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» victory does not makes us conquerors.


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Dresseur Alola

C-GEAR
Inscrit le : 20/11/2015
Messages : 279

Ven 4 Nov - 23:34
D’un soupire, il balaya toutes les craintes d’Angie dont le regard se renfrogna considérablement. Elle ne comprenait pas. Malgré tous ses efforts pour y parvenir, elle n’arrivait pas à saisir comment il pouvait prendre la situation avec autant de légèreté alors qu’elle-même se mordait les doigts en son nom. N’avait-il aucune considération pour sa vie ? Cette fois encore, la légèreté de son étoile la rendait malade d’inquiétude.

« Pense à Klara… Que dirait-elle si quelque chose devait t’arriver ? »
« Sauf qu’il ne m’arrivera rien… »

Il tentait de la convaincre avec ferveur, mais ses paroles se confrontaient toujours au mur de ténacité qu’elle déployait contre lui. Le débat était stérile et ne lui donnait d’autres choix que de se rendre à l’évidence : il était à court de ressources. Peu importe ce qu’il pouvait dire pour calmer le gouffre d’inquiétude qui la dévorait, elle revenait sans cesse à la charge avec de nouveaux arguments qu’il ne pouvait plus ignorer aussi facilement. Ce raisonnement sur Klara était la goutte de trop. Fidèle à ses habitudes, Ilya exécrait l’utilisation de sa fille contre lui. Elle était sa seule faiblesse. La seule personne dont la simple évocation lui renvoyait le sentiment d’un coup de pied dans sa tranquillité d’esprit. C’était torturant de l’imaginer morte d’inquiétude à l’idée qu’il lui arrive quelque chose. Il ne se le pardonnerait jamais. Heureusement, il était en sécurité et un tel drame ne surgirait jamais. Alors pourquoi retourner en boucle de tels scénarios horrifiques ?

« Je ne comprends pas comment tu peux rester aussi indifférent… »

Ce n’était pas de l’indifférence. Baissant ses yeux en direction des lettres à l’origine de cette mésentente, le jeune homme retint un soupire accablé. Les menaces écrites sur ces bouts de papier l’avaient peiné. Il ne comprenait pas comment la jalousie pouvait atteindre de tels extrêmes ni comment l’existence d’un humain entrevu par le biais d’un écran pouvait devenir à ce point insupportable. Il avait été navré de lire ces discours haineux et gratuits au travers le courrier que lui adressait habituellement ses fans. En l’espace de quelques secondes, sa journée avait connu un nouveau tournant beaucoup plus obscur qu’il essayait en vain d’oublier. Ça n’avait rien à voir avec de l’indifférence. Or, la vie continuait et il avait parfaitement conscience que de telles menaces ne s’ancreraient jamais dans la réalité. Il fallait être complètement paranoïaque pour s’arrêter à de telles petitesses. Et malheureusement, ou heureusement, Ilya répondait à un tout autre genre : l’insouciance née.

D’un mouvement de la main, Angie attrapa les quatre feuilles pliées. Son visage sembla soudainement résigné, comme si elle ne croyait plus pouvoir lui faire entendre raison. Il savait qu’elle était payée pour tout ça. Et même au-dessus du contrat qui les liait, il avait pareillement pleinement conscience que son affection pour lui l’empêchait de prendre avec un grain de sel de telles menaces. Ilya était son étoile. Son protégé. Depuis qu’il avait rompu ses propres liens parentaux, Angie se sentait devenue responsable de lui. De ce fait, elle maudissait silencieusement tous ceux qui cherchaient à causer du tort à son poulain.

« Peu importe. Je refuse que tu ailles te balader en ville comme si de rien n’était dans de telles conditions. »
« Mais… Angiiiiie ! »

Elle leva aussitôt le doigt pour lui imposer le silence avant qu’il n’ait temps de continuer sa jérémiade enfantine. De toute évidence, elle n’était pas d’humeur à l’entendre agir comme un gamin et elle ne manqua pas de le lui faire saisir. Réduit au silence, le jeune homme ferma son clapet.

« J’ai conscience que je ne peux pas te tenir en laisse contre ta volonté… J’ai donc engagé un garde du corps dans une compagnie très réputée pour assurer ta protection jusqu’à ce que l’on aille la certitude que le danger n’est pas réel. »

Surpris, le Kovalevski n’osa même pas répliquer. Il entrouvrit tout juste la bouche pour laisser sous-entendre son étonnement. Avait-il bien entendu ?

« Tu m’as engagé… Une nounou ? »
« … Si c’est ainsi que tu souhaites interpréter la situation. Oui. »

Des gardes du corps, il en avait eu plusieurs. Notamment lors des galas et autres grosses soirées pendant lesquelles les fans se battaient à l’entrée pour avoir la chance de toucher ne serait-ce qu’un seul de ses cheveux. Seulement, il avait toujours été inconfortable avec cette idée. Jamais il ne s’était estimé comme suffisamment substantiel pour qu’il considère comme indispensable l’emploi de quelqu’un pour le protéger. Angie, tant qu’à elle, semblait en parfait désaccord avec cette mésinterprétation. La réputation de son étoile ne cessait de croître et, peu à peu, le jeune homme avait quitté le monde inconnu du petit écran pour s’afficher dans les grandes salles de cinéma. Il ne pouvait plus espérer le même anonymat qu’à l’époque. C’était déjà un miracle, après une carrière cinématographique et musicale, qu’il puisse encore habiter un petit appartement sans que celui-ci ne soit pas continuellement sous le feu des projecteurs. Faute de choix, ils s’étaient fait un point d’honneur à garder l’adresse de la modeste habitation secrète.

Embêté, il grommela quelques paroles incompréhensibles. Sa réaction, bien que totalement immature, lui seyait à merveille : enfantine et capricieuse. Angie ne s’en formalisa pas davantage. Elle avait pris l’habitude de ses réactions anormales et quelques fois disproportionnées. Elle espérait seulement que le garde du corps qu’elle avait engagé serait en mesure de marchander correctement avec l’attitude du Kovalevski, sans quoi les prochaines heures risquaient d’être très longues.

« Il ne devrait pas tarder à arriver… Je lui ai donné rendez-vous ici à huit heures. S’il-te-plait Ilya : compose-toi un sourire et fais un effort. »

Il n’avait pas peur. Angie était celle qui, des deux, réagissait sans trop réfléchir. Les risques pour que l’homme ou la femme à l’origine de ces menaces mette son plan en branle étaient inexistants. Connaissait-il seulement le lieu de résidence de l’albinos ? Ilya était peut-être enfantin, mais sûrement pas idiot. La vie était beaucoup trop courte pour qu’il se prenne la tête avec de telles négativités. Il n’avait pas envie de voir son quotidien être chamboulé pour quelques mots écrits à l’encre bleu sur un bout de papier.
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Agent Kantô

C-GEAR
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Sam 12 Nov - 17:30
Il a fallu que je trouve un boulot, un truc qui paie assez pour que je puisse au moins financer les soins de Danny. C'est mon unique priorité. Et pour cela, il faut trouver un domaine dans lequel je peux exercer. Je n'ai jamais eu à travailler, pas dans le sens où j'avais des horaires, un patron, ou autres contraintes. Je me contentais d'avoir l'argent suffisant pour assurer le confort de Danny. Je n'ai pas d'expérience professionnelle donc. Mais j'ai eu du soutien, Samuel et Matt ont tout fait pour trouver quelque chose qui me conviendrait, qui me correspondrait. Et ils ont fini par trouver. Quelque chose auquel je n'aurais jamais pensé, garde du corps. Il m'ont donné l'adresse, et c'était à moi de me débrouiller.

Je me suis rendu à l'adresse en question, l'endroit est scindé en deux parties, d'un côté il y a la façade, accessible à la clientèle, de l'autre, la salle d'entraînement, où le passage est obligatoire au moins deux fois par semaine pour les employés qui ne sont pas en mission. Tout m'a été expliqué. Et je suis arrivée devant le bureau du patron. Quand il a posé ses yeux sur moi, j'ai eu l'impression de n'être qu'un vulgaire bout de viande. Il était plus intéressé par ma poitrine que par ce que l'homme qui m'avait accompagné lui racontait. J'ai senti la colère et le dégoût monter, mais je n'ai pas eu d'autre choix que de me taire, j'en ai besoin de ce salaire. Tant pis, je vais devoir accepter les a priori, les remarques désobligeantes au simple fait que je sois une femme. Mais bon, je leur ai vite montré que ce n'était pas grâce à ma plastique que je serais embauchée.

Oui parce qu'il n'a pas cru une seule seconde que je pouvais faire l'affaire. Il s'est arrêté à mon physique, ça me débecte, ce quinquagénaire grisonnant avec sa peau grasse et son double-menton, il me fout les boules. Je lui ai dit de me mettre à l'épreuve, de me tester. Il a ri, mais il a fini par accepter. Alors je suis montée sur le ring, le gars en face de moi, un colosse, tout en muscle, chauve, tatoué de partout. Et puis pour parfaire le cliché, un bon accent slave. Je ne sais pas s'ils essaient de m'intimider, en tout cas, il m'en faut bien plus. Surtout que là, c'est du corps à corps, c'est mon domaine, un gorille comme lui, il ne peut pas avoir ma vitesse. Le pauvre, il a ce sourire de confiance sur le visage, il n'a aucune idée de ce qui l'attend.

Et ça n'a pas loupé, il a voulu asséner son premier coup, mais il n'en a pas eu la possibilité. Je l'ai vu venir de très loin, ok, il est fort, il est imposant, mais c'est tout. Esquive, un bon coup dans le genou, mon poing sur sa tempe, et un étranglement. Jusqu'à l’évanouissement, ça suffit pour le neutraliser, pas besoin d'aller plus loin cette fois-ci. Et le deuxième colosse qui monte sur le ring, il n'y sera pas resté bien longtemps lui non plus. Il a fallu que j'en abîme cinq ou six pour que, finalement, le patron se décide à mettre fin au massacre.

Moi : Satisfait ?

Mon agacement s'est clairement laissé entendre, parce que cette sous-estimation quant à mon statut de femme, c'est juste stupide, et je viens de le lui prouver. Il n'assumera pas son tort, ça ne semble pas être le genre de type à s'abaisser devant une femme. Pourtant je viens de mettre une déculottée à tous ces meilleurs hommes. Il finit par me dire que c'est bon, et de revenir le lendemain, pour signer le contrat et avoir des explications complémentaires. Il me conseille même de prendre une tenue pour l'entraînement. Je suis rentrée satisfaite, même si les tourments concernant mon petit gars m'ont très vite assaillie. Et je me pointe le lendemain matin, prête à signer et prête à m'entraîner.

Étonnamment, il y a beaucoup moins de condescendance dans les propos de mon employeur. Il en serait presque appréciable, même s'il continue à ne m'inspirer que du dégoût, tant qu'il me fournit le salaire à la fin du mois ! Sans compter les primes envisageables d'ailleurs, parce que les primes de fin de missions, c'est un bonus non négligeable. Suite à cela, je suis partie rejoindre les autres, pour m'entraîner dans cette véritable salle de sport mise à disposition. Je peux profiter d'installations adaptées, c'est le rêve pour améliorer ma technique et surtout ma puissance. Donc je suis partie, échauffement, et puis sac de frappe, tapis de course, développé-couché. Un peu de tout. Mais l'idéal serait de me trouver un sparring partner, mais tous les mecs ici me fuient. Ils ont compris la leçon d'hier, sauf que j'avais à faire mes preuves. Tant pis, je préfère qu'ils me craignent plutôt de voir leurs sourires de prédateurs, clairement.

