AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  FAQ de MPFAQ de MP  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  





 
» (-18) Killpop (feat Lanna Kead)


avatar
Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 13/12/2013
Messages : 2298

Région : Unys - Johto - Sinnoh
Mer 30 Nov - 0:44

She's sticking needles in her skin.
I turn with an ugly grin.
Her canvas doesn't leave a lot to fantasy.
But her piece of mind
Can't stay inside of mine.
It's so confusing,
The methods that she's using.
She knows she shouldn't leave a mark that I can see.
Will she ever find
One million of a kind ?
It's cold and lonely,
But that's because she told me.
Lost inside her dirty world,
No one hurts this pretty girl but her.

Ce n'était pareil. Pas comme d'habitude. C'était ce que les autres membres du groupe ressentaient vis-à-vis de Tony depuis quelques temps. Depuis leur virée à Sinnoh, en fait. Bien sûr, ils avaient été mis au courant de tout, mais la volonté du rockeur semblait pourtant inchangée à ce moment-là. Il mettait plus de cœur à l'ouvrage pour que tout le monde passe une bonne soirée, histoire d'oublier sa récente mauvaise nouvelle. Et puis elle en avait engendré une autre. Ils étaient à Kantô quand ça s'était produit. Quelques dates avaient dû être annulées le temps que le frontman aille à Unys et…

Et depuis, il n'était simplement plus le même.

S'ils avaient été un groupe, un vrai groupe, sans la moindre hiérarchie entre eux, cela ferait longtemps qu'ils l'auraient viré. Mais c'était lui le patron. Et s'ils avaient les moyens de partir de leur propre chef maintenant, vu les millions qu'ils s'étaient amassés depuis le temps que le rockeur était revenu dans le monde du show-business, ils considéraient que c'était immoral de le laisser tomber comme ça. Il les avaient choisi eux, et personne d'autre, parce qu'il les considérait comme les meilleurs dans leurs domaines. Les choses ne seraient plus les mêmes si l'un d'entre eux venait à partir. Et pourtant, aucun d'eux ne parvenait à le faire revenir dans le droit chemin. Ils avaient déjà fait venir le sujet sur la table de nombreuses fois, mais le résultat était souvent le même. Soit une promesse que tout reviendrait dans l'ordre et qu'ils feraient des efforts, soit une engueulade dans laquelle il leur répliquait qu'ils n'étaient pas dans ses chaussures, qu'ils ne pouvaient pas comprendre ce qu'il ressentait, et qu'en tant qu'employer, ils n'avaient qu'à se taire. Cela dépendait de comment se passait la soirée. Jusqu'au concert, cela se passait toujours bien. Pendant, c'était… différent. Bien sûr, c'était toujours la même qualité, les gens en avaient pour leur argent, rien à voir avec ces popstars qui décidaient d'arrêter parce qu'elles étaient trop fatiguées, qu'elles n'en avaient plus envie ou parce qu'elles n'arrivaient pas à supporter la critique du public. Mais on ne pouvait pas dire que c'était pareil pour autant. Le choix des chansons, les improvisations… Jusqu'au comportement même du musicien, qui, il fallait le dire, se permettait bien plus de libertés, depuis quelques temps. On pouvait se dévêtir sur scène, cela se faisait très souvent, mais jusqu'à un certain point qu'il n'hésitait plus à dépasser. On pouvait briser du matériel sur scène, mais pas au point où il fallait massacrer tout le mur d'ampli. A un moment, il avait même proposé à la production de lancer une distribution de préservatifs sur scènes, et les femmes qui recevaient un emballage doré recevaient le droit de venir dans sa loge pour passer la soirée avec lui exclusivement. L'idée avait évidemment été refusée par la production, encore plus vu qu'il n'était pas soutenu par le reste du groupe, mais il proposa d'autres idées aussi délurées et délirantes pendant un certain temps.

Et pourtant, son jeu était toujours aussi flamboyant et légendaire. Tous les fans le reconnaissaient et l'adoraient toujours autant. C'était toujours une leçon pour des milliers de guitaristes à travers le monde que de le voir jouer. Mais il était souillé par quelque chose. Rendu terne par sa tristesse, son deuil, sa nostalgie, ses nouvelles addictions et des expériences peu recommandables, comme les paroles de cette chanson, mélange de ses souvenirs d'Axelle et de sa vie et de ses expériences de maintenant. Le démon s'était réveillé, avait fusionné avec le Tony que tout le monde connaissait et profitait à fond de sa nouvelle vie, désormais. Son orgueil rendait ses solos toujours plus techniques et son mépris pour tout ce qui n'était pas lui transformait son son en quelque chose de plus crasseux et baveux comme les toilettes d'un bar, à l'odeur nauséabonde et aux tags sur les murs toujours plus crades les uns que les autres.

On s'en fout, c'est l'esprit rock, tout ça. Les bières, la saleté, les filles, la drogue, le cuir, ça fait partie du délire, pas vrai ? Les gens vont adorer ! De toute façon, ils adorent tout ce qu'on fait. On pourrait recycler les mêmes idées de merde qu'ils aimeraient quand même. Et s'ils n'aiment pas, alors ils sont encore plus cons qu'ils ne le sont vraiment. La preuve, c'était comme ça avant. Ils ont pas aimé, ils nous ont jeté, on est revenu en humiliant l'autre petite pute et c'est reparti comme à l'époque. Tout le monde a dû l'oublier maintenant. Il n'y aurait qu'à demander à n'importe qui et il dirait que c'est un fan de la première heure. Combien on parie ?

Ce soir était un autre de ces moments où il décidait de ne pas passer le reste de la soirée avec ses amis. Cela lui prenait, de temps à autre. Au moins une bonne fois par semaine, deux grand maximum, histoire de ne pas se faire emmerder. Non pas qu'il n'aimait pas ça d'être avec eux, bien au contraire. Mais il préférait ces moments où il pouvait se permettre un peu plus de folie. Enfin, façon de parler.

Ils comprennent pas ce besoin. Ils boivent, y a des cuites de temps en temps, mais c'est rien comparé à la vraie sensation de se sentir bien. C'est des trucs qu'on partage pas, ces moments-là. Et si on trouve une fille sur le chemin qui a envie d'essayer, c'est encore mieux. Elles résistent pas au charme de la rockstar. Qui peut résister à une légende, de toute manière ? Comment résister au potentiel moyen d'entrer dans l'histoire du rock ?

Méanville. L'avant-dernière grande étape de sa tournée de rentrée à Unys. Et la cité des extravagances, quelles qu'elles soient. Quoi de mieux pour s'amuser un peu que d'aller dans une des boîtes huppées de la ville ? Il y en avait une, notamment, qui avait un nom parfait pour cette situation, et dont les lumières chatoyantes l'attirèrent dès qu'il passa devant comme le corps parfait de ces sirènes que l'on imaginait charmer les marins depuis la nuit des temps. Gomorrah. S'il y avait bien un nom qui désignait le péché, c'était celui-là. Et au vu de la file d'attente, il y avait beaucoup de gens qui avaient envie de s'amuser dans le péché. Toujours vêtu de sa tenue de concert, le rockeur se présenta devant le videur sans même songer à faire comme tout le monde et faire la queue. Ce n'était plus dans ses habitudes, de toute façon.

Quand on est une star, on est au-dessus de tout le monde, c'est une réalité qui n'a pas à être discuté. Il n'y a bien que les jaloux qui pensent autrement.

« Vous êtes pas sur la liste, monsieur. » l'arrêta le vigile qui se plaça entre la porte et lui.

Le musicien sourit avec arrogance et sortit de la poche de son manteau un chéquier et un stylo.

« Oh, pardon, je vous ai pas sorti mon invitation. » fit-il mine de s'excuser tout en remplissant les blancs de chiffres avec beaucoup de zéros, avant d'arracher un morceau de papier et de le présenter au videur. « Avec un autographe, en plus. Bonne soirée, monsieur. »

L'homme ne l'arrêta même pas, se contentant d'avoir un sourire béat devant le montant inscrit sur le chèque. De son côté, le guitariste/chanteur entra dans une grande salle sombre entrecoupées de lumières rouges qui s'allumaient à intermittences plutôt lente, en rythme avec la musique qui y passait. Ce n'était pas fait pour de la simple danse comme on pouvait en trouver partout. En fait, c'était à la fois pour créer une ambiance feutrée pour ceux qui venaient se détendre, mais teintée de tentation, comme la boîte qui portait son nom. Parfait pour la soirée qu'il avait envie de passer. Non, il ne voulait pas danser. On pouvait profiter des nightclubs sans danser après tout, sa rencontre avec Axelle l'avait prouvé. Et le moment qu'il avait passé à l'époque avait été tout bonnement exquis. Il pouvait bien recommencer là, non ? En plus, il avait justement amené la petite chose nécessaire au bon déroulement de la fin de soirée. Le truc qui l'emmènerait au septième ciel sans même passer par la case « ennui ».

Il monta lentement les escaliers, se retrouvant dans l'espace VIP de la salle et présenta une autre de ses « invitations » au vigile, qui eut exactement la même réaction que le premier, puis alla s'asseoir sur un grand canapé de cuir devant une petite table basse dont les couleurs étaient à peine perceptibles. Un peu plus loin, depuis le balcon aux vitres transparentes, on pouvait observer la masse se trémousser, reflétée par les lumières écarlates du nightclub… Mais tout cela ne l'intéressait pas encore.

