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» Cueillez dès à présent les roses de la vie.


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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Dim 2 Oct - 19:43
Tu ne voulais pas la quitter. En l’espace de quelques minutes, la présence de Sae était devenue essentielle à ta survie. Tu voulais qu’elle reste là… Pour toujours même, s’il le fallait. C’était plus que de l’égoïsme ou de la dépendance. Ce désir de profiter de son réconfort rassurant était un moyen pour toi d’envisager l’avenir avec positivisme. Depuis la trahison d’Alfred, c’était quelque chose dont tu avais désespérément besoin… Tu ne roulais plus aussi facilement. Les rouages de ton cerveau s’étaient encrassés et tournaient avec tant de difficulté que le monde perdait de sa clarté. Ce n’était pas quelque chose que l’on aurait pu attendre de toi. Le poids d'un tel mensonge n'aurait pas dû t'affecter... Si ? Tu étais tellement détaché du monde et décalé de la réalité que tout ceci aurait dû n’avoir aucune influence sur ta mentalité. Mais la vérité, c’était que les souvenirs éteints de ta vie passée t’avaient tant torturé que tu ne pouvais pas ignorer ce dur apprentissage de la vérité : durant toutes ces heures passées chez le psychologue, l’homme que tu avais désigné comme père avait espéré que tu ne retrouves jamais la mémoire. Il t’avait volontairement caché des informations capitales à ton bien-être sous prétexte que tu serais plus heureux si tu ne cherchais plus à creuser le fond de cette vieille histoire.

Ton histoire.

C’était les pages arrachées de ton récit qu’il avait jalousement gardé dans ce dossier dans un coin de son bureau. Toutes ces années, les feuilles témoignant de ton adoption par le Noah’s Circus avaient été là, juste sous tes yeux et il avait fallu qu’une enquiquineuse revienne mettre son grain de sel à l’ambiance idyllique de votre monde pour que les fantômes du passé ressurgissent brusquement. Tu détestais Fleur de Lys autant que tu la remerciais de t’avoir appris la vérité… Ton cœur était partagé entre la joie et la colère. Entre l’amour et la haine.

Lorsque Sae te propose de rester dormir, ton visage se compose une expression satisfaite. Non, plus que ça. Loin d’être seulement ravie, ton expression se révéle être enchantée. Tu n’aurais pas espéré mieux que cette invitation à rester dormir. Près d’elle. Dans la même chambre. Dans d’autres circonstances, sans doute cette situation aurait-elle eu un arrière-goût malsain, mais connaissant la relation qui vous unissait toi et Sakae, les choses paraissaient soudainement totalement normales. Elle était comme ta petite sœur. Non… Ce n’était pas tout à fait ça. Des frères et sœur, tu en avais déjà une dizaine. Les artistes du Noah’s Circus remplissaient ce rôle à la perfection sans avoir besoin d’en ajouter un de plus. Avec Sakae, c’était différent. Tu en étais fan. Elle t’impressionnait. Un si petit brin de femme ne pouvait pas posséder autant de courage et de sang-froid. À côté de son histoire à elle, la tienne paraissait bien terne et sans intérêt. Toute l’admiration du monde, la jeune Kurami la méritait amplement. Voilà. Tu étais son fan, elle était ton idole. Il n’y avait pas de place pour autre chose dans ta petite tête. C’était ton amie. Ton amie un peu fofolle et enjouée. Elle coupait des mots lorsqu’elle parlait et se comportait comme la gamine qu’elle était… Indifférente aux aventures qui l’avaient marquée, elle possédait cette sorte de joie de vivre qui rendait ses couleurs à ton monde. Elle était un baume pour le cœur.

Devenus souriants, vous vous organisez en un rien de temps. Abandonnant momentanément Némée aux bons soins de Sakae, tu t’empresses de faire une courte halte vers ta chambre pour attraper ton sac puis revient sitôt. Tu n’as pas envie de t’attarder trop longuement dans cette chambre devenue vide de présence. Quelqu’un t’attend ailleurs. Tu es appelé, prêt à mettre sur pied ce que certains appellent une soirée pyjama… Tu te souviens parfaitement des rares fois où vous en avez fait une. Mettant à terre les rares parcelles d’intimité que vous possédiez, vous vous rejoigniez tous dans le chapiteau principal où vous étendiez couvertures et sac de couchage sur le sol afin de passer une nuit commune à papoter au clair de lune et raconter des histoires d’horreur autour d’une lampe de poche. Habituellement, vous vous surpreniez à veiller jusqu’à pas d’heures et, souvent, vos lendemains étaient horribles entre le ramassage de vos effets personnels et les représentations à venir. Mais jamais vous n’aviez regretté. Tu savais que cette soirée serait différente. Vos regards étaient déjà emplis d’une fatigue difficile à dissimuler et même si vous passiez les prochaines minutes à discuter de tout et de rien, le sommeil reprendrait bientôt ses droits sur votre organisme.

Enfilant une tenue pour dormir, tu te glisses aux côtés de Sae sous la couette. Éteignant la lampe de chevet, tu laisses un sourire se faufiler sur ton visage devenu lumineux par sa présence. Évidemment, les minutes suivantes sont employées à discuter des jours à venir, mais, rapidement, le sommeil gagne son combat contre vous et vous sombrez dans ses abîmes. Cette fois, pas de cauchemar. L'effroyable peinture maintes fois admirée de cet incendie ayant tout gâché ne te revint pas en mémoire.

