune femme s'apprêta à presser le bouton fatidique sans plus de cérémonie; néanmoins, elle se retint au dernier instant, remarquant qu'Happy prenait les choses en main. Sa méthode était un peu plus... Directe, disons. Pour être franche, la blanche n'approuvait pas particulièrement. Quant à elle, les attaques des Pokémons, violentes, ne devraient jamais être dirigées vers de faibles humains, et la violence lui semblait à proscrire dans un tel endroit, où les nerfs des victimes pouvaient lâcher à tout moment et donner lieu à des réactions imprévisibles et dangereuses. Elle ne montra néanmoins pas son désaccord, se contentant de ranger son holokit alors que la bande fuyait sans demander son reste. L'argentée devait avoir ses raisons, et, tant qu'il n'y avait pas de réelles conséquences, elle pouvait bien gérer l'endroit comme elle le voulait. Et puis, les intrus étaient partis. C'était l'important, au final.


La toute jeune femme souleva un point qui arracha un frisson de réalisation à la coordinatrice. Ces Pokémons, qui n'avaient pas de dresseurs pour les limiter dans leurs actions, qui avaient tant soufferts aux mains humaines, ces Pokémons-là pouvaient probablement tuer sans hésitation. En effet, la police aurait pu les rendre nerveux. La demoiselle n'était toujours pas spécialement d'accord avec la finalité de cet incident: empêcher les adolescents d'entrer en attendant que les agents arrivent n'auraient pas été bien compliqué. Néanmoins, à la description des blessures les plus graves que portaient les patients de la Section 2, Aleera comprit pourquoi Happy, encore jeune et peut-être un peu impulsive, n'avait pris aucun risque. Un nouveau frisson, cette fois d'horreur, couru le long de son échine. Elle avait du mal à croire que les entités ayant causé de telles atrocités soient vraiment des humains. La coordinatrice n'avait que rarement ressentit une telle colère envers des gens qu'elle n'avait pourtant jamais rencontrés.

Au final, la tâche n'avait rien de bien complexe : le caractère calme et posé de la jeune femme rendait généralement assez facile la création d'un début de lien de confiance avec les Pokémons qui croisaient sa route. Elle ne s'imposait pas, non plus, ce qui devait grandement aidé au processus. Non, le léger blanc créé par la demande de l'argentée n'était pas lié à de l'hésitation. Aleera était émue, et elle n'avait pas ressenti pareille chaleur au creux de sa poitrine depuis bien longtemps, maintenant.

- Je viens avec plaisir... Je.. Merci pour ta confiance. Ça me touche.

Aleera avait l'habitude de gérer personnellement ses émotions, là n'était pas le problème. Néanmoins, les exprimer à autrui, les transmettre... C'était une tout autre histoire. Il fallait dire que la proposition, et la description, l'avait surprise. La demoiselle se ressaisit, suivant la jeune femme jusqu'à la fameuse Section 2. Elle n'osait guère imaginer ce que ces pauvres bêtes avaient pu subir, ni comment elles allaient pouvoir s'en remettre. Vu les blessures, les félins auraient probablement besoin de bien plus que des soins de courte durée dans un campement en plein air, malgré le personnel et les infrastructures bancales.

- Sans vouloir t'offenser... Tu as penser à contacter une pension, un refuge, n'importe quelle structure qui pourrait les accueillir ? L'hiver approche à grands pas... Je doute qu'il soit possible de tous les loger à Arabelle d'ici-là. Il faudrait, au minimum, déplacer le campement vers d'autres villes, peut-être même jusqu'à Volucité si c'est possible...

La capitale, plus étendue, avait le mérite de contenir davantage de résidents. Avec le temps des fêtes qui approchait à grands pas, le taux d'adoption de Chacripan pourrait monter en flèche pendant la période. Ce ne serait pas forcément tous d'excellents maîtres, mais tous auraient le mérite de ne pas infliger de telles horreurs à leur nouveau compagnon. Et puis, ceux-ci seraient un peu plus dispersés dans l'espace, ce qui faciliterait les soins: les centres ne seraient pas trop bondés.

Son regard se porta sur les compartiments qui l'entouraient, sur les pauvres bêtes qu'ils contenaient. Elle n'osait, pour le moment, pas trop s'en approcher, attendant le signal d'Happy pour se faire. Si la blanche demeurait, placide, au centre du couloir, c'était pour une raison précise : l'argentée connaissait mieux que quiconque les victimes, et pourrait lui indiquer les signes de début de confiance et les félins plus enclins que les autres à recevoir sa visite. Pour l'instant, un début de conversation, pour qu'ils puissent s'acclimater à sa voix et sa présence, lui semblait une bonne idée.

- J'ai même un contact qui pourrait nous aider, un jeune observateur, Shûichi. Il est plutôt populaire à la télévision, il pourrait aider à faire de la publicité au travers la région. Si tu veux, bien entendu.
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C-GEAR
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Sam 31 Déc - 9:46




De la crainte passa rapidement sur le visage de Happy. Le temps de réponse d’Aleera devait lui faire imaginer qu’elle allait refuser. Mais je sentais qu’au contraire la jeune femme blanche était émue par la proposition. Je m’approchai d’Aleera et glissa ma queue sur ses jambes, ce qui étonna Happy avant de sourire. Elle finit par répondre affirmativement à ma dresseuse, qui en fût soulagée. Elle gratifia Aleera d’un sourire sincère, avant de se tourner vers le bâtiment de la section 2. Devant la porte Happy chercha les clés, tout en écoutant Aleera.

- J’ai effectivement pensé à contacter des structures pouvant les accueillir. Certaines ont accepté. D’autre ne préfèrent pas, car l’hiver est une saison d’abandon, de ce qu’ils m’ont affirmé. Ce serait impossible, déclara Happy, confirmant les doutes d’Aleera. J’ai déjà pris quelques mesures. La semaine prochaine, une majorité est déplacée pour Volucité, une autre partie, moins importante, sera installée dans les villes d’Ogoesse et de Maillard. La section 2 sera uniquement rapprochée d’Arabelle. Je ne veux pas que ces 10 chacripans ne soient emmenés trop loin de leur lieu de vie initial. Ils ont tellement souffert…

Le cliquetis caractéristique de la serrure se fit entendre. C’était bientôt à moi de jouer, mais Happy gardait sa main sur la poignée, sans l’actionner.

- Nous avons créé un rituel, commença à expliquer l’argentée. Lép entre en premier, Haï fait savoir qu’il est toujours dans les environs. J’attends que Lép me donne l’autorisation pour entrer à mon tour. Ensuite, en temps normal, je les salue un à un. Aujourd’hui, nous nous adapterons à leurs réactions. Les box sont numérotés de 1 à 10… C’est partit.

Happy ouvrit la porte et je me glissai à l’intérieur. Dix paires d’yeux se braquèrent sur moi.