« Une bouteille de vodka, s'il vous plaît. » commanda-t-il à un serveur qui passait par là comme s'il était parfaitement naturel d'être servi en premier même si d'autres étaient sans doute passés avant lui.

On emmerde la priorité. Ce qui compte, c'est maintenant, l'instant présent. La vie est presque un jeu, en fin de compte. On est là pour passer du bon temps, on va pas se faire chier à penser aux autres.

Il attendit tranquillement qu'on le serve, puis s'empara d'un shot de vodka, qu'il tendit en l'air, exactement comme s'il y avait quelqu'un avec lui.

« A nous, chérie. »

Elle hantait toujours ses pensées dans ses moments-là. Mais c'était justement pour se rapprocher le plus possible de cet état dans lequel il était quand ils étaient encore ensemble qu'il faisait autant de cérémonie. Il but d'une traite son shot, puis s'empara d'un petit sachet en plastique qu'il avait laissé dans la poche intérieure de son manteau. Il en vida le contenu méticuleusement sur la table, prit un médiator qu'il avait encore depuis son concert et fit des petits tas bien séparés, ou plutôt des lignes bien espacées les unes des autres. Ses lèvres s'espacèrent, laissant s’entrouvrir un large sourire de satisfaction. La simple vue de ces lignes l'apaisaient déjà, comme s'il s'était retenu de toute la journée exprès pour ce moment… ce qui était un peu vrai.

Mais on s'en fout, personne n'est là pour juger de toute façon. L'important, c'est de s'amuser. C'est fait pour ça, un nightclub. En plus, la personne quelques tables plus loin doit sans doute le faire aussi.

Et il passa sa tête proche de cette intrigante poudre blanche aux reflets rougeoyants à cause de la lumière. Sans même calculer qui pouvait s'approcher. Parce qu'il était là, et qu'il était bien, avec sa coke et sa vodka.


Double-compte: Mary Nephilim & Soren Kenshin

Avatar by Elune Crowley


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Coordinateur Unys

C-GEAR
Inscrit le : 19/08/2015
Messages : 96

Région : Unys
Mar 27 Déc - 22:46
Die and fucking love me !

Les projecteurs de la scène s'éteignirent d'un coup au son de cette accord final et les échos du dernier morceau, déjà presque lointains, s'évaporèrent peu à peu dans la pénombre. Un silence assez pesant plana sur la salle avant que la lumière ne renaisse pour mettre en valeur les musiciens, que la foule n'acclame son idole et que la bécasse qui se tenait à sa droite ne lui brise les tympans en hurlant « Tony je t'aiiiime ! Laisse moi mourir pour toiiii ! »

Il n'y avait pas à dire. Ce concert avait été quelque chose d'incroyable, une expérience peu commune. Elle s'y était pourtant rendue presque à reculons, anxieuse de se mélanger à cette foule, de peur de ne pas réussir à contrôler ses élans de cleptomanie. Elle commençait vraiment à craindre de perde à nouveau les pédales comme elle avait bien trop tendance à le faire ces derniers temps. Ah... Ce qu'elle regrettait le temps où, encore insouciante, elle laissait libre cours à ces petites manies... Mais elle n'avait plus le droit désormais. C'était finit tout ça. C'était du passé. Elle devait commencer à réparer ses conneries. Et c'était précisément pour ça qu'elle était venu ici et qu'elle avait couru ce risque. Elle voulait le voir en chair et en os dans ce qu'il savait certainement faire de mieux. Pour tenter de se faire une idée de lui, de le comprendre, de le percer à jour. Elle avait donc pris place au milieu de cette masse humaine titanesque et l'air avait commencé à vibrer au son de ses premières notes. Le concert avait débuté crescendo en devenant toujours plus intense. Elle ne s'était vraiment pas attendue à se prendre au jeu, bercée par les rythmes de la basse, immergée de cette foule où elle n'était rien.

Elle n'avait pu s’empêcher de remarquer un léger décalage, une fausse note dans l’attitude du musicien, de ressentir une sorte de malaise qui avait été renforcé, presque exprimé, au cours de cette dernière chanson. Était-elle donc vraiment la seule à le percevoir ? Ce mec était manifestement au bout du rouleau. Et les derniers couplets n'avaient fait que confirmer ce qu'elle avait pu découvrir depuis qu'elle avait quitté ce fichu appartement en emportant cette mascotte brillante pour un autre de ses caprice stupide... Car une partie du masque était finalement tombé. Axelle -ou devrait-on dire Maelys ?- semblait finalement avoir tout l'âme d'une meurtrière psychopathe : Elle était en train de le tuer à petits feux, lui, l'«icône de la scène sans égales». Car il la croyait bêtement morte. Et elle essayait maintenant de lui ôter la vie en grande pompe, à elle, l'inconnue de passage, pour une histoire de peluche ? Vraiment ? C'était sérieux ? C'en était presque drôle tellement ça lui semblait irréaliste. Le souvenir de la lame qui aurait pu lui rentrer joyeusement dans le ventre pendant leur rencontre l'était en revanche beaucoup moins.

C'était une casserole de plus qu'elle trainait derrière elle. Elle ne les comptait plus. Ça faisait longtemps qu'elle avait arrêté de compter. Mais cette nana la cherchait. Activement. Et elle commençait à en avoir par dessus la tête de jouer au chat et à la souris. Elle ne pouvait pas la laisser continuer à représenter un danger au quotidien : Elle voulait être libre de ses mouvements avant d'entreprendre quoi que ce soit. Elle avait donc cherché une solution avant que la muette ne lui tombe sur le coin de la figure.

Sois proche de tes amis mais encore plus proche de tes ennemis...

Ça rimait à quoi sérieusement ? C'était stupide. Elle n'avait pas d'amis tout comme elle n'avait plus de proches depuis un bon moment dans tous les cas. Tisser des liens c'était juste bon pour vous causer des ennuis, pour finir au trou ou pour subir des chantages incessants. Et, n'importe comment, elle s'y entendait déjà suffisamment bien pour se foutre dans le mouise toute seule. Mais bon. L'attitude de Maelys étant loin d'être amicale, elle avait quand même choisi d'écouter la deuxième partie de l'adage. Et quoi de mieux que cet homme torturé, fruit de leur relation gardée secrète, pour se rapprocher d'elle ?

Elle n'attendit pas d'assister au salut final ni au bis mais entreprit plutôt de quitter l’énorme bâtiment pour le contourner. C'était le troisième jour qu'elle était devenue l'ombre du musicien, le filant où qu'il aille depuis qu'il était arrivé à Méanville pour sa tournée. Tentant d'en apprendre le plus possible sur lui en attendant qu'une occasion se présente. Elle commençait donc à connaitre ses petites habitudes. Elle se plaça à une centaine de mètres de l'entrée des artistes dans un coin discret d'où elle disposait d'une bonne vue, releva le col de la veste de cuir qu'elle avait revêtue pour l'occasion afin de se protéger de la fraicheur nocturne et se mit à attendre en s'adossant à un mûr. Elle n’eut pas à attendre très longtemps pour voir le groupe sortir. Kerry Scorsher, le second guitariste, était en train de lui parler mais elle était trop loin pour qu'elle puisse saisir des bribes de leur conversation. Ça semblait assez sérieux. Tony l'écouta sans broncher avant de hausser les épaules en souriant, de lui donner une tape amicale en lui offrant une réponse courte puis de lui tourner le dos. Il fit un bref signe de refus au garde du corps qui s'avançait pour le suivre et s'éloigna de la limousine qui leur était réservée en se dirigeant à pied vers le centre ville. Le guitariste le regarda s'éloigner, une drôle d'expression dans le regard. Il fut ensuite rejoint par la bassiste qui l'attira vers la limousine et les emmena au loin.

Étrange. Ça ce n'était vraiment pas habituel... Lanna attendit que la voie soit libre puis, poussée par la curiosité, entrepris gaiement de suivre le guitariste dans sa folle pérégrination nocturne. Elle marcha un bon moment sur ses talons sans qu'il ne s'en aperçoive et ils finirent par arriver en face d'un night club assez huppé à la devanture lumineuse qui mettait en valeur son enseigne. Gomorrah ? Tout un programme. Le musicien venait donc arroser sa soirée pour la finir en beauté ? Comme pour répondre à sa question il continua à tracer sa route. Il enjamba une barrière comme s'il était chez lui, longea le plus naturellement du monde la longue file d'attente de plaisants gai-lurons qui se massaient à l'entrée, enjamba une autre barrière, se trouva face au videur qui fronça les sourcils, lui signa un chèque en lui faisant un sourire des plus éclatants et entra dans la boite de nuit tandis que les sourcils, eux, changeaient d'inclinaison du tout au tout.

Mon dieu... Mais cet homme est vraiment scandaleux ! Il n'a tout simplement aucune morale ! Mon cher Tony, je sens qu'on va très bien s'entendre toi et moi. Bon... A mon tour maintenant...