Le matin suivant, tu mets du temps à émerger. Heureux de pouvoir récupérer des longues heures passées à éplucher les journaux et à t’attarder sur des détails inutiles à ta quête de vérité, tu ne sens plus les heures passer. Fidèle à tes habitudes, tu ne te réveilles néanmoins pas trop tard et dix-heures est encore loin devant vous lorsque tu ouvres les yeux. Depuis ton départ du cirque, tu as un peu perdu la notion du temps. Les jours sont plus longs et les nuits plus courtes. Tu n’es plus aussi encadré que lorsque tu vivais au cirque et il faut admettre que la vie solitaire ne te sied pas à merveille. Tu ne sais pas t’occuper de quelqu’un. Encore moins de ton toi-même. Malgré quoi, tu fais de ton mieux pour ne pas mourir de faim ou de fatigue aussi bêtement.

Clignant des yeux à quelques reprises, tu remarques de prime abord que Sae n’est plus là. Enfin, qu’elle ne dort plus à côté de toi. Curieux, tu te redresses légèrement pour mieux observer la situation puis plisse le nez. Depuis quand est-elle partie ? Honteux de l’avoir fait attendre, tu repousses les couvertures puis t’assis sur le bord du lit en laissant tes yeux parcourir l’environnement autour de toi. Il n’en faut pas plus à Némée pour se relever brusquement et sauter sur le lit afin de se lover contre toi et t’accueillir d’un bonjour inattendu. Passablement amusé par son comportement, tu laisses tes doigts parcourir son pelage puis la supplie de se calmer lorsque tu te remets en tête de trouver ton amie.

« Sae… ? »

Ta voix, un murmure, n’ose pas s’exprimer avec plus de force et de conviction. Craignant de réveiller la chambre voisine si tu grimpes d’un ton, tu te frottes la tête puis soupire doucement.

« Y a quelqu’un… ? »

Question stupide, nous en conviendrons. Malgré quoi, tu la poses. Comme ça. Tout naturellement. Comme si la jeune fille allait subitement réapparaître sous tes yeux. Peut-être connaît telle un sort d’invisibilité dont tu ne connais pas l’existence après tout ! De nos jours, plus rien ne t’étonne. Après cette jeune femme mangeant l'équivalent d'un cendrier ou d'un verre de cendres par jour, tu ne serais pas surpris d’apprendre l’existence d’une potion permettant de devenir invisible. Et si quelqu’un doit posséder un tel pouvoir, c’est clairement super Sae. N’est-ce pas ? De toutes les personnages que tu connais, ce brin de super héros est la plus à même de mériter un tel luxe.

Et sinon, peut-être n’est-elle simplement plus là. Ou dans la salle de bain. Qu’est-ce que t’en sais ?


« C'est un fou, un désaxé, un malade, un énergumène, un givré, un dérangé, un psychopathe, un détraqué… »
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Dim 2 Oct - 22:32
Sae était parvenue à sortir du lit sans qu'Aekyel ne s'éveille. Il avait bien gigoté en lâchant quelques sons inarticulés, mais il n'avait pas ouvert les yeux. Finalement tombée au bas du lit, l'adolescente était venue remonter la couette qui le couvrait jusqu'à son menton. Sae se recula de quelques pas, sur la pointes des pieds, pour bien s'assurer qu'elle ne le réveillerait pas. Avant de se retourner, elle contempla d'un dernier regard la scène, le tableau qui se dessinait à la force de cette peinture qu'était la réalité, et qui lui faisait comme une chaleur dans la poitrine. Elle était vraiment bien, ce matin. Elle aimait beaucoup Aekyel. Elle savait que ce sentiment était aussi dû à toute l'affection que le jeune homme lui portait, comme par capillarité. Après tout, l'amour se nourrissait des sentiments de l'autre, un petit peu. De toute manière, être avec lui actuellement lui enlevait un poids des épaules. Elle se donnait comme tâche d'accompagner Aekyel dans sa recherche, et ça lui permettait de s'évader de ses propres problématiques familiales. Et puis elle l'aimait quand même.
L'étape suivante, c'était de ne pas réveiller Némée. Ce fut plus facile, comme Sae n'était pas à moitié dans ses bras. Il suffisait de ne pas marcher sur cette patte qui s'était perdue sur le tapis, et le tour était joué. Elle activa la poignée de la chambre, sans en oublier les clefs qui était sur la petite table de la chambre. Elle avait une petite idée derrière la tête, et essayerait de faire vite. Histoire qu'Aekyel ne se réveille pas quand elle ne serait pas là. Il pourrait aller vadrouiller. Et alors là pour se retrouver, ce serait coton.


