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» All That is Gold Does Not Glitter


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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Région : Hoenn
Dim 4 Déc - 13:33
Kaja mâchonnait son chewing-gum avec rage. Elle n'aimait pas dépouiller des scientifiques. Elle trouvait ça carrément pas cool. Les pauvres ils étaient là, avec leurs blouses blanches et leurs lunettes, et leur petite tête affolée, et ils suppliaient d'épargner les pokémons et blablabla, et blablabla. C'était juste pitoyable. Alors du coup, quand Claws (oui, c'est un pseudonyme, soyons clair), l'avait appelée pour lui proposer de filer un petit coup de main à la team pour dépouiller des scientifiques, elle avait un peu fait la gueule.
« Ouais mais non, tsé, c'pas cool de buter des profs quoi. J'me sens mal après.
- Sakovitch, arrête de faire ta fine bouche. On te demande de voler un airmure en or massif, t'inquiète pas, t'auras le salaire équivalent.
- ... Ouais, bon, ok, y aura qui d'autre ? »
Ce n'était pas qu'elle renonçait à ses principes. Ne pas tuer les scientifiques, ce n'était même pas vraiment un principe d'ailleurs. Juste que... Bah la fin du mois approchait, elle avait besoin de thunes, et puis les sbires payaient toujours bien leur came quand c'était de la bonne. Et bon, un airmure en or massif ? Qui va aller chercher à analyser ce truc quand on peut le vendre en pièces détachées, hm ? Ou mieux, et si ça chiait de l'or, cette bestiole ? Et si ça se reproduisait ? Ouais franchement, y a un moment, faut lâcher le microscope et sortir la calculatrice les mecs. La thune avant le fun, faut commencer à grandir hein.

Le truc s'était super bien déroulé, sur le début. Ils étaient quatre, ils étaient armés (Claws avait refusé de prêter à Kaja un Brutapode, à son grand désarroi, prétextant que c'était une mission d'infiltration, pas de destruction) (rabat-joie) (bon un Dimoret aussi, c'est cool). Bref, ils avaient mis à peine cinq minutes à mettre les scientifiques dans un coin et à les calmer (les deux jambes brisées par Kaja quand y en avait eu un qui avait essayé de s'enfuir avait convaincu le reste). Le seul soucis, c'était que l'Airmure était actuellement dans une espèce de centrifugeuse, ou de micro-onde, bref un gros truc avec plein de boutons et du verre bien solide. Le mec intelligent de la bande (donc pas Kaja) était en train de faire sa fête au chef des blouses blanches pour savoir comment l'en sortir et se casser. Clairement pas le genre de truc qui fascinait Kaja. Surtout qu'elle avait chaud, sous sa cagoule. Et qu'elle avait envie de pisser, en fait. Et puis les cris de peur, à force, ça te casse les tympans. Elle donna donc bien vite un coup de coude à son voisin :
« Wesh Stormy, » (son pseudo entier c'était Stormbringer mais QUI allait se casser le cul à dire tout ça?) « si l'boss demande, j'suis en patrouille. Et si tu m'cherches, j'suis aux chiottes, ok ? » Ils avaient pas exactement le droit d'aller aux chiottes mais vu la cadence, elle avait bien cinq minutes de pause avant qu'on remarque son absence.

Sauf qu'elle mit déjà trois minutes à trouver les chiottes en question. C'était perdu de l'autre côté du bâtiment, et il pourrait y avoir une explosion dans la salle principale qu'elle le saurait même pas. Heureusement que Stormy avait son numéro de talkie.
Elle pénétra dans les toilettes avec un soupir de soulagement, retirant sa cagoule d'un mouvement rapide, retrouvant contact avec sa peau, essayant de retirer l'éternelle sensation d'irritation que le tissu lui donnait. Il fallait vraiment qu'elle investisse dans une cagoule de meilleure qualité, Claws lui avait filé des adresses. Au début elle avait cru qu'elle pourrait se passer de cet investissement, mais clairement, elle avait sous-estimer l'inconfort, la puanteur et le sauna que ça pouvait être. Avec un grognement de plaisir, elle se mit de l'eau sur le visage, buvant à grands goulots, savourant de pouvoir s'agiter les maxillaires sans être gênée. Elle se redressa, s'essuya et... remarqua enfin la gamine.
C'était une mioche de quoi, quatorze-quinze ans ? Une rouquine. Encore une rouquine. Pourquoi les gamines rouquines étaient jamais au bon endroit au bon moment dernièrement ? C'était le karma ? Kaja avait buté une gamine roukmout dans une vie antérieure ? Aussitôt tout le visage de la Sakovitch se contracta, et elle lâcha avec animosité :
« Oy la mioche, qu'est-c'qu'tu fous là ? »
Elle aimait pas frapper les intellos, ni les gosses. Mais bon, elle avait vu son visage, et y a un moment où il faut savoir abandonner ses principes si on veut pouvoir s'offrir la cagoule de ses rêves sans repasser par la case prison.



Compte principal : Jules Gérard.
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Modo & Scientifique

C-GEAR
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Région : Hoenn
Lun 5 Déc - 17:14
Il y avait ce congrès, ce truc dont Annette lui avait parlé. Ça avait arrangé Sae. Elle était tout juste sortie de sa dernière arène. Pas littéralement ; elle était sortie la veille. Victorieuse, et tout. Depuis, c'était un petit peu comme si elle était dans une bulle. Elle savait ce qui l'attendais. Elle ne savait juste pas quand, ni comment, ni par quelle route. Les sons étaient étouffés et le monde semblait distant. Comme si toujours un centimètre plus loin que le bout de ses doigts.
Alors elle avait dit oui à Annette, elle avait regardé les prix pour aller à Cimetronnelle, avait refermé la fenêtre internet parce qu'évidemment c'était trop cher pour sa bourse d'étudiante. Du coup, elle était repartie à dos de Vicky. Elle était cool Vicky, et elle était trop contente de voler comme ça sur de longues distances. Sae ne s'y était pas attendue, vu le caractère un peu jusqu'au-boutiste du personnage.


Cimetronelle était bien. Perchée. Comme Sae. Elle allait fêter ses seize ans et elle disait qu'elle était perchée ; ça n'annonçait rien de très très bien en vue, mais eh. La jeunesse, tout ça, comme ils disaient. Fêter ses seize ans avec ses huit badges en poche, c'était plutôt stylé. Et pourtant elle laissait passer les jours sans regarder la date. De toute manière son frère la spammerait sans doute pour l'avoir au téléphone. Elle aurait préféré avoir un frère du style à juste envoyer un sms, mais non. C'était le genre « tu vas répondre, je te jure » et un jour on répondait parce qu'au bout de trois jours et sept cent appels manqués, on répondait. Ou on éteignait son téléphone. En attendant, elle pouvait s'asseoir sur le bord des plateformes et balancer ses pieds jusqu'au congrès, ou au truc, là.