Elle attendit une trentaine de seconde pour lui laisser le temps d'entrer puis, le sourire en coin et prenant exemple sur son nouvel ami, elle enjamba à son tour la barrière. Elle marcha ensuite vers l'entrée en roulant des épaules comme si les lieux lui appartenaient, ce qui provoqua cette fois-ci l'énervement de quelques un de ces sympathiques fêtards qui eurent le droit à un «Vos gueule, les minables !» certes un peu hautain, mais tout aussi amical. Arrivée en face du vigile transit et fébrile, elle lui brandit le badge d'agent et, se sentant l'âme d'une Atrid, lui sortit un «Police nationale. Ce gars qui vient d'entrer est un faussaire qui essaime de faux chèques aux quatre vents. Qu'avez-vous dans la main ?... Oui, évidement. Quelle question... Bon. Donnez moi ce chèque.»

Le videur, éberlué et mis au supplice, regarda alternativement son visage, le chèque puis le badge. Ses sourcils ne ressemblaient plus à rien.

« Je... Hein ? Mais. Non, je...
— Comment ça non ? Vous voulez quoi ? Que je vous embarque pour refus de coopérer ? Arrêtez vos conneries et filez moi ce foutu bout de papier. C'est un faux dans tous les cas et j'ai pas le temps jouer. Il va me filer entre les doigts. Allez !
» la coupa-t-elle en lui collant le badge sur le nez et en lui arrachant le chèque des mains. Elle le domina du regard pendant deux secondes et finit par lui lâcher un « Merci de votre coopération. Je vous souhaite une bonne soirée. » avant de s'engouffrer à son tour dans ce palais de la débauche.

Elle regarda brièvement le montant du chèque avant de le ranger dans sa poche intérieur et d'avancer dans le vestibule. Elle allait décidément de surprises en surprises. Ce mec était soit plein aux as à un point qu'elle n'avait pu imaginer, soit complètement barré. Ou désespéré.

Elle tenta de retrouver sa trace dans cette pénombre entrecoupée de halos rouges. Elle passa en revue la foule en sur-impression qui se trémoussait lentement au rythme de l'ambiance électro rythmée. La lumière tantôt tamisée et tantôt vibrante de flashs était ajustée suffisamment subtilement pour qu'on ne puisse rien rater du spectacle tout en contraignant à se rapprocher des autres pour distinguer leur visage. A se rapprocher beaucoup... Impossible de retrouver le chanteur dans ces conditions en continuant à le chercher au hasard. Il ne devait pas être loin bien mais il avait pu partir n'importe où. Où est-ce qu'il avait bien pu passer ? Elle tenta de se diriger vers le bar le plus proche, se disant qu'il ne s'était certainement pas mis à danser avant de s'être un peu mis dans l'ambiance mais il ne sembla pas y être. Elle s'adossa au comptoir quelques instants le temps de réfléchir et d'observer les lieux du mieux qu'elle put. Et tout d'un coup, en voyant l'escalier qui montait en arc de cercle le long du murs oblong du club, ce fut la révélation. Mais bien sûr ! C'était évident ! C'était un artiste célèbre et il avait très clairement le moyen de chier sur les gens, alors, pourquoi s'en priver ? Il avait du se rendre directement au carré VIP sans même prendre le temps de se mélanger à cette faune dépravée.

Pas de chance. Elle allait encore devoir passer le contrôle d'un de ces gorille ennuyeux. Et sans pouvoir bluffer cette fois-ci. Impossible de s'exprimer dans cette cohue. Ça ne passerait jamais. Si elle lui sortait le badge de police, elle ne pourrait pas le prendre de court et le mec finirait par poser beaucoup trop de questions gênantes. Tony avait du lui sortir un énième chèque exorbitant, les actes étant bien plus efficaces que les paroles. Forcement, l'argent avait vraiment simplifié son problème... Mais attendez... Elle en avait un de chèque. Et tout aussi exorbitant en plus. Si elle le lui présentais... Raaah ! Il devait bien y avoir une autre solution ? Draguer le gars ? Ça ne marcherait jamais. Dans un lieux comme ça il devait subir ça sans arrêt des groupies qui voulaient rejoindre leur idole. Effectuer une diversion ? Foutre le feu au bar n'allait certainement pas être très constructif. Misère. Elle n'avait pas vraiment le choix...

Elle entrepris donc de monter les escalier, puis, après lui avoir adressé un grand sourire que le gardien ne tarda pas à lui rendre, elle lui tendit son ticket premium express avec un petit clin d'oeil. La gardien, commençant à s'habituer à ces élans de générosité, ne la fouilla même pas et la laissa entrer sans demander son reste en lui faisant une révérence outrancière.

C'est ça mon lascar. Fait le malin. Mais t’étonnes pas trop si une inconnue viens te refaire les poches sous peu...

Elle entra un peu énervée et s'assit en face d'une table libre sur un siège en cuir en forme d'arc de cercle. Elle avait vu juste au moins. Il était là, à trois tables d'elle, face à la vitre qui permettait de voir la foule gesticuler lascivement en contrebas, et venait avec nonchalance d'alpaguer un serveur en plein élan pour lui réquisitionner une bouteille de spiritueu.

Il se servit un shot et le leva devant lui comme pour trinquer avec une personne imaginaire -à moins que ce ne soit avec son propre reflet qu'il voyait dans la vitre- et il l'ingurgita cul sec. Allait-il en rester là ? Certainement pas. Les lieux et l'ambiance aidant, ça ne manqua pas. Il sortit un petit paquet plastifié et déversa le contenu sur la table qu'il organisa avec une sorte de morceau de plastique brillant. Lanna ne pris même pas le temps de réfléchir. Elle se leva et commença à se diriger vers l'endroit où il s'activait, avachis sur son canapé bas. Si il commençait à planer maintenant, il ne pourrait pas certainement pas se souvenir de cette soirée ni de son visage. Et s'il y avait une personne qui devait avoir le privilège de s'en souvenir aujourd'hui, c'était bien lui. Et, d'une manière où d'une autre, elle avait bien l'intention qu'il ne l’oublie pas de si tôt. Aussi, en arrivant à son niveau alors qu'il commençait à approcher sa tête de son asservissante délivrance, elle se pencha sur la table, attrapa la bouteille de vodka et, en le toisant d'un regard mesquin, elle déversa son contenu sur ses petits monticules bien ordonnés, les transformant en un bouillie impropre et certainement très peu digeste. Elle resta immobile devant son air incrédule, laissant s’égoutter une à une les dernières goutes de sa boisson dans un plic-ploc interminable. Après quoi profitant de sa stupeur, elle lui jeta un sourire moqueur, attrapa le téléphone qu'elle avait dans sa poche arrière, écrivit un message dessus et lui tendit l'appareil.

Haha ! Tu devrais voir ta tête ! Ça vaut le coup d’œil, c'est un sacré spectacle ! Allez, soit pas vexé, c'était pour ton bien. Je t'évite de faire une belle connerie et je t'offre en prime une bonne bouteille pour me faire pardonner. T'es plutôt gagnant dans l'affaire je crois.

En joignant le geste à son message, elle fit un grand signe éloquent au serveur avant de se retourner vers l'artiste en lui tendant un deuxième message.

Ton concert de ce soir était vraiment une tuerie au passage. J'ai vraiment eu du mal à croire que c'était toi quand t'as débarqué ici. Me permets-tu de m’asseoir ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 13/12/2013
Messages : 2298

Région : Unys - Johto - Sinnoh
Sam 14 Jan - 8:56

Ce n'était pas assez long. Il n'était pas arrivé à atteindre cet état de bien-être qu'il recherchait tant. Pas d'Axelle, pas de vodka, pas de coke. D'habitude, ce genre de choses marchait toujours. Mais pas cette fois. La qualité des produits était-elle à remettre en cause ? Certainement pas. Dans la vie, il fallait viser le haut de gamme, et c'était typiquement ce qu'il faisait depuis qu'il avait atteint la célébrité. Jusqu'ici, il avait toujours refusé, mais quand on traînait dans le monde du show-business, il n'était pas rare qu'on propose aux artistes de quoi planer un peu, pour se détendre, ou, au contraire, pour s'inspirer. Non, ce n'était pas ça le problème. Ce n'était pas le club non plus. L'endroit était cool, la musique était bonne… En fait, elle était ce qu'il y avait de meilleur, parce qu'elle rappelait le 10FX. De l'indus, du vrai. Le truc qui attirait les gars comme lui ou les filles comme elle. Les gens dansaient dessus sans vraiment prendre le temps de se rendre compte de ce qu'il y avait autour d'eux. Ils s'en foutaient. Ce qu'ils voulaient, c'était de la bonne musique, comme lui. Et de la bonne musique, quand on voulait danser, ça voulait presque toujours dire quelque chose qu'on ne trouvait pas à la radio ou dans l'electro classique. Alors ils se rendaient là. Pour l'indus. Pour l'aggrotech. Pour le trip-hop et le dark electro, parfois. Mais pour la bonne musique, toujours.