- Re bonjour tout le monde, lançais-je en ronronnant à basse fréquence pour apaiser mes congénères.
- Bonjour Lép, me répondirent certains.
- Que s’est-il passé dehors, demanda celle que Happy avait surnommé Patty.
- Le groupe d’ados d’il y a quelques jours est revenu. Happy s’est occupée d’eux.

Patty se détendit. Je miaulai pour demander à Haï de se manifester avant de reprendre.

- Happy va entrer. Elle est venue avec une autre femelle humaine. Celle-ci, continuais-je rapidement pour stopper les miaulements de peur et les rassurer avant qu’ils ne se mettent à paniquer, est maintenant la dresseuse et le point d’équilibre de ma voisine de cage. Happy me paraît lui faire confiance.
- … et toi ?

Je m’avançais vers la cage numéro 10, d’où avait été posée la question.

- Je pense que l’on peut lui faire confiance, répondis-je à Pirate.

Il renifla. Ma réponse ne le satisfaisait qu’à moitié, mais il ne renchérit pas.
Pendant mon échange j’entendis qu’Aleera avait lancé un début de conversation, auquel Happy répondait avec ravissement. Ma nouvelle dresseuse n’était pas bavarde de nature.

- Ton ami pourrait être d’une aide précieuse ! Ce serait un plaisir. J’ai également réussi, il y a de cela quelques jours, à contacter un scientifique nommé Tenzen Fushigi, de passage à Arabelle. Il m’a assuré qu’il visiterait le campement pour étudier certains pokémons, mais ne m’a pas précisé quand.

Elle s’était tournée vers moi. J’étais toujours en conversation avec les pokémons chats. Elle continua donc pour Aleera.

- J’ai surnommé chacun d’entre eux. Je ne supportais pas l’idée de les appeler par un numéro. Presque tous m’ont accepté et j’ai pu leur donner des plaids. J’ai en même temps bricolé pour accrocher les gamelles à la porte, comme cela, elles ne peuvent être renversées. Il ne reste que Pirate qui me tolère pour les soins. Il est encore sous perfusion.

Je miaulai à l’intention de Happy et lui fit signe d’un mouvement de queue qu’elle pouvait entrer.

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C-GEAR
Sam 14 Jan - 1:05
Aleera acquiesça aux paroles d’Happy. Ainsi, les mesures avaient bel et bien été prises. Les cobayes allaient fort probablement pouvoir trouver un foyer avant Noël, une bonne chose de réglée. Son rêve de créer un refuge revint effleurer son esprit. Si de telles structures existaient… Ne serait-ce pas merveilleux ? De telles situations n’auraient pas à poser de soucis, et un acte héroïque pareil ne créerait pas une montagne de responsabilités. Peut-être, alors, que ces actes se feraient plus fréquents et que les gens, conscients qu’ils n’auraient pas à gérer les conséquences, seraient plus enclins à jouer aux héros. L’argenté à ses côtés avaient-elles songé à cette finalité, à ce campement, lorsqu’elle avait libéré les cobayes ? Dans tous les cas, elle avait su gérer la situation avec brio. Mais son refuge aurait pu… Enfin. Elle espérait que tout irait bien. Pour le moment, elle ne pouvait pas faire mieux.

- Je ne sais pas s’ils ont de telles considérations… Et puis, peut-être que la ville est devenue, pour eux, un endroit de mauvais souvenirs…

Difficile de dire. Il faudrait, du coup, demander à Shûichi. Face aux explications du petit rituel, la jeune femme hocha de nouveau la tête, ses prunelles suivant le petit Chacripan. La sienne trépignait légèrement à ses côtés, sans cesser de renifler les odeurs qui émanaient de la section 2. Elle semblait excitée à l’idée de les revoir, mais une lueur dans son regard trahissait les souvenirs qui remontaient. Ces félins ne pouvaient jamais les oublier, même un seul instants, réunis qu’ils étaient. Mais ce n’était qu’une situation temporaire…

Des grognements légers, des ronronnements et quelques miaulements se faisaient entendre. Du coin de l’œil, Aleera percevait aussi de nombreux gestes, les bêtes communiquant beaucoup par le langage corporel. Captivée par la scène, la jeune femme demeura tout de même attentive aux paroles de la maître des lieux et chercha à ne pas trop regarder les Chacripan, pas avant d’entrer.

- Je le contacterai quand nous sortirons d’ici, dans ce cas. Je crois qu’il sera ravi d’aider.

Enfin, le félin fit un signe de queue difficile à mésinterpréter. Happy entra donc, et la blanche lui emboîta le pas. L’ambiance était tendue, et la méfiance des Pokémons présents était telle que la coordinatrice la ressentait dans sa propre poitrine. Le bâtiment était divisé en deux par un couloir; de chaque côté, cinq cages, contenant chacune un Chacripan mal en point. Très mal en point.

Il valait mieux ne pas se laisser emporter par l’émotion. La jeune femme demeura un instant immobile, histoire de laisser les félins s’acclimater à sa présence, son odeur. Elle chercha autant que possible à dégager son calme habituel, alors que son propre Chacripan, curieuse, s’approchait de ses anciens voisins. Aleera ne pouvait qu’espérer que le Pokémon ne les braquerait pas trop.

- On va pouvoir les voir un à un aujourd’hui, tu crois..?

La maître des lieux les connaissait forcément bien mieux qu’elle. Happy serait donc en mesure de déterminer s’il valait mieux les laisser tranquilles, ou passer aux présentations. De même, incertaine, la coordinatrice n’osait guère hausser le ton, se contentant de murmures et de phrases courtes.

- Je peux toujours repasser, si jamais.
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C-GEAR
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Dim 15 Jan - 19:31



- Entendu, entendis-je répondre Happy, quand Aleera annonça qu’elle appellerait son contact après être ressorti de la section 2.

À mon signal Happy entra dans le bâtiment suivi d’Aleera. Je ressentis un très court malaise chez cette dernière, bien vite remplacé par un grand calme. Visiblement, elle savait d’instinct quelle émotion faire passer, ce qui me plut. La réaction de mes congénères face à Aleera fut diverse. Patty, Lila, Ombre et Timide se réfugièrent au fond de leur cage apeurés. Griff et Moustache se mirent à faire des allers et retours en fixant Aleera les crocs découverts mais je voyais une légère lueur intriguée dans leur regard. Écho, Minuit et Shadow se tapirent les oreilles couchées en arrières et prêts à bondir. Je ne fus nullement surpris par la réaction de Pirate, qui se montra hostile en feulant et crachant, couché sur le côté au fond de la cellule.

- Tout va bien, les rassura Happy. Ce n’est que moi. Et voici Aleera.