Elle avait dégoté un petit appareil photo, du type qui vomissait sa photo au bout de trois secondes par le devant. C'était parfait, parce que ça vomissait des pokémons complètement fous de partout, pas seulement par devant, dans ce grand hangar. Sae se demandait comment ils avaient réussi à garder un tel espace de stockage dans une ville qui était aussi pittoresque. En même temps, la réponse était assez évidente : les arbres. En attendant, Sae s'en mettait plein les mirettes. Elle n'était pas là pour raconter quoi que ce soit, bien entendu, elle était bien trop jeune et novice dans tous les domaines pour intervenir en quoi que ce soit. Tout au plus, elle ferait un petit papier pour le blog. En attendant, elle regardait à toutes les tables, toutes les estrades, sur tous les écrans. C'était génial, comme un goûter avec plein de pâtisseries et pas de risque de carie. C'était comme le monde des caries fantômes.
Sauf que le sucre, comme ça, même mental, ça pouvait assoiffer. Sae n'avait pas petit déjeuné. Elle était venue dès qu'elle s'était habillée. Le bar était malheureusement pris d'assaut par tout le gratin en blouse blanche. À croire qu'ils n'avaient rien d'autre de liquide dans leurs labos que des trucs corrosifs. Sae était bien contente de ne pas vivre dans un laboratoire en fait. Ce n'était peut-être pas sa voie ? Oh allez. Vu comment elle s'amusait maintenant ce n'était sans doute pas le moment de se poser la question. Clic, une dernière photo, et elle filait vers les toilettes pour se remplir le gosier.


Ha bah enfin ! Grand espace de stockage et d'exposition équivalait à beaucoup trop d'espace à parcourir avant de trouver des cabinets. Elle fila vers le lavabo du fond, parce qu'elle préférait quand même, au cas où quelqu'un rentre, ne pas être vue buvant au-dessus du lavabo comme un caninos sauvage sur une flaque d'eau.
À entendre l'eau comme cela, ça lui donna envie de faire pipi. Bravo Sae. Elle avait un peu l'impression d'avoir un corps débile, mais bon. Hop, au toilette. Elle profita d'être assise sur le trône pour regarder les clichés qu'elle avait jusqu'ici. Dans la folie du congrès, ou du truc là, elle n'avait pas pris le temps de les regarder. Cet ékaïser était complètement fou ! Et ce motisma en forme de ventilateur la laissait totalement incertaine quant à ce qu'elle devait en penser. Un dernier coup d'œil et décida e sortir de sa cabine, parce que quand même elle allait sans doute rater cette conférence sur les pokémons qui n'arrivaient pas à se développer malgré l'évolution.
Oy la mioche, qu'est-c'qu'tu fous là ?
Sae sursauta. Il y avait une nana avec les cheveux attachés et des fringues qui étaient l'exact opposé de la blouse blanche. Par réflexe, Sae appuya. Clic.
Sympa vos fringues ! C'pour une démonstration ?
Naïveté.
Et, euh, ben, j'étais aux toilettes... Y a une limite d'temps qu'il faut pas rester d'dans, ou... J'ai fait quelqu'chose qu'j'aurais pas dû ? Elle en perdait sa grammaire. Et à entendre le silence pesant qui commença à s'installer en travers de l'expression pas super top joyeuse de la nana, ouais. Il devait y avoir une limite de temps aux toilettes.


(plantation d'1 baie micle.)


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C-GEAR
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Lun 5 Déc - 17:14
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Modo RP & Eleveur

C-GEAR
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Dim 26 Fév - 3:37
___Jusqu’où es-tu donc prête à aller ?
___La question se pose. Très clairement. N’y a-t-il donc pas un moment où ta morale posera un net stop, un instant où tu comprendras que ce serait trop pour toi ? Tu tentes de taire cette part de ta conscience qui se déchire entre doute et détermination tandis que tu suis Axel, les yeux figés sur son dos.
___Autour de vous, plusieurs autres membres de la team Plasma avance avec détermination. Tous sont habillés de cette même tenue sombre désagréable et étouffante qui te recouvre toi-même des pieds à la tête. Tu passes une main contre ton cou pour t’assurer du maintien de ta cagoule. Tu n’oses pas imaginer les conséquences si ton visage venait à être vu dans une telle situation, la déchéance que vivrait ta famille. La culpabilité qui fondrait sur toi.
___A vos côtés marchent vos pokémons, tout aussi résolus que vous. Sans doute plus que toi. Pourtant, lorsqu’Axel te l’as proposée, tu as accepté cette mission. Ne laisse pas ta conviction flancher. Tu as entendu parler de condition de détention difficile, d’exposition de pokémons, de manque de respect pour leur qualité d’êtres vivants. Bien sûr que tu ne pouvais rester sans rien faire. Est-ce pour autant une justification à la prise d’otage qui est en train de se faire ? Tu entends des ordres s’échanger parfois entre deux couloirs alors que vous avancez vers votre objectif final, des informations aussi. Apparemment, ils ont réussi à emprisonner les scientifiques du congrès, tandis que certains ont été emmenés dans une salle contenant les pokémons les plus rares. Ce qui est synonyme, pour les objectifs de ce raid, de pokémons prioritaires. Personne ne va voir un Keunotor des plus basiques comme un potentiel trophée à exhiber, ou sujet à examiner. Ou, du moins, pas grand monde. Bien moins que pour un Gardevoir aux capacités cognitives étonnamment développées, peut-être bien capable de lire l’avenir, ou encore pour un Ekaïser à la taille et à la force phénoménales.
___Maintenant que tu es ici, tu n’as plus qu’à remplir ta mission au mieux. Tu te le répètes depuis que tu es montée dans le monorail à Illumis pour te rendre à Hoenn ; depuis que tu es arrivée à Cimetronelle pour finalement te retrouver ici, à cet instant. Pour cet objectif ; voler de ce congrès le plus de pokémons possibles.
___Vous entrez dans une salle où quelques machines clignotent paresseusement au milieu des allers-retours de quelques sbires de ta team. Tant de visages masqués inconnus à tes yeux. Dans un coin, un homme dont le rôle haut gradé ne fait aucun doute est en train de molester sans délicatesse un homme dont la blouse blanche mal repassée semble avoir été particulièrement maltraitée au niveau du col. Cependant, ce qui ne tarde pas à dévier et retenir toute ton attention, c’est le pokémon au centre de la pièce. Recouvert d’un métal à l’allure d’or, un Airmure se recroqueville face aux sbires qui tentent diverses manipulations sur le panneau de contrôle de sa cage en verre. Il est magnifique. Unique.
___Et indubitablement terrifié.
    « Mélodie. »

___Tu te tournes lentement vers Axel, le visage fermé. Ne rien trahir.
    « Va surveiller les deux scientifiques là-bas, ils ne peuvent rien nous apprendre de plus. Et rends-toi aussi utile que possible. »