Je n'ai pas eu à attendre deux jours que je reçois un appel de ma boîte. J'ai du boulot. C'est génial. Je me suis rendue à l'agence, et j'ai eu des infos. Un acteur qui a reçu des lettres de menace, à Voilaroc. J'ai l'adresse. Sauf que j'ai appris que je devais me débrouiller pour y aller, que les transports étaient à mes frais. Et bien, pour le voyage, j'ai décidé d'emprunter l'Airmure de Danny. Il n'est pas vraiment en état de s'en occuper de toute façon. J'ai donc fait le trajet sur le dos du Pokémon acier, aménagé d'une selle, jusqu'à Sinnoh, jusqu'à Voilaroc.

C'est un retour en enfance, quinze ans plus tôt environ. Et oui, ces quelques années passées ici, c'est étrange. C'était l'époque où mes parents étaient encore là. Forcément, la mélancolie me prend. Et j'avance, dans ces rues qui ont tout de même drôlement changées depuis tout ce temps. J'ai une adresse, je n'ai même pas noté de nom. Je me dirige à l'instinct pour l'instant. J'arrive à m'orienter plutôt bien, rien qu'avec mes souvenirs. Mais quand j'arrive dans la bonne rue, il faut que je me fie aux numéros pour trouver l'emplacement exact. Je remonte la rue et finit par trouver. J'ai le digicode, j'entre. Le temps que je me retrouve devant la porte, j'ai entendu une de mes pokéballs s'ouvrir. C'est Morty. Le Sépiatop vient flotter à coté de moi. Je vais rencontrer celui que je vais devoir protéger, en priant pour que ça ne soit pas un gros lourd que je vais vouloir étrangler de mes mains. La porte face à moi, je presse mon doigt sur la sonnette.


HRP:
 



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Dresseur Alola

C-GEAR
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Messages : 279

Sam 3 Déc - 21:33
On comparait souvent Ilya à un enfant. Comme si ses mimiques et ses sautes d’humeur infondées justifiaient un tel diminutif ! Fréquemment, il entendait l’équipe de production le qualifier de gamin pourri et cela comportait à la fois autant d’avantages que d’inconvénients. Après tout, il était censé être un adulte. Dans son métier, il n’y avait pas de place pour les crises infantiles et si son talent ne lui avait pas sauver la mise à plusieurs reprises, il serait sans doute dans la rue à l’heure actuelle. Le Kovaleski le savait, mais n’initiait aucun effort pour changer. Il avait passé trop de temps à se prendre la tête pour des idioties et à appréhender la vie avec un sérieux répugnant. Maintenant, il ne se passait, au bas mot, pas une seule journée sans qu’il ne couvre son équipe de ses sourires sempiternels. Il ne voulait plus se soucier des tracas quotidiens et chaque mauvaise nouvelle supplémentaire n’était désormais plus qu’un prétexte pour être encore plus heureux que la veille. Un esprit insouciant et épicurien comme le sien faisait de lui un être aussi parfait que détestable selon l’identité de son interlocuteur.

Cette situation n’était qu’une exemple parmi tant d’autres de son insouciance haïssable.

Le pire restait sans doute son manque de coopération. Comme un enfant refusant de prendre son bain, Ilya semblait borné dans son mécontentement d’avoir été placé sous la protection d’une nounou. Il recevait des insultes quotidiennement. Au travers les lettres de fans se cachaient toujours quelques paroles venimeuses, fruits d’une jalousie encore plus amère qu’il considérait comme parfaitement normale. Tout le monde n’avait pas sa chance. Après tout, la plupart des gens qui s’amusaient à critiquer ses photos ou ses rumeurs ne possédaient habituellement pas une vie aussi édifiante que la sienne. Il respectait ça. Alors pourquoi une petite menace devait-elle tout bouleverser ? C’était la partie de l’histoire qu’il n’acceptait pas.

Il inspira profondément lorsque la sonnette retentit dans l’appartement. Sous le regard sévère de son agente, le jeune homme se composa un sourire tout ce qu’il y avait de plus sympathique. Après tout, il était acteur. Jouer la comédie, c’était son domaine. Même lorsque l’envie n’y était pas et qu’il préférait la mine boudeuse aux expressions joviale. Soupirant, la trentenaire roula des yeux puis se retourna vers la porte derrière elle. Sans un mot, le Kovalevski préféra plutôt s’asseoir sur le sofa malgré un regard constant sur l’ouverture.

« Oh… »

Cette expression de surprise lui arracha un haussement de sourcil suspicieux. L’angle du canapé vis-à-vis la porte l’empêchait de voir autre chose que le dos d’Angie, braqué par l’étonnement. Que se passait-il ?

« Nous vous attentions justement… Vous êtes bien le garde du corps que j’ai employé ? »

Demanda-t-elle, sans attendre de réponse de son interlocuteur. Quelque chose dans la voix d’Angie trahissait sa surprise et son inconfort. Comme si elle avait été déçue de sa découverte en ouvrant la porte. Qu’attendait-elle et, surtout, qu’avait-elle trouvé pour réagir aussi négativement ? Ça ne lui ressemblait pas. Peut-être son interlocuteur n’était-il pas assez culturiste à son goût ? Il ne lui dirait pas de vive-voix, mais cela arrangeait Ilya qui se voyait mal aux côtés d’une armoire à glace faisant deux fois sa taille et son poids. Si Angie priorisait la discrétion, alors un lutteur mexicain n’était pas un choix très ingénieux.

« Je m’appelle Angie, je suis son agente… Je vous en prie, entrez ! »

Annonça-t-elle en se décalant légèrement pour laisser passer l’inconnu. Enfin. Inconnue plutôt. Stupéfié, il comprit dès cet instant le manque d’enthousiasme d’Angie qui aurait sans doute préféré savoir son employeur entre les mains d’un homme plutôt qu’une femme. Oh, l’un comme l’autre était loin d’être machiste, mais quelque chose dans l’apparition du chromosome X dans le cadre de porte rendait la scène suffisamment étonnante pour les déstabiliser. En la regardant de plus près, Ilya sentit toute fois son sourire prendre en assurance et en authenticité. Ce n’était pas la première fois qu’une demoiselle devait le sauver des griffes des méchants. Il avait toujours été fluet et inapte à se venir en aide. Il y a plusieurs années de cela, une autre jeune fille avait dû prendre sa défense et, de ce fait, il savait à quel point il ne fallait pas sous-estimer une femme. Lui n’avait rien à revendiquer.

Sans s’en rendre compte, sa main se leva légèrement à la hauteur de sa tête et son sourire ambitionna sur un autre niveau de sincérité.

« Donc c’est à toi qu’on a confié ma garde ? Heureux de faire ta connaissance ! »

Il n’oubliait pas cette histoire de nounou qui lui traversait toujours la gorge de travers. Même s’il pouvait faire un effort pour paraître sympathique et briser sa mauvaise humeur enfantine, il n’était pas prêt à tirer un trait sur cette trahison. Il fallait lui laisser encore un peu de temps, même si la découverte d’une femme plutôt qu’un homme le rendait nostalgique.

« Voici Ilya… Mais j’imagine que vous l’aviez reconnu. C’est moi qui vous ait engagé pour veiller à sa sécurité. Il reçoit depuis quelques jours des lettres de menaces anonymes et ce serait un désastre pour nous s’il devait lui arriver quelque chose. »

Tout au long de sa tirade, elle s’employait méticuleusement à mettre son inquiétude sur le dos de leur relation professionnelle plutôt que personnelle. C’était tout elle ça, à toujours prétendre que le travail passait avant tout le reste. Il ne pouvait pas lui en vouloir : leur amitié ne concernait qu’eux-mêmes.

Prenant quelques secondes de son temps pour admirer silencieusement la rouquine, Ilya ne put s’empêcher de lui trouver un quelque chose de froid et tranchant qui n’avait à voir avec lui. Pour quiconque assistant à la scène, celle-ci devait paraître particulièrement contradictoire. Il ne la connaissait pas, mais la rouquine face à lui semblait avoir du vécu. Un vécu bien différent du sien et du passé pseudo-parfait que les gens lui associaient. Ce n’étaient que des foutaises, bien entendu. Avant que Klara ne naisse, la vie d’Ilya n’était que désolation aux profits monstrueux. Rien à avoir avec l’histoire parfaite que transcrivaient les médias. Après tout, le petit Ilya Kovalevski l’avait eu tellement facile.

« Haha. Angie se fait toujours un sang d’encre pour rien, c’est plus fort qu’elle. Du coup, c’est quoi ton p’tit nom à toi ? »

Il avait retrouvé sa bonne humeur. C’était toujours ça de gagné.
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Agent Kantô

C-GEAR
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Mar 20 Déc - 16:51
Je suis là, devant cette porte, avec ce cher Morty qui flotte, il faudrait qu'il retourne dans sa pokéball, car ce n'est pas une manière de se présenter, de s'imposer de la sorte. Au contraire, je suis ici pour m'adapter aux situations qui me seront présentées. Étonnamment, il n'y a aucun stress qui ferait battre mon cœur plus vite que d'accoutumée, non, je suis parfaitement calme, je suis prête à rencontrer la personne dont je vais devoir m'occuper. Sauf que le Sépiatop en a décidé autrement. Mais je ne pense pas que ce soit une si mauvaise chose, il ne s'amuse pas à tournoyer comme il pourrait le faire en temps normal, il se contente de flotter légèrement derrière mon épaule. Je commence à croire qu'il a saisi l'importance de ce travail pour moi. C'est vital, pour Danny. Cette simple pensée ravive la détermination qui brûle en moi. Il faut que je sois irréprochable.

La porte s'ouvre, me laissant entrevoir une femme, la trentaine, ou approchant. La première chose que je peux lire sur son visage, c'est la surprise que crient ses iris ambrées derrière ses lunettes, et cela s'accompagne d'un son allant dans ce sens, avec certainement une pointe de déception. Et non, votre garde du corps n'est pas un homme qui se nourrit de protéines. Sauf que ce n'est pas le détail qui me perturbe, on m'a parlé d'un acteur, et non d'une actrice. Pourtant, c'est bien cette femme brune que je peux voir de l'autre côté de la porte. Je suis perplexe, bien assez pour me faire oublier que je ne suis pas le produit espéré. Enfin, pour une très courte durée. La question qui m'est adressée vient exactement confirmer ce que je pensais. Elle s'attendait à trouver un homme de l'autre côté de cette porte, et elle aurait sûrement préféré.

Angie : Nous vous attentions justement… Vous êtes bien le garde du corps que j’ai employé ?

Non, pas du tout, je suis venue faire la poussière ! Mais on reste détendue, aucune pression, on sourit, on fait comme si on s'était habitué à ce genre d'effet de surprise et on acquiesce, gentiment. Je ne dois pas être cassante, car c'est une tendance que j'ai du mal à masquer parfois. Il faut que je conserve le focus sur mes objectifs, et faire abstraction de tout ce qui pourrait m'irriter. Je dois aller à l'opposé de la personne que j'ai été ces dix dernières années, je ne laissais ressortir que l'agacement et la colère, et là, ce sont les sentiments que je dois tout simplement étouffer. Je dois pouvoir en être capable, si je peux éteindre le reste, cela ne devrait pas faire exception.