Elle regarda un par un les pokémons chat, attendant des signes d’apaisement ou n’importe quel autre signe lui permettant de savoir par qui les présentations pourraient commencer. Toujours calmement elle continua d’observer mes congénères d’un regard serein, tout en s’adressant à sa camarade.

- Ta petite me semble curieuse face à d’autres congénères, remarqua ma dresseuse argentée. Nous allons la laisser faire, mais restons tout de même vigilantes.

J’essayais de détendre mes camarades avec d’autres ronronnements, mais ils ne me prêtaient aucune attention. Ils étaient focalisés sur Happy qui semblait les calmer et Aleera. La jeune femme aux cheveux blancs demanda si elles allaient pouvoir les voir un par un aujourd’hui et que dans le cas contraire elle pouvait revenir. Avant que ma dresseuse ne réponde, quelque chose commença à changer.

- Je pense qu’il va être possible de tes les présenter, je compris que Happy avait perçu le changement. Moustache à l’air intéressé par ta chacripan. Viens avec moi.

Elle entraina Aleera vers la cage de Moustache qui s’était arrêté pour regarder la petite femelle. Je le vis détourner son regard du chacripan pour se tourner vers Aleera. Il l’a scruta dans les yeux avant de pointer une oreille vers elle et de s’avancer. Pendant tout ce temps Happy avait attendu, ne voulant pas forcer les choses.

- Voici Moustache, il a un trou dans une oreille car celle-ci a fondu avec les produits des expériences. Il a également perdu l’usage d’une patte avant, qui est aujourd’hui atrophiée. Sans compter les nombreuses cicatrices dues à des réactions allergiques.

Ma dresseuse tourna la tête vers Patty qui pointait doucement son museau grisonnant pour se rapprocher des deux femmes. Happy laissa encore quelques instants à Moustache et Aleera avant de faire signe à cette dernière de venir se présenter à Patty.

- C’est très bien Patty, l’encouragea l’argentée avant d’expliquer. Je pense que Patty est la plus âgé des dix. Les produits lui ont fait perdre ses vibrisses. Ils ne repousseront jamais d’après les infirmières. De plus, une excroissance cellulaire a poussé formant un deuxième bout de queue, rappelant celle d’un mentali. Elle possède également une cécité visuelle à son œil gauche.

Patty semblait apaisée, car elle alla jusqu’à renifler Aleera à travers la grille de la porte. Ma dresseuse pris délicatement la main de sa camarade et l’avança vers Patty. Celle-ci, jugea mal la distance car elle se heurta gentiment contre les doigts délicats de la blanche. Elle les senti de nouveau puis s’assit la queue enroulée sur ses pattes.
Happy était restée attentive aux autres convalescents et se tourna vers Timide qui prenait exemple sur Patty. Elle passa sa main au travers des grilles. Le pokémon chat vint s’y frotter puis offrit sa tête à Aleera pour une caresse. « Eh bien, Timide ne l’est peut-être pas temps ça que finalement » pensais-je.

- Ici c’est Timide, présenta Happy, sa queue et son postérieur droit ont dû être amputés à cause d’une infection qui s’étendait très rapidement. Son dos restera bosselé tout le reste de sa vie par des cicatrices de pustules mal soignées. Ses poils sont en train de repoussés, je m’inquiétais à ce sujet.

Je tournais la tête vers Griff. Il avait ralenti la fréquence de ses allers/retours et semblait intéressé par Aleera, car il humait l’air dans sa direction. Happy fit s’approcher la demoiselle de lui. Griff sursauta à son approche et hésita à reculer. Je me mis à ronronner pour tenter de le rassurer. Ce fut le cas. Même s’il resta en retrait, il se coucha sur le flanc, rendant visible son début de cinquième membre.

- Griff ne se rapprochera pas plus. Il est très méfiant. Le fait qu’il se couche comme il le fait montre qu’il prend confiance. Il fait très maigre, mais ce n’est pas le cas. Ses côtes ont perdu leur courbure naturelle à cause des expériences. Les chirurgiens m’ont expliqués que leur taille s’était réduite et qu’elles étaient plus droites. Un cinquième membre avait commencé à se développé sur sa cuisse, finit-elle en le pointant du doigt.

Du mouvement fit tourner la tête de ma dresseuse. Une patte s’agitait à travers la grille d’une cage un peu plus loin. C’était celle de Lila. J’accompagnai Happy et Aleera qui se dirigèrent vers elle. La petite femelle chercha à poser sa patte sur le bras d’Aleera, mais au moment où elle sentit la présence mon ancienne voisine de prison, elle se mit à lui cracher sur cette dernière. Ma dresseuse demanda au chacripan d’Aleera de rester un peu en retrait de la cage.

- Lila n’aime pas les autres femelles, ses voisins de cage sont des mâles. Elle était une des premières à m’accorder sa confiance, certainement parce que Lép est un mâle, sourit-elle. Les expériences l’ont rendue aveugle, ce qui me laisse penser qu’elle ressent énormément plus les choses. Pour ne rien arranger, les os de son postérieur gauche se sont déformés.

La petite Lila se calma un peu. Elle tendit de nouveau sa patte vers Aleera et réussit à la poser sur le bras de la jeune femme.
Happy jeta un coup d’œil dans la cage de Shadow, à côté de celle de Lila. Le mâle lorgnait Aleera les pupilles réduites à deux fentes. Ma dresseuse tendit la main vers Shadow qui se laissa caresser. Happy appela Aleera et lui présenta le pokémon. Celui-ci se raidit à son approche mais ne bougea pas.

- Les produits expérimentaux ont fait perdre toutes ses cellules de l’odorat à Shadow. Comme tu peux le voir les chirurgiens ont dû lui amputer jusqu’au jarret son postérieur droit, parce qu’il nécrosait. C’est un chacripan très combatif.

Derrière nous, la tension était retombée pour Ombre et Écho. Elles étaient disposées à rencontrer Aleera. Ma dresseuse se dirigea d’abord vers Écho.

- Viens jolie fille, appela-t-elle doucement. Voici Écho, elle a été amputée jusqu’au carpe de son antérieur gauche car les os étaient trop abîmés. Ils ont aussi dû faire une ablation de ses deux oreilles à cause d’un début de nécrose.

La voisine d’Écho miaula à son intention. Son ventre était entièrement enveloppé d’un pansement. Écho rejoignit Ombre et la lécha à travers les barreaux.

- À côté c’est Ombre, présenta Happy. Je me demande si c’est deux petites ne seraient pas sœur. Depuis que je les connais, elles ont toujours été très proches. Les chirurgiens lui ont posé une prothèse pariétale, parce que les expériences ont abimé son péritoine. Ils m’ont dit que par la suite elle ne pourrait ni combattre ni faire de la coordination. Utiliser ses attaques mettrait sa vie en dangers. Ils ont également remarqué que ses sens avaient été diminués. Je pense que c’est aussi pour cela qu’elle est si proche de d’Écho. Leur de l’adoption elles partiront ensemble ou elles ne partiront pas du tout.

