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» De festives retrouvailles


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Coordinateur Unys

C-GEAR
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Jeu 13 Oct 2016, 00:24
Le sommeil… Avec le manque de sommeil, plus rien n’est réel ! Tout devient lointain. Tout est une copie, d’une copie, d’une copie…

Le réveil, prophète de mauvaise augure, clama de toute sa gaité décalée que les temps heureux où elle s’était réfugiée dans ses doux rêves -certainement le dernier endroit où elle courrait plus vite que les problèmes qui lui collaient au train- étaient révolus. Lanna ouvrit les yeux tant bien que mal. Il était quinze heure trente. Elle était exténuée.



Elle regardait sans vraiment le voir ce jeu de lumière qui s’infiltrait de manière saccadée et régulière par la baie vitrée du wagon qui la conduisait à Arabelle. Le train passait sur une passerelle en contrebas du célèbre pont Sagiciel et les différentes structures sur le côté des voies se relayaient pour cacher momentanément le soleil de fin d’après midi. Ce changement produisant cet effet hypnotisant et rythmé qui poussait à la somnolence.

Elle regarda par la fenêtre et scruta les ombres à la recherche du moindre indice, du moindre signal qui pourrait révéler sa présence. Comme à chaque fois, elle ne vit rien, de même qu'elle n’avait rien pu voir de ces dernières quarante huit heures… Mais elle savait qu’elle était là, tapie quelque part, à épier ce train qui se frayait un chemin en quittant la banlieue de Volucité. Cette satanée bête qui représentait maintenant toutes ses angoisses et craintes… Elle avait beaucoup de mal à digérer l’expérience qu’elle avait faite de l’attaque psychique. Le souvenir de la douleur qui lui avait vrillé les tympans lui revint en tête, ce qui la fit frissonner. Elle avait beau courir vite, la situation s’était nettement compliquée lorsqu’elle avait commencé à confondre ses bras et ses jambes dans la confusion. La gravité, cette traitresse, avait achevé le travail en faisant en sorte qu’elle finisse tête contre terre à se tortiller dans tous les sens. Elle se revit en train de gesticuler au sol de manière disgracieuse et désordonnée et tira une grimace. L'expérience avait été éprouvante et elle était profondément marquée par ce sentiment de détresse et d'impuissance qu'elle avait pu ressentir à ce moment là. Une telle créature… Une telle abomination ne devrait pas exister. Lanna était en train de péter les boulons. Elle devenait totalement parano. Elle le suspectait de roder toujours, l’épiant, la traquant sans relâche en attendant qu’elle fasse le moindre faux pas. Et alors…

La vue du moindre Pokémon lui devenait maintenant insupportable. Ces bestioles lui avaient causé beaucoup trop de tord pour qu’elle ne puisse ressentir ce sentiment d’angoisse profond, ce malaise viscéral qui l’assaillait lorsqu’elle se retrouvait en présence ou en contacte de l’un d’eux. Et ça devenait une torture. Ils étaient partout…

Son état de fatigue plus qu’avancé était loin d’arranger les choses. Elle n’avait pris le temps de dormir que quelques heures depuis que l’espèce de commando qui avait lâché ce monstre sur elle pour la repêcher in extremis près de la frontière Sinniène l’avait relâchée. Et ça faisait déjà plus de deux jours. Ah si seulement elle avait pu quitter le pays. Elle serait déjà en train de se refaire une nouvelle vie. Au lieu de ça, elle se retrouvait à errer dans un état de somnolence constante, commençait à avoir de légères hallucinations visuelles et à ressentir des palpitations. Ses traits étaient tirés au possible et elle avait un teint blafard qui mettait en valeur ses énormes cernes. On aurait dit un zombi. Son seul réconfort dans tout ça était le fait que le gens se rappelleraient plus de ce détail qu'autre chose. Elle pouvait donc s'en servir comme d'une masque. C'était déjà ça.

Sa nervosité était à son comble et la rencontre qu’elle avait organisée avec Astrid le matin même pour la fin de l’après midi la rendait anxieuse. Avec le temps qu’elle avait mis à la contacter, l’agent devait avoir des envies de meurtre. Et elle n’était pas vraiment en état de se confronter à ce mini char d’assaut. Mais elle n’avait pas vraiment le choix, le temps jouant contre elle. Maintenant qu’elle se retrouvait coincée, prise au piège par cette mascarade grotesque, ce semblant de liberté factice, la confrontation avec le policier ne pouvait être évitée plus longtemps. N’importe comment, elle lui aurait tôt ou tard causé beaucoup de tord. Elle en était convaincue et avait donc décidé de prendre le taureau par les cornes.

Elle ne savait pas vraiment quoi penser de l’appel qu’elle lui avait passé depuis cette cabine téléphonique du centre ville avant de rentrer et de s’effondrer de sommeil. Étant donné le tempérament trempé de l’agent, elle s’était attendue à toutes sortes de réactions de sa part, mais certainement pas cet attitude froide, un peu distante qui avait été la sienne. Elle s’était contentée d’un « Tu sais que t’es vraiment… vraiment à la bourre ? » qui lui avait glacé les os. Elle n’avait eu d’autre choix que de tenter d’arrondir les angles du mieux qu’elle avait pu. Elle s’était excusée, prétextant qu’elle avait été prise par un grand nombre d’affaires urgentes, et que l’histoire du badge lui était momentanément sortie de la tête. Et pour tenter de lui prouver sa bonne foi, elle l'avait invité à prendre un verre dans un lieux de son choix pour se faire pardonner. Un café proche de chez elle par exemple ? Ça leur permettrait de se rappeler leur rencontre étrange. Elles pourraient de la même occasion effectuer la déposition pour tenter d’aider le policier à faire la lumière sur son histoire de badge disparût.

Lanna se laissa bercer par le cliquetis des châssis sur les rails et songea à la journée et les deux nuits de galères qu’elle avait passé à effectuer ses recherches…



« Mademoiselle ? Ohé ? Mademoiselle ! On est arrivé à destination depuis près de trente minutes déjà ! Ce n’est pas un endroit où dormir, le train risque de repartir si vous restez planté là plus longtemps… » Lanna sortit brutalement de sa torpeur et ouvrit des yeux paniqués. Une demi heure ? Ça faisait déjà une demi heure qu’elle était arrivée ? Ça voulait dire qu’elle était en retard ! Elle bredouilla des excuses à peine compréhensibles de sa bouche ankylosée et se rua vers la sortie de la station. Décidément, ce n’était pas vraiment sa période…

Elle entra dans le café essoufflée et, disons le, franchement énervée. Lanna détestait être en retard. C’était un coup à vous discréditer et à vous faire remarquer. Un vrai cauchemar. Astrid était assise seule à une table. Le pianotement impatient de sa main droite sur le rebord de sa chaise n’augurait rien de bon.

« Bonjour Astrid, je… je te pris de m’excuser pour le retard, j’ai vraiment eu… une journée chargée et je me suis endormie dans le train… » Bravo. Vraiment. Superbe entrée en matière. Elle était belle l’Ivy Rockwood ! Une vraie cruche ! Mais dire la vérité cette fois-ci était toujours préférable aux excuses bidons qu’on pouvait sortir habituellement dans ce genre de conditions. C’était trop facile de toujours remettre les problème sur le dos des transports et la ligne d’Arabelle avait en général une assez bonne réputation. Il ne lui restait plus qu’à espérer que son rare élan de franchise ne lui porte pas préjudice.


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Agent Unys

C-GEAR
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Sam 22 Oct 2016, 12:46
Cinq jours. Cinq jours qu'elle attendait l'appel de la fameuse Ivy Rockwood. Qu'elle avait attendu du moins. Astrid n'était pas un modèle de patience, aussi avait-elle rapidement abandonné l'idée de rester passive et avait lancé ses propres investigations. La jeune femme lui avait paru louche, surtout à cause de son regard paniqué lorsqu'elle avait voulu l'emmener au poste. Cela l'avait amenée à penser que la journaliste avait peut-être un casier judiciaire. Comme elle était en congé, elle n'avait bien évidemment pas accès aux archives de la police mais elle pouvait commencer par faire quelques recherches sur internet. Elle n'avait rien trouvé. Mais c'était ce qui lui avait alors mis la puce à l'oreille. Aucun résultat sur quelque réseau social que ce soit : pas d'informations personnelles, pas d'informations professionnelles non plus, même pas une photo avec le fameux petit copain qui lui avait servi d'excuse pour s'esquiver. C'était chose rare, surtout pour leur génération, très portée sur la technologie. Astrid y voyait une confirmation de ses soupçons. Soit Ivy avait des tendances paranoïaques, soit il s'agissait d'une fausse identité. Après tout, elle n'avait eu aucune preuve de son identité, elle n'avait pas pensé à la contrôler. Mais elle avait un autre atout dans sa manche... L'un de ses frères était un crack en informatique...
Le lendemain, lorsque son téléphone sonna, elle crut tout d'abord que Johann l'appelait pour lui faire part du résultat de ses propres recherches, aussi, quelle ne fut pas sa surprise d'entendre une voix féminine lorsqu'elle décrocha. "Ivy Rockwood". Elle en fut tellement abasourdie qu'elle ne savait pas du tout comment réagir. Elle cacha son désarroi par un ton froid et factuel.