En fait de se dépêcher, Sae le prit littéralement au mot. Dès la porte de la chambre du centre pokémon fermée (l'idée la traversa de fermer à clef, pour être sûre d'y retrouver Aekyel à son retour, puis se ravisa en se disant que c'était un peu moyen quand même), Sae se mit à trottiner, puis à allonger la foulée. Non mais il ne fallait vraiment pas qu'il se réveille ! Vêtue de son petit short en toile et d'un tshirt tout simple, elle salua à la volée (Saluuuuuut !) avant de s'envoler par les portes coulissantes vers l'extérieur. Elle avait repéré une petite boulangerie sur la place principale, la même que celle du centre. En même temps, Vergazon n'était pas une grande ville, et les commerces de proximité se retrouvaient tous au même endroit.
Dans la queue de la petite boulangerie (tout le monde semblait avoir eu la même idée qu'elle ce matin), elle réfléchit. Effectivement, elle aimait beaucoup Aekyel, et effectivement c'était sans doute dû à l'affection très forte qu'il lui portait. Mais cela ne l'empêcherait pas de l'aider de tout son soûl, ni même de l'aimer encore plus. Mais d'un autre côté, elle n'avait aucune idée de ce au devant de quoi elle allait. Finalement, on fréquentait des gens dont on pensait tout connaître, mais en fait on ne savait rien d'eux.
Sae secoua la tête. C'était pas grave. Elle savait ce qu'elle avait besoin de savoir sur Aekyel : il ne lui ferait pas de mal, et il était adorable, et elle l'aimait beaucoup. Et qu'il se passionnait pour les gens qui mangeaient le contenu des cendriers. Après tout pourquoi pas. Ce fut sur ces pensées plus positives qu'elle rentra en trottinant dans le centre pokémon – il ne fallait pas épandre toutes ces viennoiseries sur le pavé.
Les clefs cliquetèrent dans la serrure, avant que celle de la porte n'actionne le mécanisme de la clanche. Bingo ! Aekyel ronflait toujours dans le lit. Enfin en vrai il ne ronflait pas, mais il dormait toujours quoi. Elle posa le sac en papier sur la table de chevet, près de la lampe qui les avait tenus éclairés la veille au soir. Elle se dirigea ensuite vers la salle de bain, pour aller se rafraîchir le visage.
Y a quelqu'un… ?
La voix d'Aekyel se fit entendre au travers de la porte, que Sae avait fermée pour que les bruits d'eau courante ne le réveille pas. Elle cracha dans le lavabo le reste de dentifrice, se rinça la bouche, puis se dépêcha de passer la tête par la porte.
Yep, j'suis là, Aek !
Elle passa son bras dans l'entrebâillement pour lui faire un coucou.
Bien dormi ? T'as des viennois'ries sur la table de ch'vet ! Elle les lui désigna d'un geste du menton. J'finis d'm'habiller et j'arrive ! Et elle disparaissait à nouveau dans la salle de bain.


En revenant dans la chambre, elle eut le plaisir de trouver Némée sur le lit avec un Aekyel assis. Ça va ? Elle vint s'asseoir à son côté, une serviette dans les mains. Elle s'appliqua à sécher sa grosse masse de cheveux. À vrai dire elle en avait partout, et chacun de ses mouvements de la tête les distribuaient à droite, à gauche. C'quoi l'programme d'la journée alors ! J'te suis moi ! Elle savait bien qu'ils avaient prévu la veille de passer une dernière journée aux archives, mais préférait tout de même remettre les choses à zéro avec Aek'. Après tout, c'était lui qui donnait le tempo.


tu veux des bonbons ? tu veux des niveaux bonus ? tu veux que je t'aide à réaliser tes rêves les plus fous ?:
 
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Dim 23 Oct - 3:21
Elle était là. Non loin, sa tête s’échappa du cadre de porte dans lequel elle s’était réfugier pour mieux poser son regard sur toi. Ces grands yeux verts et pétillants t’arrachèrent un sourire spontané alors que tu passais une main dans tes mèches indociles pour mieux replacer les quelques poils qui trônaient sur ta tête. Elle n’avait pas disparu… Pendant un instant, tu aurais presque pu croire que tout ceci n’avait été qu’un rêve : que ta rencontre avec Sae n’avait jamais eu lieu et que ton esprit tordu avait créer de toute pièce ces retrouvailles aussi inopinées que salvatrices. Mais non… Elle était réellement là. Tu la voyais désormais, aussi tangible et concrète que la veille. Aussi rayonnante également… Ton ange-gardien n’était pas le fruit désespéré de ton imagination.

Longtemps, Dylan t’avait parlé d’elle. Longtemps, tu avais souhaité avoir la chance de recroiser sa route… Mais jamais tu n’aurais cru que cela se produirait en de telles circonstances. À quelque part, c’était difficile pour toi de concevoir la véracité d’un tel hasard même s’il n’en demeurait pas moins parfait et agréable. Même si elle n’avait rien prévu de tout ceci, Sakae arrivait à point nommé.

« Des… Viennois’ries ? »

Curieux, tu t’empresses de baisser ton regard vers la table de chevet puis t’étonnes de découvrir le sac méticuleusement refermé. Rapidement, l’amusement gagne le pas sur la surprise et tu te surprends à penser dans la foulée que cette gamine est vraiment extraordinaire pour penser à tout de cette manière. Sans un mot, sans aucune indication, elle sait déjà comment te rendre heureux et te faire plaisir… En quelque sorte, c’est impressionnant de la voir évoluer dans le quotidien que vous partagerez désormais. Ils sont plus nombreux ceux qui n’auraient rien eu à faire de t’acheter un quelque chose pour casser la croûte… Ses attentions sont délicates et si bien pensées que, sitôt, tu espères pouvoir lui rendre la pareille. Tu n’es peut-être pas fortuné ou particulièrement intelligent, mais tu possèdes une bonne volonté beaucoup plus forte que celle de la plupart des gens… Ton talent, à toi, c’est ton inexplicable volonté à vouloir admirer le sourire des humains autour de toi. Ces mêmes humains qui t’examinent ouvertement de haut et te jugent manifestement pour ton physique non-conformiste... Tu ne connais pas la rancune.