___Sans attendre confirmation de ta part, il se détourne de toi pour rejoindre celui en tête-à-tête avec l’homme à la blouse froissée. Après un instant d’hésitation, tu te diriges vers le duo de scientifiques qui se trouve à l’écart, dans un renfoncement près de l’angle de la pièce. A quoi bon chercher à résister ? Applique. Tais-toi et marche ; marche et crève. C’est ainsi que ça marche, dans ce monde des bas-fonds.
___Une fois placée au côtés des deux otages bâillonnés, tu laisses ton regard vairon balayer la salle. Çà et là passent des sbires, plus ou moins armés ; certains ont l’arme au poing, d’autres dans le dos ou au côté, ceux restant se débrouillant avec leurs pokémons à l’air féroce. Tu passes rapidement une main contre la tête de Polarhume. Il y a un quelque chose de violent qui se reflète dans l’air même qui empli la pièce qui te met fortement mal à l’aise. Non pas que tu ne supportes pas la violence, loin de là ; mais c’en est presque trop… malsain pour toi. Peut-être est-ce aussi à cause de la peur que tu lis dans les pokémons présents ici, peu à peu rassemblés par les membres de ta team, ou dans les blessures visiblement fraiches qu’arborent certains, sans compter cette omniprésence d’armes et d’aura d’agressivité. Plutôt même sans aucun doute à cause de tout cela.
___T’interrompant dans tes pensées, une sbire dont la cagoule laisse dépasser des mèches d’un roux prononcés arrive soudain dans la salle, accompagné d’un homme à la carrure d’un Machopeur ; observant un instant les lieux de droite à gauche, elle ne tarde pas à arrêter ses yeux sur toi avant d’avancer. Elle pousse devant elle une seconde rousse, simple adolescente, qui vient apparemment de passer un mauvais quart d’heure, au vue de quelques ecchymoses qui commence à se former sur sa peau. Tu gardes ton masque de neutralité. Peu importe son âge ; vous ne pouvez vous permettre de clémence envers ceux présents dans le périmètre que vous recouvrez. Sans compter qu’après tout, qui sait, le vice n’attend pas le nombre d’années. Qui sait ce qu’elle faisait dans cette partie du congrès ? De toute façon, tu n’as que trop appris à détester ou te méfier des personnes liées à des expositions de pokémons, peu importe comment. Ton regard en noir et blanc n’est que trop altéré, brouillé et égaré pour que tu n’ouvres les yeux.
___La sbire amène l’adolescente jusqu’à toi sans ménagement ; dans son dos pend une arme, ce qui est loin de te faire apprécier cette personne. Evidemment, tu as catégoriquement refusé d’en prendre une, toi. Plus jamais tu ne tueras quelqu’un. Et ce ne sont que des machines à tuer, quoi que vos supérieurs aient pu en dire. Les membres des teams des différentes régions ne sont pas connues comme des malfaiteurs pour de la cueillette annuelle de pâquerette, tu le sais pertinemment.
    « Tiens, occupe-toi d’elle aussi. »

___Sans broncher -du moins, extérieurement-, tu attrapes l’adolescente à ton tour et la force à s’asseoir, ce qui ne se révèle guère difficile, ses mains étant déjà bandées dans son dos. L'absence de bâillon te fait hésiter, avant de finalement te rétracter ; après tout, tu ne vois pas ce qu’elle pourrait bien faire dans cette situation. Tout ce que tu dois faire, c’est la surveiller.
___Tu peux bien faire ça sans échouer et en évitant les cas de conscience, non ?
___Baissant les yeux vers les trois otages, tu les regardes les uns après les autres, avant de t’arrêter sur la nouvelle venue.
    « Ne bougez pas, ne tentez rien et tout se passera bien. Dans le cas contraire... »

___Tu laisses ta phrase en suspens, comme une menace loin d’être voilée ; mais à vrai dire, tu n’as pas vraiment envie de la finir.
___Tout ce que tu veux toi, c’est sauver des pokémons.

HJ:
 








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C-GEAR
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Région : Hoenn
Mar 28 Fév - 18:53
Sae resta là, hébétée, à se demander pourquoi la nana la regardait comme cela. Encore quelques secondes et elle n'aurait qu'une envie : prendre les jambes à son cou et fuir. Malheureusement, l'inconnue se tenait entre elle et la porte de sortie. Elle aurait dû rester dans l'enceinte rassurante et très privée de son cabinet de toilettes.
Qu'est-ce que tu viens d'faire là ?!
Elle pointait son appareil photo du menton. Plus les secondes passaient, plus son expression changeait, et pas pour le mieux. Elle se durcissait à vue d'œil.
Euh, ben, c'mon appareil photo, euh, l'congrès, tout ça, j'suis v'nue parc'que...
Championne du concours de bégaiement, Sae. Pourtant, ça ne lui arrivait pas souvent. Heureusement, elle n'eut pas le chance de montrer encore son talent à la femme en face d'elle. Elle se fit attraper par le col et soulever de terre.
Non mais tu t'fous d'ma gueule ? Donne-moi ton appareil là, c'est un break-in pas une sortie scolaire !
Arf ! Elle se retrouva sans avoir le temps de s'en rendre compte sur l'épaule de la femme, après s'être mangé un coup brusque dans les côtes. Le temps qu'elle retrouve ses esprits, elle voyait le couloir qui l'avait menée aux toilettes s'éloigner, car portée à l'envers. Elle aurait bien massé ses flancs, mais n'y avait pas accès. On lui maintenait d'une mains les poignets dans le dos, et cela l'encerclait, l'empêchant de bouger.


Paf. Et bouge pas d'là. On la remit sur pied, uniquement pour la pousser dans le dos. Fallait savoir, bouger, pas bouger ?
Son taux d'adrénaline dans le sang monta en flèche quand elle réalisa ce qui l'entourait. La salle de congrès était vide. Pas vide exactement, ce qui l'avait induite en erreur premièrement. Mais vide de ceux qui la peuplaient avant qu'elle ne parte aux toilettes. Allez quoi, un pipi et c'était la foire ? Les scientifiques étaient parqués dans un coin, comme les candidats dans un télécrochet ou bien des fans attendant pour une dédicace, tout le monde en file indienne et en gros tas. Et partout, partout des gens encagoulés, ou au moins en combinaison intégrale. Leur air était sérieux, mais pas du même sérieux désinvolte que celui des scientifiques ; et certains portaient armes à feu ou matraques. Les frissons lui montèrent et la peur grimpa encore d'un cran. Pourquoi se retrouvait-elle encore dans une histoire comme cela ? Au moins, elle n'était pas seule dans cette galère, non ?
Encore poussée en avant, elle fut bourlinguée vers une autre jeune fille. De moins forte stature, celle-là, de ce que Sae pouvait voir. Toute encagoulée elle aussi, comme beaucoup des gens autour. Elle fut assise au milieu de deux autres scientifiques dont elle n'arrivait pas à croiser le regard.
Ne bougez pas, ne tentez rien et tout se passera bien. Dans le cas contraire...
Dans le cas contraire, quoi ? Sae songeait ainsi dans le brouillard de la panique. Elle avait le regard fuyant, n'ayant aucun visage sur lequel s'accrocher, pendant que celle qui l'avait ramenée ici s'éloignait. Qu'est-ce qu'il se passait ? Elle marmonnait dans un souffle sans s'en rendre compte. Elle regarda presque avec espoir le groupe des autres scientifiques, cherchant un visage connu, ou seulement amical, bref, quelqu'un à qui elle pourrait s'accrocher quand elle serait jetée là-bas avec les autres.
Euh... D'accord ? Je... J'attends ? fit-elle d'une petite voix de marill.
Elle n'avait qu'une envie, c'était d'être dans le troupeau de scientifiques ligotés, ne plus être là seule, être déresponsabilisée et qu'on la laisse en paix. Elle était contente d'avoir laissé ses pokéballs avec Vicky, et Vicky se balader comme elle voulait. Elle se doutait bien de ce qu'il était en train de se passer, on le lui avait dit : break-in.



(Tentative de création d'1 rappel max — baies retirées.)