Angie : Je m’appelle Angie, je suis son agente… Je vous en prie, entrez !

La première information qui se fraie un chemin jusqu'à mes pensées, c'est le fait qu'elle n'est pas la personne que je devrait suivre, c'est donc elle qui m'a engagée. D'accord, donc elle s'appelle Angie, c'est aussi une information à garder en mémoire. Elle se décale ensuite de l'ouverture de la porte, en association avec sa phrase. Je me contente donc de pénétrer dans l'appartement. Sans même m'offrir le luxe de m'appesantir sur ce nouvel environnement, mon regard se fixe sur l'autre personne présente ici. Cet homme n'est pas vraiment le gars typique qu'on peux croiser, les cheveux d'un blanc immaculé, longs, et attachés, des yeux d'une teinte rougeoyante. Et pourtant, je ne ressens pas la moindre once de surprise. Il se contente de lever la main et de sourire, en guise de salutations, sans même prendre la peine de se lever de son fauteuil.

Ilya : Donc c’est à toi qu’on a confié ma garde ? Heureux de faire ta connaissance !

Angie : Voici Ilya… Mais j’imagine que vous l’aviez reconnu. C’est moi qui vous ait engagé pour veiller à sa sécurité. Il reçoit depuis quelques jours des lettres de menaces anonymes et ce serait un désastre pour nous s’il devait lui arriver quelque chose.

Je me suis arrêtée à "Ilya", je n'ai pas écouté le reste. J'ai bien trop peu fréquenté de personne tout au long de ma vie pour avoir fait l'impasse là-dessus. Et ce que je vois de lui entre en parfaite adéquation avec les souvenirs qui remontent. Je ne sais pas s'il s'agit réellement de lui, mais comme je n'étais qu'une gamine à l'époque, impossible de me fier totalement à ce que je me rappelle. Cela fait écho en moi, à une période que j'ai mise derrière moi depuis bien longtemps, cependant, je dois rendre ce trouble à l'intérieur parfaitement invisible. Je reste droite, le regard figé. Je pense que j'aurais dû me renseigner davantage, pour éviter ce genre de surprise. Je déteste les surprises. Ce ne sont que des distractions, et donc elles sont dangereuses.

Je stoppe net le flux d'images mentales qui peuvent remonter de cette époque où j'ai vécu ici. Plus rien ne doit entraver ma capacité à faire mon boulot. On efface tout et on revient là où on en est. Je sais que je suis très peu loquace, c'est dans ma nature, et pas un seul mot n'a encore franchi la barrière de mes lèvres. A la base, j'attendais d'avoir davantage d'informations, maintenant, j'ai peur de trahir la neutralité totale que j'affiche. Je ne suis pas une femme chaleureuse, et cela convient parfaitement à la tâche que j'exécute, alors autant que je reste fidèle à ce que je suis. De toute façon, il est possible que je me fourvoie totalement, alors rien ne sert de se questionner. Je fais le boulot pour lequel je suis payée, et c'est réglé.

Ilya : Haha. Angie se fait toujours un sang d’encre pour rien, c’est plus fort qu’elle. Du coup, c’est quoi ton p’tit nom à toi ?

Moi : Maëve Kent. Mais bon, les gens disent Mev la plupart du temps. J'ai fini par préférer.

Simple, concis, efficace. Moi. Avec ma manière de parler sèche et distante. Je ne suis pas ici pour être le joli chien de garde qui fait la conversation pour meubler les moments d'ennuis. Au moins, c'est clair et net. S'il est bien celui que je pense, peut-être réagira-t-il à l'énonciation de mon prénom. Ou bien il m'a complètement oubliée. Ou alors ce n'est même pas lui. En tout cas, je ne me risquerai pas à lui demander, je ne suis pas ici pour m'attacher à celui que je dois protéger. La dernière fois que cela s'est produit, cela a totalement altéré mon jugement. Maintenant, Danny est entre la vie est la mort, à l'hôpital, et je me retrouve loin de lui pour assurer ses soins. Tout ceci par ma faute, parce que je me suis laisser aveugler par la joie de vivre contagieuse de mon gamin. Voilà où nous en sommes, et à quoi j'en suis réduite. Moi qui ai toujours clamé haut et fort mon indépendance, je me retrouve à jouer les chiens de garde pour des gens qui ont les moyens de se les payer.

Moi : Sinon, quel est le planning à venir ? Que je puisse évaluer plus ou moins quels seront les moments les plus à risque.

Je l'ai dit, je déteste les surprises, je préfère largement savoir à quoi m'en tenir. Ma vigilance est toujours à un niveau élevé, mon éveil sensoriel ne se met jamais en pause, mais il y aura des situations dans lesquelles je devrais mettre absolument toutes mes ressources cognitives à disposition pour appréhender l'environnement qui nous entourera. Et c'est cet instant qu'à choisi Morty pour sortir de derrière mon dos. Il s'est élevé et s'est directement dirigé vers Ilya. Une fois bien en face de lui, il s'est positionné tête en bas pour le regarder. Je n'ai absolument aucune idée de ce qu'il fait, et c'est un peu gênant de ne pas avoir de contrôle sur ce petit Pokémon. Mais bon, c'est trop tard maintenant, j'espère seulement que l'acteur ne se sentira pas mal à cause de cette approche et intrusion dans son espace personnel. Qu'importe, il ne me tarde que de découvrir la suite des événements.



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Dresseur Alola

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Dim 5 Fév - 18:01
Il ne s’était pas levé pour accueillir leur invité. À dire vrai, l’idée ne lui avait même pas traversée l’esprit. Encore mécontent d’être traité comme un gamin, le jeune homme à la chevelure blanche n’avait pas esquissé le moindre mouvement en direction de la rousse et ce en dépit de toutes les règles de bienséances qu’il connaissait. Bien qu’il le masquât avec précision, il avait toujours à mal l’initiative d’Angie de lui engager un garde du corps. Il continuait de croire qu’il n’en avait pas besoin. Ces lettres ne pouvaient pas être sérieuses. Personne ne risquerait sa liberté pour redessiner le portrait d’un mec ayant eu la malchance de mieux réussir que lui. L’idée lui semblait beaucoup trop saugrenue pour être réelle. Archétype de l’insouciance même, Ilya ne pouvait se résoudre à admettre qu’il avait besoin que quelqu’un le couvre. Ses plans pour la journée, à l’origine très élémentaires, étaient soudainement bouleversé par cette touche aléatoire. S’il avait pris conscience des conséquences de sa confession, sans doute aurait-il simplement jeté les lettres sans en informer Angie. Pourquoi le destin devait-il se jouer de lui de cette manière ? Comment allait-il occuper sa journée désormais ? Il était de bonne humeur, certes, mais toujours aussi capricieux.

Malgré quoi, il tendit poliment une main en direction de la rousse lorsqu’il l’invita à décliner son identité. Tout souriant malgré la trahison de son agente, le jeune homme stoppa net son geste lorsque le nom de sa garde du corps résonna dans l’appartement. Ses yeux s’écarquillèrent légèrement en admirant plus amplement son homologue féminin. Maëve. Il dû se faire violence pour ne pas laisser transparaître trop longtemps sa surprise d’une nostalgie venue lui rendre visite. Ce nom lui ramenait en mémoire des souvenirs auxquels il n’aurait jamais cru être de nouveau confronté. C’était un renouement inattendu avec le passé. Et même après tout ce temps, Ilya était forcé de constater que les choses étaient toujours identiques à sa jeunesse : il était la victime, elle était le héros. Et même s’il l’admirait beaucoup pour ça, il regrettait toujours de ne pas porter le collant bleu et le slip rouge.

« Va pour Mev alors… Heureux de faire ta connaissance ! »

Et il l’était. En l’absence de preuve certifiant que la jeune femme devant lui était belle et bien son amie d’enfance, le jeune homme n’osait pas s’avancer sur le terrain des retrouvailles. D’un autre côté, la froideur qu’elle dégageait lui incitait la plus grande prudence s’il ne souhaitait pas se brûler les ailes. Il avait beau revêtir l’innocence d’un gosse, il était toutefois respectueux des personnalités de tous et chacun. Sept années à acter au cinéma et à rencontrer plus de personnes que son esprit pouvait retenir de noms lui avaient appris qu’il existait autant de caractère que d’être humain sur terre et que le retour de flammes pouvait était souvent douloureux lorsque l’on prenait trop de libertés. Au début de sa carrière, il en avait souvent payé le prix. Il ne comptait plus le nombre de producteurs qui lui avaient crié dessus comme s’il n’était qu’un déchet ne méritant aucune considération juste parce qu’il avait osé poser la mauvaise question. Franchement, il ne désirait pas du tout revivre cette situation embarrassante. Le peu d’orgueil qu’il possédait et sa fierté avaient beaucoup trop prit cher pour leur grade.

De toute manière, avec ce qu’il prévoyait, ils auraient beaucoup de temps pour discuter. Peut-être même un peu trop.

C’était là toute l’immaturité d’Ilya. Plutôt que de profiter de cette opportunité pour faire plaisir à tout le monde en se montrant réceptif à cette garde rapprochée, il préférait de loin saisir cette chance de faire comprendre son mécontentement dissimulé en rendant la tâche de sa nounou encore plus laborieuse. L’idée s’était peu à peu frayée un chemin dans sa tête alors qu’il constatait qu’il ne pourrait pas maintenir ses plans initiaux pour la journée. Pour célébrer le retour de Klara à l’appartement d’ici quelques jours à peine, le jeune homme aurait aimé lui acheter quelque chose, n’importe quoi. Cette semaine séparée de sa fille présentait à chaque fois une véritable torture pour le jeune père. C’était pour dire à quel point il détestait la mère de la gamine. Il refusait toutefois de s’abandonner à une telle activité en présence d’une tierce personne dont la présence aurait tôt fait de le rendre inconfortable. Entre Klara et Ilya, il n’y avait que Kara et Ilya. Personne d’autre n’avait de place dans leur petit monde.

Se relevant subitement, le jeune homme décrocha un énorme sourire à Maëve avant de saisir un pamphlet sur la table basse. Sans plus tarder, il le tendit en direction de la jeune femme.

« Le voici, notre planning de la journée ! J’espère que tu n’es pas du genre à avoir mal au cœur dans les montagnes russes… »

Minauda-t-il, le regard brillant d’excitation. « Pokéland » était écris en gros sur le dépliant qu’il venait de lui offrir. Il avait initialement prévu de s’y rendre avec sa fille lorsque celle-ci reviendrait de son séjour chez Aude, mais il pouvait bien visiter les lieux une première fois avant de s’y rendre officiellement avec la gamine. Et puis, franchement, il avait toujours été un grand adorateur des parcs d’attractions. Privé toute ton enfance durant, il adorait désormais les manèges et les parcs à thèmes. Tel l’éternel enfant qu’il était, il ne voyait pas le temps passer lorsqu’il pénétrait à l’intérieur d’un terrain consacré au plaisir. L’ambiance était toujours au top, comme si tous les problèmes du monde disparaissaient à l’entrée. Surtout qu’il savait que ce genre de lieu était très fréquenté et qu’il devenait vite difficile de garder un œil sur tout le monde. Tant qu’à payer de sa poche pour sa protection, alors autant maximiser son investissement en joignant l’utile à l’agréable. Il regretterait d’engager quelqu’un pour surveiller la porte de l’appartement pendant des heures sans avoir plus de contact. Il avait de l’argent, ce n’était pas pour autant qu’il prenait plaisir à l’utiliser inutilement. D’autres le faisaient déjà pour lui.