Attrapant le sac qui craque sous tes doigts tatoués, tu sens une vague d’amour et de reconnaissance t’envahir au moment où tes yeux croisent ceux du croissant et la chocolatine qu’il contient. À quand remonte ton dernier véritable petit déjeuner ? Beaucoup trop longtemps. Pauvre comme Job, tu tentais jusqu’à présent d’engloutir une poignée de baies par jour en espérant que cela suffirait à servir un métabolisme déjà ralenti par une vie de simplicité volontaire. Si cela semblait plutôt bien fonctionner jusqu’à présent, il te suffit alors d’entendre ton ventre gronder comme un ogre pour constater que quelques baies -pas même Nanana- ne suffisent pas à faire vivre un homme de ton gabarit. Peut-être vient-elle de te sauver la vie sans même le savoir …! Immanquablement, cette idée t’amuse. Elle est ton ange-gardien. Celui dont tu avais désespérément besoin et sans lequel ton manque de débrouillardise aurait immanquablement finit par te tuer.

Le croissant, tant qu’à lui, est frais du jour. Moelleux, il épousa la forme de tes doigts à leur contact et t’ouvre la pense avec véhémence… L’invitation est on ne peut plus claire et, sans te faire prier, tu prends une première bouchée de la viennoiserie sous le regard envieux de Némée qui ne manque pas de déposer sa patte sur ta cuisse dans l’espoir de t’arracher un morceau. Tu hésites un instant puis rigole doucement. Ses yeux te transpercent avec tant d’envie que tu es incapable de demeurer insensible à sa supplication silencieuse.

« D’accord, d’accord. Tu as gagné. Mais seulement un petit morceau, c'est bon ? »

Le ronronnement de la lionne contre toi suffit à faire tomber tes dernières barrières. D’un air entendu, tu arraches un extrait de ton repas puis le lui offre. C’est le moment que désigne Sakae comme le plus opportun pour sortir de la salle de bain, t’arrachant un sifflement d’admiration dans la foulée. Une telle tignasse n’a rien d’humain. Fasciné par l’ampleur de sa chevelure rousse, tes lèvres prennent la forme d’un « o » surpris et nigaud à la fois… Un peu plus et tu sens que ta mâchoire pourrait presque se décoller. En d’autres circonstances, ta réaction paraîtrait presque excessive… Mais c’est toi et cela semble justifier naturellement toute interaction inhabituelle.

« Je peux leur toucher ? »

Demandes-tu timidement, non sans lâcher un sourire pour la convaincre de tes bonnes intentions. Même s’ils sont humides, tu es convaincu que les cheveux de Sakae sont très agréables à caresser… Il n’y a pas d’autre choix. Une telle crinière ne peut qu’être douce et agréable au contact. De nouveau, tu te laisses distraire par quelque chose sans importance qui aurait mieux fait de traverser ton esprit sans s’y attarder. Comment réagiras-tu si elle refuse cette inoffensive demande ? À cette idée, une vague de déception t’envahie pour tu tentes de l’effacer. De toute manière, vous avez d’autres priorités sur lesquelles vous arrêter… Et elle ne manque pas de te le rappeler, te rappelant doucement à l’ordre d’une simple phrase.

Oui. C’est vrai… Vous avez un planning à respecter et c’est ton devoir de ne pas perdre ton objectif de vu.

Difficile devant une telle chevelure. Jamais elle ne t’avait semblée si imposante et exceptionnelle.

« Euh je… Oui… Les archives ! Je ne sais pas s’il reste toujours quelque chose à y découvrir, mais je préfère ne pas prendre de risques… Peut-être que ce sera une journée chanceuse. »

La vérité, c’est qu’aucun des incendies nommés et décrits dans ton calepin ne t’évoque le moindre souvenir… Tu ne sais pas à quel genre de déclic tu t’attends, mais une part de toi espérais secrètement qu’une vague de souvenirs t’envahirait lorsque tu retrouverais les pièces manquantes de ton puzzle. Une sorte de sixième sens mis à jour par le retour de tes souvenirs qui te permettrait alors de reconnaître systématiquement ce que tu ne connais plus… Peut-être es-tu un peu trop naïf. Ce genre de truc n’arrive que dans les livres après tout…