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Mar 28 Fév - 18:53
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Lun 27 Mar - 2:42
___Surveiller quelques scientifiques hors d'état de nuire, tu peux le faire. Ignorer les cris, les ordres et les informations lancés à travers les couloirs, tu peux essayer de le faire. En revanche, les protestations affolés de l'Airmure présent dans la même pièce te déchirent le cœur, et tu dois te faire violence pour y rester. Tu souhaiterais pouvoir faire quelque chose ; seulement, si tu fais le moindre mouvement qui n’irait pas dans le sens des ordres qui t’ont été donnés, tu ne feras que t’attirer des ennuis. Au mieux. Donc tu ne peux pas. Tu ne peux que taire ce que chaque fibre de ton corps hurle. Les taire, et serrer les dents. Encore.
___Tu laisses Polarhume s’accrocher à ton épaule, les pattes avant près de ta clavicule droite. Au moins, ici, il ne risque rien. Vous ne risquez rien. Tout ce que vous avez à faire, c’est surveiller les faits et gestes de toutes les personnes présentes ici, particulièrement les scientifiques.
___Evidemment, ainsi, ce serait trop simple simple.
___Tu l’aperçois juste avant qu’il n’arrive à ta hauteur. Axel, accompagné de la sbire qui t’a ramené la rousse. Il jette un coup d’œil à cette dernière quelques secondes, de ce regard transperçant que tu ne connais que trop bien, respirant d’une sorte de froide violence. Puis il retourne son attention vers toi et fait signe d’approcher, à toi ainsi qu’à un homme non loin.
___Après un coup d’œil derrière toi pour t’assurer qu’aucun des scientifiques du groupe ne présente une menace, tu rejoins ton supérieur, prenant soin de garder dans ton champ de vision ceux dont tu es responsable. Une fois l’autre sbire avec vous, Axel prend la parole.
    « Cette fille, la rouquine. Elle a vu le visage et pris une photo de Kaja. »

___Tu hausses un sourcil tandis que vos trois regards convergent vers la fille en question, mis à part celui d’Axel qui lui tournait le dos. Elle n’a pas l’air bien dangereuse pourtant. Malgré tout, si ce qu’Axel dit est vrai, cela pose problème.
    « J’lui ai pris son appareil photo, mais bon, ç’craint un peu quand même. »

___Tu les écoutes ensuite débattre de ce qu’il y a de mieux à faire sans intervenir. Tu n’as pas vraiment envie de donner ton avis sur la chose. Après tout, cette sbire a pris l’appareil de la rouquine, alors pourquoi chercher plus loin ? Certes, le fait qu’elle ait vu son visage pose davantage problème. Seulement, que peut-elle faire, recroquevillée ici avec pour seule compagnie les deux scientifiques ligotés à ses côtés. Faudrait-il la ligoter elle aussi ? Vu son gabarit, un tel besoin n’est pas évident. Seulement, les membres d’une organisations malfaiteurs ont rarement tant de scrupules ; pourquoi s’interdire de terroriser une personne, dans le feu de l’action ?
    « Elena. »

___Tu sursautes en entendant ton deuxième prénom. Avec la présence des deux autres, ton supérieur a au moins la décence de ne pas t’appeler par ton réel nom.
    « Kaja va emmener ces deux scientifiques avec les autres, dans une pièce différente. Toi, tu t’occupes de cette gamine. Prends-la à part et cherche à savoir qui elle est, et ce qu’elle veut. Si elle a quelque chose à cacher, je veux que tu lui fasses cracher le morceau. »

___Tu hoches la tête par pure convention. L’ordre d’Axel ne laisse de toute façon aucune place au refus. Au moins, tu n’as pas à t’en prendre à un pokémon. Même si devoir t’occuper de la rouquine ne te plait pas vraiment non plus.
___Tu laisses la sbire passer avant toi, redresser les deux scientifiques et les embarquer, aidée d’un autre de vos camarades. Une fois cela fait, tu attrapes l’adolescente par le bras sans ménagement.
    « Suis-moi, et n’essaie pas de résister. »

___Tu la tires jusqu’à une autre pièce, trop contente de pouvoir t’éloigner des cris de l’Airmure emprisonné, de parvenir à mettre un mur entre lui et toi pour ne pas profiter de cette occasion. Vous vous retrouvez dans un petit bureau, sur lequel trône un écran d’ordinateur dont la tour est éteinte, trois chaises, une poubelle et divers papiers scientifiques à l’air ennuyeux. Une fois là, sans personne pour vous déranger, tu retiens un soupir de soulagement tandis que la pression sur tes épaules s’envole, en partie. C’est incroyable la tension que tu accumules avec cette team Plasma. Seulement, tu ne peux pas encore te reposer sur tes lauriers. Si tu exécutes mal l’ordre d’Axel, qui sait quelle répercussion cela pourrait avoir, surtout après ton échec à Kantô. Tu relâches la rouquine, plantes ton regard vairon sur elle avant de lui désigner une des chaises.
    « Assieds-toi. »

___Tu meurs de chaud sous ta cagoule, mais tu ne peux te permettre de l’enlever. Ton visage, plus que n’importe lequel, se doit de rester inconnu. Mêler la famille Chevalier à ce genre d’activité frauduleuse serait la dernière bêtise à faire. Tu te penches légèrement vers la jeune fille.
    « Tu peux m’expliquer pourquoi tu as pris une photo tout à l’heure ? »

___Si la question pouvait être anodine, le ton que tu emploies est loin de l’être. Ta voix est glaciale, ton attitude est d’une rigidité de fer. Tu veux ta réponse, et ce n’est pas parce que la formulation est joliment faite que la menace n’est pas palpable ; bien au contraire.
___Axel t’a demandé des réponses, alors elle t’en donnera.








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Modo & Scientifique

C-GEAR
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Région : Hoenn
Lun 24 Avr - 18:19
Les liens l'entravaient avec trop d'efficacité. Trop, ça voulait dire que ça faisait mal. Que ça aurait pu entraver ses mouvements, sans entamer sa peau, sans laisser les marques de brûlures qu'elle aurait sans doute le lendemain matin. Si elle avait un lendemain matin.
La pensée la fit frémir. L'adolescente ferma les yeux un instant, un rideau de cheveux tombant devant son visage alors qu'elle baissait la tête. Elle respira un grand coup. Il ne fallait pas avoir ce genre de pensée. Ça allait aller. Ils avaient l'air organisés. Ils avaient l'air de savoir ce qu'ils voulaient ; et cela ne semblait pas être faire un bain de sang. Tout allait bien. Si elle ne faisait pas de vague, peut-être que...
Tout son corps se mit à trembler. Elle se mordit la lèvre jusqu'aux sangs, contracta tous les muscles dont elle avait conscience, tentant d'arrêter les soubresauts.
Respirer.
Tout allait bien se passer.


La possibilité de se battre ne lui traversa même pas l'esprit. Il lui aurait suffit d'une ouverture, d'une occasion. Quelque chose, rapidement, et elle était sûre de pouvoir tracer sa route et de maîtriser n'importe qui ne faisait pas quinze kilos de plus qu'elle.
Ça ne lui avait même pas traversé l'esprit. Elle était en état de choc.
Elle se détestait pour cela.