- Tu sais que t’es vraiment… vraiment à la bourre ?

Un rendez-vous fut fixé le lendemain à 16 heures au café où elle avait l'habitude d'aller après son service, le Oscar's. Elle n'aurait pas besoin de la traquer finalement.
Elle avait à peine raccroché qu'elle recevait un message de Johann. Une photo, toute pixélisée avec pour légende : "Voilà tout ce que j'ai pu trouver sur ton Ivy Rockwood". Astrid eut un sourire satisfait. Sa théorie se confirmait. La jeune femme de la photo avait beau être blonde aux yeux clairs, ce n'était pas la femme avec qui elle avait eu à faire. C'était donc plus qu'une fausse identité : c'était une usurpation. Si pseudo-Ivy avait pris soin d'effacer la vraie, Johann avait un vrai talent pour récupérer les données supprimées. Elle devait donc être plutôt bonne en informatique s'il n'avait pas su en récupérer plus. Elle demanda tout de même à son frère de poursuivre les recherches. Il n'était pas impossible que certains détails lui permettent de découvrir une piste sur l'usurpatrice. Mais si Johann lui envoya quelques informations supplémentaires, elles ne furent pas suffisantes pour déduire quoi que ce soit.
Le lendemain, jour du rendez-vous, Astrid hésita toute la journée sur la marche à suivre. Devait-elle mettre les pieds dans le plat comme c'était sa spécialité ou pour une fois, la jouer un peu plus subtile et garder ses cartes dans sa manche ? Elle détestait les jeux de dupes mais il lui semblait qu'avec une adversaire de ce gabarit, c'était plus prudent. Cependant, elle n'aurait aucun moyen de la faire parler si elle ne la mettait pas devant le fait accompli. Dilemme, dilemme.
Ce n'était pas dans ses habitudes mais elle alla finalement chez Oscar's un peu en avance, n'ayant toujours pas tranché sur la question. Elle aviserait selon la façon dont se déroulerait l'entrevue. Elle commanda donc un café et s'installa à une table. "Ivy" devait arriver dans un quart d'heure.
Le quart d'heure passa. Puis Astrid commença à compter les minutes. Cinq minutes de retard. Un peu agacée, elle commanda un autre café. Dix minutes de retard. Ai-je déjà précisé que l'agente n'était pas un modèle de patience ? Quinze minutes de retard. Elle prit un troisième café qu'elle avala presque d'une seule traite. Elle n'aurait pas dû. Elle était assez sensible aux effets excitants du café, quoi qu'elle en dise. Vingt minutes de retard. Elle commença à massacrer minutieusement les gobelets de carton. "Ivy" avait intérêt à ne plus trop tarder sinon elle allait entendre parler du paysage ! Vingt-cinq minutes de retard. Les gobelets ne ressemblaient plus à rien. Ecrabouillés et déchirés, elle dût trouver une autre occupation pour ses mains. Elle pianotait nerveusement sur le bord de la table. "Ivy" lui avait posé un laporeille, à tous les coups, elle ne laisserait pas cet affront impuni. Si c'était du retard, elle aurait prévenu, après tout elle avait son numéro mais son portable n'affichait aucune notification. Trente minutes. La jeune blonde bouillait intérieurement. Elle ne voyait pas pourquoi elle restait là à attendre. Elle ferait bien mieux de rentrer chez elle, de trouver un moyen de lui mettre la main au collet. D'autant plus qu'elle était persuadée maintenant que c'était elle qui avait pris son insigne. Ce n'était pas impossible. Si elle avait usurpé une identité, il se pouvait qu'elle tente de prendre la sienne aussi. Et avoir pour couverture une flic, quand on avait quelque chose à se reprocher, il n'y avait rien de mieux, elle était bien placée pour le savoir... Trente-trois minutes. Astrid jeta une dernière fois un regard à sa montre. C'est bon j'me casse. Et "Ivy" entra.

- Bonjour Astrid, je… je te pris de m’excuser pour le retard, j’ai vraiment eu… une journée chargée et je me suis endormie dans le train…


On ne peut pas dire que le regard avec lequel Astrid reçut son excuse fut amical. Il était plutôt du genre froid, incisif, scrutateur. Elle la dévisagea sans aménité. Elle avait une sale tête. Du genre ça fait plus d'une semaine que je n'ai pas fermé l'œil. Le teint pâle, les cernes bleues et sa manie de jeter des petits coups d'œil partout, comme une bête traquée ne lui laissait aucun doute. Cette fille avait quelque chose à se reprocher ET des gros problèmes. Potentiellement des terreurs nocturnes. Dommage pour elle, Astrid n'était pas d'humeur à la ménager. Au contraire. Mais qu'elle se soit endormie dans le train, c'était crédible.

- T'as vraiment une sale tête.

Non, elle ne s'était pas gênée pour le lui faire remarquer. Elle la regarda s'asseoir en face d'elle sans rien ajouter de plus. Elle brûlait d'envie de lui dire qu'elle savait, qu'elle savait qu'elle n'était pas celle qu'elle prétendait être, mais elle ne devait pas, pas tout de suite, elle devait garder ses cartouches en réserve et ne s'en servir qu'au moment propice si elle voulait obtenir des résultats. Même si toutes les deux avaient soulever une partie du voile, elle ne pouvait pas tout déchirer maintenant, songea-t-elle en manipulant les miettes de carton toujours sur la table. Elle demanda alors.

- Tu as des soucis Ivy ? On dirait que ça ne va pas. Si je peux faire quoi que ce soit pour toi, n'hésite pas surtout.

Allez, crache le morceau "Ivy", dans quel pétrin tu t'es fourrée ? Ce n'est quand même pas moi qui cause tes frayeurs nocturnes.


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Coordinateur Unys

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Jeu 27 Oct 2016, 19:23
Lanna s'assit en face d'Astrid, ou du moins, tenta-t-elle de s'affaisser sur sa chaise le plus dignement possible. Elle était loin de se sentir à l'aise. Cette place ne lui plaisait pas du tout. Les deux femmes se trouvaient au fond du café ce qui compliquait les choses si elle devait prendre une retraite précipitée ; et puis, elle était dos à l'entrée et au reste de la salle. Elle n'avait pas moyen de surveiller les allées et venues des autres clients du coin de l’œil. Elle se sentait exposée. En regardant brièvement autour d'elle avant de se concentrer sur son interlocutrice, elle tenta de se consoler en se disant qu'au moins, elle n'avait pas vu ne serai-ce qu'une de ces fichue bestiole dans la salle. C'était déjà ça...

Cette dernière l'accueillit de manière assez peu courtoise, comme elle s'y était attendue. Les trois restes de gobelets de carton qui trainaient sur la table dans un sale état témoignaient d'une certaine nervosité. Toute baratineuse qu'elle était, il allait falloir la jouer fine, mais s'en sentait-elle capable ? Elle avait la tête qui tournait légèrement et voyait légèrement trouble. Elle tenta tant bien que mal de focaliser son attention sur le policier. Astrid était habillée en civile. La chance ne l'avait peut-être pas tout à fait abandonnée. Que se serait-il passé si ce monstre qui lui collait au train l'avait surprise avec un agent de police en uniforme ? Ses péripéties n'en auraient pas finies.

Allez ma grande, c'est pas le moment de flancher maintenant que t'es là. Mets toi un coup de pied à ton précieux postèrieur et joue le rôle que tu t'es fixé !

Elle regarda Astrid en levant un sourcil et répondit à sa remarque grossière d'un ton emprint de reproche. « Écoutes, je sais que les choses ne se passent pas comme tu aurait préféré qu'elles le soient et crois moi, j'en suis désolée. Mais je pense qu'on va devoir mettre les choses au clair tout de suite. Je viens de me taper une bonne heure de train à mes frais pour venir me faire pardonner de mon retard et surtout tenter de t'aider. Et oui, comme tu peux le voir, j'aurais bien pris un peu de repos à la place... Alors fixons tout de suite les règles de base de notre bon terrain d'entente mutuel, tu veux bien ? On arrête ici les remarques désobligeantes et on se concentre sur l'essentiel ou bien ma déposition reprend le chemin de Volucité avec moi. On s'est bien comprises ? Bon. » Plus moyen de faire marche arrière maintenant. Quand on mettait les pieds dans le plats, si on ne voulait pas en mettre partout, mieux valait le vider avant des les retirer... Elle ne savait trop si c'était à cause de l'état second dans lequel elle se trouvait où bien si c'était en désespoir de cause mais elle se sentait décomplexée et n'avait pas l'intention de se laisser faire. La réplique avait pour but de tenter de rétablir un équilibre des forces. Il était essentiel qu'elle mène la danse alors s'il fallait remettre l'agent en place ou la surprendre pour le faire, elle serait au rendez-vous. Du moins l'espérait-elle... Sa bouche était pâteuse et elle n'était pas sûr d'avoir obtenu l'effet escompté.