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Lun 14 Nov - 22:34
Les yeux d'Aekyel s'illuminèrent lorsqu'ils tombèrent sur le sachet de papier. C'était si simple de lui faire plaisir à ce point ! Elle se demandait s'il avait seulement une idée du tableau qu'il renvoyait à la face du monde. C'était merveilleux. Après une petite pause, sans doute pour que l'information remonte tout à fait jusqu'à son cerveau, il entreprit de se choisir un petit déjeuner. Contre toute attente, il préféra le croissant au pain au chocolat. Sae aurait pensé l'inverse. Tant mieux, d'un côté, cela lui ferait plus de chocolat. Elle n'en avait pas acheté beaucoup, tant elle gagnait des cacahuètes en ce moment et préférait tout de même faire de petites économies.
Ses cheveux ne séchaient toujours pas. Évidemment. Avec une telle touffe, on ne pouvait pas dire que c'était rapide de s'en occuper. C'était peut-être pathologique ? Si ça se trouvait elle était malade des cheveux sans le savoir ! Pourtant, elle doutait qu'aucun docteur ne puisse quelque chose pour elle. Un capillologue alors ? Ça existait peut-être. Elle choisit donc au contraire de se rapprocher d'Aekyel et Némée, sur le lit. Elle ramassa au passage l'une de ses chaussettes qui traînait par terre. Comment était-elle arrivée là ? C'était un des mystères de son sommeil. Au moins elle n'était pas perdue, et elle ne se baladerait pas avec seulement un pied chaussé correctement.
Une chaussette rangée plus tard, elle prenait place à côté du gros chat qu'était la némélios. Ses coussinets arrières appuyaient sans la griffer sur sa cuisse. C'était rigolo, c'était tout doux. Elle avait toujours envie de gratter les coussinets, qui lui donnaient l'impression d'être recouverts de toutes petites écailles, mais en fait non. Némée devait sans doute avoir eu droit aussi au croissant, car des miettes parsemaient son museau. Cela la fit rire. Avec un regard plein d'envie, l'adolescente lorgna sur le sachet. Mais ses mains sur la serviette dans ses cheveux rendaient pour l'instant toute opération alimentaire impossible. Sae soupira.
Je peux leur toucher ?
L'adolescente se retourna, au milieu d'un mouvement compliqué de grattage du cuir chevelu, vers Aekyel, incertaine. Que voulait-il dire ? Et puis son regard tomba sur le sourire timide du jeune homme, sa main droite à peine relevée, comme auto-stoppée dans son élan. Elle sourit encore. On aurait dit un arrêt sur image. La jeune fille finit par comprendre, et pencha la tête dans sa direction.
Bien sûr ! J'vois pas trop pourquoi, mais si ça t'fait plaisir, vas-y fonce !
Tant qu'il ne fonçait pas directement dans sa tête ! Mais il se contenta de passer ses doigts dans ses mèches de cheveux, pendant que Sae s'affairait à sécher les autres. Elle en profita pour lui demander ce qu'ils feraient une fois qu'elle aurait fini sa besogne.
Euh je… Oui… Les archives ! Je ne sais pas s’il reste toujours quelque chose à y découvrir, mais je préfère ne pas prendre de risques… Peut-être que ce sera une journée chanceuse.
Il n'avait en effet pas l'air sûr !
T'as l'air ! Elle rigola. Allez, en route ! D'un geste elle sauta sur ses deux pieds et pointa le ciel du doigt. Enfin, le plafond.
Est-ce que ses cheveux étaient tout à fait secs ? Non. Est-ce qu'elle avait encore une fois complètement laissé tomber son plan à court terme pour passer à autre chose ? Tout à fait. Est-ce que c'était grave ? ... Espérons que non !
En deux temps, trois mouvements, elle avait jeté la serviette négligemment au travers de la porte de la salle de bain, mis ses chaussures, un gilet à capuche, un sac sur son épaule, et pointait à présent d'un air fier et conquérant la porte.
Elle garda la pose tant le temps qu'Aekyel soit prêt à la suivre au travers de la porte de l'aventure.


Les archives étaient beaucoup moins aventureuses que ce que Sae avait cru. Elle fit tout pour refouler sa petite pointe de déception devant le guichet un petit peu terne et les allées poussiéreuses pleines de piles de vieux journaux. Et puis elle se dit que ce n'était peut-être pas peine perdue quand elle vit une couverture de magazine poussiéreuse titrer « les coconforts, hermaphrodites ? ». Peut-être qu'elle pourrait y dénicher des informations (même s'il ne lui semblait pas avoir lu quoi que ce fut sur l'hermaphrodisme des coconforts de manière récente). Et puis bon, ils n'étaient pas là pour elle.
Alors, je commence par quoi ? Par où ?
Elle était au croisement de deux rayons, et ne savait pas du tout comment Aekyel s'y prenait. Elle préférait suivre son modus operandi, pour ne pas refaire ce qu'il avait déjà fait les jours précédents. Malgré la poussière qui lui chatouillait le nez, elle avait hâte de s'y mettre.


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Mar 6 Déc - 1:08
Les cheveux t’ont toujours fasciné. D’aussi loin que tu te souviens, tu as toujours chéri le contact de leur douceur entre tes doigts osseux et c’est précisément la raison pour laquelle tu étais devenu coiffeur au Noah’s Circus. C’était une occupation lucrative que tu adorais pratiquer… Pouvoir toucher à volonté des dizaines de têtes toutes différentes les unes des autres était un petit plaisir dans lequel tout le monde trouvait son gain. C’était en partie grâce à ça que tu étais devenu leur homme à tout faire : celui à qu’il suffisait de confier une tâche pour qu’il y excelle systématiquement. Ou presque. En y repensant, les choses avaient drôlement évolué te concernant. Plus jeune, ta vie n’était qu’un foutoir rythmé par le trouble neurologique selon lequel les médecins te définissaient… La violence seule semblait être une échappatoire à ton mal-être tout en étant ton principal obstacle au fondement d’une existence saine. Si l’ambiance loufoque du Cirque avait fini par en avoir raison, ça n’avait toutefois pas été facile de calmer le volcan qui bouillait en toi… La coiffure avait été un bon exutoire à ta fougue en plus de travailler cette concentration qui te faisait défaut. Ça avait été le premier pas vers l’amélioration avant que ton art et la confection des vêtements ne viennent compléter le lot…

Nul doute ne subsistait : toutes ces choses te manquent d’autant maintenant que la chevelure mémorable de Sakae, semblable à une provocation, vient ranimer en toi un désir nostalgique.