Non, la vérité était tout autre. La vérité, c'était qu'on l'avait dérangé. Et pas par n'importe qui en plus. Si ça avait été une fan, il n'y aurait pas eu de problème. Si on lui avait proposé d'aller dans un endroit plus intime encore, encore moins. Après tout, que pouvait apporter une pipe – voire plus, on ne savait jamais, surtout si elle ramenait des amies – si ce n'est du bonheur, en plus de la coke et de l'alcool ? Mais celle-là, elle n'était clairement pas prête à lui en tailler une. En fait, c'était à croire qu'elle faisait vraiment exprès de le faire chier à ce point. Et pourtant, s'il pouvait voir distinctement son visage, caché en partie par la lumière des néons du Gomorrah, il aurait été incroyablement surpris. De visage, elle ressemblait à cette femme, Juliet, que Tony avait aidé quelques temps plus tôt, et qu'il avait pris pour Mina, son ex-femme. La rencontre l'avait mis particulièrement mal à l'aise, et il était clair que revoir un visage si familier renverser le reste de son verre de vodka sur la poudre blanche l'aurait encore plus déstabilisé. Lui qui avait essayé tant bien que mal d'invoquer l'esprit d'Axelle par sa petite cérémonie pour qu'il puisse se sentir bien, il avait à la place réveiller d'autres fantômes de son passé qu'il préférerait sans le moindre doute oublier. Un esprit en colère parce qu'il l'avait oublié, enfoui dans cette autre vie dont il ne voulait plus vraiment entendre parler, si ce n'est d'un point de vue purement professionnel. Que faisait la véritable Mina en ce moment ? Il s'en foutait éperdument. Elle pourrait être morte, cracher sur son nom avec virulence ou tout simplement – et ce serait davantage son style – apprécier une vie tranquille avec ses Pokémon sur les routes ou dans une pension, ça lui était égal et ça lui procurait le même sentiment de dégoût.

Mais fort heureusement, il ne pouvait pas voir cette manifestation. Et dans son état actuel, cela aurait été trop pour lui d'un point de vue émotionnel. Mélanger la coke et la dépression n'était déjà pas une bonne idée en soi. Rajouter un soupçon de nostalgie rendait le cocktail tout aussi dangereux que les mélanges d'absinthe et de laudanum que certaines personnes pratiquaient encore à ce jour, espérant traverser un océan onirique empli de sensations douces et agréables. Car s'il y avait difficilement de meilleures sensations que de se complaire dans les souvenirs de sa vie, cette activité était hautement addictive, encore plus dans le milieu du show-business. Pas un jour ne passait sans que le passé soit remis sur la table, généralement d'une bonne manière. Il était si facile de tomber dans le piège, et, après plusieurs longues années à tenir sur ce fil et à avancer avec autant d'aisance qu'un funambuliste, il était à nouveau tombé. Et cette fois-ci, la chute était tout bonnement encore pire. Une chute presque mortelle, dont les blessures avaient été rouvertes par cette espèce de pétasse qui se la pétait devant lui. Une pétasse qui n'avait jamais lu les articles de journaux sur les moments violents que Tony avait pu avoir dans sa vie. Des moments qui, même alors qu'il allait encore trop bien, n'étaient jamais loin. A ce moment-là, c'était surtout contre les flics qu'il dirigeait son trop-plein de colère. Ceux qui faisaient mal leur travail généralement, comme ce petit con à Illumis qui pensait faire sa loi avec son tapage nocturne. Ou Evans. Evans… Rien que penser à ce type l'enrageait encore plus. Encore plus depuis qu'elle n'était plus là. La seule chose qui l'empêchait d'entrer chez lui et de lui casser la gueule, si ce n'était plus, c'était la loi. Et pourtant, comme il aurait envie de foutre tout ça en l'air rien que pour ça. Il le passerait à tabac, lui ferait cracher toutes ses dents et lui briserait tous les os, pour le faire culpabiliser de ne pas avoir été là ce soir-là. De ne rien avoir fait pour qu'elle s'en sorte, même si ça ne devait en faire qu'un légume. Mais tant pis pour cela. Il ne pouvait pas sacrifier sa vie si durement acquise pour une telle folie. Alors il fermait les yeux là-dessus, et il se contentait d'éviter l'Agent autant que possible.

Pour cette garce, cependant, les choses allaient se passer différemment. Elle était là, devant lui, à se foutre de sa gueule avec un sourire mesquin peint sur son visage. A déshonorer la mémoire de la jeune femme en jouant avec son téléphone comme si c'était quelque chose de normal alors qu'elle faisait ça pour le blesser.

Ça ne pouvait pas se passer comme ça. Elle allait bientôt regretter l'erreur de sa putain de misérable vie.

« Oh oui bien sûr, fais donc. » répliqua-t-il. « Tu m'as juste fait perdre une centaine de Pokédollars et mon trip, rien que ça. Et là t'es en train de me faire perdre mon temps, alors fais-toi plaisir, c'est pas comme si c'est important après tout hein ? »

Il profita de l'occasion pour se lever et l'attraper par le col avant de l'attirer violemment vers lui. Son regard se plongea dans le sien, à la manière de deux poignards que l'on enfonçait dans la chair. Au travers de l'obscurité de la salle, ses deux yeux brillaient d'un éclat qui caractérisaient ceux qui étaient animés par la colère et l'esprit de vengeance. Personne à côté d'eux ne sembla s'en offusquer cependant. Sans doute était-ce parce que leur proximité, à cause de l'obscurité, donnait l'impression qu'ils s'embrassaient. Mais il n'en était rien, bien que les sentiments du guitariste à son encontre étaient tout aussi forts.

« Tu vas également me faire le plaisir de ranger ce téléphone. » commanda-t-il. « Quoique… Tu peux toujours essayer et voir le résultat. J'en serai tout aussi ravi. »

L'un comme l'autre lui convenait. Ou plutôt, leur convenait. Car on ne pouvait plus vraiment dire que, depuis quelques temps, c'était lui qui était en charge de son propre corps.

Cette tâche appartenait désormais au démon. Et il adorait ça.


Double-compte: Mary Nephilim & Soren Kenshin

Avatar by Elune Crowley


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Coordinateur Unys

C-GEAR
Inscrit le : 19/08/2015
Messages : 96

Région : Unys
Dim 5 Fév - 1:27
Voler, voler, voler. Elle en rêvait beaucoup lorsqu'elle était petite et s’émerveillait d'un monde féérique où elle pouvait étendre ses bras, grands ouverts, à la manière d'ailes magnifiques qui la porterait loin, loin, où personne ne pourrait l'attraper. Ah... Si seulement elle avait pu deviner à quel point elle avait réellement pu voler, voler, voler d'une autre manière jusqu'à ce jour. Aujourd'hui encore, il lui arrivait de se surprendre parfois de souhaiter ne plus subir l'entrave de la gravité, ce qui lui épargnerait certainement bien des problèmes. C'était comme si cette bribe de ce passé encore insouciant revenait la hanter. Lanna n'en fut pas moins surprise de sentir soudainement ses pieds décoller du sol au moment où Tony empoigna brutalement son col après s'être relevé sans crier gare.

L'homme l'avait tirée à son visage si violemment, presque bestialement, qu'il avait faillit renverser la table basse qui les séparait au passage. Et elle se plongeait maintenant dans son regard vibrant d'une colère ou d'une indignation qui le faisait frémir. Elle n'avait que très rarement croisé des regards comme ça et c'était en général quelque chose dont on se souvenait. Elle lui trouvait quelque de chose fascinant, se sentait captivée par sa profondeur et son ardeur. Il était si intense, presque hypnotisant, qu'elle aurait pu s'y perdre, s'y repaitre, s'y consumer comme un papilusion attiré par un feu de forêt, si une alarme ne venait tout à coup de se déclencher à l'arrière de son crâne, lui nouant instantanément l'estomac. Car c'était d'instinct le regard d'un homme prêt à tout. Et elle n'aimait vraiment, vraiment pas ça. Elle avait merdé. Elle avait complètement merdé...

Qu'est-ce qui lui avait pris, bon sang ? Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Comment avait-elle pu être aussi légère et penser que ses actes n'auraient de répercussions directes ? Hein ? Comment ? Pourquoi avait-elle subitement décidé de jouer la muette et d'enfoncer une lame portée au rouge dans la plaie encore béante de cet homme désespéré ? Pourquoi n'avait-elle pas envisagé que l’animal blessé qu'il était ne tente de la mordre à la gorge dans un ultime geste de protection, en refusant d'écouter ce que lui dictait la raison ? Comment n'avait-elle pu voir au cours de ses filatures cette étincelle de folie qui vibrait maintenant dans l'air ? Elle ne pouvait détourner les yeux. Impossible même de les cligner. C'était tout simplement au dessus de ses forces. Elle était comme paralysée. Ceux du rockeur étaient si proches qu'elle sentait le souffle chaud de sa respiration se nicher dans son cou. Mais que devait-elle faire alors ? Dire quelque chose ? Si elle parlait, elle était grillée et il aurait vraiment un motif pour que les choses partent en vrille. Pas moyen non plus de recourir au téléphone qu'elle tenait encore dans l'une de ses mains levée dans la surprise. Vu la menace, ç’aurait été signer son ticket pour un aller simple à l’hôpital. Mais alors quoi ? Pouvait elle seulement continuer à tenir ce rôle dont elle venait mécaniquement d'inventer les traits ? Cette pensée lui ramena en tête sa situation, ce qui n'arrangea pas les choses. Merde. Elle n'avait vraiment pas le choix. Elle était dans une impasse et le seul moyen d'en sortir était de continuer d'avancer dans la même direction en priant pour que ça finisse par passer.