Elle jeta un regard ostensible aux gobelets déchiquetés et reprit avec empathie : « Comme je te le disais, je suis désolée de t'avoir fait patienter. Je vois que tu ne m'as pas attendue et tu as bien fait. Tu me permet d'en commander un avant qu'on s'y mette ? Je crois que je vais vraiment en avoir besoin. J'aurais honte de piquer du nez devant toi en pleine conversation... » Elle agrémenta sa tirade d'un geste de la main mollasson et fébrile à l'adresse du serveur qui s'affairait non loin et s'adossa sur sa chaise en tentant de se mettre à l'aise du mieux qu'elle pût en attendant. C'était peine perdue...

Astrid ne se démonta pas d'un cran, loin de là. Elle resta de marbre en attendant qu'on apporte la boisson à laquelle Lanna s'accrocha comme un naufragé à une bouée. L'agent ne la perdait pas des yeux un seul instant, la détaillant froidement du regard d'une manière assez dérangeante, tentant certainement de lire à travers elle. La question qu'elle lui posa ensuite confirma le pressentiment qu'elle avait eu à son sujet. Astrid se fichait bien de son histoire de badge. C'était presque devenu une affaire personnelle. Elle avait bien fait de prendre les devants et de venir à ce rendez-vous. Il était clair qu'elle avait flairé un truc et d'une manière ou d'une autre, elle voulait en savoir plus sur elle. La magouilleuse devait la stopper le plus tôt possible avant qu'elle n'en sache trop. Avait-elle pu découvrir quoi que ce soit en cinq jours sans avoir pu accéder au commissariat ? Elle en doutait. De son vivant et tout comme les autres identités qu'elle usurpait d'habitude, Ivy n'avait jamais été très sociable ou portée sur la technologie, préférant une vie discrète qui ne faisait pas de vagues.

Sois donc curieuse petit policier. Interroge-toi tant que tu le peux encore, mais prend garde. Les questions ont tendance à en cacher beaucoup d'autres. Ça se reproduit vite ces petites bêtes là...

« Ha ! Si j'ai des ennuis ? Ouais, je pense qu'on peut dire ça comme ça... » Lanna ne put réprimer un rictus ironique. Tu parles, elle n'était jamais allé se fourrer dans une merde aussi noire, oui ! Si elle l'avait pu, elle se serait juste terrée dans un trou et n'aurait plus bougé d'un centimètre. « ... et quitte à savoir si tu peux m'aider, peut-être, je n'en sais trop rien, dit-elle en haussant les épaules. Mais je pense surtout qu'il y a plus important que mes histoires pathétiques. J'ai quelque chose qui devrait t'intéresser... »

Lanna balaya la discussion de la main et sortit de son sac une enveloppe cartonnée. Sa légère épaisseur mettait bien en valeur son contenu, sans pour autant qu'on puisse deviner ce dont il s’agissait. C'était une enveloppe très discrète et pratique. Lanna la posa sur la table devant elle, hors de portée des mains du policier et fit une légère pose pour laisser planer le suspense, ce qui lui permit de mettre de l'ordre dans ses idées. Tout allait se jouer maintenant. Ce n'était pas le moment de tout faire capoter.

« Avant toute chose, je pense que je vais devoir t'avouer un léger truc... J'imagine que tu as du t'en douter, mais je n'ai pas vraiment été franche avec toi lors de notre dernière rencontre. En réalité, je ne suis pas tout à fait journaliste. C'est pas très loin de ça mais... Disons que c'est ce que je dis quand on me demande mon métier ou ce que je fais dans la vie... »


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Agent Unys

C-GEAR
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Mer 02 Nov 2016, 19:02
Le ton de reproche et la menace que lui présenta "Ivy" manqua de la faire sourire. Si elle croyait qu'elle l'impressionnait ! Elle avait déjà eu à faire à bien plus intimidant. Astrid voyait bien que cette tirade visait à changer le rapport de force en la faveur de la pseudo-journaliste. Mais si elle devait admettre qu'insister sur son statut de bon samaritain en carton était judicieux, son état physique ne lui permettait visiblement pas de dominer quoi que ce soit. Même sa voix suintait de lassitude, là où elle aurait dû être ferme et déterminée pour appuyer ses mots. Pour sa part, c'était un échec critique mais elle ne répondit pas. Ca ne servait à rien de faire de la surenchère dans ce genre de situation, c'était complétement stérile alors autant la laisser deviner par elle-même si sa petite manœuvre avait fonctionné ou pas. Elle se contenta donc de poser ses coudes sur la table, appuyant sa tête contre ses mains, toujours sans la quitter du regard, et attendit silencieusement que le serveur lui apporte son café. Le silence mettait la plupart des gens mal à l'aise. Ca les poussait à parler, à dire plus ou moins n'importe quoi pour combler le vide. Et ça poussait à faire des erreurs. On verrait bien si ça fonctionnerait aussi avec "Ivy".
Le serveur arriva avec la commande et demanda à Astrid s'il pouvait la débarrasser de ses gobelets. Elle acquiesça. Puis une fois qu'il fut reparti, elle eut enfin droit à une réponse à sa question. Une réponse évasive, bien entendu. En réalité l'inverse l'aurait franchement étonnée. Quand on usurpe une identité, on évite de parler de choses personnelles, sinon on s'embrouille vite avec les détails, on se perd dans ses mensonges et votre personnage perd toute cohérence : on est démasqué. Dire "je ne sais pas" au lieu d'un "non" qui pourrait paraître trop catégorique pour ne pas être louche était intelligent aussi. Ca puait l'expérience tout ça. "Ivy" n'en était pas à son coup d'essai. Combien d'identités avait-elle utilisé jusqu'à présent ? Astrid mourait d'envie d'insister, de gratter sous le vernis mais le changement brusque de sujet ne lui en laissa pas le temps. Bien évidemment, elle aurait pu ne pas en tenir compte et insister quand même mais ça aurait été trop révélateur de ses intentions. Et à voir l'étincelle de méfiance sous le brouillard de fatigue dans les yeux de son interlocutrice lui prouvait qu'elle se doutait déjà plus ou moins de ce qu'elle voulait. Elle rangea donc cela dans un coin de sa tête et écouta plutôt ce qu'elle avait à lui dire.
L'enveloppe brune qu'elle sortit lui fit plisser les yeux. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ce truc ? L'épaisseur de carton ne lui permettait pas de deviner son contenu même elle semblait bien remplie. Ce pouvait-il qu'elle lui ait rapporté son insigne ? Ce serait trop beau... Et trop improbable. Même si étant donné le contexte de leur rendez-vous, elle ne voyait pas ce que cela pouvait être d'autre, elle ne faisait pas d'idées. Elle prit soin de ne pas montrer que sa curiosité était piquée. Parce que sa méfiance l'était aussi. Elle avait bien remarqué l'endroit où "Ivy" avait posée l'enveloppe. Hors de sa portée. Et elle doutait que ce geste soit innocent.
Elle fut franchement étonnée de ses mots lorsqu'elle reprit la parole. Elle se serait plutôt attendue à ce qu'elle parle du contenu de l'enveloppe mais non. Aucun rapport. Elle aurait aussi bien pu ne rien sortir du tout. Et elle avouait à demi-mots qu'elle lui avait menti. Astrid ne croyait qu'à moitié à toutes ces histoires de repentir. Et même en admettant que retourner vers le bien soit possible, cinq jours, c'était tout de même assez court pour se racheter une bonne conscience et un sens moral. Ca puait la magouille. Le genre d'odeur qui attise la méfiance. Et puis cette façon de se mettre en scène, avec une pause dramatique et tout ce qui va avec... C'était détestable. Surtout cette manière de balancer des demi-révélations, comme ça, sans aller au bout des choses. Elle faisait la mystérieuse mais Astrid n'avait mais alors absolument pas envie de rentrer dans son jeu. Non. Elle n'allait certainement pas lui poser la question qu'elle attendait, la supplier pour qu'elle développe... Non. C'était hors de question. De toute manière, les réponses qu'elle obtiendrait seraient toutes préparées et puis elle se demanderait toujours si c'était encore un mensonge ou bien la vérité. Elle ne lui ferait donc pas ce plaisir.

- Et bien ! Tu te présentes d'abord comme agent de police, puis comme journaliste et maintenant comme pas si journaliste que ça... Ca fait beaucoup de boulot en moins d'une semaine ! Tu m'étonnes que tu sois fatiguée !

Ironie, ironie. Mais de même qu'un peu plus tôt, "Ivy" avait changé de sujet sans lui laisser le temps de répondre, elle demanda.

- C'est quoi cette enveloppe ?


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Ven 04 Nov 2016, 16:05
La répartie cinglante de l'agent cueillit Lanna en plein ventre. Elle ne s'attendait pas à ce qu'Astrid lui fasse de cadeaux après sa disparition de presque une semaine. Et pourtant, elle ne pouvait cesser d'espérer que les choses se passent autrement ou qu'elles soient plus faciles. Mais qui était-elle pour penser cela ? Rien ne se déroulait jamais vraiment comme on l'entendait et ses histoires farfelues ne seraient pas intéressantes sinon. Elle était bien placée pour le savoir. Mais elle était un peu las de se trouver sur ce sentier glissant en permanence. La chape de plomb qui serait ses épaules comme un étau semblait s'alourdir de secondes en secondes et ses paupières commençaient à refuser de lui obéir.