Ton sourire, d’abord timide, s’emporte sitôt que la jeune fille te donne l’autorisation de caresser les mèches de sa crinière rousse. C’est plus fort que toi. Au Noah’s Circus, seules Jia-Li et Hua avaient des chevelures semblables et elles détestaient toute deux que tu y touches. Bien vite, ton rôle de coiffeur t’avait fait bourreau et t’avais retiré le luxe de t’intéresser de plus près à de telles exceptions capillaires… Tu avais toujours nourri une pointe de regret vis-à-vis cet état de fait, donc entendre Sae te donner son accord était un cadeau invraisemblable.

Doucement, sans malice, tes doigts glissent entre les mèches rousses de la jeune fille. C’est doux. Beaucoup trop doux.

Celle-ci profite alors de l’instant pour s’informer sur le planning de la journée malgré l’aspect ennuyant qu’il revête. Malgré tout, tu n’envisages pas d’adapter tes plans à sa présence. Même si les risques sont maigres, une petite voix dans le creux de ton oreille ne cesse de te répéter que tu as sans doute oublié quelque chose là-bas et qu’il est essentiel que tu y retournes. Il est impossible de parler de certitude dans une telle situation puisque ton instinct est souvent plus trompeur que fructueux, mais quels risques prenez-vous à passer quelques heures supplémentaires aux archives ? Sauf si une horde de laporeille zombis vous y attend : aucun.

Dans tous les cas, cela ne semble pas décourager la jeune fille qui attend tout juste ta réponse pour jeter la serviette par la porte et se préparer à partir. Surpris par sa réactivité soudaine, tu tentes de diminuer de moitié ton temps de préparation habituel pour ne pas la faire attendre et, pendant un instant, tu hésites même à remettre tes scleras. Sachant qu’il est dangereux de dormir avec des lentilles, tu as pris à contre cœur l’habitude de les retirer avant de dormir… Mais il te faut toujours un certain temps le matin pour les remettre la coutume n’aidant pas. Tant pis : l’idée de sortir sans elles est si angoissante que tu préfères prendre quelques minutes supplémentaires pour t’assurer que tout est correct plutôt que de paraître déguisé. Néanmoins, tu as vite fait de rejoindre Sakae sur le pas de la porte au moment où celle-ci l’ouvre pour entamer ce nouveau chapitre de son aventure.

En ce qui te concerne, les choses sont un peu moins folichonnes. Il s’agit de ta troisième journée là-bas… Des difficultés en lecture et une concentration douteuse rendaient difficiles tes recherches pour percer le mystère entourant ta naissance. Même en y mettant beaucoup de motivation et de détermination, les mots continuaient de danser sous tes yeux et tu ne parvenais pas à faire fit de tout afin de lire plus simplement les informations qui apparaissaient. On ne pouvait toutefois pas dire qu’il s’agissait d’une surprise : tu n’avais jamais été un grand lecteur. Les mots et toi nourrissez un différend palpable et presque électrique dans sa forme… Tu étais un artiste, un original, mais certainement pas un littéraire. Tu avoues sans mal que ce retour dans la salle ne t’enchante guère plus qu’à l’accoutumé, bien que la présence de Sae soit un baume pour le cœur et l’esprit.

« Je suis sincèrement désolé si tu t’attendais à mieux… »

Minaudes-tu en remarquant sa mine déçue. L’endroit n’est pas très beau. Toi aussi, la première fois, tu espérais quelque chose d’un peu mieux que ces interminables rangées de poussières… Mais l’information est présente. N’est-ce pas tout ce qui compte ? D’un pas machinal, tu empruntes le même chemin que la veille pour aller récupérer les brochures de journaux que tu consultais avant de rentrer au Centre Pokémon. Non loin de toi, Sae s’intéresse plus longuement à l’objet de vos recherches, t’arrachant un sourire en coin. C’est vrai que tu n’avais pas été très clair jusqu’à présent quant au meilleur moyen pour venir à bout de cette corvée. Tu l’avais laissé s’aventurer dans ces vieux journaux sans même prendre le temps de lui en expliquer le fonctionnement… Idiot, va.

« Mh… Habituellement, les brochures d’un même jour sont rassemblées ensemble dans de plus gros classeurs. Regarde si tu ne trouves pas quelque chose datant de Juillet il y a quatorze ans... Sinon, la dame à l’accueil m’a dit qu’il y en avait par ici je crois. »

Dis-tu en attrapant le livre du vingt-deux juillet, non sans une hésitation marquée. Sitôt, tu te diriges vers les tables disposées en rangées non loin des étagères et tire une chaise, Némée sur les talons. Silencieuse, celle-ci s’étend de tout son long à tes côtés sitôt que tu prends place sur le meuble et que tu ouvres le gros livre. Peut-être découvriras-tu quelque chose de passionnant. À moins que tout ceci ne voit qu’une vaine tentative pour mettre des souvenirs sur un accident n’ayant jamais été catalogué… Cette idée te donne presque envie de soupirer, mais Sae vient vite briser le cours négatif de ses songes.