Il ne restait que Minuit et Pirate. Je vis Happy se tourner vers la cage du dernier. Elle hésitait et je savais qu’elle se demandait s’il serait possible de le présenter à Aleera. Finalement elle décida d’aller voir comment se portait Minuit. Elle était toujours couchée, mais ne montrait plus de signes agressifs. L’argentée lui murmura quelques mots et demanda à mi-voix à Aleera de s’approcher doucement. Minuit hésita à les rejoindre. Elle me jeta un coup d’œil inquiet, que je m’empressais de rassurer en fermant les yeux un court instant. La chacripan s’avança doucement, son ventre rasant le sol et elle renifla la main fermée d’Aleera que Happy lui avait conseillé de tendre. Minuit donna un coup de tête dans la main de la blanche avant de retourner au milieu de sa cage. Son regard allait d’Aleera à son chacripan.

- Minuit est très inquiète de nature, et son ablation de l’oreille droite et de l’œil gauche n’arrange rien. Heureusement, les chirurgiens ont pu refermer son œil. Quand je l’ai trouvé son œil était en train de mourir, il fallait absolument l’enlever au risque qu’une infection ne touche le cerveau. Et puis en réalisant des radios de son antérieur gauche, ils ont trouvé les os des phalanges en miette. De l’ostéoporose s’est développée à cause des produits expérimentaux et tous les os ont fini par se fracturés.

Il ne restait maintenant que Pirate. Je m’avançai vers lui.

- Es-tu prêt à rencontrer Aleera ? lui demandais-je.
- Ce n’est pas parce que tous les autres l’ont accepté, que ce sera mon cas, me cracha-t-il.
- Je ne te demande pas de l’accepté, rétorquais-je calmement, j’aimerais seulement que tu la laisse s’approcher sans lui sauter dessus.

Il faillit renchérir mais se ravisa. Tous les deux nous savions que même s’il était sous perfusion, celle-ci ne l’empêchait pas du tout d’agresser n’importe qui.

- C’est bon, lâcha-t-il.

Je miaulai en direction des deux dresseuses. Je fus surpris de voir Happy faire signe à Aleera de passer devant. La femme à l’aura fantomatique me rejoignit tandis que ma dresseuse resta légèrement en retrait, tout en expliquant.

- Pirate est le plus gravement touché. Il est toujours sous perfusion parce que son système digestif est encore sévèrement endommagé. Lorsque je l’ai trouvé, j’ai été vraiment soulagée qu’il y ait eu les barreaux. Il a perdu son œil il y un longtemps, car il ne l’avait déjà plus à notre rencontre. Par la suite quand, j’ai pu l’emmener pour le soigner, les chirurgiens ont découvert comme Minuit, de multiples fractures aux phalanges ainsi que de la nécrose… Happy pris une grande inspiration, tout cela aux quatre membres. L’opération a été longue et Pirate se réveillait. Les chirurgiens n’ont pas pu refermer son orbite.

Pirate feulait et crachait toujours. Quand Aleera se posta devant la cage, je n’en revins pas de la réaction de mon congénère. Après quelques secondes à se montrer hostile, il eut un déclic et se leva. Il ne feulait, ni ne crachait plus, mais gardait sa bouche ouverte, montrant ses crocs sur lesquels ses babines spammaient. Il s’avança vers Aleera, s’assit à une distance où elle ne pouvait pas l’atteindre. L’impressionnant calme de la dresseuse aux cheveux blancs eut alors un effet très positif sur Pirate. Je le vis se coucher, rendant sa tête accessible pour la main d’Aleera.
Happy n’en revenait pas, mais je ressentais tout son bonheur, pour Pirate qui acceptait enfin un autre humain, « Et rapidement en plus » complétais-je dans ma tête. Je souris car tous les muscles de Happy se retenaient de prendre sa camarade dans ses bras. Sa joie était immense, de même que son soulagement. Pirate pourrait, un jour, sortir de la section 2, peu importe le mode de vie, sauvage ou domestique. Elle laissa encore un moment à Pirate et Aleera, avant de murmurer qu’il fallait maintenant donner les soins. Elle montra à Aleera où se trouvaient la nourriture et l’eau et lui demanda si elle pourrait s’en occuper pendant que Happy changerait les pansements et prodiguerait les divers soins que nécessitait chacun.
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C-GEAR
Lun 16 Jan - 20:58
L’ambiance n’était pas des plus chaleureuse, c’était peu de le dire. Les Chacripans, blessés, mutilés, amputés, ne débordaient clairement pas de joie en voyant entrer cette intruse dans leur sanctuaire. Aleera ne se laissa pas démonter pour autant, conservant, du moins en apparence, son calme olympien qui avait laissé entendre à Happy que tout pouvait bien se passer. Son cœur se serrait alors qu’elle percevait, du coin de l’œil, les blessures horribles de certains d’entre eux. Elle se sentait horrible de penser ainsi, mais certains n’auraient-ils pas été mieux morts que vifs ? Son petit félin se baladait sans grande gêne, flairant des odeurs familières, ses pas la guidant soigneusement hors de portée d’une cage en particulier.

Alors que la blanche manifestait son désir de ne pas vouloir brusquer les choses, sa petite féline s’arrêta devant l’une des cages, son propriétaire s’approchant avec prudence pour la sentir en retour. Un premier pas dans la bonne direction, peut-être ? C’est ce que sembla penser Happy, qui l’invita à débuter ce qui s’annonçait être de longues et douloureuses présentations. La coordinatrice ne s’y opposa pas. Elle écouta sans un mot toutes leurs histoires, les détails de chacune de leur opération. Dans sa poitrine se confrontaient la peine et la douleur d’un côté, mais le soulagement, l’espoir et la douceur de l’autre. Une sensation de chaleur, difficile à décrire, chaque fois que l’un des félins se laissaient toucher.

Happy la perdait lorsqu’elle utilisait des termes trop techniques, spécifiques aux pokémons félins, mais la jeune femme de l’interrompit pas. Avec le support visuel, il était facile de comprendre quel terme correspondait à quoi. Toutefois, ses pensées voguaient parfois ailleurs. Elle se souvenait avoir lu, suite à la capture de son Chacripan, la description qui en était faite dans le Pokédex auquel elle s’était abonné.