Qu'aurait fait Axelle dans ce cas là ? Lanna se souvint de son œillade froide de défi lorsque la motarde lui avait ouvert la porte couteau au poing. Cette nana avait l'air d'avoir une force de caractère lui permettant de tenir de tête à n'importe quel loubard. Ce n'était pas le genre de personne qui montrait qu'on l'impressionnait. Mais pourrait-elle seulement réagir de la même manière ? Elle abaissa doucement ses mains et, sans faire de gestes brusques, remis son smartphone dans sa poche arrière. Temps pis pour ce moyen de communication. Il était trop dangereux de continuer à le tenir dans sa main. Mais Le rockeur avait été intime avec une muette, non ? Il y avait de grande chance qu'il soit plus attentif ou plus sensible à la gestuelle du corps et aux expressions corporelles. Et ça tombait bien car elle était très forte à ce petit jeu là.

Tentant de reprendre le contrôle de sa personne en lui insufflant vainement du courage, elle rehaussa pesamment son menton, le regardant de haut, la tête en arrière dans une attitude qui avait tout de provocante. Dans le même temps, elle laissa pendre mollement ses bras, dans une forme d'abandon, de résignation, lui laissant clairement comprendre qu'elle n'avait pas l'intention de se défendre. Elle se mettait entièrement à sa merci et lui donnait l'autorisation, l'invitation même, de continuer son geste si cela lui seyait. Et au fond d'elle-même, elle se sentait mourir de trouille si bien qu'elle se retenait d'en gémir.
Son corps lui envoyait un défi. Il lui disait “Allez frappe. Vas y. Frappe sans te retenir si tu l'ose. Tu te sentira vraiment mieux après !” tandis qu'elle tentait d'étouffer cette petite voix au fond d'elle même qui pleurait, suppliait, conjurait : S'il te plais, non... non... ne fais pas ça...T'es à bout. Harassé. Frustré. Enragé. Et ce contre le monde entier... Ou bien serai-ce contre toi même ? T'en sais rien et tu tournes en rond. T'as besoin de te défouler. Frappe !Par pitié, ne le fais pas...Elle n'est plus là pour toi, mec. C'est du passé tout ça. Elle a disparut. Envolée. C'est trop dur mais c'est la vie. C'est comme ça. Qu'est-ce que tu y peux ? Tu peux encore te battre. Allez ! Finissons-en ! Frappe !Arrête ! Je t'en supplie ! Lâche moi ! Tu m’étouffe...

Le temps sembla s'arrêter sur la scène alors qu'ils continuaient à se dévisager sans bouger. Mais il reprit sa folle course lorsque le serveur qu'elle avait interpellé d'un geste quelques minutes plus tôt vint les interrompre : « Tout se passe bien messieurs dames ? ».

Dieux du ciel ! Toi, tu tombes vraiment à pique !


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 13/12/2013
Messages : 2298

Région : Unys - Johto - Sinnoh
Dim 5 Fév - 15:34

L'inconnue glissa son téléphone dans sa poche, se pliant à sa demande, puis se laissa complètement faire. Les bras ballants, elle se laissa saisir par le rockeur alors que celui-ci ne se fiait qu'à sa colère et à sa brûlante envie de la voir souffrir par tous les pores de sa peau. Qu'est-ce qu'elle pensait provoquer chez lui en faisant ça ? En lui disant de frapper, bien qu'aucun mot ne sortait de sa bouche ? Elle voulait faire de la psychologie inversée, c'est ça ? Pour qu'il ne se rabaisse pas à son niveau en se laissant aller à ses plus bas instincts ? Non, ce n'était pas comme ça que ça marchait. Il avait une si mauvaise estime de soi qu'il ne tenait pas du tout à essayer quoique ce soit qui pourrait aller dans un sens pacifique. Et puis, il y avait cette part de lui-même qui avait beaucoup trop envie de voir ce visage ravagé par un œil au beurre noir, du sang coulant de sa bouche et éventuellement un nez cassé, histoire qu'elle apprenne sa leçon. Elle avait joué, elle avait perdu. Elle l'avait demandé, tout simplement.

Bien fait pour sa gueule, à cette sale pute. Elle avait ruiné sa putain de coke, son rendez-vous avec sa chérie décédée par la même occasion, mais surtout, elle l'avait dévasté encore un peu plus. Elle avait de la chance qu'il ne soit pas armée, tiens. Sinon, ça ferait longtemps qu'il lui aurait explosé la cervelle à cette garce. Peut-être même, s'ils avaient été dans un lieu plus discret et plus intime, qu'il lui aurait montré qui était le chef d'une manière bien plus criminelle et plus dure encore. La luminosité de la salle était faible, mais suffisamment éclairée pour laisser apparaître une taille fine, mais dont les formes plaisaient à ses plus bas instincts. Une cartouche. Elle la mériterait, cette salope. Comme toutes ces connasses qui s'habillaient en tenue « de soirée » pour aller en boîte. « Tenue de soirée », quel terme de merde. « Tenue pour aller se faire péter la rondelle par cinq mecs en rut », oui ! Un pour chaque trou et un pour chaque main. Là aussi elle prendrait cher. C'était peut-être ce qu'il fallait faire. Trouver quatre mecs et les convaincre de se la faire. Qu'elle apprenne sa leçon, cette Ponchiennasse ! Elle était peut-être muette, mais cette fois-ci, elle allait crier, et ça ne lui ferait que du bien !

« Tout se passe bien messieurs dames ? » les appela une voix que Tony reconnut comme étant le serveur à qui elle avait commandé une deuxième bouteille de vodka.

Putain !

Le passage à tabac allait donc devoir se faire une autre fois. Car ce serveur représentait tout simplement un brusque retour à la réalité de laquelle elle et lui s'étaient brièvement échappés, en se comportant d'une telle façon. Sans se préoccuper de ce qu'elle allait faire, il la lâcha, comme si la scène n'était jamais arrivée.

« Ouais, je regardais son nouveau T-shirt. » grogna la rockstar. « Merci pour la bouteille, mettez ça sur ma note. »

Il s'en empara, le versa dans son shot et l'avala aussitôt, essayant ainsi de montrer au serveur qu'il n'avait plus rien à faire ici. Celui-ci resta dubitatif pendant encore quelques instants durant lesquelles Tony pria à la jeune femme de s'asseoir et lui servit un verre en lui racontant les mondanités les plus débiles que son cerveau endommagé par la drogue pouvaient lui permettre d'imaginer, et observa les deux clients pendant encore plusieurs minutes pour s'assurer que tout se passait sans accroc, puis finit enfin par s'éloigner. Ce n'était vraiment pas passé loin, cette fois. Mais heureusement pour eux, d'un autre côté. Au moins, Tony n'aurait pas d'ennuis avec la justice et cette fille ne se ferait pas refaire le portrait. Pas tout de suite, en tout cas. Car dès qu'il se rendit compte que leur interlocuteur se trouvait en dehors de leur champ de vision, il se tourna tout de suite vers la nouvelle venue.

« Bon, vu que t'as l'air partie pour me faire chier toute la soirée, autant me dire ce que tu me veux, non ? » fit-il, sans cacher son animosité envers elle. « Parce que quelque chose me dit que t'agis pas comme ça de manière totalement irréfléchie… A moins que toutes les muettes d'Unys décident de parler avec leurs smartphones. »

Il se permit de boire un autre shot avant de l'observer plus attentivement. Elle ne faisait pas ça par hasard, il en était sûr. C'était trop prémédité à son goût. On aurait dit une fille qui voulait émuler ce qui faisait Axelle, mais en la connaissant bien trop superficiellement. Ce qui avait le don de le mettre hors de lui.

« Si t'es bien muette. » siffla-t-il. « Si t'es bien la personne que tu prétends être. Tu vois ce que je veux dire ? »

Il la resservit, même si, il fallait l'avouer, il avait très envie de verser le reste de la vodka sur sa tête plutôt que dans son verre. Il voulait tout faire pour qu'elle se montre sous sa véritable apparence, pas celle d'un spectre de la femme qu'il aimait. Car plus que tout, cela le blessait atrocement de voir quelqu'un se prendre pour elle de cette façon. Axelle était unique. Personne ne pouvait l'imiter. C'était une personne étonnante tant sa personnalité et sa gestuelle étaient à la fois aussi expressives et aussi complexes. Sans doute était-ce à cause du jeu qu'elle s'imposait si souvent, à presque chaque seconde de sa vie, et qui, d'une certaine façon, lui donnait un charme que personne ne pouvait avoir et qui l'attirait chez elle. Il aimait la douceur de Maelys, mais aussi l'assurance de la motarde. Il aimait son goût prononcé pour les peluches comme sa manière qu'elle avait de contrôler sa moto avec aisance, comme si elle n'avait fait qu'un avec la machine.

Elle pensait pouvoir reproduire ça, elle ? Ben voyons. Qu'elle arrête donc de tourner autour du pot, afin qu'elle dégage d'ici dès que possible !