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Agent Kantô

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Dim 19 Mar - 16:23
Il s'est levé pour venir vers toi, Ilya, jusqu'à être sous tes yeux. Tu voudrais pouvoir le regarder fixement, comme il le fait sûrement, mais ton regard fuit. Tu n'oses pas te confronter à lui. Mais de quoi peux-tu bien avoir peur ? Qu'il te reconnaisse ? Et alors, où est le mal ? Il se sentira plus en confiance qu'avec une inconnue, ça parait évident. Mais tu crains que cette confiance altère ton jugement, tu crains de devenir plus conciliante, de louper des éléments, et que le drame arrive. Parce qu'il arrive toujours, et qu'il fait mal, terriblement mal. Tu ne veux plus revivre ça, plus jamais. Tu n'es pas encore remise des événements précédents, et tu ne penses pas en guérir un jour. Tu ne veux pas ressentir un poids similaire sur tes épaules une seconde fois.

Mais tu restes forte, tu enfermes tout ça dans un coin de ta tête. Concentre-toi sur ce que tu fais et tout ira bien. Sois là, dans le moment présent. Concentrée et appliquée. Parce que tu es une bosseuse, pendant combien d'année tu as réussi à mettre de côté cette rage en toi ? Et tu as fait pareil avec la peine et la douleur. Alors tu peux sans encombre renouveler cet effort aujourd'hui. Parce que ce n'est pas toi qui compte dans cette équation. Non, c'est Ilya. C'est lui qui importe, et personne d'autre. Tu es ici pour sa sécurité, alors veille à ce qu'il ne lui arrive rien. Tu n'as qu'à te focaliser là-dessus. Il est ta priorité, comme c'était le cas dans la cour de récréation. Endosse à nouveau ce rôle qui était déjà tien il y a si longtemps. Car même si tu n'oses pas lui poser la question, tu doutes de moins en moins sur le fait que lui et toi, vous vous connaissiez déjà et que cette situation n'est pas si nouvelle que ça. Et cela se confirme lorsqu'il se relève et te sourit. Tu as décidé de lever les yeux, et ton regard a croisé le sien. Tu as retrouvé cette lueur d'innocence qui brillait en lui à l'époque. Il n'a pas vraiment changé, en fin de compte.

Ilya : Le voici, notre planning de la journée ! J’espère que tu n’es pas du genre à avoir mal au cœur dans les montagnes russes…

Tu l'as vu saisir ce prospectus, juste là, sur la table basse, il te l'a tendu. Et tu l'as saisi. Mais il faut que tu y jettes un coup d’œil à présent pour savoir s'il retourne bien de ce à quoi tu penses. Il se trouve que oui. Tu contiens ce soupir lascif qui ne demande qu'à sortir. Ce n'est pas approprié. Mais un parc d'attraction, sérieusement. Il ne pouvait pas plus te compliquer la tâche ! Tu dois composer avec, alors tu composeras avec. Bien que tu n'aies jamais eu l'occasion de te rendre dans un tel lieu. Tu te rappelles vaguement de quelques fêtes foraines avec tes parents, mais jamais de parc comme celui sur le dépliant. Pokéland. Tu laisses tes yeux se poser sur les différentes photographies et parcours l'intégralité du papier. C'est un terrain que tu ne connais pas, et tu sais que c'est le genre d'endroit bondé de monde, où ça se bouscule. L'endroit idéal pour éliminer quelqu'un sans que personne ne s'en rende compte, dans la foule, dans le bruit, dans l'agitation et le passage. Mais bon, tu te doutes que ça n'ira pas jusque-là, sauf s'il s'agit d'une fan hystérique, ou même un fan, qui sait ? Il faut se méfier de tout le monde, sauf des gosses, c'est déjà une bonne partie de la fréquentation du lieu. Il faudrait peut-être que tu lui en touches un mot, histoire de dire. Mais tu te doutes qu'il ne changera pas d'avis. S'il n'a pas changé, il restera sur sa décision, pensant que personne n'aurait de raison de lui en vouloir. Sauf que les autres ne sont pas aussi innocents et naïfs que lui.

Moi : Excusez-moi, mais... Le parc d'attraction, ça ne va pas m'aider à vous protéger. D'accord, la peur n'évite pas le danger. Mais bon, c'est pas trop une raison pour faire comme si de rien n’était.

Vous êtes repartis pour un tour, comme il y a quinze ans. Enfin, plus ou moins. Le petit pâlot et la brute rousse sont devenus le grand pâle et la belle rousse. Si tu veux savoir s'il est toujours le même, ce qu'il s'est passé pendant tout ce temps. Lui ne te reconnaîtrait certainement pas. Tu es passée par de nombreuses épreuves, tu n'es plus une enfant têtue et insolente. Loin de là. Tu as appris la tempérance. Tu as retenu la leçon. Rester froide et à distance de tout, ne pas s'impliquer émotionnellement. Car le contraire, c'est te créer des points de failles, des points à exploiter pour te briser, pour tout faire voler en éclat. Ça t'es arrivé une fois, une fois de trop. On ne t'y reprendra plus.

Sauf qu'il s'agit d'Ilya. Et que tu es déjà impliquée, qu'il y a une part de toi qui reste émerveillée par cette candeur avec laquelle il voit le monde. Le doute n'est plus, c'est bien lui. Pour ne pas se rendre compte que le monde n'est pas rose, pour ne pas voir que les gens ne sont pas tous bons, ça ne peut être que lui. Et cela t'arrache un sourire discret, mélancolique. Comme ça, il y a des choses qui ne changent pas, tu es à nouveau là, à Sinnoh, pour garder un œil sur lui, pour lui éviter les embrouilles, pour éviter qu'on abuse de son innocence. Vous avez toujours été diamétralement opposés sur ce point, là où tu voyais du mauvais chez les autres, il y voyait du bon, tu ne sais comment, mais c'est ce qu'il voyait. Malheureusement, ton point de vue était souvent le plus juste. Malgré tout cela, tu te rends compte qu'une part de toi est heureuse, de savoir qu'il va bien, qu'il s'en sort et qu'il a trouvé quelqu'un pour veiller sur lui, son agente. Et c'est une excellente chose.

Moi : Du coup, on y va maintenant, ou un peu plus tard ?

Ce n'est pas que tu es pressée, juste que tu aimes savoir. La précision, c'est un atout de pouvoir éliminer un maximum de variables. Après, tu as cette petite voix en toi qui te dis que tu pourras profiter, un parc d'attraction, c'est l'occasion de découvrir, de lâcher du lest et puis aussi d'en apprendre plus sur ce qu'il est devenu. Tu sais que tu dois la faire taire, parce que cela n'est que synonyme de distraction et donc que cela va altérer la qualité de ton travail. Tu n'es pas ici pour renouer avec d'anciens amis. Non. Tu es ici pour protéger un client. Ne te laisse pas faiblir. Maintiens la distance et tout se passera bien. Respire un coup. Déjà, tu as de la chance, tu n'as pas à t'occuper d'un gros lourd, non, tu es chanceuse, c'est Ilya.



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Dresseur Alola

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Jeu 4 Mai - 2:43
Innocence était sans conteste le terme qui lui convenait le mieux. Ilya était un enfant prisonnier d’un corps d’adulte. Malgré un air parfois taquin, le jeune homme n’était qu’empathie et allégresse contagieuse. Le meilleur de l’être humain comme certains disaient… Même si cela entraînait parfois moult accusations à son encontre. Certains appelaient ça le syndrome de Peter Pan… Le refus catégorique de grandir. En creusant un peu l’histoire d’Ilya, c’était facile de faire porter le chapeau à ses parents. Après tout, un enfant introduit trop hâtivement dans un monde adulte désirerait sans doute revivre sa jeunesse tôt ou tard. Le temps volé lorsqu’il n’était qu’un gosse, le Kovalevski souhaitait désormais le récupérer. Aux yeux de certains, un tel vœu était parfaitement légitime même si, pour d’autres, il ne s’agissait que d’un ridicule caprice enfantin. Dans un cas comme dans l’autre, une seule certitude s’imposait : son comportement s’était aggravé depuis la naissance de Klara … Il avait sans doute vu en sa fille un moyen de regagner son enfance perdue et elle n’avait pas manqué de lui offrir la possibilité de prendre sa revanche sur le temps. Que cela n’en déplaise à ceux souhaitant obtenir d’Ilya un peu plus de sérieux et de professionnalisme…

Il savait que sa proposition n’allait sans doute pas plaire à la jeune femme… Après tout, surveiller un homme dans une foule était une tâche beaucoup plus compliquée que s’il se contentait de dormir tout l’après-midi. Le danger pouvait venir de partout, surtout lorsque des menaces d’une telle ampleur flottaient au-dessus d’eux... Et ce n’était pas le plus inquiétant. Le pire, c’était sans doute les fans qui risquaient de le reconnaître et ainsi de tripler la difficulté du travail de Mev.

Il n’avait pas pris sa décision sur un coup de tête : chaque variable de son idée avait minutieusement été ajoutée à l’équation afin que la somme lui convienne. Ilya était parfois un gosse exécrable cachant bien son jeu derrière ses sourires innocents et ses regards parsemés d’étoiles.

La réplique de Mev lui arracha une furtive expression de déception. Bien sûr, il se doutait qu’elle émettrait quelques réserves face à cette idée contre-productive… Mais il avait eu espoir qu’elle ne les exprime pas de vive-voix. Lui souhaitait seulement s’amuser. Il avait toujours été ainsi, répudiant constamment tout ce qu’il y avait de plus sérieux en ce monde, comme s’il refusait de comprendre que la vie n’était pas toujours une partie de plaisir. Ces rires que l’on avait mis en veilleuse quand il était gamin lui manquaient beaucoup trop. Il ne voulait plus admirer le regard grave de ses proches lorsqu’ils s’inquiétaient ou leurs lèvres pincées lorsqu’il commettait une erreur… Tout ça, c’était derrière lui. Et il souhaitait désormais que tous et toutes en prennent conscience : il n’agirait jamais comme l’adulte de vingt-six ans qu’il était censé être. Cette candeur dans son regard était sa principale qualité et la raison pour laquelle il était si facile de s’attacher à lui. Sans ça, il ne restait rien.

« …Je suis convaincu qu’il n’arrivera rien. »

Il était persuadé que tout irait bien. Que la peur ne trouvait pas fondement dans la réalité et que les lettres qu’il avait reçu n’étaient que jalousie. Ilya croyait fermement que cette terre était bonne… Et même s’ils étaient nombreux à tenter de l’en dissuader, il voulait voir ce qu’il y avait de positif en chaque individu. C’était sa philosophie. Et si la jeune femme était vraiment la personne qu’il croyait qu’elle était, alors il savait qu’elle pourrait le comprendre. Depuis le tout début, ils avaient été ainsi : la racaille et le gamin. Mev’ avait été placé sur sa route pour éviter que l’on abuse de son innocence, pour veiller à ce qu’il soit préservé de ce monde... Et lui avait été placée sur la sienne afin de nuancer sa vision. Pendant longtemps, elle avait été son ange-gardien, sa contrepartie. Elle était réaliste et avertie, deux qualités qui lui manquaient cruellement au quotidien.