« Alors ? Tu as trouvé quelque chose ? »

De ta main libre, tu sors de ton sac le petit calepin aux feuilles noircies de ton écriture. Sans hésitation, tu le positionnes à mi-chemin entre Sae et toi-même.

« Si jamais tu lis un article traitant d’un incendie, quel qu’il soit, tu n’as qu’à l’écrire ici. J’ai également réservé quelques pages à la fin pour recenser les informations sur les laporeilles zombis… On n’est jamais trop prudents. »

Énonces-tu avec tout le sérieux du monde. Après tout, si tu peux commencer dès maintenant à compiler les informations à ce sujet, celles-ci risquent de t’être d’un très grand secours lorsque l’événement surviendra et viendra détruire votre quotidien. Ces petites bêtes sont peut-être très mignonnes de leur vivant, mais seront sans doute d’impitoyables ennemis lorsqu’elles renaîtront dans une autre forme clairement moins charmante.


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Mar 6 Déc - 16:07
Aek' avait dû capter son regard terni par la vue de la poussière. Son visage s'était détendu d'un coup, comme s'il tombait vers le bas, alors que jusqu'à présent il le tenait à peu près en place.
Je suis sincèrement désolé si tu t’attendais à mieux…
Oh la la la ! Non ! Sae afficha un grand sourire, posa ses deux poings sur ses hanches, jambes légèrement écartes : l'allégorie de la fille prête à bosser. Elle ne voulait surtout pas qu'il déprime. Encore moins dans un cadre pareil. S'ils s'enfonçaient, lui ou elle, dans un début de baisse de moral, ils n'en ressortiraient jamais. Ou alors seulement quand ils ressortiraient de cet antre des archives.
Mais non ! C'est normal, c'est des archives ! J'vais les démonter moi tu vas voir, on va trouver c'qu'on veut !
Elle lui envoya des faux coups de poings sur le bras, comme pour lui montrer qu'elle était prête à se battre contre la poussière et les journaux, et qu'il fallait se remuer et être prêts à se battre lui aussi et qu'elle était pleine d'énergie surtout. Elle espérait juste qu'elle n'allait pas lui faire peur. Alors elle prit bien soin de lui jeter des petits coups d'œils malicieux en même temps, pour garder le contact visuel au cas où il paniquerait.


Ils avancèrent plus dans les rayons. Sae demanda des indications plus précises sur ce qu'elle devait chercher. Elle voulait vraiment à la fois s'adapter au mode de recherche d'Aekyel pour ne pas refaire ce qu'il avait déjà fait, et pour autant y apporter si elle le pouvait bien entendu un regard nouveau.
Mh… Habituellement, les brochures d’un même jour sont rassemblées ensemble dans de plus gros classeurs. Regarde si tu ne trouves pas quelque chose datant de juillet il y a quatorze ans... Sinon, la dame à l’accueil m’a dit qu’il y en avait par ici je crois.
Sae acquiesça. Ça marche ! Si les archives étaient bien rangées par ordre chronologique il n'y avait pas à revenir là-dessus. Elle attrapa la liasse suivante de journaux qu'il lui avait désigné, et vint s'installer à la table avec lui.
Némée était déjà allongée de tout son long entre les pieds de leurs chaises et le rayonnage derrière eux. L'adolescente se para de sa capacité de concentration la plus sérieuse possible et se plongea dans les pages craquelées par le temps.
Le travail était long et fastidieux, ce n'était pas une surprise. Sae était contente de pouvoir aider Aek' là-dessus, ou au moins lui tenir un petit peu compagnie. Faire cela pendant des jours entiers dans un silence de mort, même pas brisé par la respiration de quelqu'un d'autre, quelle plaie !
Alors ? Tu as trouvé quelque chose ?
L'adolescente redressa sa tête. Cela ne faisait qu'une bonne demi-heure qu'ils s'étaient lancés. Pour autant, Aek' ne la regardait pas avec des yeux pleins d'un espoir tangible et qu'il ne faudrait pas briser. Non, il posait simplement la question, en lui désignant son propre petit carnet.
Pas encore oulalala ! Par contre j'ai trouvé un article sur les préférences alimentaires des barloches.
Non, clairement ce n'était pas intéressant, mais si ça pouvait le faire sourire, c'était toujours cela de pris.
Si jamais tu lis un article traitant d’un incendie, quel qu’il soit, tu n’as qu’à l’écrire ici. J’ai également réservé quelques pages à la fin pour recenser les informations sur les laporeilles zombis… On n’est jamais trop prudents.
Sae acquiesça consciencieusement en regardant le petit carnet. Il y avait déjà quelques informations, quelques dates, et aussi quelques dessins un peu abstraits dessinés sur la double page à laquelle il était ouverte. Puis elle calcula.
Mhm... Qui t'as parlé de laporeilles zombies ?
Elle ne voulait pas frontalement le démentir, elle savait comme Aek' croyait parfois à beaucoup de choses. Qui plus était, qui était-elle pour contredire son savoir de la sorte ? Elle voulait juste savoir d'où il tenait cette idée saugrenue, et à quelle point elle le tenait à cœur.