Double-compte: Mary Nephilim & Soren Kenshin

Avatar by Elune Crowley


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Coordinateur Unys

C-GEAR
Inscrit le : 19/08/2015
Messages : 96

Région : Unys
Dim 16 Avr - 23:59
Ses pieds retouchèrent le sol et l'air se remit à rentrer -enfin !- dans ses poumons lorsque Tony desserra son étreinte. Elle manquât de s'étouffer. Bon sang que ce type avait de la force. Elle avait bien cru qu'elle allait finir asphyxiée si le rockeur continuait à la maintenir plus longtemps dans cette position. Que se serait-il passé si ce serveur n'était pas intervenu ? Un frisson lui parcourut l'échine à cette pensée. Après avoir mis son visage à portée du sien pour la fixer dans les yeux, Tony s'était reculé légèrement et l'avait jaugée lentement de haut en bas, encore vibrant de colère, avant de revenir à ses yeux. Ce regard brulant d'une rage incontrôlable qui avait faillit la consumer s'était alors tinté un court instant d'une sorte de dure forme de résolution. Oui, elle en était convaincue. A ce moment là, elle avait vue quelque chose de mauvais -non, pire, quelque chose de viscéralement et foncièrement malsain- s'insinuer dans le bleu de ses yeux. Son emprise sur elle s'était alors raffermie et elle s'était tendue pour se préparer à encaisser le choc. Et ensuite... Ensuite...

Mais ça ne s'était pas passé comme ça, hein ? Non, ce n'était pas arrivé... Ce n'était pas arrivé parce qu'elle s'était faite repêchée in-extremis par la peau des fesses depuis la case "Je me suis mise tranquillement dans la merde" vers la case "T'es toujours vivante ma grande. Tu peux aller nettoyer ton pantalon maintenant !". Elle avait eu un gros coup de peau, sauvée par le gong qui avait cette fois pris la forme de ce serveur tombé du ciel, une fois de plus...

Elle ne se fit pas prier pour s’assoir lorsque Tony l'y invita pour se donner contenance face à lui. Elle se laissa tout bonnement choir dans le siège en cuir moelleux et froid et se mis à ses aises en croisant les jambes, se donnant un air faussement décontracté. Celles-ci étaient en coton et n'auraient pas voulut la maintenir debout plus longtemps dans tous les cas. Elle l'écouta s'évertuer à réciter des mondanités d'une voix monotone qui sonnait complètement faux et bu le verre qu'il lui tendit, tentant de ne plus faire d’impaire. Elle était incapable d'analyser ce qu'il disait et ça n'avait pas d'importance tant il racontait ce qui lui passait par la tête pour faire partir l'indésirable. Le sursit que lui accordait celui-ci lui offrait le temps de réfléchir. Que devait-elle faire ? Si elle restait, ce foutu drogué pouvait péter un nouveau câble à tout moment et lui faire passer un des pires quart d'heure de son existence. Et pourtant, une voie stupide en elle lui disait qu'elle ne devait rien lâcher. C'était lui ou Axelle. Elle avait vraiment tiré le duo gagnant, putain. Pourquoi voulait-elle continuer après ce qui s'était passé ? N'avait-elle pas obtenue ce qu'elle désirait ? N'avait-elle pas attiré son attention ?

Le serveur, lassé, fit la moue et finit par s'éloigner en gardant un œil sur eux. Si elle avait eu une chance de se tirer de ce traquenard, elle venait de la laisser passer. Merde. Plus le choix. Elle devait continuer.

Le musicien ne continua pas une seconde supplémentaire de jouer la comédie et lui ré-adressa un regard perçant. Sa voix se fit à nouveau grave et acérée. Il tenta de la piquer au vif avec son injective sur son mutisme.
C'était une invitation à réagir. C'était clair, sa non réaction de tout à l'heure le mettait mal à l'aise. Il voulait qu'elle fasse quelque chose, qu'elle montre ses intentions pour pouvoir réagir en conséquence. Mais elle n'en fit rien et ne lui offrit d'autre réponse qu'un léger froncement de sourcil d’incompréhension face à son évocation d'autre muettes utilisant leurs portables. La relation que le chanteur entretenait avec Axelle était censée être un secret et si elle n'avait pas mis les pieds chez elle, jamais Lanna n'en aurait eu connaissance. Quelles étaient donc les chances pour qu'une parfaite inconnue comme elle soit au courant ? Une sur un million ? Sur un milliard ? Peut-être plus, d'autant qu'il était de nos jours assez courant pour un muet de recourir au téléphone pour communiquer avec un entourage qui ne maitrisait pas ou très peu la langue des signes. La réaction de Tony était donc assez illogique et disproportionnée mais qui était-elle pour parler de logique lorsqu'elle avait en face d'elle un junky au cœur brisé... Peut-être arriverait-elle à le faire relativiser une fois la tension redescendue et avec un peu de recul. L'ordre du moment était de toute façon de calmer le jeu et de se tirer de ce mauvais pas.

L'homme la fixait dans les yeux, dans l'expectative. Peu étaient ceux qui avaient pu mettre son jeu au clair. Lanna pouvait les compter sur les doigts de sa main. Et ce drogué, peut-être guidé par un élan d'extra-lucidité brumeuse que lui offraient ses stupéfiants et son ivresse se mettait d’emblée à lancer des insinuations sur son honnêteté en défiant tout bon sens. Elle ne put s’empêcher de sourire face à l'ironie que lui offrait cette situation. Car bien qu'elle ne soit pas entrée à son contacte sans raison, elle ne savait pas du tout ce qui lui avait pris de le faire de cette manière. L'homme pensait que ce qu'elle faisait était planifié mais il n'en était rien. Cette idée de jouer le simili Axelle pour entrer en son contact s'était presque imposée à elle pour le meilleur et pour le pire sans qu'elle n'y réfléchisse et elle s'était contentée de suivre le mouvement de manière naturelle comme lorsqu'elle revêtait un nouveau costume, une nouvelle identité. Où était donc passée la Lanna qui contrôlait et prévoyait tout minutieusement à l'avance ? Elle se retrouvait à agir à l'arrache. À l'arrache !!! Elle avait même du mal à savoir vraiment ce qu'elle faisait, ce qui était carrément flippant mais d'un autre côté aussi assez excitant.

Elle encaissa sa dernière réplique sans broncher, saisit calmement le shot qu'il venait de lui remplir, le vida d'un trait du liquide brulant qu'il contenait en rejetant la tête en arrière et le reposa sur la table basse qui les séparait. Elle poussa ensuite un soupire, pris son téléphone et le déposa entre eux sur un endroit sec et à même l'écran de manière à faire comprendre qu'elle ne comptait plus l'utiliser si cela lui chantait. Elle se radossa ensuite puis fit mine de réfléchir et commença à fouiller dans son sac sans prêter la moindre attention à son interlocuteur, comme si elle était complètement absorbée par ce qu'elle faisait. Elle en sortit finalement et triomphalement un stylo et saisit la seule serviette à peu près utilisable après le ras-de-marrée de vodka et de coke qu'elles avaient subit pendant l’empoignade. C'était peut-être les serviettes les plus débauchées et les plus heureuses de tout Méanville...

Elle se penchât un moment en avant sur la table basse en cherchant un coin où s'appuyer pour écrire puis se redressa et la lui tendit du bout des doigts en se tenant légèrement à distance par prudence et en lui adressant un sourire énigmatique.

La vrai question ne serait-elle pas... Toi...
Qui aurais-tu voulut que je soit ?

Elle n'attendit pas de voir sa réponse et se leva presque précipitamment. Comme promis, elle sortit de son sac un billet qu'elle jeta sur la table, allongea le bras et designa la bouteille pour ôter tout malentendu. Après quoi, elle lui adressa un long regard puis détourna les yeux et s'éloigna. Elle retourna s'asseoir sur une autre banquette, seule, plus loin dans la pénombre, en lui tournant le dos et refit un grand signe à un serveur pour commander.

Elle tentait à nouveau de résoudre son problème sur un coup de poker. Et elle misait maintenant tous ses espoirs sur ce portable... Qui traînait encore sur la table quelque part derrière elle.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 13/12/2013
Messages : 2298

Région : Unys - Johto - Sinnoh
Lun 17 Avr - 22:11
Elle avait le don pour le taper sur les nerfs. Elle ne se doutait juste pas à quel point elle y arrivait. Un peu comme si l'air autour d'elle n'était que vapeur puante et empoisonnée, en fait. Elle se la jouait comme si rien ne s'était passé, assise de manière décontractée près de lui et buvant le verre de vodka qu'il lui avait servi. Merde. Il avait espéré que la forte teneur en alcool de la boisson lui aurait au moins un peu plus arraché la trachée pour lui faire sortir quelque chose de sa bouche et la trahir à son propre jeu. Il allait devoir trouver autre chose, on dirait. Reste à savoir quoi, car elle n'en démordait pas. D'autant plus qu'elle restait complètement muette après avoir laissé son portable traîner un peu plus loin sur la table. Ouais, c'était ça. Elle voulait le convaincre que c'était sa véritable condition. Pourtant, il y avait un truc qui faisait qu'il n'y croyait pas une seconde. Il n'arrivait pas à mettre la main dessus, ceci dit. La drogue et l'alcool étaient un peu trop en train de lui embrumer le cerveau pour ça. Mais si seulement il pouvait réussir à l'expliquer.

Elle ferait moins la maligne, cette conne, s'il pouvait la percer à jour. Ce serait bien l'équivalent d'un bon rail de coke que de voir son visage terrifié une fois que ce serait fait. Puisque de toute façon, il ne pouvait pas foutre sa tête contre la table basse pour qu'elle se prenne tous les relents de vodka et de poudre et lui casser le nez après. Voilà, c'était ça qu'il fallait. Il pourrait lui arracher cet air prétendument décontracté de son visage, à défaut de lui arracher carrément la tête.