Lorsqu’elle s’informa enfin de l’heure du départ, le regard du jeune homme se ranima subitement. Le pied léger, il étira un bras pour attraper un hoodie puis saisit une paire de lunettes fumées sur la table basse du salon. Il ne comptait pas s’attarder ici trop longtemps. La journée commençait à peine, mais c’était très bien ainsi ; la file d’attente pour entrer dans le parc serait moins longue et ils auraient le temps de profiter un peu avant que la foule ne devienne trop dense. C’était tout à leur avantage de partir aux petites heures.

« On part maintenant. Angie va nous conduire jusqu’à là-bas… Tu restes avec nous au fait ? »
« Non, merci. Je vais rentrer au bureau juste après. »

Ilya voyait dans son regard que la jeune femme était plus qu’agacée par cette idée de parc d’attractions. Malgré tout, si lui et Mev s’étaient entendu pour y être alors elle n’y pouvait pas grand-chose… Après tout, elle n’avait pas l’autorité nécessaire pour empêcher son client et son garde du corps de faire de ce que bon leur tentait… Malheureusement. Elle se contenterait donc d’aller les reconduire jusqu’à destination puis reviendrait se charger de la paperasse qui s’accumulait sur son bureau, lasse d’être oubliée.

Pendant qu’eux s’amuseraient. Ou, du moins, lui.

« Mh… Comme tu préfères. On y va ? »

Demanda-t-il en désignant la porte d’entrée. Amusé par la tournure des événements, le jeune homme fut le premier à s’extirper hors de l’appartement. Lunettes sur le nez, capuche sur la tête, il emprunta l’ascenseur dans le couloir puis descendit dans le stationnement au sous-sol. À l’abri des regards indiscrets et du flash nuisible des appareils photos. De cette manière, il était certain que personne ne le verrait jamais quitter son chez soi… La confidentialité de la demeure d’Ilya était possible uniquement grâce au sens des détails d’Angie. C’était elle qui avait tout imaginé afin de maintenir sa vie privée loin des paparazzis, vipères désireuses de révéler au grand jour le moindre de ses secrets. Il lui devait beaucoup.

S’avançant vers une voiture noire à la fois sobre et luxueuse, le jeune homme ouvrit la portière arrière puis désigna la banquette à la rousse.

« Si mademoiselle veut bien me faire l'honneur d'entrer. »




Utilisation de la CS Vol (Dernière utilisation : Jamais)


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Agent Kantô

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Sam 20 Mai - 17:07
Il avait grandi. Lui qui était petit à l'époque, probablement le plus petit, mais tu as toujours été grande. Sauf que maintenant, il te dépasse, de plus d'une tête. Et il n'est plus si maigrichon non plus. Là que tu le regardes, tu vois à quel point il a changé. Mais aussi à quel point il est resté le même. Il a conservé cette inconscience. Il n'a toujours pas réalisé que le monde n'est pas foncièrement bon. Toi, tu ne comprends toujours pas comment c'est possible, quelle que soit la situation à laquelle il est confronté, rien n'altère sa vision de tout cela. Et la raison est toute simple, c'est qu'il y a presque toujours eu quelqu'un pour veiller sur lui. Gamins, c'était toi. A cet âge, tu profitais déjà de la moindre occasion pour te battre, et puis tu étais incapable de le laisser seul, de le laisser se faire malmener. Tu n'as aucune idée de ce qu'il s'est passé depuis que tu es rentrée à Kantô, tu ne sais pas si quelqu'un l'a pris sous son aile, s'il a su se protéger de lui-même. Mais aujourd'hui, tu as pu te rendre compte qu'il a quelqu'un qui veille sur lui. Son agente. Tu ne sais pas depuis combien de temps, mais elle semble être efficace. Elle a réussi à lui faire accepter la présence d'un garde du corps, ou à lui imposer tout simplement. Tu as pu voir à quel point il était borné dans sa vision des choses, aussi convaincu que toi de ta vision. Il parvenait à immiscer le doute sur ta façon d'appréhender ton environnement, et puis tu étais ramenée à la réalité.

D'ailleurs, tu te confrontes malgré toi à cet aspect innocent jusqu'à l'extrême d'Ilya, on dirait que vous êtes encore des gosses. Enfin, lui, pour le coup. Mais tu sais qu'il ne sera pas forcément le plus difficile. Rien que le fait qu'il n'ait pas bronché en te voyant, cela voulait tout dire. Il y a eu de la surprise, ce n'est pas allé plus loin, pas de moquerie, pas de mépris, pas de suffisance sur le simple fait que tu sois une femme. Après tout, tu restes garde du corps, c'est ta fonction. Si on t'a envoyée ici, c'est parce qu'on te sait capable de gérer ce genre de situation. Après, il est vrai que ce n'est qu'une première pour toi, mais tu sais ce que tu as à faire. Il finit par te répondre que vous partez immédiatement. Tu mets cela sur le compte de l'impatience et non sur du bon sens. Car tu dois l'avouer, cette décision t'arrange bien, vous arriverez bien assez tôt pour éviter la foule et les bousculades dans la file d'attente. C'est déjà ça de pris. Après, c'est quitte ou double, soit cela vous permettra de partir plus tôt, soit cela vous fera rester bien plus longtemps. Tout dépendra de ce que monsieur voudra. Il propose alors à son agente de vous accompagner, ce qu'elle refuse, non sans montrer sa désapprobation quand à la décision même d'aller dans ce parc d'attraction. Et tu la comprends plus que bien, sauf que ce n'est pas dans tes fonctions d'interdire telle ou telle chose à ceux qui t'emploient. Ça tu l'as retenu.

Une petite moue se dessine sur le visage d'Ilya au vu de la réaction de son agente. Une moue qui se dissipe bien vite lorsqu'il se retourne vers toi. Il pose une simple question. Tu lui donnes une simple réponse.

Moi : Je vous suis.

Hoodie, avec capuche sur sa tête et des lunettes de soleil, Ilya était paré pour sortir de chez lui anonymement. Après, je ne comprends pas forcément ce choix. Quelqu'un avec une capuche et des lunettes de soleil, c'est louche, ça attire l'attention parce que ça fait comprendre que ça veut se cacher. Pour une femme c'est simple, une perruque, du rouge à lèvres et des lunettes de soleil et le tour est joué, tu deviens une autre personne. Mais bon. Il semblerait que ce soit la stratégie adoptée. Alors tu le suis en dehors de son appartement. Au sein même du bâtiment, tu n'es pas si méfiance que cela, tu te doutes que les gens savent. Mais une fois le seuil franchis, ce n'est plus pareil. Les rencontres sont aléatoires. Tu ne peux donc évidemment pas les prévoir, mais tu peux les voir venir et les anticiper. Là, tu seras tes gardes. C'est une première, tu ne peux pas te permettre que le moindre incident ne se produise.

Sauf que tout est prévu. Vous prenez l'ascenseur qui vous conduit au sous-sol. Et tu te rends compte qu'il s'agit d'un parking. Il est certain que cela lui évitera d'être exposé en pleine rue et permet donc d'éviter toute faille. Dans un tel lieu, il fait forcément sombre, qu'importe l'éclairage, un mec en capuche, ça passe inaperçu. Enfin, par chez toi sans doute, ça fait bien trop longtemps que tu n'étais pas venue à Voilaroc pour avoir un avis sur la question. Une voiture vous attend, et en y réfléchissant bien, ce n'était pas une surprise. Et puis belle voiture, noire, impeccable, franchement, ça en impose. Tu ne peux pas dire le contraire. Vous vous en approchez. Ilya ouvre la portière et t'invite à entrer de manière très courtoise, presque à l'excès. Il parvient à t'arracher un sourire. Et pour toi, ce n'est pas courant.

Moi : Avec grand plaisir.

Tu jettes un coup d'oeil par dessus ton épaule. Morty est bien là, il ne s'est pas fait remarqué et s'est contenté de suivre le mouvement. D'un simple signe de la main, il comprend que tu veux le faire rentrer dans l'habitacle avant toi et il s'exécute. Tu te baisses ensuite pour entrer à ton tour. Tu t'installes, derrière le chauffeur, et le temps que tu attaches ta ceinture de sécurité, ton Sépiatop vient se poser sur tes genoux. Ilya entre à ta suite. Tu le laisses s'installer tranquillement, et la voiture démarre. Vous êtes partis. Le trajet ne fait que commencer, et à vrai dire, tu n'as aucune idée de sa durée. Rester en silence pourrait s'avérer ennuyeux, sauf que ce n'est pas à toi de parler, tu n'as pas à t'imposer, d'aucune manière. Tu n'as pas à te faire remarquer, à initier le dialogue. Si le client souhaite te parler, tu peux répondre, tu dois répondre même, mais pas l'inverse. Alors tu contentes de te taire, te demandant si oui ou non il va vouloir en savoir plus sur toi, s'il a le moindre soupçon te concernant, ou même s'il t'a déjà reconnue. Dans un sens tu espères, parce que toi, tu sais que c'est lui.



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Dresseur Alola

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Ven 30 Juin - 14:33
Ilya avait fini par apprendre sur le bout des doigts toutes les astuces propres à la caste sociale qu’il avait rejoint. Certes, la capuche et les lunettes attiraient l’attention, mais conservaient malgré tout l’anonymat qu’il convoitait. Après tout, ça ne servait strictement à rien de photographier un homme que personne ne parvenait à identifier… Longtemps, il avait envisagé la perruque au hoodie et les lentilles de contact aux verres fumées, mais une petite voix dans sa tête lui avait soufflé que ce n’était pas suffisant. Un visage comme le sien était difficile à oublier, même avec des cheveux et des yeux différents… Jamais il ne pourrait se fondre dans la masse. Jamais il ne pourrait devenir monsieur tout le monde. Ilya ne connaissait plus le triste anonymat et ne pouvait désormais plus faire marche arrière… Heureusement, il ne s’en plaignait pas. Il avait toute une collection de hoodies et de lunettes de soleil qui lui allaient à ravir.

Mais ça, il se garda bien de le préciser.

Gentlemen à l’excès, il s’empressa d’ouvrir la porte afin que son invité puisse s’engouffrer dans la luxueuse voiture. Ilya n’était pas très regardant sur la qualité ou le prix d’un tel engin… Il se souvenait seulement l’avoir vu sur un site de vente en ligne et d’avoir eu un petit faible. Le genre de coup de cœur qui ne change pas une vie, mais qui répond à la demande et au besoin. Jamais il ne deviendrait un collectionneur de véhicules luxueuses, mais, plus jeune, il avait toujours rêvé de posséder une voiture noire immaculée moins tape-à-l’œil qu’une limousine, mais plus intéressante qu’une Twingo… Il avait été servi. Contrairement à beaucoup de gens de son milieu, Ilya ne possédait qu’un seul véhicule -et pas nécessairement le plus beau- et c’était amplement suffisant… Étaler sa richesse n’était pas un loisir auquel il aimait se prêter. Même si son avis était partagé et qu’il frisait le ridicule, cette exposition vulgaire d’or et d’argent le rendait inconfortable.