Quand la sbire revint vers Sae, l'adolescente découvrir qu'elle s'était éloignée de son petit groupe. La jeune fille avait son polarhume sur l'épaule, et son regard était toujours fermé. La rousse fut contente de sentir son corps un tout petit peu plus détendu, et surtout moins tremblant. Non pas que l'état de choc s'était dissipé. Loin, très loin de là. D'un mouvement de la tête, elle tenta d'éloigner la mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux.
Un mouvement contre son épaule lui fit tourner la tête. La femme des toilettes venait de saisir d'une large poignée de main les liens qui enserraient deux autres scientifiques avant de les brusquer vers l'arrière. Sae se retrouva seule, séant au sol, les cervicales dans tous les sens pour observer la sbire et son polarhume qui étaient bien plus haut que son champ de vision.
Elle ne dit pas un mot. Elle n'aurait su quoi dire. Ne voulait pas avoir l'air de provoquer. Quand elle se baissa vers elle, l'adolescente rentra par réflexe sa tête dans ses épaules. Elle se détestait pour cela. Mais elle ne fit que l'attraper par le bras, d'une poigne ferme, avant de la remettre sur ses pieds. Sae trébucha un petit peu, avant de regagner un équilibre trop longtemps travaillé pour lui faire défaut plus de quelques secondes.
Suis-moi, et n’essaie pas de résister.
Sae acquiesça, et avança. En réalité, elle ne la suivait pas du tout, au contraire. C'était elle qui marchait devant, mais d'un pas peu rapide pour être sûre d'aller dans la bonne direction. Elles naviguèrent dans la foule de brigands et d'ordres jetés à la volées et de gestes soigneusement répétés, de cris de pokémons et de bruits de pokéballs.


Les deux jeunes femmes se retrouvèrent dans un bureau on ne pouvait plus banal. C'était dans l'espace qui avait été fermé aux visiteurs du congrès, mais manifestement, ce n'était plus le genre de restrictions qui importaient à présent.
D'un ordre sec, Sae se retrouva enjointe à s'asseoir. En prenant un tout petit peu plus de temps que nécessaire pour éviter de tomber à côté du siège, l'adolescente s'exécuta. Tant que ce n'était pas elle qu'on exécutait...
La criminelle se baissa vers l'avant, rapprochant dangereusement son visage du sien, et Sae savait ce qui arrivait. Elle savait, et elle sentit le début d'un tremblement monter de nouveau le long de sa colonne vertébrale, des bouffées de chaleur... Elle détestait tout cela.
Tu peux m’expliquer pourquoi tu as pris une photo tout à l’heure ?
Le problème, ce n'était pas la question, finalement. C'était la réponse. Elle avait déjà été dans cette situation. Pas exactement. Mais elle avait déjà été dans ce cas, elle savait que les conséquences pouvaient vite faire un sale effet boule de neige. Et une énorme boule de neige qu'elle pourrait se prendre dans la gueule.
Je.. Je... Je sais pas, j'vais un instax, c'est, c'tait un colloque, j'faisais qu'ça, moi, j'prenais des photos, j'sais pas, j'ai pas réfléchi, j'étais juste aux toilettes, j'savais pas c'qui s'passait, je... Je sais pas ! Je sais pas, j'prenais juste tout en photo et...
Elle continua son babillage insensé pendant trop de phrases et de mots qui se bousculaient sur ses lèvres et avec cette boule dans la gorge et cette incapacité d'être claire et son impossibilité de donner une raison et la réalisation que rien de ce qu'elle allait pouvoir dire ne suffirait et ne serait la bonne raison et la menace que tout lui retombe sur le nez dans la forme d'un poing fermé et l'envoie dans le meilleur des cas à l'hôpital et les des larmes de colère et de frustration qui se rassemblaient au coin de ses cils.


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Lun 1 Mai - 15:06
___Tu vois qu’elle tremble. Tu vois bien la panique dans son regard ; comment pourrait-il en être autrement ? Cette fille se retrouve au milieu d’une prise d’otage et de vol de pokémon de grande ampleur, prise à part par l’une des nombreuses personnes masquées qui se trouvent là… Comment pourrait-elle ne pas avoir peur ? Tu serais terrifiée, c’est évident. A vrai dire, ne l’es-tu pas un peu, même maintenant ? Sans doute, mais il est mieux de se voiler la face. De se dire que cette boule dans ton ventre n’est liée qu’à l’ampleur de ce que vous faites, que ton envie de te boucher les oreilles à chaque fois qu’un cri est poussé assez fort pour passer la cloison n’est due qu’à ta sensibilité envers les pokémons.
___Alors tu laisses la rouquine se répandre en explication décousues, en des phrases qui se percutent les unes aux autres et aux mots qui se mélangent en un ensemble bancal… Et qui respire pourtant la vérité et l’honnêteté. Seulement, tu sais que ton supérieur n’en a que faire, de l’honnêteté. Peu importe ton envie de la laisser là, de la laisser tranquille ; si tu le fais, vous serez deux à en subir les retombées.
___Un instant, tu t’écartes d’elle, respirant un grand coup. Tu étouffes ; un masque t’étouffe. Tu ne sais juste pas réellement qui de la cagoule ou du masque de méchante est celui qui t’étrangle le plus. Tu as du mal avec les inconnus, avec les humains, tu as du mal à ne pas t’en méfier, encore plus de mal à faire confiance, et tu as du mal à ne pas imaginer le pire les concernant. Pourtant, ce n’est pas pour autant que tu souhaites les blesser gratuitement, les traumatiser ou les attaquer. Cette fille n’a rien fait de mal. Pas à tes yeux.
___Sauf que tu as une mission à accomplir et un rôle à tenir.
___D’un pas soudain, tu te remets juste face à elle, te penchant à peine. Ta mien vient attraper son menton pour lever son visage vers toi, rivant tes yeux vairons dans les siens.
    « Tu prends des photos dans les toilettes ? Drôle d’activité… »

___En cet instant, tu aimerais tant revenir à l’époque où tout allait bien, peut-être plus que jamais ; tu aimerais revivre l’insouciance, l’absence de problème outre celui d’arriver à temps dans une auberge avant qu’elle ne soit pleine, pour que tes compagnons de l’époques et toi n’ayez pas à dormir à la belle étoile dans une forêt humide. Tu as déjà ressenti cette envie, ce besoin un nombre incomptable de fois. Pourtant, jamais de façon aussi intense. Comment en es-tu arrivés là ? Ta vie a pris un tournant que tu ne maîtrises plus, un tournant tel que tu as la sensation d’être une feuille perdue au milieu d’un cyclone, incapable d’en sortir, incapable d’avoir la moindre influence sur ce vers quoi tu es menée. Fut un temps où tu pensais que vivre, ça doit être une sacrément belle aventure. Tu le pensais et tu profitais de la vie et tu aimais la vie. Puis il y a eu la perte de tes compagnons, ton désespoir, ton besoin de justice, ton besoin d’argent pour vivre, ta peur de ne pas réussir seule dans ta quête… Et te voilà ici, maintenant, en train de menacer et de violenter une jeune fille qui n’a rien fait de plus que prendre une photo d’une personne évidemment douteuse. Mélodie, qu’est-ce que la vie a fait de toi ?
    « Est-ce que tu me prends pour une idiote ? Tu prends la photo d’une personne masquée au moment où elle dévoile son visage et tu prétends ne pas l’avoir voulu ? Tu comptais la donner à la police n’est-ce pas ? »

___Peut-être aurais-tu dû rester au manoir familiale lorsque la peine avait commencé à se tarir suffisamment pour que le besoins de justice s’enflamme en toi. Peut-être aurais-tu dû laisser cette flamme s’éteindre, et prendre la place qui te revient dans ta famille. Ou alors tu aurais dû continuer ta quête personnelle, plutôt que t’engager dans une autre sur laquelle tu n’as aucune maîtrise. Tu aurais dû commencer par finir ce que tu commences, alors tu ne serais pas ici en cet instant. Tu aurais dû tellement de chose.
___Mais les regrets ne changeront plus rien, et surtout pas la situation où tu te trouves.
    « Tu comptais la donner à la police n’est-ce pas ? Et rien ne nous dit que, même sans la photo, tu ne vas pas aller les voir pour dire ce que tu sais ? »