S.A.E Dex – Chacripan a écrit:
Les chacripans sont beaucoup de choses, mais ils sont avant tout des pokémons avec un caractère bien prononcé. Ce sont des pokémons à l’esprit très vifs au combat comme dans la vie, et ils parviennent très bien à analyser le danger que peut représenter pour eux une situation ou une autre. Pour autant, on ne peut pas dire qu’ils sont faciles à vivre, très loin de là. Ce sont des pokémons difficiles, qui vivent dans la routine la plus stricte de toutes les routines. Ils se lavent notamment un très grand nombre de fois par jour. Les chacripans domestiques, surtout ceux qui vivent à la campagne, auront besoin d’un toilettage régulier sans quoi ils vous mèneront la vie dure. Malgré leur activité particulièrement nocturne, ce sont des pokémons qui font partie du club très fermé des chats de salons. Ces grands charmeurs savent y faire avec les esprits mondains, et leurs traits d’esprit séduiront plus d’une démonstration de qui a le plus beau pokémon. Ils ont pourtant tendance à régulièrement s’enfuir de la maison qui est la leur, ce qui ne les empêche pas d’en apprécier le confort s’ils y sont ramenés de force. Ces pokémons, lors de leurs virées hors les murs, sont des chapardeurs, des voleurs. Plus par plaisir que par nécessité, simplement parce qu’ils le peuvent, juste en faisant les yeux doux à un vendeur qui n’aurait plus d’yeux pour sa marchandise. Hélas pour un grand nombre de salons, ces pokémons ont un poil hautement allergène, ce qui rend leur compagnie encore plus prisée du fait de la difficulté qu’elle représente pour une fraction de la population.


Elle avait noté plusieurs de ces points de caractère chez les spécimens de salon qu’elle avait pu rencontrés, et même chez certains des félins qui attendaient toujours d’être adoptés dans le reste du camp. Néanmoins, si les Chacripans ici présents avaient bel et bien leur caractère unique et bien marqué, ils semblaient désormais bien incapables de faire la différence entre le danger et la sureté. Leur pelage nécessiterait le plus grand soin, dès que les blessures les plus graves permettraient un brossage en détail. Quant à leur côté voleur… Difficile à dire, mais Aleera doutait qu’ils osent s’approcher suffisamment du moindre inconnu pour s’emparer d’un quelconque bien. Un léger soupire de tristesse s’échappa d’entre ses lèvres alors qu’elle se séparait de Pirate, dont le nom trahissait la blessure la plus évidente. Ce pauvre petit… Ses blessures guériraient, mais se remettrait-il un jour à avoir confiance au genre humain ?

- Tu sais… Sa voix n’était désormais plus qu’un murmure nostalgique. Je rêve d’ouvrir un refuge abandonné, peut-être dans la Forêt d’Empoigne ou un autre lieu un peu isolé. Voir ces pauvres bêtes dans cet état, ça me… Ses poings se serrèrent légèrement, mais la jeune femme se calma en vitesse. Ce n’était pas dans ses habitudes de s’emporter, et ce n’était clairement pas le moment de le faire. Si j’avais su être plus rapide, j’aurais pu t’aider plus que ça.

Elle avait perçu l’émotion chez Happy lorsque Pirate avait décidé de l’approcher, mais Aleera n’avait pas l’impression d’avoir fait grand-chose pour autant. Pas son maximum, du moins. Pas qu’elle pensait qu’il n’était pas important d’apprendre à ces félins à refaire confiance au genre humain, bien au contraire, mais elle demeurait avec la sensation horrible qu’elle aurait dû faire plus, tellement plus. Alors, lorsque sa compère lui proposa de s’occuper de l’eau et de la nourriture, elle accepta sans la moindre hésitation, se dirigeant vers l’endroit indiqué pour s’occuper de cette tâche. Elle suivit les instructions à la lettre pour distribuer les bonnes portions aux bons chats, remplaçant l’eau de la veille par de la plus fraîche, tentant une caresse de temps en temps avec les moins nerveux d’entre eux. Peu à peu, elle parvenait à se détendre, à mettre de côté la situation horrible qui les avait placés là pour simplement profiter de la présence de ces pauvres petits.

- J’aimerais pouvoir tous les amener avec moi, si tu savais….

Mais c’était impossible. De toute façon, les Chacripans préféraient les vies tranquilles dans un salon; alors si en plus ils étaient blessés à vie comme ça… Il valait mieux les laisser tranquille.

La jeune femme continua de se balader de cage en cage, songeuse, observant avec intérêt les gestes d’Happy. Elle ne pouvait guère l’aider : ses compétences médicales se limitaient aux premiers soins. La coordinatrice avait d’ailleurs toujours respecté les infirmières pour cette raison. Comment parvenaient-elles à mémoriser la morphologie d’autant d’espèces de Pokémon différentes ? Elles devaient avoir une mémoire de Mammochon… Toujours avec son calme, la nouvelle attendit que son guide termine sa tâche, prête à lui venir en aide à la moindre occasion. Ses yeux se posèrent sur un balai, plus loin, mais elle n’osa pas s’en approcher. Beaucoup de chats craignaient de tels outils… Il valait peut-être mieux éviter.

- Si je peux t’aider pour quoi que ce soit… N’hésite pas.
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Mar 17 Jan - 23:18



Lorsqu’Aleera se sépara de Pirate, elle soupira. Un soupir de tristesse que je ne compris pas.
Son regard était toujours rivé sur le félin mutilé quand elle avoua son rêve à ma dresseuse. La joie que cette dernière avait ressentie au moment où Pirate avait accordé sa confiance à Aleera, était un peu retombée. « Peut-être a-t-elle réussi à interpréter son soupir » supposais-je. Ce qui était sûr, c’est que Happy était touchée par le rêve de la jeune femme aux cheveux blancs. Elle posa une main réconfortante sur l’épaule de sa camarade.

- Je suis persuadée que tu feras des merveilles, dit-elle d’une voix qui se voulait consolante. Sois en sûre, ce que tu as réussi a instauré avec eux aujourd’hui, tout le monde ne peut pas en dire autant. Tu as été une étape cruciale pour ces boules de poils, pour leur offrir un nouveau départ, une seconde chance dans leur vie.

Sur ces mots Happy commença à prodiguer les soins à chacun pendant qu’Aleera se chargeait de l’eau et de la nourriture. L’atmosphère était bien plus sereine que tout à l’heure. Je talonnais Happy où qu’elle aille, profitant des soins pour discuter avec chacun de mes congénères.
Les deux jeunes femmes s’activaient en silence. Ce fut Aleera que le rompit quelques secondes. Elle souffla qu’elle aimerait pouvoir emmener les dix chacripans.

- Je comprends, lui répondit Happy. J’ai moi aussi pensé à les ramener au manoir. Mais je ne peux pas imposer dix chacripans à ma grand-mère.

Les soins prenaient plus de temps que d’alimenter les félins. Aleera, que j’avais vu s’appliquer, regardait les gestes de soins que l’argentée connaissait par cœur. Elle était trop absorbée par sa tâche pour voir sa compère regarder brièvement le balai rangé plus loin. Je tapotais de ma patte la jambe de Happy, qui tourna son regard vers moi. D’un signe de queue, j’indiquai le balai. Elle comprit. Je la connaissais depuis seulement quelques jours et cette compréhension mutuelle, sans mot, me troublais encore beaucoup. « Si on m’avait dit qu’un jour j’aurai une telle relation avec un humain, je ne l’aurais jamais cru. » L’argentée s’adressa à Aleera.