« Tu as un creux ? Je n’ai pas encore pris mon petit déjeuner… On pourrait peut-être commencer par ça, une fois sur place. »

Murmura-t-il, autant pour lui-même que pour la rousse à sa droite. Confortablement installé sur le siège arrière, non loin de sa garde du corps, le jeune homme leva les yeux au ciel quelques secondes. Il venait d’avoir une excellente idée. Certes, il aurait eu plus de temps qu’il n’en fallait pour se faire à manger chez lui… Mais son amour des fast-foods avait tendance à lui faire oublier cette alternative à une omelette faite sur le vif dans un restaurant pas très santé. Heureusement, Ilya compensait ses mauvaises habitudes alimentaires par un entrainement régulier qui gardait son corps en forme.

Profitant des vitres fumées de l’habitacle, le jeune homme retira ses lunettes et sa capuche avant de prendre une grande inspiration. Il n’osait trop parler. La présence de Mev non loin l’intimidait de par le lien qu’ils avaient partagé à l’époque… Il s’en souvenait pourtant comme si c’était hier. Un garçonnet, beaucoup trop petit pour son âge et une grande rousse de son âge… Cette relation de protégé / protectrice le ramenait une dizaine d’années en arrière. Il se demandait s’il elle l’avait reconnu ou si son souvenir s’était estompé jusqu’à disparaître dans sa mémoire… Si tel était le cas, il ne pourrait pas vraiment lui en vouloir. Cela faisait longtemps depuis son déménagement. Même si Ilya refusait de l’admettre, ils n’étaient plus tout à fait les enfants qu’ils étaient à cette époque. Ils avaient vieilli, avaient évolué et avaient chacun tracé leur bout de chemin… Et pourtant, il était heureux de la revoir.

À ses yeux, la rousse n’avait pas changé d’un iota. Elle était toujours la même grande demoiselle avec qui il ne partageait pas le moindre point commun, mais dont la présence était inexplicablement rassurante. Il savait qu’avec elle, il ne risquait rien... Et même s’il voyait ce monde comme un terrain de jeu beaucoup trop sécuritaire, il ne pouvait nier que cela n’avait pas toujours été ainsi. Ses jeunes années avaient eu leur lot de mauvaises surprises… Trop petit, trop maigre, trop gentil : rapidement Mev était devenue indispensable à son quotidien. Et quand elle était partie, il avait eu beaucoup de mal à faire face à ses difficultés quotidiennes… Mais il avait survécu. Parce qu’il avait un but, quelque chose à réaliser sur cette terre. Il n’avait pas eu le choix d’apprendre.

Sauf qu’il avait mal apprit. Ilya n’avait pas grandi, n’avait pas changé. Il continuait de voir ce monde tout en blanc, paré des plus belles couleurs de l’arc-en-ciel. Son regard était celui d’un enfant et sa gentillesse était celle d’un sot.

« Pokéland n’est pas vraiment la porte d’à côté… Je propose donc que nous jouions à un petit jeu pour passer le temps ! »

C’était tout lui. S’il avait la certitude que Klara se serait donnée à cœur joie à cette activité... Qu’en serait-il pour sa garde du corps ? Pas inquiet une seconde à ce sujet, le jeune homme plia l’une de ses jambes sur la deuxième puis offrit à Maëve son plus beau sourire. Il devait briser la glace : il n’avait d’autres choix.

« Le concept est simple… À tour de rôle, chacun pose une question à l’autre jusqu’à épuisement. »

Le connaissant, ça ne durerait pas des heures. Ce n’était pas vraiment un jeu à proprement parlé, mais c’était la seule façon qu’il avait trouvé pour apprendre la vérité sur la jeune femme. Il était curieux. Il voulait en savoir plus et, comme tout bon enfant qui se respecte, ne pouvait pas accepter de vivre éternellement dans l’ignorance. Et s’ils passaient la journée entière sans jamais parler du passé ? Comme s’ils étaient parfaitement inconnu l’un à l’autre ? Cette perspective lui donna des frissons. Il ne voulait surtout pas.

Mev était son amie et ce en dépit du nombre d’années qui s’étaient écoulées depuis leur séparation.

« Je commence ! Alors… D’où es-tu originaire ? »

Il aurait pu sauter directement à l’essentiel avec une question plus honnête telle que « Es-tu mon amie d’enfance ? », mais le métier lui avait appris qu’il valait parfois mieux tâter le terrain avant d’en attaquer le noyau. Si elle n’avait pas souvenir de lui, une telle question risquait de la faire se braquer et ce n’était pas du tout ce qu’il souhaitait. Après tout, il n’avait pas oublié cette aura de froideur qu’elle dégageait… Il n’avait pas ce souvenir-là d’elle et cela lui imposait la méfiance. Il ne voulait pas la froisser et, encore moins, la vexer en l’obligeant à se remémorer quelque chose dont elle n’avait peut-être pas envie de parler… ?

Curieux, le jeune homme fronça légèrement les sourcils. Il en doutait fortement, mais ce n’était pas une possibilité totalement improbable pour autant… De toute manière, il verrait bien non ? Pour le moment, il se contentait de sourire. Même si l’idée d’avoir un garde du corps continuait de le turlupiner, en bon enfant qu’il était, il n’en demeurait pas moins content que ce soit elle… Il ne comptait pas lui rendre la tâche facile pour autant, mais ce serait beaucoup moins chiant que s’il avait eu à faire à un parfait inconnu. Non ?


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Sam 22 Juil - 4:44
Que pouvais-tu faire ? Commencer à parler ? Non, définitivement pas. Ce n’est pas le rôle que tu as, cela n’a d’ailleurs jamais été ton rôle. Déjà à l’époque tu te contentais de lui répondre, alors il n’y a pas de raison que cela change. Il y a même des raisons pour que l’ordre établi soit conservé. Ta place actuelle, pour commencer. Tu es employée par lui, rien ne te permet de venir t’introduire dans l’intimité d’une discussion. Tu n’as pas à essayer d’en apprendre plus, même si c’est ce que tu voudrais. Ensuite, parce que tu n’es pas comme cela. Ce n’est pas ton genre de faire la discussion, tu n’es pas bavarde pour un sou. Parler, c’est une perte de temps, en tout cas, quand il y a autre chose à faire. Quand il n’y a rien d’autre à faire aussi. Car converser, c’est se dévoiler, et se dévoiler, c’est exposer ses faiblesses. Et ça, tu te l’interdis. Tu as déjà vu les conséquences que cela peut avoir et renouveler cela, tu ne l’encaisserais pas. Et enfin, même si tu y allais, si tu te jetais à l’eau, tu ne saurais pas comment faire, comment t’y prendre. Tu serais maladroite, bien trop directe, et froide. Personne ne voudrait renouer avec quelqu’un d’aussi distant, d’aussi peu agréable, d’aussi peu… humain.

Ilya : Tu as un creux ? Je n’ai pas encore pris mon petit déjeuner… On pourrait peut-être commencer par ça, une fois sur place.

Personne à l’exception d’Ilya. Tu aurais dû le savoir avant cette phrase pleine d’innocence, qu’il n’y avait que lui pour ne voir que ce qu’il y a de bon chez les gens. Si seulement il savait par quoi tu étais passée, ce que tu avais pu faire, jusqu’où tu as pu sombrer, il ne verrait pas les choses de la même manière. Petite tu étais bagarreuse, c’est un fait, mais tu faisais plus dans le genre furie miniature, tu ne connaissais rien à l’art du combat, tu frappais, tu cognais, tu tirais les cheveux, tout ce qui faisait mal était utile. Maintenant, tu la joues en finesse, tu fais dans la discrétion, dans l’invisibilité, tu ne veux pas ébruiter les choses, tu es efficace. Tu es une version de toi plus sombre, comme si la petite fille tenace et belliqueuse, ça n’avait pas été suffisant, comme si ton attrait pour la violence devait davantage s’exprimer, comme si c’était devenu nécessaire, vital. Sauf que ces pulsions, tu as trouvé comment leur donner une justification, les encadrer. Et là, tu es dans le cadre, tu n’as pas à penser à ça.

Moi : Non merci, j’ai déjà déjeuné pour ma part. Mais oui, vous devriez manger.

Tu n’en dis pas plus, pourtant, tu n’en penses pas moins. De ce dont tu te souviens, Ilya était du genre gourmand, pas dans l’excès, mais il avait du mal à résister à ce qui lui faisait envie. Cela aurait pu avoir un impact sur lui, mais quand il était gosse, et toi aussi, du coup, il était le plus petit de la classe, le plus frêle, le plus fragile, en fin de compte. Et tu as l’impression que cela a bien changé avec le temps. Ce qui était de la naïveté semble être devenu une protection pour ne pas se sentir heurté par le monde qui l’entoure, ce monde beaucoup moins blanc que ce qu’il peut voir. Mais rien que son physique, il est l'image de son esprit, ça donne une autre dimension à sa beauté, et tu comprends que ça ait son importance, mais tu connais le personnage. De gamin, ça se voyait qu’il n’aurait pas de soucis à se faire à ce niveau, que sa bouille d'ange le suivrait. D'autant qu'il a plus que rattrapé son retard sans toi. Il s’est même étoffé, il est toujours fin, c’est un fait, mais pas que. Tu l’as remarqué. Il a su devenir fort sans toi, donc. Tu ne sais pas s’il a dû apprendre seul ou s’il a trouvé quelqu’un d’autre pour le prendre sous son aile. Quand on est gosse, on ne pense pas à toutes ces choses-là, un ami qu’on laisse derrière soi, on lui dit qu’on lui écrira, et puis d’autres personnes entrent dans notre vie. Tu repenses à cela, tu te dis qu’il s’est retrouvé seul, si soudainement, tu t’y sens coupable. Coupable de ne pas l’avoir vu devenir qui il est aujourd’hui. De ne pas l’avoir vu passer de l’enfant qu’il est à homme. De ne pas avoir été celle qui l’aura fait voir le contraste de la vie, et réciproquement. De l’avoir laissé tomber. Parce que pour toi, tout s’est bien passé, enfin, jusqu’à ce que tu fasses la mauvaise rencontre, mais il s’est passé du temps entre. Tu as rencontré Gigi, elle était directe et rebelle, comme toi. Et voilà, Ilya disparaissait dans ton passé. Si seulement cette partie-là de ton passé avait pu laisser plus de traces, vous ne seriez sans doute pas les inconnus que vous êtes. Et ça te fait mal de t’en rendre compte.

Ilya : Pokéland n’est pas vraiment la porte d’à côté… Je propose donc que nous jouions à un petit jeu pour passer le temps !

Tu lèves les yeux vers lui, interloquée. Un jeu ? Tu es assez sceptique quant à cette manière de briser la glace. Cela n’est pas si surprenant venant d’Ilya, mais quand même, tu ne voyais définitivement pas tes échanges professionnels de la sorte en allant te proposer dans cette agence. Tu pensais ne faire jouer que ta présence en tant que mur, pas en tant que personne. Et tu te rends bien comptes que ce n’est pas le cas. Tu retrouves là sa candeur, il te propose cela comme si c’était ce qu’il y avait de plus naturel à faire dans cette situation. Comme si vous n’étiez encore que des enfants. Tu ne sais pas comment réagir. Devrais-tu te raviser ? Devrais-tu accepter ? Sourire ? Te fermer ? Aucune idée. Et tu n’aimes pas ne pas savoir, tu agis d’instinct, sauf que même lui est divisé.

Ilya : Le concept est simple… À tour de rôle, chacun pose une question à l’autre jusqu’à épuisement.