___Tu te penches davantage, durcis ton regard et ta voix.
    « Sache que si tu le fais, tu vas avoir du souci à te faire. Beaucoup, beaucoup de souci. Nous ne te laisserons pas t’en sortir comme ça. »

___Non, les regrets ne changeront plus rien.








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Mar 9 Mai - 17:40
Elle le savait très bien, que ça n'allait pas suffire. C'était évident. La simple vérité ne suffisait jamais dans ces cas-là. Surtout quand elle était innocente. Pas innocente comme non-coupable, innocente comme dans trop jeune. Elle le savait. Elle l'avait déjà vécu. Et c'était encore une fois, tout pareil, comme une drôle de blague, et elle ne faisait rien pour s'aider, pour s'en sortir, et Edgar allait être tellement fou. Si elle pouvait lui raconter à un moment. Il allait être hors de lui. Ça n'arrivait pas souvent mais... L'idée la fit frémir encore plus.
Tu prends des photos dans les toilettes ? Drôle d’activité…
Sae se retrouva presque bouche bée, lèvres entrouvertes, devant la bizarrerie de la scène. Tout était arrivé trop vite. Deux secondes plus tôt elle tremblait comme une feuille, des larmes de colère au coin des yeux, en face d'un bandit qui la toisait de haut. À présent, elle se retrouvait le visage levé vers la jeune fille, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre, avec des insinuations complètement hors de propos entre elles deux. Sae n'aurait pas été aussi terrifiée de se retrouver avec la moitié des os cassés, elle en aurait ri nerveusement. À la place, elle sentait juste la boule dans sa gorge gonfler, l'empêchant presque de respirer, de répondre, de dire quoi que ce soit, trop terrorisée et surprise et impuissante.
Est-ce que tu me prends pour une idiote ? Tu prends la photo d’une personne masquée au moment où elle dévoile son visage et tu prétends ne pas l’avoir voulu ? Tu comptais la donner à la police n’est-ce pas ?
Sae aurait voulu se dégager de la prise sur son menton, sur son visage, sur son champ de vision même qui était maintenant réduit à ce que la sbire plasma voulait bien lui accorder. Mais la prise sur son visage était ferme ; en plus, faire du zèle n'allait sans doute lui faire récolter que violence et dureté encore plus.
J'ai... Je... Non ! On est là pour... Pour apprendre ! J'suis curieuse ! J'étais aux toilettes, j'avais aucune putain d'idée de c'qui s'passait !
C'était fou comme la colère pouvait monter côte à côte avec la terreur. Comment les deux n'étaient pas incompatibles, mais alors, pas du tout.
Tu comptais la donner à la police n’est-ce pas ? Et rien ne nous dit que, même sans la photo, tu ne vas pas aller les voir pour dire ce que tu sais ?
Sae ouvrit la bouche, la referma, mâcha ses mots. Elle aurait voulu répondre, crier, pleurer, supplier, n'importe quoi tant qu'elle était terrorisée ainsi, si impuissante, si incapable de penser autrement que comme une brebis égarée et terrifiée, prête à n'importe quoi. Elle aurait voulu crier, s'énerver, montrer patte blanche, si jamais elle avait seulement pu, mais elle ne pouvait pas, et même devant la bêtise de l'allégation pleine de suspicion, celle qui voulait entendre que, dans le meilleur des mondes, celui où elle ne se faisait pas violenter, Sae n'aurait pas été rapporter ce qu'elle avait vu à la police. Évidemment que dans une autre configuration, elle aurait été dire ce qu'elle savait, ce qu'elle avait vu, bon dieu ! Elle le savait, l'autre le savait, tout le monde s'en doutait ! Qu'est-ce qu'elle voulait entendre ? Une justification pour la molester ? Un truc pour se donner bonne conscience ? Sa mâchoire lui faisait mal à force d'être aussi durement serrée.
Sache que si tu le fais, tu vas avoir du souci à te faire. Beaucoup, beaucoup de souci. Nous ne te laisserons pas t’en sortir comme ça.
S... ans blague, termina-t-elle dans sa tête. Faire la maligne n'allait clairement pas aider.
Elle attendait quoi ? Elle attendait quoi ? Il lui avait pris son appareil photo (tant pis pour ses clichés et son article), et elle avait toujours vu la tête de machine. Qu'est-ce qu'elle attendait ? Qu'est-ce qu'ils attendaient, qu'est-ce qu'ils voulaient ? À part l'enfermer et la laisser crever, ils n'allaient pas pouvoir faire grand chose contre la potentialité qu'elle cafte. Enfin, l'intimidation était clairement leur angle d'attaque. C'était cela qui tuait Sae : ne pas savoir comment elle allait finir, ni à quelle sauce. Parce que là clairement, c'était parti pour l'intimidation. Mais jusqu'à quand ?


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Mar 23 Mai - 18:44
___Tu écoutes ce qu’elle a à répondre à tes accusations ; tu l’écoutes, oui, pourtant, tu sais que ça ne sert guère à grand-chose. Vous le savez toutes les deux. Lorsque la colère perce dans ses propos, tout en toi se rebelle pour la lâcher et s’écarter, pour la laisser tranquille. Luttant contre ton indignation profonde, tu comprimes un peu plus la mâchoire de la rouquine. Tenir bon.
___C’est toi qui a accepté ce rôle après tout. C’est toi qui a revendiqué être prête à tout. Tant pis pour toi.
___Te présenter en victime à ta propre conscience ne changera guère la situation.
___Au fond des yeux de la jeune fille, tu vois se percuter peur et colère. Si elle savait combien tu la comprends. Tu serais pareil, cela ne fait pas le moindre doute. Et cela ne rend la situation que plus difficile. Qu’est-ce qu’Axel attend de toi ? Tu ne peux rien faire. Tu ne peux pas effacer la mémoire de cette fille, pas plus que tu ne peux la garder enfermée pour toujours. Alors quoi ? Veut-il donc que tu l’abattes ?
___Jusqu’à cet instant, tu as toujours refusé l’idée que ton supérieur désire une telle chose, repoussé cette éventualité si loin au fond de ton esprit qu’elle y avait été invisible. Seulement, c’est évident non ? Que pouvait-il attendre de toi sinon ?
___Tu restes là, silencieuse, à la regarder. La tension est palpable, mais tout ce à quoi tu prêtes réellement attention, c’est le battement régulier et assourdissant que fait ton cœur à tes oreilles. Jamais tu ne la tueras, la question ne se pose même pas. Tu repousses cette éventualité folle au fond de ton esprit. Bien sûr que non. Le véritable problème, c’est la façon dont tu vas sortir de tout ce dans quoi tu es embourbée. Tu te noies dans ce que tu as déclenché, tu perds face à tes propres décisions. Tu t’es condamnée tout seule.
    « Elena. »

___Tu sursautes, retiens un juron pour avoir été affolée aussi facilement, puis te retourne vers la porte, dans ton dos. Axel te fixe, son regard doré te transperçant. Son masque ne te laisse pas lire l’expression qui se trouve sur son visage, mais tu devines qu’il serre les mâchoires.
    « Il faut qu’on parte, la police est là. »