La touche d'ironie piquante ne put malgré tout l'empêcher de lui arracher un sourire. Astrid savait viser juste et jouer sur la corde sensible, ce qui ne laissait pas Lanna indifférente. D'un certaine manière, bien qu'elle la considérait comme une enquiquineuse et un réel problème, l'escroc ne pouvait s’empêcher de ressentir pour elle un certain élan de sympathie. En un sens, le policier nageait dans le même bain qu'elle, ballotée par des courants sur lesquels elle n'avait pas d'emprise.

Méfiance Lanna, méfiance... Tu sais très bien où ce genre de pensées entrainent. En général il s'agit d'un endroit charmant où on t'offre le gite et le couvert avec un voisinage sympa. Tu te souviens ? C'est une flic, ne lui fait pas confiance !

« Ah... Je peux pas trop t'en vouloir pour celle là, je pense que je l'ai un peu méritée. Loin de moi l'idée de me repentir devant toi. En toute franchise, j'en ai pas le courage. Mais j'imagine que ça doit pas être facile de me croire après tout ça et ça me parait plutôt normal. Sache cependant que j'ai aucunement l'intention de tenter de te convaincre. J'imagine que t'es suffisamment compétente pour te faire ta propre idée... Oh oui, pardon. Je vais tenter d'aller à l'essentiel : l'enveloppe. »

Elle sortit des lunettes de sa veste et pris le temps de les enfiler. Elle n'avait pas de problème de vue et c'était un détail mais... Les détails ça comptait dans ce métier. Elle dégrafa la pochette et sortit une dizaine de photos de bonne qualité tirées en très grand format. La plupart avaient été prises de nuit, mais l'identité des individus qui se trouvaient dessus ne laissaient aucun doute. Lanna tendit les documents à son interlocutrice avant de recommander un café. Elle commençait à être au supplice et avait du mal à aller jusqu'au bout de ses pensées sans en perdre le fil en coure de route. Elle fit l'effort terrible de tendre la main jusqu'à l'agent et pointa du doigt une des silhouettes qui, manifestement, étaient le sujet principal des clichés.

« Tu la reconnais ? C'est Jessie Parks mais je pense que je n'ai pas besoin de te la présenter. Si tu plisses les yeux on peut encore voir la marque de ta poigne sur son avant bras, ha ! ha ! Faudra vraiment que tu me dises comment t’arrives à faire ça. C'est à peine croyable : J'ai eu la même pendant deux jours ! Enfin bref, c'est pas ce qui est intéressant. J'imagine que tu dois savoir qu'elle a été relâchée avec sursit au bout de 48 heures en attendant son procès et jugement ? Et vu que tu ne pouvais pas être sur le coup avec ton histoire de badge, je ne savais pas si tes collègues ont vraiment avancés sur cette histoire. Tout ça m'a mis la puce à l'oreille alors... Je me suis dit que... Euh... Pardon, je... J'en étais où ? Ah oui ! Tu ne devinera jamais ce que j'ai découvert en la filant ! »

Lanna n'attendit pas de voir la réaction du policier. Elle avait l'impression de se trouver en équilibre sur un fil très étroit qui s’effilochait à mesure qu'elle avançait dessus. Elle se repencha douloureusement au dessus de la table et désigna un homme qu'on voyait sur certaines des photos.

« Cette homme... C'est Joe Downs. Ce charmant individu a monté un réseau de mineurs déboussolés qui font les poches à pas mal de monde dans les lieux publics. Il leur laisse prendre tous les risques et il disparaît sans laisser de traces si ça commence à sentir mauvais. Elle fait un peu plus que son âge mais tu savais que Jessie viens à peine d'avoir seize ans ? Légalement, elle risque d'être mise en prison pour le vol qu'elle a fait, mais... C'est qu'une gamine, merde. » Et c'était une gamine pas très doué en plus de ça. Elle ne faisait pas les poches par passion ce jour là. Lanna l'avait prise pour une apprentie mais c'était pire que ça. Elle s'y prenait mal car elle n'avait pas envie de le faire. Ce métier ne laisse pas de place à la maladresse...

Elle sortit d'autres photos de l'enveloppe et les tendit au policier. Les premières montraient d'autres gamins tout aussi maigrichons portant un sacs à dos en train d'entrer discrètement dans un sous-sol mal éclairé. Les suivantes étaient plus sombres car prises d’intérieur et présentaient un sacré magot, portefeuilles et autres larcins en tout genre. « Tiens regarde, j'en ai vu deux ou trois autres pendant que j'étais en planque. Mais je pense qu'ils sont au moins une quinzaine si ce n'est une vingtaine dans leur cas vu la caverne d'Alibaba que j'ai trouvé là-bas. J'ai cherché ton insigne dans ce capharnaum mais c'était le bazar et je n'ai pas du trainer. Je n'ai pas réussi à remettre la main dessus. Désolée...»


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Mer 07 Déc 2016, 21:11
Lorsque "Ivy" sortit une paire de lunettes, Astrid ne put s'empêcher de se demander si elle en avait vraiment besoin ou si ce n'était qu'un tour de passe-passe supplémentaire pour donner de la crédibilité à son personnage.
Ainsi l'enveloppe contenait des photos sur lesquelles elle reconnut la voleuse à la petite semaine qu'elle avait confié à la police de Volucité. Jessie Parks, donc. C'était un nom qu'elle ne connaissait pas. Ca aurait pu être intéressant si elle ne connaissait pas déjà la moitié de l'histoire et surtout, s'il n'y avait pas ces trois choses qui l'interpellaient.
La première était le commentaire de la pseudo-journaliste sur sa poigne d'acier. Il n'y avait pas de secret. Seul un entraînement rigoureux et long pouvait permettre d'obtenir ce genre de résultat, c'était évident. Et de ce point de vue, Astrid était d'une rigueur à toute épreuve. La seconde était le fait que son interlocutrice perde le fil de ses mots. Un léger sentiment de compassion se fit un chemin en elle. Elle devait être franchement, franchement fatiguée. Elle ne savait pas ce qui la tenait éveillée la nuit mais ça ne devait pas être facile à vivre. Cependant, elle comprima bien vite cette petite étincelle pour se concentrer sur l'élément qui était le plus étrange. Où avait-elle obtenu ces photos ?
Un peu contre son gré, une expression intéressée et concentrée se peignit sur son visage. Elle aurait voulu rester de glace mais elle devait l'admettre, "Ivy" avait réussi à obtenir la plus grande attention dont elle était capable. Probablement pas pour les raisons qu'elle voulait mais soit.
Ca avait l'air d'être une affaire intéressante pour une enquête. Fichtrement intéressante. D'autant plus qu'elle avait déjà entendu parler de ce Joe Downs et que c'était typiquement le genre d'individu dont elle tirerait une profonde jouissance à envoyer au trou. Sur ce point, "Ivy" avait raison. S'en prendre à des gosses comme ça, c'était répugnant.
Mais elle n'était pas bête, elle ne doutait pas une seule seconde qu' "Ivy" lui présentait ce dossier pour détourner son regard d'elle et reporter la faute du vol dont elle était probablement coupable sur quelqu'un d'autre. Quelle personne convoquée pour faire une déposition aurait l'idée de se mettre à ce point en danger sinon ? Collaborer était une chose, mais faire preuve d'autant de dévouement, c'était louche. Et elle n'était pas naïve au point de ne lui prêter aucune arrière-pensée.
Astrid garda le silence un moment, la tête appuyée contre les mains et les yeux rivés sur les photos même si "Ivy" attendait certainement une réaction de sa part. Elle réfléchissait. Elle tenait là une occasion en or pour lui faire croire qu'elle marchait dans sa manœuvre, ou pour lui faire comprendre que ce n'était pas le cas. Elle évaluait les deux possibilités pour savoir laquelle lui serait le plus profitable. Si elle parvenait à faire croire à l'usurpatrice qu'elle était tombée dans le panneau, elle ferait peut-être plus d'erreurs dues à la fatigue que si elle se tenait sur ses gardes mais c'était prendre le risque qu'elle cherche à clore la conversation et à s'en aller. Tandis que si elle optait pour l'attitude inverse, elle tiendrait peut-être à lui démontrer qu'elle était bel et bien Ivy et qu'elle devait la laisser tranquille. Mais elle aurait moins d'ouvertures à exploiter.
Finalement, elle lâcha.

- J'ai déjà entendu parler de ce type. Une sacrée ordure.

Mais une voix familière lui fit lever la tête. Et grincer des temps. Flynn venait d'entrer dans le café. Et il l'avait repérée. La poisse.
Face à son collègue qui s'avançait tout sourire vers elle, elle n'eut que le temps de pousser discrètement l'enveloppe en papier kraft de manière à masquer les photos.

- Astriiiiiiiiid ! Je me doutais bien que je finirai par te croiser ici à un moment ou un autre !

Il attrapa une chaise et s'assit à côté entre les deux jeunes femmes d'autorité, pas du tout perturbé par le visage maussade de l'agente. Il passa un bras autour de ses épaules dont elle se dégagea d'un geste contrarié tandis qu'il se retournait vers "Ivy", la dévisageant avec une moue qui se voulait sûrement séductrice. Mais qui selon Astrid lui donnait juste l'air d'un débile mental.

- Tu ne me présentes pas ton amie ?