Et pourtant, à la place, elle griffonna quelque chose sur une serviette et qu'elle la lui tendit, un sourire timide sur ses lèvres – enfin, cela se saurait s'il l'était véritablement. Cependant, dès qu'il eut vu ce que cela disait, il laissa tomber la serviette, livide et tout bonnement incapable de réagir.

« La vrai question ne serait-elle pas... Toi... Qui aurais-tu aimé que je sois ? »

L'impact de cette interrogation lui donner l'impression de s'être pris la tête contre un mur de briques à une affolante vitesse. Pire encore, il sentait la descente commencer à s'emparer de lui. Cette retombée qu'il commençait maintenant à bien connaître, à force de prendre de cette magnifique poudre blanche. S'il n'avait pas été dérangé et s'il n'avait pas lu ce mot, il se serait repris un rail immédiatement pour ne pas avoir à ressentir cet effet maintenant. Car c'était tout bonnement horrible. Non, en fait, c'était bien pire que cela. Ce n'était que « horrible » quand il prenait simplement de la drogue. Toutefois, ce soir, il fallait également prendre en compte un plus grand nombre de facteurs. De la vodka, un souvenir d'Axelle plus que vif dans son esprit et la garce qu'il venait tout juste de rencontrer. Il avait déjà eu plusieurs idées noires depuis qu'il avait perdu sa petite amie, mais il venait d'atteindre le fond. Ses mains en tremblaient, il pouvait même sentir un filet de sueur couler le long de son visage, bien que ce puisse être aussi à cause de la chaleur ambiante. Et pire encore, sa tête commençait à lui marteler le crâne.

Il fallait que ça s'arrête, ça faisait trop mal. Il fallait en reprendre pour retarder la douleur. Il pourrait s'occuper de ça une fois rentré à la maison. Allez. Vite. AVANT DE FAIRE UN PUTAIN DE CARNAGE !

Non, pas maintenant. Il devait tirer cette situation au clair d'abord. Il reprendrait ses débauches plus tard, là, c'était important. En plus, l'autre abrutie avait laissé son téléphone sur la table, ainsi qu'un billet, pour la bouteille. Il commença par prendre l'argent pour le ranger dans son portefeuille, puis s'intéressa de plus près au smartphone de la jeune femme. Ce n'était pas le même modèle que celui d'Axelle, mais il était persuadé que cela avait un lien avec son ex. Il se massa la tempe pour l'aider à se concentrer tout en faisant partir un peu la douleur qui lui perçait le crâne. Enfin, ça lui donnait juste un peu l'illusion, en vérité. Mais il fallait faire avec pour le moment. Il tenta de déverrouiller le téléphone, au cas où elle avait envie de lui montrer un truc de manière détournée, mais il y avait un code qu'il ne connaissait pas. Pas le choix, il allait falloir coopérer et demander ce que cette fille faisait par ici. Ce dont il n'avait clairement pas envie, malheureusement. Par chance, elle avait l'air d'être encore dans le coin. En fait, elle avait fait exprès de s'en aller et de s'asseoir un peu plus loin, comme si de rien n'était. Quoi, c'était un jeu pour elle, c'est ça ? Bon sang, qu'il pouvait détester les gens qui tournaient autour du pot et qui n'annonçaient pas de but en blanc ce qu'ils venaient faire là, à le déranger sans arrêt.

Il se sentait mal. Tellement mal qu'il en titubait presque de se relever. Ses jambes tremblaient un peu, mais pas autant que ses mains complètement moites, en tout cas. Que ce soit bref, que cela puisse enfin s'arrêter !

Malgré tout, le rockeur parvint à s'emparer du smartphone et à la table de la demoiselle, auquel il lui jeta l'objet à la figure.

« Fini de jouer, maintenant. » grogna-t-il. « Muette ou pas, tu vas me dire ce que tu me veux, parce que là, je suis pas d'humeur à jouer. Et si tu viens m'emmerder parce que tu connais Axelle, tu peux aller te faire foutre, ça me regarde pas toutes ces conneries. »

C'était trop récent. Encore trop récent, même du temps commençait à avoir fait son œuvre depuis. Si au départ Elune lui avait un peu redonné goût à la vie, ne pas avoir quelqu'un comme elle à ses côtés en tout temps l'avait fait replonger dans la déprime la plus totale. Il savait que c'était quelque chose qu'il devait faire seul, mais ça faisait bien trop mal encore. En fait, il se servait de ses forces pour essayer de composer un personnage fort et agressif pour qu'on le laisse tranquille alors qu'en vérité, il aimerait la supplier de le laisser seul.

Et cette envie de cocaïne qui se faisait de plus en plus forte… Bon sang, que la situation s'arrange, ne serait-ce qu'un tout petit peu !


Double-compte: Mary Nephilim & Soren Kenshin

Avatar by Elune Crowley


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Coordinateur Unys

C-GEAR
Inscrit le : 19/08/2015
Messages : 96

Région : Unys
Ven 30 Juin - 20:59
Lanna commençait à se demander si son stratagème allait finalement porter ses fruits. Tony était peut-être beaucoup trop imbibé pour s’apercevoir qu'elle avait laissé son portable sur la table. Ne prenant pas le risque de se retourner pour voir de quoi il en retournait, elle réussit à apercevoir l'arrière du sofa dans lequel il se trouvait à l'aide d'un reflet dans la baie vitrée qui ouvrait sur le reste du club, en contrebas. Pas de trace de la tête du rockeur... Où était-il passé ? S'était-il couché sur la banquette ? Ou bien avait elle mal discerné ce qu'elle avait vu à cause des lumières criardes qui bougeaient dans tous les sens ?

Aïïïe !!!

Putain... Putain... L'enfoiré... Il s'était approché sans qu'elle le voit et lui avait balancé le téléphone à la tronche, ce con ! Elle se mordit les lèvres pour se retenir de lâcher un cri. Bordel ! C'était de justesse ! Ça avait vraiment faillit lui échapper ! Fait chier, ce que ça faisait mal ! Elle se passa la main sur le crâne pour constater les dégâts. La bosse qui prenait place sur son front était énorme. Nul doute qu'elle allait s'en tirer avec une belle ecchymose. Là, il était allé trop loin, merde ! Elle était furax ! Elle se tourna vers lui, la tête lancinante et lui offrit ce à quoi devait ressembler l'heureuse union d'une grimace de souffrance et d'un regard courroucé une fois qu'ils s'étaient passé la bague au doigt.

Et merde...

Le mec ne tenait même plus sur ses jambes. Il lui balançait une nouvelle injective dénuée de sens en se cramponnant à la table comme si c'était la ligne de vie d'un bateau en pleine tempête. Il tremblait vraiment de tout son être. C'était à se demander comment il faisait pour être encore debout, vu son état.

Elle ne répondit pas à son injective et soutint son regard le temps de laisser passer les dernières vrilles de douleur qui parcourrait encore son crâne qu'elle tentait désespérément de masser. Elle se pencha ensuite devant lui le temps de récupérer son smartphone. Le smartphone... La vache ! Il était carrément explosé !

L'écran ne ressemblait plus à rien, une bonne partie de la glace s'en étant décollée, brisée en mille morceaux, et il avait un coin complètement enfoncé –Une preuve qu'elle avait décidément la tête bien dure– Un vrai carnage. Bravo maestro. Elle sentit les larmes de la muette qu'elle incarnait poindre aux coins de ses yeux. Ce portable c'était pour elle l'un des seul moyen de communication face à ce monde hostile. Pour son personnage, c'était bien plus qu'un simple objet. Son portable était presque un ami. Sans lui, elle était réduite à fermer sa gueule et à subir les paroles des autres...

Elle se redressa et d'une soudaine impulsion le poussa sur un divan. Le mec n’eut pas d'autre choix que de s'y affaler. Vu son état, il n'était pas trop en mesure de résister de toute façon. Dans l'action, elle se s'appuya au dessus de lui pour l'empêcher de bouger et, profitant de sa surprise, lui donna des petits coups presque frénétiques sur le torse –Rien de bien méchant, vu sa musculature, elle aurait eu du mal à lui faire mal même si elle l'avait voulut– puis, agenouillée et comme vidée par cette perte, elle finit par poser lourdement et silencieusement sa tête au même endroit et imbiba le T-Shirt du musicien du liquide salé qui était sortit de ses yeux. Elle en décolla presque immédiatement son visage humide qu'elle essuya à la va vite avec sa manche. Bordel. Le cœur de Tony battait à deux-cent à l'heure. Merde, il était pas en train de lui faire une crise de manque parce qu'elle lui avait empêché de prendre sa ligne quand même ? Il allait finir par lui claquer dans les doigts si ça continuait. Elle ne pouvait pas le laisser comme ça, il fallait qu'elle fasse quelque chose.

Elle regarda autour d'elle pour chercher une solution et finit par trouver une idée. Elle s'éloigna du musicien, le regarda dans les yeux et lui fit un signe de la main en désignant le canapé pour lui dire de rester assis en espérant qu'il soit enclin à l'écouter. Elle s'approcha ensuite d'un groupe de personnes qui s’apprêtaient à être servis par un autre barman. A vu de nez, ça devait être un riche qui cherchait à gagner les faveurs d'une jeune femme en lui faisant la démonstration de ses excès de générosité dont elle semblait bien profiter... C'était parfait.