Cela signifie qu’il est curieux, qu’il veut en savoir davantage sur toi, ou peut-être même qu’il t’a reconnue, et qu’il essaie de le vérifier. Tu as envie de faire de même, ou carrément de lui dire que oui, c’est toi. Mais tu ne peux tout simplement pas, ce n’est pas ta place, tu n’as pas à être aussi brusque, ce n’est pas professionnel. Tu dois rester à ta place. Sauf que tu n’en as pas la moindre envie. Tu n’as pas le droit de le laisser seul une nouvelle fois. Tu te l’interdis. Alors tu acquiesces, d’un hochement de tête. Tu acceptes les règles de son jeu, tu acceptes de parler de toi, tu acceptes de lui faire part de ce que tu es devenue loin de lui. Tu sais que tu vas t’exposer mais bon, qu’est-ce que ça change si tu continues à te cacher ? Que peut-on te prendre de plus ? On t’a pris toute famille possible, qu’est-ce que tu risques ? C’est Ilya. Rien que cette simple chose devrait justifier ton choix. Mais c’est tellement loin de la femme que tu es aujourd’hui. Fais avec.

Ilya : Je commence ! Alors… D’où es-tu originaire ?

Tu comprends immédiatement le sens que cela prend, et tu aimerais lui répondre directement que c’est bien toi. Mais non, poursuis sa manière détournée, contente-toi de la question, ne vas pas plus loin. Tu n’as qu’à lui donner des pistes. Fais-lui comprendre que oui, tu es cette Mev-là, tu es cette petite rouquine qui gardait un œil sur lui. Tu restes interdite quelques secondes, tu accroches son regard, comme si tu essayais désespérément de lui faire passer le message. Tu aimerais qu’il sache, c’est terrible, tu aimerais qu’il comprenne que ce n’était pas dans tes intentions, que tu serais volontiers restée à Sinnoh. Tout aurait été si différent. Tu réalises qu’il est peut-être bien plus fort que toi, en fin de compte. Parce que tu as beau le dissimuler, tu es brisée. Alors vos directions totalement opposées, vos destins qui se recroisent, comme ça, ça fait mal, même si le revoir est une chance qui jamais n’aurait dû t’être accordée. Et pourtant, c’est un tel soulagement. Malgré les années, il est resté le calme au milieu de la tempête que tu es. Il est ce gars qui demeurera à jamais celui au cœur du cyclone. Mais là, maintenant, tout de suite, tu devrais te contenter de lui fournir une réponse.

Moi : Et bien, je viens de Kantô. De Céladopole plus précisément. Mais j’ai vécu ici, à Voilaroc, pendant quelques années quand j’étais plus jeune.

Si cela ne lui donnait pas les informations dont il avait besoin, tu ne sais pas ce que tu devrais dire de plus. Tu ne vois pas même pas ce que tu pourrais ajouter pour compléter ta réponse, tu as tout dit. Sauf si tu viens à en préciser les années, mais tu serais incapable de les sortir comme ça, de tête, sans faire de calcul préalable. Ce qui est assez moyen. Et maintenant, c’est à toi de poser ta question. Mais que peux-tu bien lui demander ? Machinalement, tu passes ta main dans tes cheveux pour refaire passer une mèche derrière tes oreilles. Ce n’est pas vraiment ton genre de faire de tels gestes mais tu cherches à masquer le trouble en ne montrant de toi que la partie qui réfléchit et non celle qui doute. Toi, tu sais que c’est lui, alors tu n’as pas de question à lui poser en guise de vérification. Il ne te reste qu’une seule chose, découvrir le bel et grand homme qu’il est devenu, même s’il n’est pas si éloigné de l’enfant à l’intérieur. Tu n’as qu’à poser ta question, tu auras l’occasion d’en trouver d’autres par la suite.

Moi : Comment est-ce que… Comment est-ce que vous en êtes arrivé à faire carrière ?

Tu n’as pas suivi son ascension, mais s’il a besoin de dissimuler son identité, c’est que son succès est indéniable, et ta présence renforce cette idée. Sauf que tu n’en sais rien, tu as vécu dans les bas-fonds, tu étais déconnectée de ce monde, tu n’es absolument pas renseignée. Autant lui demander directement, le laisser s’exprimer de lui-même sur le sujet, savoir comment il a vécu la chose, ce qui l’a amené à choisir cette voie, enfin ces voies, si tu as bien saisi le peu d’informations que tu as. Mais pour obtenir cette simple information, tu as eu du mal. Parce que tu n’as pas réussi à le tutoyer, parce que tu n’as pas réussi à renouer avec la proximité que vous aviez à l’époque. Tu t’enfermes dans ce rôle de garde du corps, tu ne veux pas voir tout ce que tu as raté, tu ne veux pas. Parce que tu refuses de regretter la vie que tu as eue. Ton esprit hurle dans un murmure obsédant que ta vie aurait été bien meilleure ici, que tu étais vouée à un autre destin à Sinnoh, que tout aurait été autrement, tu n’aurais pas été torturée de la sorte. Tu aurais peut-être eu une vie toute simple, banale, mais qu’importe, tu n’aurais pas autant perdu, tu n’aurais pas autant souffert, tu ne te serais pas sentie aussi seule, et détruite. C’est tellement dur d’être là, à côté de lui, après tout ce temps. Et tu t’en veux d’avoir aussi mal alors qu’il est un véritable rayon de soleil, que son regard brille d’une lueur qui a disparu du tien depuis bien longtemps, et qu’il semble à mille lieues de ce que tu peux ressentir. Tu pries intérieurement pour que son bonheur et sa joie de vivre déteigne sur toi, que tu puisses t’imprégner de son innocence. Au moins le temps que tu auras à rester auprès de lui. Parce que tu ne veux pas ternir son univers. Tu n’as tout simplement pas le droit. Tu te dois de le préserver, coûte que coûte.



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Mer 2 Aoû - 14:27
Ilya avait l’habitude de manger seul. À chaque fois qu’il invitait Angie à partager un petit-déjeuner en sa compagnie, elle s’empressait de décliner l’offre et vantait plutôt les mérites "santés" des excentricités immangeables comme les smoothies, le yogourt ou le granola. Au final, c’est avec un brin de culpabilité imaginaire qu’Ilya terminait son croissant, omelette, deux œufs, bacon. D’aussi loin qu’il se souvenait, son agente n’était jamais parvenue à placer le dernier mot à ce sujet. Elle avait combattu, levé la voix et argumenté autant qu’elle le pouvait, mais rien n’y faisait : Ilya était un adorateur de fast-food et seule sa discipline au gym lui permettait de garder la ligne que tous les acteurs influents devaient entretenir. Ça et un peu de chance octroyée par mère nature, tout naturellement.

Au moins, son accompagnatrice ne l’empêcherait pas de manger tout comme elle ne l’empêcherait pas de poser ses questions. En dépit de sa froideur et de son détachement, Mev’ semblait surtout se cacher derrière une carapace. Elle n’était pas fondamentalement méchante ni distante, mais elle agissait comme tel afin de se protéger d’un mal dont l’albinos ne savait rien. Du moins, c’était l’impression qu’il avait en la regardant agir. À quel point sa vision du monde était-elle affreuse pour qu’elle ressente le besoin de dresser un tel bouclier ? Elle avait beaucoup changé depuis l’époque de leur enfance. Un peu plus jeune, Mev’ était davantage reconnue comme la terreur des bacs à sable que comme un iceberg d’indifférence. Même si la nature profonde des deux incomparables était sensiblement restée la même, la forme, elle, avait beaucoup changé. D’un naturel curieux, Ilya ressentait le besoin inexplicable d’obtenir des réponses à toutes ses questions et il ne s’en cachait pas. S’il avait demandé à sa garde du corps de jouer avec lui, c’était uniquement dans l’espoir de biffer les derniers doutes et de gagner la certitude qu’il ne se trompait pas. Après tout, il était un enfant : jouer aux devinettes et poser incessamment des questions, c’était son domaine.

Un dernier éclair d’incertitude franchit son regard écarlate lorsque la rouquine ouvrit la bouche. Malgré son assurance, il craignait malgré tout d’apprendre le pire. La joie de revoir Mev est trop grande, trop importante, pour qu’il puisse encaisser un refus ou une erreur. Ilya était un enfant roi à qui on ne disait jamais non. Lorsque cela arrivait, ses réactions était tellement démesurées que plus personne ne s’y risquait par la suite. À l’exception fait d’Angie qui ne se laissait pas impressionner par les crises enfantine de l’albinos. Dans un cas comme celui-ci, se faire retirer son amie qu’il croyait récupérée, serait un coup dur à encaisser. Heureusement, la déception attendue laissa vite place au soulagement. C’était elle. Ça ne pouvait être nul autre qu’elle-même. En d’autres circonstances, Ilya lui aurait sans doute attraper les mains pour remettre un peu de familiarité dans leur relation, mais le doute qui subsistait quant à sa propre identité l’en empêcha. Lui l’avait reconnue, sans l’ombre d’un doute, mais gardait-elle un peu de place dans ses souvenirs et dans son cœur pour lui ? À cette idée, son propre cœur se serra.

« Mh… »

Il fallait jouer le jeu. Il lui avait posé une question toute bête et elle lui renvoyait désormais la balle. Même si son ascension était loin d’être un sujet qui lui plaisait, Ilya s’était promis la plus grande sincérité. Dans l’idée où elle n’avait jamais jeté un regard sur une affiche de film ou un album de musique, il lui devait bien ça. Prenant une grande inspiration, il se composa un sourire tout aussi sincère qu’heureux puis passa une main dans sa chevelure nouée.

« Mes parents voulaient que je réussisse sur les devants de la scène. À l’époque, j’étais très connu dans le milieu musical pour quelques trois ou quatre albums commerciaux et creux. »

Quand l’occasion se présentait, Ilya n’hésitait jamais à cracher sur sa honteuse carrière musicale. Il détestait chaque parole et chaque accord enregistré au court de cette période de sa vie. Lui, ce qu’il avait désiré, c’était changer le monde avec de la vraie musique. Il voulait rejoindre les grands noms de cette époque et produire un contenu de qualité dont on se souviendrait encore longtemps. Au lieu de quoi, il avait produit, par obligation et appât du gain, quatre albums pour les adolescentes prépubères qui s’extasiaient de son visage plutôt que de sa musique.

« Ils m’ont fait suivre des cours de chant à raison de trois, quatre, puis cinq heures par jour et ont décroché en mon nom tous les contrats qu’ils pouvaient obtenir. »

Il haussa les épaules. Ce n’était jamais une question facile et rapide à boucler. Il ne pouvait pas résumer sa carrière plus simplement qu’il le faisait et espérait seulement, à ce stade, qu’il n’ennuierait pas trop sa garde du corps. Ce serait bien le comble de la honte.

« Puis à 19 ans, j’ai eu ma fille et elle a tout bouleversé. J’ai souhaité un travail plus fixe qui me permettrait de demeurer à Sinnoh afin de lui offrir une véritable stabilité… Et je suis donc devenu acteur. Après quatre ans passées à faire gober à tout le monde que j’adorais ma musique, j’avais déjà développé certaines habilités pour jouer la comédie. La suite on la connait déjà, c’est la même pour tout le monde. »

Il avait joué dans un premier film qui n’avait pas connu un grand succès, mais s’était fait remarqué par quelqu’un de plus influent et là, il avait obtenu la clé vers la gloire. Bref. Par souci de ne pas nuire à son image passée, Ilya se permettait rarement une telle sincérité. D’ordinaire, il survolait rapidement son parcours sans y mêler ses propres sentiments, mais, d’autres fois, il avait du mal à garder sa langue. Et puis, ce n’était que Mev après tout. Qu’elle se souvienne de lui ou non, elle n’en demeurait pas moins son amie. Il lui faisait confiance. Aveuglément. Comme à son habitude.