Elle ne le détrompa pas. Elle n'avait pas envie de commencer à s'expliquer, surtout avec lui. Et elle n'allait pas lui faire le plaisir de se plier à sa demande.

- Je suis en congé, Flynn.

Dégage.


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Mer 04 Jan 2017, 00:34
Astrid avait pris le temps de réfléchir en observant les photos pendant un moment qui lui avait semblé insoutenable. La moindre attente commençait à être de l'ordre de la torture. Elle avait froid. Non, elle était frigorifiée et se retenait de trembler, tentant de garder le peu de dignité et de crédibilité qu'il lui restait. Elle devait tenir. Mais le troisième café qu'elle buvait en tentant vainement de se réchauffer ne devait pas vraiment l'aider. Elle commençait à devenir nerveuse et se retrouvait dans un état fébrile qui l’empêchait de tenir en place. A quoi l'agent était-elle en train de penser pour que ça prenne tant de temps ? Pourquoi ne lui posait-elle pas de questions ? Elle n'aimait vraiment pas ça. Vraiment pas. Mais elle restait de marbre en face d'elle, tentant de rester le plus immobile possible de peur de briser quelque chose. Elle avait bougé ses pions. Ce n'était plus à son tour de jouer et s'il y avait une chose dont elle était sûre, c'était que si elle ne respectait pas les règles tacites du jeux dans lequel elle avait mis les pieds, Astrid se chargerait d'y remettre de l'ordre à grand coups de bottes.

Il fallait croire que c'était écrit et que ça devait arriver d'une manière où d'une autre. Il fallait croire que le sort était ainsi fait -ou bien encore qu'il avait un sacrément mauvais humour- de sorte que si un imprévu devait arriver, il arrivait toujours aux moments où il était le plus déplaisant. Lanna était la première à savoir que le meilleur des mondes n'existait pas, et que si elle se trompait, elle était tombée bien loin de lui. Pour autant, il lui devenait sincèrement difficile de ne pas sombrer dans un défaitisme à toute épreuve alors même que l'univers tout entier semblait vouloir se liguer contre elle.

L'agent venait à peine d'ouvrir la bouche après ce long silence qu'un inconnu, émergeant de l’environnement flou qui les entourait en commençant à tourner de manière discontinue, comme une brume disgracieuse, vint rejoindre la partie.

Qui c'était ce gars ? Il sortait d'où ? Pourquoi venait-il les déranger comme ça en débarquant à l'improviste ? C'était son petit ami ? Non... Vu la moue de réel dégout qu'Astrid tira rien qu'en le voyant, ce mec n'avait aucune chance de l'être. Et elle comprenait pourquoi. L'homme se déplaçait en bombant le torse et en roulant des mécaniques comme s'il était le mâle parmi les mâles. Il se fraya un chemin jusqu'à elles et avant qu'Astrid n'ait pu entreprendre quoi que ce soit d'autres que de cacher les photos sous les enveloppes, le personnage s'était déjà assis entre elles en passant son bras derrière les épaules de la policière qui manifestement s'en serait bien passée. Il se retourna vers elle en levant légèrement les sourcils tout en lui adressant un petit sourire charmeur qui lui glaça le sang un peu plus, ce qu'elle n'aurait pas cru possible.

Mon dieu... Ça existe encore ce genre d'imbéciles ?

Elle haussa un sourcil et regarda Astrid en lui adressant une question muette mais celle-ci ne semblait pas en mener plus large qu'elle. La poisse. Le jeune homme ne la lâcha pas du regard et demanda à Astrid de bien vouloir la lui présenter ce qu'elle ne fit pas, évidemment, lui rétorquant plutôt d'une manière assez cinglante qu'elle était en congés.

L'information mit du temps à monter jusqu'aux contrées recluses où son esprit lutait encore mais elle finit par faire tilt. Comment ça, en congé ? C'était quoi le rapport ? Le rapport... C'était un collègue ? Merde alors ça voulait dire que ce type insupportable ... était un flic ? Impossible. Comment prendre une personne comme lui au sérieux ? Et pourtant, son cerveau fatigué ne trouvait pas d'autres solutions. Manquait plus que ça. Qu'est-ce qui allait débarquer maintenant ? L'un des membres du Conseil Quatre ? Ou pire encore : une autre de ces créatures sournoises qui se baladait avec eux ? Cette simple pensée lui donna un frisson. Que quelqu'un l'achève. Elle avait déjà du mal à se débrouiller en en ayant un sur le dos alors avec deux... Cet idiot allait tout faire foirer. Et elle commençait à avoir des nausées. Elle devait être livide.

« Ivy Rockwood, ou tout de moins ce qu'il en reste. A qui ai-je l'honneur ? »

Les vielles habitudes avaient la vie dure et sa réponse, ainsi qu'un sourire qu'elle aurait voulut amical si elle n'avait pas eu l'estomac au bord des lèvres lui étaient venus sans qu'elle ait à y penser. Heureusement qu'elle pouvait au moins compter sur ça. Mais que devait-elle faire avec ce type ? Pouvait-elle trouver un moyen de tirer la situation à son avantage ? Sa présence semblait vraiment indisposer la policière. Elle n'avait manifestement pas envie qu'il vienne fourrer son nez dans ses affaires ce qui était normal vu sa situation. Elle pouvait peut être jouer sur ça.

Son côté mesquin tenta de lui faire pencher la tête vers Astrid en lui sortant un « Tu ne me présentes pas ton ami ? » mais son bon sens la coupa dans son élan pour des raisons évidentes. Par chance, le dénommé Flynn ne lui en laissa pas l'occasion, en prenant joyeusement la parole avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit. Sans gène, il donna un coup de coude à Astrid en lui faisant un clin d’œil et lui dit d'un chuchotement volontairement audible : « Ahah ! Elle est vraiment trop marrante ta copine. Et surtout, qu'est-ce qu'elle est mignonne ! ». Il lui adressa un autre de son sourire des grands jours et, en s'approchant beaucoup trop près, il lui répondit « Flynn Chrysler pour vous servir, ma belle. Vous avez vraiment des yeux magnifiques... ».

Non. C'en était trop. Il était hors de question de se servir de ce type. Elle ne pouvait plus le voir en peinture. Elle en avait marre de lui et de ce bar, marre de courir après ses propres problèmes pour tenter de les rattraper avant que ce ne soit eux qui la rattrapent, marre que les choses lui échappent sans arrêt et qu'elles ne se passent jamais comme prévues, marre de ne pas dormir et de voir le monde chavirer autour d'elle, marre d'en avoir marre. Et c'est à cette pensée précise que les choses dérapèrent.

Elle eut subitement une nausée plus forte que les autres et ne put se retenir de se pencher en avant et de vomir les trois cafés qui représentaient l'intégralité du contenu de son estomac. L'agent Flynn qui était beaucoup trop proche et n'avait pas vu la chose arriver, n'eut pas le temps de se pousser et en reçu sur son pantalon délavé. Après l'expression d'effroi qu'elle put -avec une grande satisfaction- lire sur son visage, il regarda ses jambes.

« Merde ! Mais c'est quoi ce cirque ? P'tain j'en ai plein le pantalon, c'est dégueulasse ! Vous pouviez pas prévenir ?
Oh ! Je suis désolée, je ne suis vraiment pas dans mon assiette, c'est arrivé d'un coup et... »

Elle fut coupée par une énième nausée qui la plia en deux.

« Hey... Euh... Ça va ? »

Non. Ça n'allait vraiment pas. Elle était en sueur. Mais c'était l'occasion rêvée de se débarrasser de lui. Elle leva une tête de mourante et lui répondit « Pas... Pas vraiment. Dites, je peux vous demander un service ? J'ai vu une pharmacie plus loin dans la rue. Seriez vous assez aimable pour bien vouloir aller me chercher quelque chose contre la nausée ? Je ne me sens pas la force d'y aller et je vous serais infiniment reconnaissante si... » Elle n'eut pas le temps de finir. Le courageux Flynn, oubliant son pantalon taché et son amour propre blessé se rua vers la sortie pour voler au secours de cette nouvelle princesse en détresse.