- Les soins des autres vont durer encore un petit moment avant le tour de Pirate, pourrais-tu faire un brin de poussière s’il te plait ? Ils ne sont pas déranger par le balai, ils y sont habitués.

Elle continua de passer de cage en cage. Pour chaque félidés ayant subi une amputation, les pansements étaient changés, les plaies nettoyées et une pommade cicatrisante appliquée. Patty reçu les gouttes pour son œil aveugle. Le tour d’Ombre prenait toujours plus de temps car changer le pansement était une opération particulièrement délicate. Tous reçurent leurs doses d’anti-inflammatoire et d’antidouleur. Happy, comme d’habitude, termina par Pirate. Le félin violet était plus calme qu’à l’accoutumé. « Grâce à Aleera », pensais-je.

- Aleera, appela ma dresseuse, pourrais-tu tenir le cathéter pendant que j’enlève et que je refais le bandage s’il te plait ? Comme cela je prends moins de temps et moins de risque de faire bouger l’aiguille, ce qui pourrait être douloureux pour Pirate.

Le chat me sembla apprécier que les deux jeunes femmes s’occupent de lui, malgré les circonstances des soins.

- Tout le monde a reçu ses soins, déclara Happy, nous allons les laisser se reposer.

Elle se dirigea vers la porte du bâtiment. Je saluai mes congénères d’un miaulement avant de rejoindre ma dresseuse. Elle attendait tranquillement, souhaitant qu’Aleera prenne son temps avant de quitter les félins.
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C-GEAR
Dim 19 Fév - 21:53
Les encouragements d’Happy, qui n’avait pas besoin d’en faire autant, soulagèrent Aleera d’un quelconque poids qu’elle n’avait pas spécialement eu conscience d’avoir. Il était toujours appréciable d’entendre quelqu’un dire qu’il croyait en nos rêves, même si c’était faux, même si ce n’était au final que pour nous faire plaisir. Impossible, toutefois, de transmettre des émotions aussi diffuses par le biais de mots, aussi la blanche se contenta d’un simple signe de tête empli de reconnaissance à l’égard d’Happy. Celle-ci partagea ensuite son désir de ramener les Chacripan chez elle, toute en mentionnant tout l’égoïsme de la chose. C’était vrai pour elle, mais pour la gothique aussi. Difficile d’envisager laisser dix petites bêtes requérant des soins seules, dans une maison pas très grande au milieu d’une petite ville un brin démunie. Le refuge aurait pu aider. Mais le refuge n’existait pas, pas encore tout du moins. Il fallait se raccrocher à la possibilité de sa création, mais fabuler ne servait à rien pour le moment.

Une fois que la plus-si-intruse eut rempli les bols, Happy l’encouragea à prendre le balai qu’elle craignait légèrement pour faire un peu de poussière. Avec plusieurs précautions, la coordinatrice se mit à la tâche. La dernière chose qu’elle souhaitait, après tout, était de créer des craintes supplémentaires chez les félins, ou encore de les brusquer. Ils devaient autant que possible demeurer détendus, c’était un fait certain. Toutefois, si la saleté s’accumulait, il ne fallait pas de grandes maitrises pour se douter que ça pouvait être mauvais pour leurs blessures. Un regard distrait s’attardait sur les gestes de la jeune femme, qui s’occupait avec une certaine habileté des plaies de ses patients. Aleera songea un bref instant qu’il lui faudrait un personnel médical, si le refuge voyait le jour. Néanmoins, il ne servait à rien de s’attarder à cette question pour le moment. C’était un projet flou et lointain, elle aurait le temps d’y songer au fur et à mesure, quitte à recontacter Happy en temps et lieu, autant pour lui demander son aide directe que les coordonnées des gens qui l’avaient aidé pour ce campement provisoire.

La blanche eut à peine le temps de poser son balai que l’héroïne du jour lui demandait de l’aide pour s’occuper de Pirate. Toujours en silence, elle s’approcha sagement pour prendre l’aiguille, ne lâchant pas l’opération des yeux. Il lui fallait s’habituer à voir des blessures plus horribles les unes que les autres, et puis, quelque part, le calme du félin lui faisait du bien. Il allait s’en remettre, et cette simple pensée la soulageait. Sauver des vies… Une bien noble cause, qui donnerait à beaucoup l’envie d’abandonner. Mais Happy tenait bon. Les prunelles azurées se tournèrent vers sa propre Chacripan, qui continuait de se balader parmi ses anciens camarades, évitant soigneusement la fameuse Lila.

Une fois les soins terminés, Aleera se dirigea vers la sortie avec Happy. Pas qu’elle n’aurait pas apprécié continuer de détendre les Chacripan, mais elle voulait surtout éviter de les épuiser et d’user leur patience. Un pas à la fois, comme on dit.

- Allez, viens, ma belle.

Son Chacripan, un peu déçue, s’empressa toutefois de la suivre, reprenant sa position tout près de sa jambe. Un jour, elle s’ouvrirait un peu plus au genre humain, mais ce jour n’était pas arrivé. La porte se referma derrière elles, et Aleera se décida enfin à reprendre la parole.

- Merci pour ta confiance, ça me fait plaisir. Je vais être en ville encore quelques jours, mais je ne te retiendrai pas plus longtemps pour l’instant. Je dois…

Une silhouette s’approchait d’elles, aussi la blanche s’arrêta-t-elle. Elle partirait juste après. Au cas où son aide pourrait être requise, ou tout du moins désirée.
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Scientifique Unys

C-GEAR
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Mer 1 Mar - 0:51
Quelle histoire lugubre. J'aurais presque préféré ne pas en être au courant. Mais maintenant, je ne pouvais pas fermer les yeux, d'autant que tout cela se passait si proche d'ici. Au départ, j'avais préféré croire à un hoax, car même si l'histoire était tout à fait crédible, j'étais surpris de n'en avoir entendu parler nulle part ailleurs. Seulement, il était difficile de nier l'évidence. Ce matin, lorsque j'avais allumé mon PC et ouvert ma boite mail, je ne m'attendais pas à cela. Un mail de l'un de mes abonnés, avec un titre en majuscule : "MONSIEUR FUSHIGI : AGISSEZ POUR LES CHACRIPANS COBAYES A UNYS". J'avais d'abord cru à un mail pour une énième pétition souvent mensongère. Mais l'adresse mail n'était pas celle d'une plateforme de pétitions. J'avais donc cliqué, et mon corps s'était crispé, une boule instantanément formée dans mon ventre. Sous le titre, une image. Horrible. Des Chacripans charcutés, certains allongés dans leur propre vomi. Cela se passait-il réellement à Unys ? Aujourd'hui ? Ou bien était-ce une manipulation d'information ? Je déroulai le mail, lisant en travers le texte qui était moins informationnel que sensationnel. Toutefois, l'une des personnes présentes sur l'une des photos téléphonait avec un smartphone dernière génération, c'était donc bien quelque chose de contemporain. Mais cela se passait-il réellement à Unys ? Après tout, cela concordait, il s'agissait quand même de Chacripans. Des pokémons similaires existaient partout dans le monde, pourquoi importer des Chacripans, et des Chacripans uniquement ? Surtout, plus bas, des photos d'un campement de fortune avaient aussi été prises, et des autorités qui portaient des uniformes vraisemblablement Unysiens étaient présents sur les photos.