Elle s'approcha du serveur au moment où il se penchait vers la femme pour la servir et lui donna un coup de coude bien placé pour qu'il renverse le contenu de sa bouteille sur le décolleté qu'elle mettait bien trop en évidence. Son prétendant réagit au car de tour et commença à défendre la donzelle en alpaguant le gars et en commençant à l'engueuler et à le chahuter pour montrer ses muscles. De son côté, la nénette resta choquée par sa tenue ravagée en ne sachant comment réagir, ce qui lui donnait au passage une tronche de merlan frit qui était tout à fait satisfaisante et reflétais bien la personnalité du personnage. Profitant de l'agitation ambiante, et se sachant certainement observée par le rockeur –ce qui était une sensation étrange, tant elle avait peu l'habitude qu'on la regarde user de ses... habitudes– elle passa à côté du canapé et glissa discrètement sa main dans le sac à main pour en sortir ce qu'elle cherchait : Un paquet de cigarette et un briquet. Ce n'était pas sa drogue mais peut-être que ça l'aiderait au moins à tenir le coup.

Sans même prendre le temps de s'arrêter, elle continua son chemin puis retourna vers Tony. Elle se plaça devant lui et lui brandit le paquet de cigarette devant elle en lui désignant la sortie de secours. Elle ne prit pas le temps d'obtenir une réponse et se retourna pour se mettre en marche vers l'air frai de l’extérieur, laissant derrière elle les restes du portable ravagé.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


avatar
Modo CDT & Coordinateur

C-GEAR
Inscrit le : 13/12/2013
Messages : 2298

Région : Unys - Johto - Sinnoh
Sam 1 Juil - 19:10
Il ne s'était pas rendu compte de sa propre force en lui balançant son téléphone en pleine tête. Mais au moins, cela lui avait fait un peu du bien. Ce n'était pas suffisant pour l'avoir blessée véritablement, mais elle aurait peut-être un hématome le lendemain. Et en plus de cela, le smartphone s'était brisé, la glace étant complètement fissurée de part en part. C'était fou à quel point ces objets pouvaient être faciles à détruire malgré l'avancement de la technologie. Finalement, ils étaient tout comme la vie de leurs porteurs. Un simple coup donné avec la bonne force pouvait suffire à les détruire, à les rendre inutilisables au mieux, à les anéantir au pire. Évidemment, sa défunte bien-aimée n'échappait pas à la règle. Ce constat l'anéantissait. Il n'y avait même pas de place pour de la véritable colère dans son cœur. Seulement le désespoir. L'impossibilité d'accepter qu'ils ne pourraient plus jamais se parler, s'échanger le moindre regard, le moindre baiser. L'impossibilité d'accepter qu'ils n'auraient plus le moindre projet à partager, que plus jamais il n'aurait les moyens de ressentir l'amour qu'elle éprouvait pour lui, malgré certaines différences dans leurs styles de vies et leurs personnalités respectives. L'envie de la rejoindre même s'il s'en savait incapable.

La descente commençait. Ou plutôt, elle s'amplifiait. Son cœur battait la chamade, si fort qu'il avait envie que quelqu'un prenne un couteau et l'arrache pour lui enlever cette souffrance. Il se sentait fatigué, comme si l'envie lui prenait de s'endormir pour ne plus jamais se réveiller dans ce monde de merde, malgré ses tremblements de tout à l'heure et ses mains toujours plus moites.


C'était parce qu'il était submergé par tous ces sentiments amplifiés par son manque de cocaïne qu'il se sentit incapable de résister quand la jeune femme lui tomba dessus et le poussa vers un divan. Elle le frappa de plusieurs coups de poing sans qu'il ne les ressente vraiment. Elle était agressive dans ses gestes, mais elle ne voulait pas vraiment l'attaquer. Si effectivement elle ne parlait pas, Tony avait suffisamment fréquenté Axelle pour savoir que c'était davantage dans l'ordre d'une phrase du style « Mais qu'est-ce que t'as foutu ? Pourquoi t'as fait ça, c'était tout pour moi, ce portable ! ». La preuve, elle semblait en pleurer. C'était ce qu'il pouvait déduire des traces humides qui arrivaient sur son torse, en tout cas.

Et si c'était vrai ? Si ce n'était pas un personnage qu'elle jouait ? Il venait de détruire son contact avec le monde extérieur. Il venait de rajouter encore une couche de culpabilité sur sa conscience qui en avait pourtant déjà bien assez. Il n'était qu'un imbécile. Un pauvre type qui ne pensait qu'à lui et à son mal-être. Mais cela lui faisait si mal. Quand il ne pensait pas à tout cela, il en faisait des cauchemars la nuit. Cela finissait toujours par revenir le prendre à la gorge, jusqu'à former des sanglots à des moments qui n'avaient pourtant aucun rapport avec la situation dans laquelle il se trouvait. Et il n'y avait que les rails pour changer cela. Les rails, l'ecsta, les space cakes, le LSD, tout ce qui pouvait le faire quitter ce plan d'existence. Le faire entrer en phase avec lui-même, comme le disait Elune.

« Putain, je fous quoi là ? »

Il se secoua la tête avec violence. Il n'allait quand même pas laisser cette pétasse lui perturber l'esprit, pas vrai ? En plus de ça, elle semblait déjà occupée à faire autre chose. Elle était allée voir un couple sur la table d'à côté qui était en train de se faire servir. La scène semblait tirée d'un bad trip. Elle avait fait exprès de bousculer le serveur pour qu'il renverse la bouteille qu'il tenait dans les mains et asperge la femme qui se trouvait en face de lui. Son compagnon s'était levé pour s'expliquer avec lui, et pendant ce temps, la prétendue muette avait mis sa main dans le sac à côté du divan pour en ressortir un paquet de cigarettes. Vraiment ? Elle venait de voler un paquet de cigarettes et causer tout un bordel juste pour ça ? C'était louche. Beaucoup trop louche. Et cela ne fit que renforcer sa méfiance envers elle. Si elle était capable de causer des ennuis chez les autres pour voler un truc aussi banal qu'un paquet de clopes et un briquet, alors il se pouvait bien qu'elle soit en train de faire la même chose avec lui pour lui subtiliser quelque chose. Son portefeuille, sans doute. Il serait bien pratique de s'approprier la carte bleue d'une rockstar, après tout. Cela dit, il obtempéra quand elle lui donna le paquet de cigarettes et qu'elle lui fit signe de quitter les lieux avec elle. Elle avait donc volé ça pour lui, pour contrer son addiction ? Dommage que ça ne marchait pas comme ça. La nicotine, c'était différent. Même du cannabis avait bien meilleur effet que cette connerie. Mais bon, au moins, cela réduirait sûrement les effets de la descente pendant un moment. Pourquoi pas, après tout. Il attrapa donc le briquet et le paquet, puis ils quittèrent tous les deux le Gomorrah par la sortie de secours de la boite de nuit.

Ils s'enfoncèrent dans la nuit noire et s'arrêtèrent quelques pâtés de maisons plus loin, là où ils seraient tous les deux certains que personne ne viendrait les déranger. Peut-être pas pour les mêmes raisons, cela dit.

« Merci pour la clope. » grogna-t-il en direction de la jeune femme, une cigarette entre ses dents. « Même si c'est pas ça qui sauvera ta peau si tu continues de m'emmerder. »

Il alluma le briquet et le mit dans sa poche avant de tirer une taffe de la cigarette. C'était vraiment dégueulasse en comparaison de la weed qu'Elune avait amené avec elle, mais bon, au moins, elles étaient mentholées.

« Et sinon, tu comptes me dire ce que tu me veux quand, exactement ? » poursuivit-il. « A moins que tu voulais qu'on soit ici pour que je puisse enfin te casser le nez et te faire un lit avec des sacs d'ordures ? »

Il était un peu plus détendu que tout à l'heure, mais cela n'enlevait rien à sa mauvaise humeur. Il était juste un peu moins déprimé et anxieux, ce qui était déjà un début. Mais il était clair qu'elle n'avait pas intérêt à continuer sur la pente qu'elle était en train d'emprunter si elle avait envie que son corps soit toujours intact après leur rencontre.

« Ah, et tu peux arrêter ton petit jeu quand tu veux, aussi. Si après avoir volé ces trucs-là tu crois que j'ai pas vu comment tu pouvais changer de comportement en deux secondes, tu te fourres le doigt dans l’œil. De toute façon, c'est pas comme si tu pouvais pas voler un autre portable. »

Cette dernière phrase était davantage marmonnée, mais tout autant à son attention. Parce qu'il n'était pas sûr de se contrôler si elle continuait de se foutre de sa gueule.


Double-compte: Mary Nephilim & Soren Kenshin

Avatar by Elune Crowley


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



C-GEAR
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Sujets similaires
-
» PV de Roxane || Chloé R. Evans ( feat Kristen Bell ) pris
» Just the same //feat Matt'//
» Ne t'inquiète pas, je serai toujours la pour toi. - Feat Femme Sianouille
» Kang Chang Min feat. Yong Jun Hyung
» Words drifting in the wind ... (feat. Rafael Alvarez)

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Master Poké :: Le Pokémonde :: Région Unys - 5E G E N :: Méanville-