Lanna et Astrid se retrouvèrent seules l'une en face de l'autre, s'observant en silence, un peu bouche-bées de ce qui venait de se produire. Puis, faisant un énième effort, mais ne pouvant retenir un sourire, l'escroc proposa à cette dernière : « Bon, on se trouve un coin plus tranquille avant que ton charmant admirateur ne se repointe ? »



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Jeu 16 Fév 2017, 20:15
Passé le moment de surprise, Astrid se contenta de déplacer un peu sa chaise sur le côté, se mettant hors de portée de Flynn. Le visage complétement fermé, elle avait décidé de laisser "Ivy" se débrouiller avec son collègue lourd dingue puisque, pour une fois, il semblait déterminé à importuner une autre personne qu'elle. A moins que ce ne soit une autre de ces pitoyables tentatives pour la rendre jalouse, "comme ça elle se rendrait compte à quel point elle était folle de lui" comme elle avait pu l'entendre dire une fois. Toujours était-il qu'elle goûtait bien ce répit. Elle observait la nouvelle victime du coin de l'œil, curieuse de voir comment elle allait réagir tout en essayant de ne pas perdre patience. Et de trouver un moyen de fausser compagnie à l'agent collant avant de finir par lui mettre son poing dans la figure.
"Ivy" changeait de couleur à vue d'œil mais elle fut probablement la seule à s'en apercevoir. Elle n'eut pas le temps de lui demander si ça allait. Tout le contenu de son estomac se vida sur le pantalon de Flynn. Passé les quelques secondes de surprise pendant lesquelles Astrid avait précipitamment reculé, elle ne put retenir tout à fait le rire qui la secoua. Elle gloussa d'une façon un peu ridicule, chose dont elle se serait bien privée mais cela pouvait aisément passer pour un rire nerveux.
"Ivy" en profita pour l'envoyer voir ailleurs si elles y étaient avec une voix d'agonisante plutôt convaincante. Il s'exécuta aussitôt, se voyant à coup sûr comme le preux chevalier parti en mission vitale pour sauver une gente demoiselle en détresse. Boulet. Même pas capable de faire la différence entre une vraie urgence et de la comédie.
Restées seules, l'une face à l'autre, Astrid rendit à "Ivy" son sourire de plaisir vicieux. Qui s'agrandit un peu plus lorsqu'elle lui proposa de trouver un autre endroit pour discuter. Elle n'avait peut-être pas vomi sur commande mais cela restait une jolie manœuvre pour s'en débarrasser. Il lui coûtait de l'admettre mais pour ça, elle ne pouvait que l'apprécier.

- Avec plaisir ! S'exclama-t-elle en se levant d'un coup.

Elle plaqua ses mains sur la table et sortit de sa sacoche le compte pile de ce qu'elle devait pour ses cafés. Elle prit le temps d'aller régler ses frais puis revint vers la table. "Ivy" peinait à se remettre sur ses jambes. Astrid fronça les sourcils. Elle avait besoin d'aide c'était évident mais elle ne savait pas pourquoi, elle sentait que la sienne serait mal accueillie. Elle se contenta donc d'attendre qu'elle se stabilise d'elle-même puis elle l'entraina à l'extérieur.
Elle jeta un œil dans la rue. Pas de Flynn à l'horizon. Tant mieux. Elle s'engagea dans une rue perpendiculaire. Il ne fallait pas qu'elles retombent sur lui. Son cerveau fonctionnait à toute blinde. Trouver un autre endroit pour discuter. D'accord mais où ? Elle jeta un œil à "Ivy". Vu son état, elle ne pourrait pas aller bien loin. Peut-être valait-il mieux mettre un terme à leur entretien pour le moment et l'emmener à l'hôpital ? Mais c'était perdre là une occasion en or... et risquer de se la mettre à dos. Vu comme elle avait refusé qu'elle l'emmène au poste, il était fort à parier qu'elle évitait aussi ce genre d'endroit. Le choix le plus logique était de la laisser entrer chez elle mais...
Elle eut juste le temps d'attraper la jeune femme et de l'accompagner dans sa chute. Merde ! Elle m'a quand même pas fait une syncope ?! Et si. Astrid jura bruyamment. Elle ne voulait pas l'emmener chez elle. Rares étaient les personnes qui avaient déjà franchi le seuil de sa porte. Ils se comptaient sur les doigts d'une seule main. Mais elle n'avait plus vraiment le choix, elle allait devoir emmener l'usurpatrice chez elle. Merde. Elle entrouvrit l'œil de l'inconsciente pour vérifier son état mais ce n'était pas du cinéma. Tout en continuant de pester, elle la souleva et la cala sur son épaule. Heureusement, la rue était vide à cette heure et elle habitait à trois pas.
Astrid habitait un petit studio à l'étage d'un salon de coiffure. Lorsqu'elle ouvrit la porte, un caninos vint l'accueillir en battant de la queue.

- Salut Charlie.

Elle entra et déposa son fardeau le matelas à même le sol qui lui servait de lit. Le pokémon, curieux, renifla la nouvelle venue pendant que sa dresseuse se penchait sur sa poitrine. Son cœur battait normalement, sa respiration était normale quoi que plutôt lente et profonde et... Ne me dit pas que... Son intuition était juste. "Ivy" jouait les belles aux bois dormant. Une expression consternée se peignit sur le visage de l'agente. Elle ne savait que choisir entre l'agacement et l'amusement. La pauvre devait être vraiment épuisée. Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire elle ? Elle ne pouvait quand même pas la laisser dormir comme ça dans son lit jusqu'à ce qu'elle ait récupéré ! Pourtant, une respiration plus bruyante que les autres lui tira un sourire presqu'attendri. Après tout, elle pouvait bien la laisser se reposer une petite heure.
Doucement, elle la débarrassa de son sac et de sa veste pour la mettre plus à l'aise. Une idée folle traversa sa tête. Tellement folle qu'elle s'en voulut. Elle pouvait... Non elle pouvait pas. C'était contre ses principes. Mais elle tenait là une occasion en or. Une occasion qui ne se représenterait probablement pas. Mais son père ! C'était cracher sur les valeurs qu'il lui avait transmises ! Son père qui avait contracté des dettes envers la mafia. Mafia qui l'avait forcée à faire des choses autrement plus répréhensibles que ce qu'elle projetait de faire. Elle se mordit la lèvre, regardant alternativement "Ivy" et ses affaires. Et son visage se durcit. Sa décision était prise, le dilemme tranché.
Elle s'empara d'abord du contenu des poches. Il n'y avait rien de particulièrement intéressant. Des clés, un peu de monnaie, quelques tickets déjà utilisés de métro, un paquet de mouchoir... Elle vida le sac. Dans une des pochettes, elle trouva un portefeuille. Elle fut étonnée de trouver une carte d'identité au nom d'Ivy Rockwood dont la photo correspondait bel et bien à la fille qu'elle avait sous les yeux. Elle l'examina avec attention et poussa un sifflement d'admiration. C'était du beau boulot. Quelques détails la portaient à croire qu'il s'agissait d'un faux mais il n'y avait pas de doute possible. C'était là l'œuvre d'un professionnel. Elle fronça les sourcils. C'était inquiétant. "Ivy" n'était pas une simple usurpatrice d'identité. Elle poussait les choses beaucoup trop loin pour être crédible dans la peau qu'elle endossait. Elle passa à la pochette principale. Il y avait deux enveloppes cartonnées. Elle connaissait la première. La seconde la laissa interdite. Puis une colère sourde se glissa en elle.
La salope. Il n'y avait pas d'autres mots. La salope. Astrid avait envie d'hurler. De massacrer quelque chose. Là. Maintenant. Tout de suite. Elle ne le fit pas. Elle se leva brusquement et se retourna pour ne plus avoir l'enveloppe sous les yeux. Sinon elle allait la déchiqueter et ce n'était une bonne idée. Elle mourrait d'envie de secouer "Ivy". Elle devait obtenir des réponses. Et elle les aurait. Aussi sûre qu'elle s'appelait Astrid. Quitte à la torturer s'il le fallait. Elle en était capable. Elle était capable de tout pour protéger sa famille. Même du pire. Car sous la colère qui l'animait se cachait une peur terrible. Elle crevait de peur. Un peu pour elle, surtout pour eux. Elle devait d'abord penser à eux.
Elle se força à respirer profondément. Elle devait se calmer. Canaliser sa colère et sa peur. Elle jeta un œil haineux à la blonde qu'elle avait installée dans son lit. Elle méritait qu'elle la foute à terre avec un sacré coup de pied au cul. Mais elle allait faire mieux. Elle lui donnait trente minutes. Trente minutes et pas une de plus. Juste le temps qu'elle-même reprenne son sang froid pour gérer au mieux la confrontation. Après quoi si elle ne se réveillait pas d'elle-même elle s'en occuperait. Et ça allait saigner. Un sourire malveillant déforma son visage. Charlie, qui avait été s'allonger dans un coin, releva une tête inquiète.
Astrid mit un timer de trente minutes sur son portable, enroula des bandes pour protéger ses mains et se dirigea vers le sac de boxe pendu dans un coin de la pièce pour se défouler dans un silence que seule une rage froide peut procurer.


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Ven 17 Fév 2017, 20:20
Le café. La rue. La jeune blonde qu'elle suivait tant bien que mal alors que ce qu'elle voyait semblait se décaler de plus en plus de la réalité. Cette sensation de flottement, de relâchement et de légèreté, puis plus rien... Ne restait alors que le calme. Le calme qu'elle avait fuit des années auparavant en choisissant la voie qu'elle avait emprunté.

Pourquoi l'avait-elle emprunté d'ailleurs ? Elle se le demandait encore parfois dans les moments où elle s'en prenait plein la figure -ce qui arrivait un peu trop souvent à son goût ces derniers temps-. Mais la question ne restait jamais longtemps en suspens. Si vous aviez eu la chance de pouvoir le lui demander, peut-être vous aurait-elle dit qu'elle avait commencé à arpenter des chemins peu moraux car elle était dans le besoin. Ce ne serait pas tout à fait faux mais ce serait tout de même un beau mensonge, pour changer. Et inutile de se mentir à soi-même quand on en connait la raison et que les choses sont plutôt simples. Elle était tout simplement devenue allergique au fait de rester sur place. La vie sympa, rangée, ordonnée, l'emploi stable, la maison, le crédit -l'horreur-, le Pokémon de compagnie qui attendait qu'on le promène dans un parc tout propre où il était interdit de marcher sur le gazon... Beurk... Elle avait fuit tout ça, tourné la page et c'était bien mieux ainsi. N'importe comment, elle n'avait plus les moyens de retourner en arrière de toute façon...