___Les yeux écarquillés, tu restes immobile quelques secondes, surprise et effrayée. Alors tu l’entends, tu entends tout ce que tes pensées trop invasives avaient recouvert. Les bruits de pas dans les autres pèces autour de vous sont désormais plus précipités, moins ordonnés. Des ordres se mélangent, des cris se font entendre. L’atmosphère lourde mais organisée a cédé la place au chaos contrôlé. Il faut que vous partiez avant que ce contrôle ne disparaisse lui aussi.
___Tu as déjà imaginé une telle situation, un jour où la police finirait par se mêler d’une de tes missions ; tu as imaginé ce que cela donnerait, combien ce serait dangereux pour toi, pour ta famille, pour la mission que tu t’aies donnée. Comment pourrais-tu chercher tes pokémons volés et aider ceux qui en ont besoin si tu es derrière les barreaux ? Tu l’as envisagé, et c’est très vite devenu une hantise.
___Maintenant, c’était une réalité.
___Axel lit la panique dans tes yeux, mais n’y fait pas de commentaire. Il se contente de jeter un œil pour regarder vers la rouquine, toujours dans ton dos.
___Mobilisant tout ton sang-froid, tu te forces à reprendre le contrôle de toi-même. Tu fais bouger tes doigts, tes poignets. Rester calme et assurée, en toute circonstance, peu importe l’affolement qui hurle en toi. Tes enseignements viennent te sauver au galop.
___Une fois certaine d’être maîtresse de toi, tu désignes l’otage d’un mouvement de tête.
    « Et elle ? Qu’est-ce qu’on fait ? »

___A nouveau, il l’observe, puis t’observe. Sa voix est froide et détachée lorsqu’il te répond, son regard ancré dans le tiens.
    « Elle a vu le visage d’une des nôtres, elle pourrait parler et tout mettre en l’air. »

___Tu ne veux pas entendre ce qui va suivre. Tu as envie de te boucher les oreilles, de crier pour ne pas l’entendre.
___Tu l’entends très distinctement.
    « Tue-la. »

___L’ordre tombe telle une massue, une chape de plomb qui semble presque capable de fendre ton crâne. Tu le savais, pourtant, c’était une évidence ; seulement, c’était une de ces évidences que l’on repousse, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle ne devienne qu’une ombre dans son esprit. Axel a fait ressortir cette ombre de son placard. Il a lâché les ténèbres pour qu’elles te dévorent.
___Il tend un bras vers toi, prend le tien. Dépose un pistolet dans ta main, referme tes propres doigts dessus pour que tu la tiennes.
___Sans plus de cérémonie, il se détourne.
    « Dépêche-toi, on n’a pas beaucoup de temps. Tout le monde se rassemble et prépare les pokémons que l’on a déjà pu prendre, personne ne t’attendra si tu traines. »

___Il disparait en franchissant le seuil.
___Evidemment, il a senti ton hésitation. Il a senti les doutes qui ont envahie la moindre fibre de ton être, qui sont en train de dévorer ta chair. Il n’a pas prononcé ces menaces au hasard. Ce n’est rien de plus qu’une sommation directe pour que tu agisses, quelles que soient tes réticences.
___Tu te tournes avec lenteur, comme au ralentis. Face à toi, cette fille sans défense. Cette fille que tu menaçais quelques secondes auparavant, qui ne pourrait rien faire si tu décidais de brandir cette arme dans sa direction et de l’abattre d’une balle, comme ton supérieur attend de toi.
___Silencieuse, immobile, tu la fixes.
___Ce n’est qu’une vaste blague. Tu ne peux pas t’imaginer faire une telle chose. L’idée même te donne la nausée. Tu dois te faire violence pour ne pas te laisser envahir d’image qui te mettrait à terre. Un instant, devant tes yeux flotte l’image de cet homme dont tu as pris la vie ; ta main se crispe sur l’arme donnée par Axel pour ne pas la lâcher. Tout va bien.
___Tu ne tueras plus personne, ni aujourd’hui ni jamais. Seulement, pour cela, il te faut être convaincante, effrayante de vérité.
___A nouveau, tu te penches vers l’adolescente.
    « Je crois que je n’ai plus le choix, désolée petite. »

___Lentement, tu lèves le canon vers la rouquine, tous tes efforts braqués pour empêcher ton bras de trembler et ton souffle te trahir.
___Avant de n’être complètement en position pour tirer, lorsque tu estimes que ta feinte a eu suffisamment d’effet, tu t’arrêtes, penches la tête.
    « Ou peut-être que si. »

___Ton esprit se vide peu à peu. Rien n’existe plus à part cette mascarade, cette scène que tu joues.
___Pour vous sauver toutes les deux.
    « Tu veux vivre ? »

___Tu te penches encore davantage, assez pour que tu ne vois plus rien d’autre que son visage, et elle le tien.
    « Je vais te laisser ici. Je ne vais rien te faire. »

___Encore un peu plus proche.
    « Mais si tu dis quoi que ce soit, la moindre chose, je ne serai plus aussi clémente. Alors réfléchis bien à combien tu tiens à voir encore le jour se lever. »

___Tu t’écartes légèrement, montre l’arme entre vous deux.
    « Je saurai te retrouver s’il le faut, ne l’oublie jamais. »

___Un pas en arrière, un deuxième. Tu la fixes de tes yeux vairons au froid glacial. Puis tu te détournes, quittes la salle, refermes la porte derrière toi. Personne ne fait attention à toi, ou même à cet endroit. Les sbires courent en tous sens, affolés. Toi, un étrange calme te recouvre. Ton jeu de rôle n’y est pas indifférent. Tu as trop bien appris à jouer le rôle que l’on attend de toi, à prétendre, à feindre. Jamais cela n’aura été plus utile pour te sauver et t’en sortir.
___D’un pas rapide, tu rejoins une des salles principales, suivant le mouvement de foule. Là, tous s’affairent pour organiser la sortie des pokémons volés. Tu ne tardes pas à repérer Axel, scrutant la foule. C’est toi qu’il cherche. D’un bon pas, tu le rejoins. Il accroche ton regard, s’y enracine. Tu te retrouves face à lui, au milieu de cette agitation, comme si vous vous trouviez dans une bulle qui vous séparait du reste du monde.
    « C’est fait ? »

___Alors que tu ouvres la bouche pour lui répondre, quelqu’un arrive, essoufflé. Votre bulle éclate.
    « Tout est prêt, on peut y aller. »

___Axel hoche la tête, donne quelques ordres ; tu restes près de lui. Il ne te laissera pas sans avoir obtenu sa réponse, tu le sais très bien. Seulement, le moment est mal choisi. La scène précédente s’abat soudain sur toi, te déséquilibre, manque de te faire tituber. Ton cœur bat la chamade à nouveau, l’angoisse serre à nouveau ton estomac. Tu as la tête qui commence à tourner. Tu te sens faible. Malgré tout, tu dois rester debout, rester droite. Tu t’effondreras plus tard. D’ici là, il te faut te fermer à la vague d’émotions qui t’envahie. Tu dois y rester sourde pour t’en sortir sans séquelle. Le contrecoup de ce qui vient d’arriver ne doit pas arriver maintenant. Pas devant ton supérieur.
___Tu repères un groupe de sbires qui s’occupent de charger une voiture ; l’occasion est parfaite pour t’esquiver, t’occuper l’esprit et laisser Axel derrière toi. C’est tout ce qu’il te faut.
___Axel cesse de parler à cet instant, se retourne vers toi. Juste avant de partir, tu laisses échapper deux mots. Une affirmation.
___Un mensonge salvateur.
    « C’est fait. »