L'affaire avait visiblement été étouffée par les médias, partiellement du moins. J'avais pu trouver quelques mentions de cette histoire sur internet. Je ne l'avais simplement pas vue passer. J'étais particulièrement occupé ces dernières semaines, après tout. Je ne regardais généralement que les gros titres. Gros titres que cette affaire aurait mérité de faire...

Ainsi, j'avais décidé de me rendre sur place pour offrir mon aide. Quelle hypocrite j'aurais fait, de militer pour des sciences éthiques de ma tour de cristal mais de ne rien faire lorsque l'occasion se présentait d'agir concrètement ? Je m'étais donc rendu sur la Route 2, non loin d'Arabelle, dans le campement qui avait été monté pour venir en aide aux Chacripans cobayes.

Arrivé proche d'un petit bâtiment, j'aperçus deux femmes devant la porte. Je pressai donc le pas pour les rejoindre, et me présenter.

-Bonjour, excusez moi de vous déranger, je m'appelle Tenzen Fushigi, je suis Physicien et je suis l'auteur d'un Pokédex militant pour la cause des pokémons. J'ai appris aujourd'hui ce qui est arrivé ici par un des abonnés de mon pokédex et j'ai décidé de venir voir si je pouvais donner un coup de main.

Après mes brèves présentations, j'appris leur identité et la raison de leur présence ici. Elles étaient visiblement très impliquées. Deux personnes admirables.

-Ce n'est peut-être pas le moment, mais pourriez vous me briefer rapidement sur ce qui s'est passé, et me dire comment je pourrais me rendre utile ?

Je désirai réellement commencer dès maintenant, puisque j'avais la chance d'avoir un petit creux d'activité pour les jours à venir. Il était temps de mettre en application mes beaux principes.



Merci à Jill Calahan pour la bannière du pokédex !
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Mer 1 Mar - 20:37



Un homme venait dans notre direction. Immédiatement je fus sur la défensive, mes oreilles plaquées en arrière sur mon crâne, le poil hérissé et les griffes sorties. Je feulais, caché derrière les jambes de ma dresseuse, pour que cet homme reste à bonne distance. Ma réaction, alerta Happy de la présence du nouveau venu avant qu’il ne se présente.
Il se présenta comme étant un physicien, créateur d’un pokédex militant pour la cause pokémon. Je ne savais pas vraiment comment interpréter cette dernière information. Elle n’avait aucun sens pour moi. Son explication non plus d’ailleurs. Venant de la vie sauvage avant d’être utilisé comme cobayes, il me restait énormément de choses à apprendre sur le mode de vie des humains. La seule information que j’avais comprise, était qu’il était venu pour aider.

- Excusez le comportement de Lép, le pria-t-elle de me pardonner. Il a servi de cobaye. Happy Woodman, enchaina-t-elle pour se présenter, je dirige les opérations de ce campement. Je suis ravie de faire votre connaissance, j’ai suivi quelques-uns de vos travaux.

Elle laissa Aleera se présenter et en profita pour se pencher vers moi pour me rassurer en me murmurant des paroles douces, accompagnées de caresses réconfortantes. Puis elle se lança dans un récit concis de ses aventures.

- Il y a de cela une vingtaine de jours, j’ai fait arrêter un réseau de scientifique qui recherchait à recréer un produit et pour faire avancer leurs études, réalisait des tests sur des chacripans. J’ai œuvré de manière à ce que les médias ne soit pas ou très peu au courant de l’affaire, car les blessés avaient impérativement besoin de calme. Les pokémons ayant été prisonniers peu de temps du laboratoire, sont retournés d’où ils venaient. Pour les autres, j’ai monté ce camp afin de leur apporter les soins qui leur sont nécessaires. J’essaie de faire adopter ceux qui ont le comportement pour et de relâcher les ceux qui n’ont jamais côtoyé les humains. Nous venons à l’instant de terminer les soins des dix félins les plus gravement touchés. Ils ont vécu bien plus d’émotions aujourd’hui que les autres jours, il me sera donc impossible de vous présenter pour le moment. Mais je dois m’occuper de quatre remises en liberté, et votre aide à tous les deux serait très appréciable.

Elle se tourna vers Aleera.

- Chaque remise en liberté est différente mais c’est toujours une expérience unique. Peut-être en auras-tu as en accomplir quand tu posséderas ton refuge.

De voir ma dresseuse argentée calme et détendue m’aidais à me montrer moins agressif. Mais je restais cependant très tendu. Dès que Tenzen réalisait un mouvement, je sursautais ou je faisais un écart.
Elle invita d’un geste, Aleera et Tenzen, à la suivre. Elle les mena jusqu’à la section 3 où des chenils couverts de toit en bois, avaient été montés pour accueillir plusieurs individus.
À l’approche des chenils, Happy expliqua.

- Les chacripans qui sont installés ici, sont les plus robustes et ceux qui nous ont fait comprendre qu’ils n’étaient pas habitués à la présence humaine. Encore aujourd’hui ils ne font que nous tolérer. Un protocole a tout de même pu être mis en place, afin qu’ils acceptent volontairement de rentrer dans une caisse de transport en vue de leur future remise en liberté. Ce sont les félins des chenils 1 et 5 que nous allons relâcher. La voiture est prête et les caisses de transports sont à l’intérieur.

Elle ouvrit le coffre pour prendre deux des quatre cages prévues pour les quatre pokémons, qu’elle alla déposer devant le chenil 5. Puis elle expliqua.

- Lorsque vous allez entrer, je vous demanderais de poser la caisse, ils la connaissent, et ensuite de vous agenouillez pour qu’ils puissent vous sentir. Après cela, vous pourrez ouvrir la caisse et leur demander gentiment d’y rentrer.