Elle se laissa bercer par son univers onirique, là où rien ne pouvait l'atteindre, seule et loin des problèmes qui tambourinaient constamment à sa porte. Qui tambourinaient... Oui, quelque chose tambourinait. Qu'est-ce que ça pouvait être ? Était-ce réel ? Le monde semblait ébranlé par ce battement sourd parfois régulier, parfois saccadé, semblant vivre à sa mesure, à son bon vouloir. C'était quelque chose de sourd et profond qui faisait ressurgir d'étranges souvenirs à la surface. Cela lui rappela le rythme de son cœur le jour de sa condamnation et elle fut replongée dans cette salle détestée, loin d'ici, au large des côtes. Pourquoi en revenait-elle toujours à ce moment là ? Pourquoi refaisait-elle toujours ce cauchemar ? N'y avait-il pas moyen de tirer un trait sur tout ça ? D'imaginer que ça ne s'était pas passé de cette manière, qu'elle n'avait pas subit cet enfermement pendant tout ce temps, qu'elle n'avait pas été privée de la sensation du vent sur son visage ?

Le léger souffle d'air chaud qu'elle sentit sur son front lui fit ouvrir un œil malgré elle. Qu'est ce qui...

Son sang ne fit qu'un tour et son instinct de survie pris les commandes. Elle écarquilla les yeux, roula et se jeta en arrière pour se mettre hors de portée du caninos qui était en train de la renifler. Son dos rencontra un obstacle avec violence. Elle réalisa qu'elle se trouvait acculée contre un mur. Merde ! Face à sa réaction soudaine et au bazar qu'elle avait engendré, le pokémon eut un mouvement de recul et se mit à grogner en hérissant les poils de son torse et de sa crinière. Elle tenta de se redresser et se cogna le crâne au dessus d'elle. Des objets lui tombèrent dessus et les grognements redoublèrent. Elle n'osa plus bouger. Dans sa tête douloureuse, c'était la panique. Bon sang ! C'était quoi ce clébard ? Qu'est-ce qui se passait ? Elle était où ? Comment était-elle arrivé ici ? Elle s'était encore fait enlever par une bande de tarés capables de tout ? Elle regarda dans tous les sens, affolée, pour chercher à reconnaitre quelque chose et distinguer une potentielle issue de secoure. Non, ce lieu lui était inconnue.

Ça semblait être un petit appartement. Manifestement, on l'avait fait dormir dans un matelas étendu à même le sol. Bon. Au moins, le mec qui l'avait mise là avait une once d'empathie -même s'il semblait souffrir d'un manque d’esthétisme certain- ce qui était déjà un soulagement. Les choses qui lui étaient dégringolées dessus étaient une pile de sweat shirts provenant d'une étagère au dessus d'elle. C'était donc le lieu de vie de quelqu'un, ce qui pouvait ou non être une bonne nouvelle en fonction du quidam. Depuis sa position accroupie, elle pu distinguer que la pièce était coupée en deux par un sofa positionné devant une télé. Plus loin sur sa droite, un passage caché derrière un bar semblait servir de coin cuisine. Elle remarqua la porte en face d'elle. Elle se serait empressé de la rejoindre si elle n'était pas scotchée au mur par cette foutue bestiole à crocs. Ne restait plus que la fenêtre sur sa gauche. C'était sa seule sortie ! Mais était elle-haut ? Pas moyen de voir à quel étage elle se trouvait depuis sa position. Enfin, c'était toujours mieux que rien tant qu'elle n'en aurait le cœur net. Elle était prête à tout pour quitter la cage qu'elle partageait avec ce fauve. Elle entreprit de se déplacer doucement en s'adossant au mur sans quitter le monstre des yeux de peur qu'il ne se décide à bouger. Mais elle fût freinée dans son élan avant qu'elle n'ai pu faire le moindre mouvement. Une silhouette élancée, les mains sur les hanches, venait de se placer en face de la baie vitrée. Elle était tellement effrayée par le monstre qu'elle ne l'avait même pas remarquée. Sa vue ne s'était pas encore faite à la luminosité, et le contre jour qu'elle lui offrait l’empêcha de discerner distinctement ses traits. Le pianotement impatient de sa main droite fut cependant plus parlant.

Astrid. Évidement...

Mais attendez. Non. Ça voulait dire qu'elle était chez elle ? Pas possible. Son regard tomba sur le sac de frappe qui gesticulait encore, en pendouillant mollement de manière soumise. Le mouvement de balancier et le grincement plaintif de la chaine qui le maintenait suspendu lui ôtèrent son doute. Ouais. Ça correspondait bien. C'était ça le battement qu'elle avait cru percevoir dans son rêve ? Une policière qui s'acharnait sur un punching-ball ? Son réveil brutal semblait l'avoir coupée en plein milieu de sa séance et Lanna pris conscience que l'attention générale de la pièce était braqué sur elle, ce qui lui donna un frisson. Mais qu'est-ce qu'elle foutait à dormir chez ce flic ? Elle se souvenait du bar, de l'autre agent à la con qui se prenait pour un tombeur et qui les avait interrompu pendant qu'elle lui montrait les chlichés... Les clichés... Merde ! Les clichés ! Où étaient ses affaires ? Si jamais Astrid était tombée sur le reste...

Merde...

Elle repéra son sac au pied de ce qui servait de lit, grand ouvert, le reste de son contenu répandu à même le sol, jeté en vrac. Elle se tourna lentement vers l'agent qui n'avait pas bougé d'un pouce. Elle n'osa même pas se relever. Elle n'en avait ni le courage ni l'énergie. Saleté de fouineuse... Pourquoi s'étonnait-elle ? Policier ne rimait-il pas avec indiscret ? Elle fut prise d'une colère muette et se retint de pester à haute voix. Elle ne pouvait rien faire.

Le caninos ne s’arrêtait pas de grogner.


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Lun 10 Avr 2017, 21:44
Astrid enchainait des coups violents sur le sac, comme si celui-ci était à l'origine de tous ses problèmes. Ce n'était pas le cas évidemment mais c'était sa fonction première : permettre à quelqu'un de se défouler. Frapper. Encore et encore. C'était le meilleur moyen pour elle d'extérioriser sa colère. Sentir ses mains et ses pieds s'enfoncer dans le sac de sable à s'en faire presque mal. Regagner en concentration. Petit à petit, sans que cela soit vraiment volontaire, les coups devenaient moins anarchiques et plus réguliers, moins puissants mais plus précis. C'était le signe qu'elle se calmait. Enfin, dans la mesure où elle en était capable, surtout dans ces circonstances. Refouler son trop plein de haine était probablement une expression plus juste. D'ici quelques instants, elle serait à même d'avoir retrouvé les idées claires et par conséquent, de cesser de martyriser ce pauvre sac qui n'y était pour rien dans cette histoire.
Elle aurait aimé avoir un peu plus de temps encore mais un bruit brusque la tira de la concentration froide dans laquelle elle s'était plongée. Charlie, curieuse, s'était approchée d' "Ivy" qui était maintenant ensevelie sous une pile effondrée de sweat-shirts, le regard complétement perdu et paniqué. L'heure était donc venue pour le deuxième round de la journée. Le regard dur, elle fit craquer ses doigts puis sa nuque. Elle se sentait prête.
Astrid s'installa devant la fenêtre, laissant sa silhouette se découper dans le contre-jour. La position était stratégique. Charlie bloquait déjà toute retraite à l'ex Belle aux Bois Dormants vers la porte et la seule autre issue se trouvait derrière elle. Elle ne comptait pas la laisser prendre la fuite et bien que passer par la fenêtre soit assez improbable, l'appartement n'était qu'au premier étage et elle ne ferait pas l'erreur de sous-estimer la pseudo-journaliste.
Contre toute attente, "Ivy" ne lui accorda pas un regard. Il restait rivé sur le caninos. Il lui fallut quelques instants pour comprendre ce qu'elle lisait dans ses yeux. C'était de la peur. Une peur sourde qui frisait l'angoisse. Elle haussa un sourcil. Il était de notoriété publique que les caninos étaient des Pokémons très sociables et Charlie en particulier avait plus l'air d'une grosse peluche patapouf que d'un monstre sanguinaire. Même si en l'occurrence, la peluche montrait les crocs. Charlie avait très certainement été aussi surprise par la réaction violente de leur invitée que celle-ci avait peur d'elle. Un sourire malveillant éclaira son visage. Elle tenait là une possibilité d'action intéressante...
Les mains sur les hanches, elle toisa "Ivy" tandis que celle-ci semblait enfin remarquer sa présence. Elle la laissa l'observer un instant, les yeux plissés à cause de la lumière. Puis, ses doigts pianotant tranquillement sur le bas de son t-shirt, ce fut avec une voix très calme qu'elle prononça :

- Assise, Charlie.