Se redressant, le jeune homme jeta temporairement la tête vers l’arrière puis pris une grande inspiration. Raconter cette histoire, même dans son format le plus court, le fatiguait toujours un peu. Il se revoyait, malheureux au point de déballer tous les détails de sa vie à Ileen, puis nourrissait inéluctablement de la pitié pour ce garçon incapable de faire face à ses parents. Il aura fallu attendre le débarquement imprévu de Klara dans son quotidien pour qu’il fasse quelque chose et qu’il se prenne en main. À partir du premier jour où il l’avait tenu dans ses bras, Ilya avait découvert en lui un courage dont il ne soupçonnait pas l’existence. Après quoi, prendre le contrôle de sa vie avait été aussi facile qu’épineux.

« À mon tour donc. »

Il hésita quelques secondes puis, tournant son visage vers Mev, planta son regard dans le sien.

« Pourquoi es-tu partie… ? »

C’était une question du cœur. Un point d’interrogation de la plus grande importance. Il avait besoin de connaître les motivations derrière le départ de Mev ainsi que les raisons pour lesquelles elle l’avait abandonné. Bien entendu, il ne lui en voulait pas… Mais se sentait malgré tout attristé par la finalité imprévisible de leur histoire d’enfance.


« Remembering the times you spent together knowing they will never happen again. »
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C-GEAR
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Sam 2 Sep - 19:25
Tu ne savais pas vraiment à quoi t’attendre en lui parlant. Ilya n’avait besoin que d’une aile pour le protéger de tout ce qui vous entoure. Tu avais tendu cette aile. Puis tu as dû partir. Le laissant, seul, face à ce monde. Bien sûr que tu t’en veux, au moins pour ne pas avoir gardé le contact, ne serait-ce que lui avoir donné une adresse où te joindre. Non, tu es partie comme une voleuse. Tu l’as lâchement abandonné derrière toi. Et le voilà, le retour du bâton. Tu réalises. Tu avais osé oublier. Tu ne songeais plus à lui. Mais une voix en toi se réveilla, quelque chose que tu savais douloureux. Tu te disais que protéger, ce n’était peut-être tout simplement pas fait pour toi. Les personnes auxquelles tu tiens connaissent tous des problèmes, et ce par ta faute. N’étais-tu pas censée veiller sur Danny ? Regarde dans quel état il est aujourd’hui. Peux-tu affirmer que tu as été capable de le protéger ? Le couvrir de ton aile n’a servi à rien. Absolument à rien. Tu l’as sorti des tréfonds de Céladopole pour rien. Alors comment peux-tu décemment te dire qu’il n’aurait pas été de même avec Ilya ? Tu es sortie de sa vie, et cela peut être considéré comme bénédiction pour lui. Car son sort aurait été bien plus funeste avec toi. Tu ne peux empêcher de laisser une trace de la noirceur de ton aura sur ceux qui te sont proches.

Tu écoutes attentivement Ilya te raconter ce qu’il s’est passé, ce que tu as raté. Et cela a commencé bien tôt. Peut-être pas directement après ton départ, mais pas tant. Ses parents avaient l’air d’avoir une emprise sur lui qu’il regrettait. Tu comprends bien que de ce qu’il te raconte sur sa carrière il n’y a pas grand-chose qui lui plait. On dirait même qu’il a subi cette période. Pourtant n’est-il pas chanteur ? Ce n’est pas au moins une activité pour laquelle il prend du plaisir ? Tu n’es pas aussi délicate que lui, petite tu aimais la bagarre, maintenant, tu aimes toujours autant ça, mais en ayant conscience des attaques que tu infliges. C’est quelque chose qui te permet d’évacuer tout ce qui est néfaste, d’oublier, de mette le monde sur pause. Tu espérais au moins que le choix de son avenir puisse au moins lui apporter cela. Et puis tout s’est arrêté. Tout. Au simple moment où il a évoqué avoir une fille. Tu n’en savais rien. Tu ne te doutais pas qu’il avait eu une fille. Rien ne te laissait le présager. Tu avais certainement dû passer à côté dans son appartement. Il devait bien y avoir des indices que tu n’avais pas remarqués. Mais tu as du mal à réaliser. Tu restes perplexe à l’idée d’envisager Ilya comme un père. C’est étrange à quel point cette information colle peu avec l’image qu’il donne, avec la personne que tu pensais qu’il était.

Tu restes interdite, tu n’es même pas capable de l’en féliciter, ou même de t’en réjouir, ne serait-ce qu’en affichant un sourire sur ton visage. Certes cela remonte à plusieurs années, quand il avait dix-neuf ans. Mais c’était à peu de chose près l’âge auquel tu avais pris Danny avec toi. Etais-tu assez mâture pour une telle chose à l’époque ? La réponse est définitivement non, tu avais beau t’être pris la violence et la cruauté d’un homme en plein cœur, cela ne faisait pas pour autant de toi quelqu’un de prêt à s’occuper d’un enfant. Pourtant, Ilya te raconte avoir pris ses dispositions, avoir aménagé sa vie pour elle, autour d’elle. Cela te surprend, indéniablement. Il en était même venu à se reconvertir, ce que tu trouvais impressionnant. Tu aurais aimé pouvoir changer de vie avant qu’il ne soit trop tard. Tu n’as pas su faire, et tout le monde en paie les conséquences.

Un répit de quelques secondes se fit. Un répit qui te permit de respirer un coup, d’essayer de faire tomber cette étreinte douloureuse au fond de toi. La culpabilité. Ce sentiment est tien depuis de bien trop longues années, et tu le reconnais aisément depuis le temps. C’est exactement ce que tu ressens. Tu n’as pas été là depuis si longtemps et tu réapparais comme si de rien était pour reprendre le rôle que tu as lâché. Et comme il le fait remarquer, Ilya prend son tour de question. Ce qui te fait tiquer, c’est qu’il ne la pose pas immédiatement, comme si quelque chose l’en avait empêché au moment où il a voulu le faire. Et puis non, la question est tombée. Directe, en plein cœur, et tu ne pouvais l’esquiver. Tu ne pouvais faire comme si de rien n’était. Toute ambiguïté avait disparu. Tu savais que c’était lui tout autant qu’il savait que c’était toi.

Moi : Ilya… Je…

Tu t’interromps, la soudaine familiarité qui t’anime pour lui répondre ne devrait pas être. Tu n’as pas cette place auprès de lui, tu ne peux pas te permettre. Tu n’aurais pas même dû accepter ce jeu stupide. Tu aurais dû rester à ta place. Et te taire. Rester la chose qu’on te paye pour être. Un chien de garde. Mais tu t’es dit qu’il méritait que tu lui accordes cela, parce que tu savais qu’il s’agissait du même Ilya que celui de ton enfance. Sauf qu’il est trop tard pour rattraper cela maintenant. Tu lui dois des explications, il les mérite. Tu ne peux pas le laisser sans savoir. Tant pis, tu dois répondre. Même si cela t’expose, même si cela te déchire. Tu dois rester fidèle à toi-même. Tu dois rester ce bloc inébranlable. Tu aimerais pouvoir. Pour cinq minutes, tu peux abandonner cela. Pour cinq minutes, tu peux exprimer ne serait-ce qu’une émotion qui ferait de toi quelqu’un d’humain. Pour cinq minutes, redeviens l’amie que tu as été pour lui, et dis-lui les choses.

Moi : Mes parents ont quitté Sinnoh, assez précipitamment. Je ne sais toujours pas pourquoi. Mais nous avons dû rentrer à Kantô. Je ne voulais pas, je me rappelle. J’avais trouvé une place ici. Sauf que je n’ai pas eu le choix. Depuis, je n’ai pas eu la possibilité de revenir.

Voilà, tout n’était peut-être pas dit, pourtant le principal était là. Il n’avait pas besoin de connaître toutes les choses qui t’ont retenue à Kantô. Tu passes également sur tous les souvenirs qui te remontent de cette époque. De ton refus de partir, de la mine contrariée de ta mère. Maintenant que tu la revois, que tu repenses son visage, tu lis dessus que cette contrariété n’était pas contre le fait que tu veuilles rester, mais au contraire, le fait qu’ils doivent t’arracher d’ici pour une raison que tu ne connaîtras jamais. Tu te souviens de cela, tu te souviens de ta vision qui se trouble, de tes sanglots, des spasmes qu’ils entraînent. Tu te souviens avoir été une fille comme tant d’autre, triste, et qui montrait sa peine de quitter les gens auxquels elle tenait, de quitter les amis qu’elle s’était faits. Tu te rappelles. Et cela fait mal. Tout dans ces souvenirs fait mal. Chaque détail de tout cela, c’est une lame glaciale qui s’enfonce chirurgicalement dans ce que tu peux considérer être ton cœur. Cela ne t’a pas laissée indemne. Non, les blessures n’attendaient que la bonne occasion pour s’ouvrir à nouveau. Pour sentir ton être déchiré, à l’intérieur.

Moi : Je suis désolée.

Ton visage n’a pu que s’assombrir davantage en prononçant ces derniers mots. Tu as détourné ton regard pour ne plus avoir à soutenir le sien qui lisait en toi. Tu ne veux pas qu’il voit la souffrance que tu ressens dans son intégralité, tu dois au moins le préserver de ça. De la noirceur en toi. Tu peux lui montrer la peine, mais tu dois dissimuler la rage. Tu ne veux pas qu’il puisse te considérer comme mauvaise, qu’il puisse entrevoir le monstre que tu es à l’intérieur. Ce monstre que tu tentes d’oublier. En vain. Parce que tes actes ont été bien trop horribles pour qu’ils puissent échapper à ta mémoire. Ces visages te hanteront, tu le sais, c’est déjà le cas depuis quelques années. Sauf que la liste continue de s’allonger, malgré tout ce que tu fais pour arranger les choses. Tes cauchemars ne sont pas prêts de se dissiper. Le tourment reste là, à toi de ne pas tant le montrer à Ilya. Parce que l’occasion qui se présente à toi, jamais tu n’aurais cru l’avoir un jour. Tu as aujourd’hui la possibilité de te racheter auprès de lui. Tu ne sais encore comment, mais cette possibilité est là. Ne la laisse pas passer Mev. Non. Surtout pas. Ce sera peut-être la seule fois où tu le pourras. Oublie toute cette tristesse, et pense à autre chose, à tous ces moments joyeux avant, et à ceux que tu peux créer aujourd’hui. Pour une fois dans ta vie, sois positive. Aide-toi et le ciel t’aidera. C’est une maxime en laquelle tu n’as jamais cru, il est sans doute temps d’essayer. La foi n’a jamais tué.

Moi : Pour la question, je passe mon tour. Je n’ai pas d’idée. Donc c’est encore à toi. Si jamais.

Tu ne parviens pas à relever ta tête vers lui. Tu n'es pas de taille à affronter l'aura lumineuse qu'il représente. S'il y a bien une chose en laquelle tu peux être sûre, c'est que jamais tu ne seras assez forte pour détruire la candeur qui fait d'Ilya ce qu'il est. Un angelot.



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