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Mar 6 Juin - 12:07
La sueur commençait à perler sur sa peau, sur sa nuque, dans son dos. Qu'attendait-elle ? La criminelle était toujours là, à l'observer de très près. Qu'y avait-il à rajouter ? Qu'y avait-il de plus à faire ? En réalité, Sae connaissait la réponse à cette question. Elle l'avait simplement laissée de côté le plus longtemps possible. Elle ne voulait pas l'envisager. Son ventre la démangeait déjà, là où les cicatrices étaient visibles, en peau plus claire sur sa peau tannée. Elle perdrait toute contenance si elle devait y penser. Et, à tort peut-être, elle avait osé espérer. Elle n'aurait sans doute pas dû. Mais la femme en face semblait presque... Tourner autour du pot ?
Elle lui avait donné de l'espoir. Elle avait très bien fait son boulot. Des tremblements incontrôlés se firent plus présents encore. Ils étaient erratiques, irréguliers ; s'arrêtaient pour reprendre, parfois juste dans son bras ou sa jambe, parfois de manière plus généralisés. Elle était au bord de la crise de nerfs, et les quelques larmes qui lui étaient montées au coin de yeux tombèrent sur ses joues d'un clignement de trop. Elle y était, au bord, prête à crier, à se démener, à supplier. Elle était à ça.


Elena, il faut qu’on parte, la police est là.
Deux paires d'yeux se braquèrent sur la porte, où la silhouette d'un homme encapuchonné venait de passer. Il avait la carrure et l'assurance d'un meneur, sinon d'un chef. Le courant d'air fut frais sur ses joues humides. Elle ne le ressentit pas. Tout ce qu'elle vit, ce fut un nouveau venu s'avancer, clairement moins hésitant.
Et elle ? Qu’est-ce qu’on fait ?
Elle était extérieure. Accessoire. Tellement dispensable. Elle n'était qu'un objet. Une chose dispensable. Pire, dont ils voulaient, allaient se dispenser.
Son cœur rata un battement, elle hoqueta, sensation d'étouffer, de vomir ses poumons sur ses genoux. Il fut reparti aussi vite qu'il était arrivé, aucune trace, sinon l'écho tranchant de ses mots et l'objet noir dans le creux de la paume en face d'elle.


Le temps s'est arrêté. Il n'y a plus de passé ni de présent ni de futur, il n'y a plus rien qui concorde, il n'y a que ce visage trop proche et ce canon trop là, ce n'est rien qui fait du sens, sinon le sang qui tambourine dans les oreilles et l'indicatif d'une blessure certaine, d'une blessure à venir, et l'impossible pensée que ce pourrait être plus qu'une blessure, ou en fait moins qu'une blessure, et ces mots qui ne veulent rien dire, et ce désolée petite de façade et plus rien n'a cours et plus rien ne fait sens et s'il existe un moment, c'est celui-là, c'est maintenant, ou peut-être avant ou hier ou après ou demain, et pourtant il est là tout à la fois, et jamais elle ne pourra se souvenir de ce moment sans une sensation de maintenant, de tout de suite, même si c'était il y a dix ans, ce sera toujours l'urgence et le maintenant et le toujours, l'impossibilité de faire autrement, de faire un pas de côté, l'obligation de regarder en face et d'attendre, incapable de déglutir ni de vomir ses poumons qui sont dans sa gorge.


Ou peut-être que si.
Et le temps reprit, et les larmes bouillonnèrent à gros flots. Le silence, c'était cette sensation qu'elle avait dans la bouche et dans les oreilles, c'était un silence forcé, celui qui l'empêchait d'articuler aucun son quand on lui demandait si tu veux vivre ? Et malgré la débilité de cette question, malgré l'envie de hurler et de rugir, l'adolescente n'arrivait pas à sortir le moindre son articuler, elle se contenter de hoqueter difficilement pendant que des torrents de larmes nerveuses dévalaient sous ses yeux étrécis de rage. Ses pieds battaient à droite et à gauche, d'une énergie nouvelle et vengeresse et elle voulait sortir et se défaire et même pas la frapper, parce que ce n'était même pas dans sa tête, cent pourcents de ses pensées étaient contenues dans le fait de partir, sortir, courir loin. Je vais te laisser ici. Je ne vais rien te faire. Elle se serait détachée que la liberté d'action lui serait tombée dessus et qu'elle n'aurait rien souhaité de plus que lui écraser le poing dans la tête, dans les dents, dans le ventre, et des coups qui pleuvraient comme une averse en automne, parce que Sae ne savait pas gérer ça, ne savait pas gérer sa peur et sa colère et ses chocs et malgré toute la discipline ingérée pendant un an, cela lui faisait encore défaut mais si tu dis quoi que ce soit, la moindre chose, je ne serai plus aussi clémente. Alors réfléchis bien à combien tu tiens à voir encore le jour se lever, et immédiatement elle s'immobilisa, ne bougea plus, plus un cil, plus un battement de paupière, plus un tremblement, même plus une chair de poule pour hérisser ses poils le long de ses bras. Je saurais te retrouver s’il le faut, ne-


Silence dans la salle. Sae la voit faire quelques pas à reculons, leurs regards toujours accrochés. Elle voyait ses lèvres se fermer sur les derniers mots de sa phrase. Sae cligna des yeux, à la fois trop consciente et oublieuse de ce qu'il se passait. Bruit blanc. Puis plus de femme, disparue derrière la porte.
Le temps cligna encore, ou bien furent-ce ses yeux. Elle ne sut trop combien de secondes ou de longs temps elle resta ainsi. Pieds et poings liés. À ne plus rien entendre du vacarme qu'elle avait ignoré jusque là, des courses et des cris et des bruits mats de poings contre la chair.
Les larmes se tarirent. Elle pleurait encore ? Elle inspira une grande respiration ; cela faisait mal, et elle se rendit compte qu'elle n'avait pas dû cesser d'hoqueter en sanglots. Mais qu'elle ne l'avait manifestement pas entendu.
Elle ferma les yeux, serra poings et paupières le plus fort possible. Cela ne pouvait pas arriver. Pas encore. Ce n'était pas possible, il n'y avait aucun bruit. Ou alors il y avait eu un coup de feu, cela lui avait grillé les tympans, et elle était morte. Mais si elle était morte, l'au-delà aurait-il été vraiment aussi cynique, à lui retirer tout de même l'ouïe ? Ou bien n'y avait-il rien d'autre à entendre qu'un silence cotonneux après la mort ?
Raconter de la merde ne la sortirait pas d'ici. Cela arrivait, elle n'y pouvait rien, il n'y avait aucune raison, c'était injuste, elle allait juste rester ici et pourrir.
Et être oubliée.
Parce que personne ne la trouverait.
Et qu'elle ne pourrait pas sortir ; trop bien attachée.


C'est ainsi qu'on la retrouva, une bonne dizaine de minutes plus tard, sans doute lorsque le calme fut suffisamment retombé pour entendre les hurlements brisés et inarticulés au travers de la porte, pour trouver une jeune fille pieds et poings liés, le visage trempé de larmes, les yeux fous, qui se démenait comme un beau diable, et qui balança coup après coup dès qu'elle eut les mains libres.


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