Le pokémon s'exécuta docilement mais la tension dans son corps restait palpable, comme en réponse à celle qui émanait d'Astrid sous sa nonchalance feinte. On la devinait prête à bondir à tout instant. En bon chien de garde, elle n'attendait qu'un mot de sa dresseuse pour défendre le logis et sa propriétaire. Laquelle était très fière de cette réaction. Mais pour l'heure, toute son attention était focalisée sur la jeune femme qui restait prostrée au sol. Elle suivit son regard vers son sac éventré non loin d'elle. Voir les clichés de sa famille et la preuve de dette contractée auprès de la mafia évacua tout ce qui restait de compassion en elle. Ses yeux clairs et glacials se fichèrent dans ceux de la responsable de tout cela.

- Fini de jouer. Tu as intérêt à m'expliquer tout ça. Maintenant.

Le ton était sans appel. Dur, tranchant, froid comme une lame de couteau. Il y eut un court silence. "Ivy" ouvrit la bouche pour répondre mais Astrid reprit la parole avant qu'elle n'est eu le loisir de prononcer ne serait-ce qu'une syllabe.

- Pèse bien tes mots avant de répondre. Aucun mensonge. Et si ce que j'entends ne me plait pas... Il me semble que Charlie est un peu sur les crocs.

Elle n'en dit pas plus. La menace était claire, elle n'avait pas vraiment besoin d'être développée. Mais elle n'était pas encore tout à fait sûre de la mettre à exécution. C'est-à-dire qu'elle hésitait à laisser le caninos faire le travail. La tentation qu'elle avait de la démembrer de ses propres mains était forte.


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Mar 27 Juin 2017, 23:12
Assise !

L'ordre était sans appel et si elle n'était déjà recroquevillée dans cette position inconfortable, nul doute qu'elle se serait exécutée à l'instar du Caninos qui posa immédiatement son arrière train au sol. Lanna fut parcourue de part en part par un frisson de terreur en réalisant qu'Astrid en était la dresseuse et que le Pokémon lui obéissait au doigt et à l’œil. Elle était dans la merde ! Elle était dans la merde ! Bien qu'assis, le monstre restait en arrêt, tendu de tout son être et prêt à lui bondir dessus. L'agent n'avait qu'à lever le petit doigt pour que ses angoisses, ces terreurs qui lui minait le peu de sommeil qu'elle avait réussi à glaner ces derniers jours, ne deviennent réalité. Comment s'était-elle fourrée dans une situation aussi merdique ?

Fait chier ! Fait chier ! Fait chier !

Tremblante, elle mourrait d'envie de regarder Astrid, de tenter de jauger ce qu'elle allait entreprendre mais rien à faire. Elle n'y parvenait pas. Ses yeux ne voulaient plus lui obéir. Ils ne pouvaient se détacher de ceux de l'animal qui la regardait fixement sans même s'autoriser un clignement d’œil.

Calme toi... Calme toi...

Astrid trancha le silence brutalement par son injonction et cela lui fit l'effet d'un électrochoc. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse, paniquée. Que devait-elle dire ? Que pouvait-elle dire sans risquer d'y laisser sa peau ? Par où commencer ? Il lui fallait une idée mais elle n'arrivait pas à les mettre en ordre. Tant de choses se bousculaient dans sa tête... Elle ouvrit sa bouche pour tenter d’entamer le dialogue et gagner du temps mais la jeune femme l'interrompit net en lui lançant l'avertissement qu'elle redoutait tant. Elle referma sa bouche instantanément. Les mots avaient une importance. Ils en avaient toujours eu et une phrase bien choisie pouvait faire tomber de nombreuses barrières. En ce moment, en revanche, ils pouvaient s'avérer dangereux. Trop pour qu'elle les utilise à tors et à travers.

Lanna ne put s'empêcher de laisser s'échapper un petit gémissement plaintif à la mention de l'appétit insatiable du monstre qui la dévorait du regard. Charlie. La créature qui allait lui faire la peau s'appelait Charlie. Comment un être aussi effrayant pouvait-il porter un nom aussi mignon ? C'était pire que tout !

Calme toi... Calme toi...

Elle ne sut comment elle réussit à croiser le regard du policier. Pour elle, le spectacle devait valoir son pesant de cacahuètes. Lanna devait lui faire un regard suppliant, à moins qu'il ne soit tout simplement désespéré. Et ça l'effrayait d'autant plus. Elle n'arrivait pas à se contrôler face à ce quadrupède. Il était clair qu'Astrid avait bien intégré sa faiblesse et qu'elle comptait bien s'en servir contre elle. Lanna réalisa qu'elle était en train de s'indigner intérieurement du fait que la partie soit inégale et que les dés soient pipés... Elle ? Choquée par un jeu truqué ? C'était trop drôle... Attendez... Était-elle réellement en train de rire à voix haute face à cette ironie ? Bordel... Cette fois c'était bon. Elle venait vraiment de péter un boulon. Elle partait totalement en roue libre...

Ses soubresauts nerveux cessèrent enfin, achevant de la vider. Elle était à bout. Épuisée. Elle laissa sa tête pendre mollement vers son ventre noué, laissant ses cheveux tomber devant son visage. C'en était fini de la voleuse. A quoi cela lui servait-il de lutter si face à ce genre de situations elle ne pouvait plus garder ses moyens. A quoi bon chercher une manière de s'en tirer comme elle l'avait toujours fait s'il était aussi simple de la mettre au tapis ? Autant que cette satanée bestiole lui brise nuque tout de suite et que cette frayeur s'arrête enfin... Et merde, venait-elle vraiment de penser ça ?

Respire Lanna ! Respire !

Elle laissa passer quelques instants sans rien dire le temps de faire le tri dans ses pensées puis eu l'étrange sensation de se voir depuis l’extérieur. Dieu que la scène était ridicule. Et alors quoi ? C'était tout ? Ça allait se vraiment se passer comme ça ? Elle allait se laisser trainer dans la boue aussi facilement ?

Mais que pouvait-elle bien faire, prostrée dans son coin ? Il allait bien falloir qu'elle dise quelque chose... Mais quoi ? Elle ne pouvait pas lui jeter toute la vérité au visage, non ? Elle ne pouvait tout simplement pas lui balancer qu'elle était la pire des arnaqueuse, qu'elle avait par dessus le marché volé son badge –ce qui avait entrainé toute cette histoire au passage– qu'elle l'avait foutue dans une merde noire du point de vue de son boulot, mettant en danger sa famille vis à vis de la pègre, et qu'elle avait mis le nez dans leurs affaires pour tenter de trouver de quoi sauver ses miches... Elle ne pouvait pas décemment le faire maintenant. Pas dans cette situation, non ? Et pourquoi pas ? N'éprouvait-elle pas de l'empathie vis à vis de la situation de cette jeune femme, similaire à la sienne en bien des points ? N'avait-elle pas aggravé les choses en l'invitant à rejoindre la partie de son jeu idiot ? Et admettons qu'elle se sorte de ce mauvais pas... Que se passerait-il après ? Elle avait déjà tant de problèmes à gérer en dehors d'Astrid...

Et si... Une idée commença à germer dans son esprit. Et si les choses pouvaient être prises sous un autre angle ? N'étaient-elle pas finalement dans le même merdier toutes les deux ? Ça lui coûtait vraiment de l'admettre mais... N'allait-il pas être plus facile de se sortir de ce pétrin ensembles ? Sans parler de son double jeu, Astrid était un agent non ? Un flic ça pouvait ouvrir certaines portes qui lui étaient pour l'instant inaccessible. Mais comment faire pour la convaincre de faire un truc pareil ? Cette femme ne pouvait pas la piffer...

Et merde...

Lanna se mordit les lèvres. Elle n'était pas en train d'envisager ça, n'est-ce pas ? Il y avait forcement une autre solution pour se sortir de ce pétrin. Il devait forcement... La vision partielle du Caninos derrière ses mèches freina son excès de fierté. Elle allait devoir faire quelque chose et c'était encore la seule solution qui lui permettait de rester encore en jeu.

Elle tenta d'inspirer une grande goulée d'air mais s'étrangla à moitié. Elle devait lui dire quelque chose ! Un truc qui l'intrigue suffisamment pour entamer le dialogue sans qu'elle ne finisse avec des crocs plantés dans la jugulaire ! Vite ! Elle ouvrit sa bouche pour dire quelque chose. Sa gorge lui faisait un mal de chien.

« Je... Je m'appelle... »

Elle se coupa net. Que faisait-elle ? Que faisait-elle bordel ? Ça faisait des années qu'elle n'avait révélé sa vraie identité à qui que ce soit. Pourquoi fallait-il que ça change maintenant ? Pourquoi fallait-il que ça se passe comme ça ?

« Je m'appelle... »

Pourquoi était-ce si dur à dire ? Pourquoi le fait de révéler ça à quelqu'un la mettait-elle mal à l'aise au point qu'elle s'en enfonçait les ongles dans la peau à s'en blesser ? Pourquoi était-elle en train de paniquer ? Pourquoi se mettait-elle à crier ?

« Fait chier ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je veux vraiment te le dire Astrid, mais je... Bordel ! Je m'en sent incapable ! Je t'en supplie, aide moi... Aide moi à te le dire ! »


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