Elle fit une démonstration. Je la suivi à l’intérieur du chenil. Elle posa les deux caisses à terre et s’agenouilla en murmurant des paroles rassurantes. Le fait que je sois auprès de ma dresseuse, fit que mes congénères ne la reniflèrent que brièvement. J’étais une présence rassurante pour eux et peut être qu’il en serait de même avec la chacripan d’Aleera. Happy ouvrit les caisses et leur demanda d’entrer dedans. Le premier s’engouffra à l’intérieur sans hésitation. Ma dresseuse le prévint qu’elle refermait la porte. Le second fut plus hésitant mais finit tout de même par suivre l’exemple de son camarade. Une fois les deux félins installés dans leur caisse de transport, elle ouvrit en grand la porte du chenil pour sortir et invita Tenzen et Aleera à l’imiter pour les deux pokémons chats du chenil 1.
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C-GEAR
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Lun 8 Mai - 1:30
Les deux femmes se présentèrent. L'une d'entre elles, Happy Woodman, disait avoir lu quelques uns de mes articles. C'était assez flatteur, et je lui fis savoir. Toutefois, je décidai de ne pas m'étendre sur la question, puisqu'il ne s'agissait pas ici de moi mais des Chacripans. D'ailleurs, cette Happy Woodman était jutement accompagnée par un Chacripan qui me semblait assez méfiant. Cela pouvait se comprendre. Happy fit de son mieux pour le rassurer. Elle m'exposa ensuite la situation. Au delà de l'horreur, déjà décrite dans le mail que j'avais reçu, je retins plutôt l'espoir qui se profilait. Il était possible d'agir, comme elles l'avaient démontré jusque là. Faire adopter les pokémons domestiques, relâcher les plus sauvages, c'était, à mon sens, la meilleure des solutions. Je me voyais donc tout à fait collaborer avec ces femmes, jusque là.

-Je dois dire que j'admire ce que vous avez mis en place.

Je pesais mes mots pour leur laisser principalement la parole. A chaque mouvement un peu brusque, son Chacripan semblait avoir peur. Je songeai donc à faire sortir Snivy de sa pokéball pour qu'elle communique avec, mais je comptais d'abord laisser Happy finir ses explications, par politesse.

Après m'avoir expliqué un peu plus en détail les logiques des lieux, elle me fis une démonstration du protocole à suivre pour faire sortir un Chacripan du chenil, qu'elle venait de m'expliquer. A ce moment là, Aleera, qui venait de recevoir un message sur son téléphone, s'excusa et s'empressa de partir après nous avoue salué. Nous la saluâmes en retour, puis Happy m'invita à commencer à l'aider pour la suite.

-Si vous permettez, je vais faire sortir mon pokémon, qui n'a pas l'habitude d'être enfermé dans sa pokéball, et qui saura peut-être m'aider.

Je fis alors sortir Snivy de sa pokéball, et fis rapidement les présentations. De sa pokéball, elle avait tout entendu, mais elle balaya tout de même les environs pour se repérer.

-Aleera n'est plus là, mais Snivy saura la remplacer, je pense. Elle est très intelligente, et très habile avec ses lianes. Je pense qu'on va s'en sortir, mais ce serait bien que tu surveilles pour la première fois peut-être.

J'entrai ainsi dans le chenil 1, accompagné de Snivy. Deux chacripans s'y trouvaient. Tous deux étaient couverts de cicatrices. Le premier avait une oreille en moins, le second un oeil brûlé. Les voir dans cet état me fit mal au coeur. Cela me rappelait aussi le Chacripan que j'avais donné à cette petite fille, il y a quelques temps de cela. Il faudrait peut-être que je l'appelle pour prendre de ses nouvelles. Peut-être que si je ne l'avais pas capturé, ou bien que je l'avais simplement relâché, il aurait fini dans ce laboratoire, lui aussi, qui sait ? Peu importe, cela dit, ce qui comptait aujourd'hui, c'était que l'on fasse quelque chose pour ces deux là. Je m'accroupis, puis je tendis très lentement ma main vers celui à qui il manquait une oreille. Il prit une position défensive, et je décidai donc d'arrêter ma main. Snivy se plaça à mes côtés, puis lui lança un regard profond, rassurant. Elle approcha lentement l'une de ses lianes de la tête du Chacripan, puis la caressa délicatement. Pendant ce temps, c'est l'autre Chacripan, qui était jusque là resté en retrait, qui s'approcha de ma main tendue et immobile pour la renifler, curieux. Pendant qu'il me testait, l'autre Chacripan commençait à émettre de petits ronronnements. Snivy l'avait conquis, semblait-il. Avec son autre liane, Snivy ouvrit la boite qui se trouvait à côté d'elle. Le Chacripan qu'elle caresse s'y dirigea tranquillement, avec tout de même un léger moment d'hésitation. De mon côté, le Chacripan avait fini de me renifler, et avait même frotté un peu sa joue contre ma main. J'avais donc pris la liberté de le caresser. Ses poils étaient un peu rugueux, ce qui était compréhensible. Mais à l'intérieur, c'était un pokémon très doux. J'étais partagé entre un sentiment de tendresse à l'égard du Chacripan, et une rage qui montait en arrière plan. Je tentai au mieux de me contenir pour ne pas envoyer de signaux agressifs. J'ouvris la cage tranquillement, et il s'y dirigea sans faire de problèmes. Snivy et moi fermâmes nos cages respectives, puis nous nous sortâmes du chenil, en faisant attention de ne pas bousculer les pokémons.

-Alors, on a été comment ?

De mon côté, l'expérience pourtant anodine en apparence avait été forte en sensations. J'en tremblais encore. J'étais fier de ne pas avoir fait de bêtise, et la rencontre avec les deux Chacripans, bien que très courte, avait été touchante. J'étais aussi extrêmement remonté, et je n'avais qu'une seule envie : rentrer chez moi et me servir de la tribune que m'offrait mon pokédex pour pousser déverser ma rage. C'était toutefois une mauvaise idée : je n'en savais pas encore assez. Rien ne pourrait excuser ce qui avait été fait, mais ma position demandait un certain recul critique, afin d'éviter les remarques déplacées, les raccourcis. Recul critique ne signifiait toutefois pas neutralité et retenue. De la retenue, je n'en aurais aucune à l'égard de ces monstres.

-Voir ce genre de choses, ça me fait comprendre les méthodes violentes de certains activistes. Après tout, la plupart des monstres derrière tout ça s'en sortiront impunément, et le sentiment d'impuissance face à ça ne laisse que la violence comme issue. Bref, ce n'est pas le moment pour parle de cela, j'imagine. Que doit-on faire maintenant, madame Woodman ?


J'avais eu du mal à totalement me contenir, mais je ne pouvais pas non plus trop m'étaler. Le moment était à l'action concrète, l'indignation attendrait. Pendant ce temps, Snivy caressait les deux Chacripans en passant ses lianes à travers la grille des cages. Les ronronnements pouvaient se faire entendre jusqu'ici. Elle n'était pas seulement extrêmement intelligente au sens rationnel du terme. Elle savait y faire avec les autres pokémons. Je l'avais déjà remarqué dans sa relation avec les miens, d'ailleurs.



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