Les heures passèrent, et ils continuaient de lire avec plus ou moins d'attention. Ils avaient sauté la pause déjeuner sans même s'en rendre compte. Sae avait trouvé deux, trois mentions d'incendies, ou surtout de sapeurs-pompiers en fait. Mais elle avait tout noté. Ils avaient épluché différentes liasses, et à force l'adolescente avait même débordé sur le mois d'août, savait-on jamais. Peut-être que des nouvelles seraient données a posteriori ? Peut-être pas, mais ça valait le coup de tenter.
Doucement, la journée commençait à faiblir, comme l'estomac de l'adolescente. C'était une journée étrangement calme, comme elle n'avait plus du tout l'habitude d'en passer. Évidemment, ils avaient bavardé, avec Aek', et avait caressé Némée quand elle trouvait que l'on ne s'occupait pas assez d'elle. Cela lui faisait du bien, finalement, un petit peu de calme. Même si ce n'était pas le calme le plus joyeux du monde, car peuplé de faits divers parfois très glauque.
J'crois qu'on commence à arriver à la fin, fit-elle à la fin d'un registre. T'en as encore beaucoup à faire toi ? Comme Aek' le lui avait signalé la veille, il avait déjà bien avancé avant qu'elle ne le trouve ici. Ils devaient sans doute avoir fait presque le tour, même s'ils avaient encore trouvé quelques petites mentions par-ci, par-là. Elle se demandait ce qu'annonçait la suite de cette journée.
Il faudra p't-être aller manger ? Son ventre gargouillait, et elle ne voulait pas tomber dans les mepo, ni dans la poussière.


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Jeu 5 Jan - 19:52
Effectivement, si l’un ou l’autre devait s’enfoncer dans la déprime, alors c’en était finit de vous. Dans un tel contexte, la motivation était plus que nécessaire : elle était essentielle. Les vieux livres poussiéreux et le silence de mort ne devaient pas avoir raison de votre positivisme auquel cas vous finiriez la tête sous une table en position fœtale. Et franchement, ce n’était pas ce que vous souhaitiez pour la suite de la journée. Enfin, si tu ne pouvais pas parler au nom de Sae, toi, tout cas, tu espérais quelque chose de plus agréable. Des heures de larmes pour une tâche d’apparence beaucoup plus grosse qu’elle ne l’était serait un très coup dur… Il réduirait sans doute en poussière tous tes efforts orchestrés jusqu’à présent. Le découragement était votre pire ennemi. Serais-tu capable de le supporter ? Depuis des jours, tu faisais ton possible pour renouer avec ce passé dont tu n’avais de souvenir qu’un grand brasier hantant continuellement tes nuits. Tu ne voyais pas le bout de ta quête, mais l’idée de déployer tant d’énergie pour atterrir dans un cul de sac t’effrayait.

Heureusement, Sae était là. Quelque chose dans sa voix et dans son sourire avait sitôt balayé la déception qui s’installait dans ton cœur. Cet endroit n’était pas le plus beau du monde… Mais tu avais la certitude qu’il possédait la clé ouvrant le coffre-fort de tes souvenirs. Si tu pouvais fermer les yeux sur tout le reste afin de te concentrer uniquement sur ta récompense, les choses seraient sans doute beaucoup moins pénibles. Après tout, cette journée n’était pas moins que la troisième que tu passais entre ces murs décrépits. Cette expérience, tu commençais à l’apprivoiser comme quelque chose d’usuel. Il n’y avait plus rien d’extraordinaire à ouvrir les énormes classeurs remplis des brochures jaunies par la cigarette et le soleil. La première fois, l’expérience avait été tout à fait extraordinaire. C’était la première fois que tu t’arrêtais réellement pour prendre le temps de lire et découvrir les innombrables mystères que renfermait un journal. Le jour où avait commencé tes recherches, tu t’étais laissé absorbé par beaucoup trop d’articles n’ayant rien à voir avec ton objectif : l’exploitation des Mr.Mime dans les Cirques, l’utilisation des Pokémon électriques dans les concerts, la tristement célèbre disparition d’une fillette à Nénucrique… Minutieusement, tu t’étais appliqué à lire chacun des mots qui se dévoilait sous tes yeux. Au final, autant admettre que ta journée de dur labeur s’était montré très infructueuse puisque tu avais à peine effleurer la pointe de ton stylo sur le carnet.

Le lendemain, tu t’étais appliqué à mieux faire les choses.

Au moment où elle s’informe au sujet des laporeille zombis, un sourire énigmatique se compose sur tes lèvres. C’est une longue histoire… Mais une part de toi a toujours craint une apocalypse de ce genre. Bien avant que la démence n’empiète sur la raison, tu nourrissais une méfiance incompréhensible à l’égard de cette espèce. Ce n’était que plus tard que tu avais compris le moteur de cette suspicion envers eux…

« Personne… Tout le monde nie l’évidence. C’est la raison pour laquelle j’espère découvrir un article parlant d’eux… Malheureusement, ils se laissent tous berner par leur joli minois et oublient de se méfier. De toute évidence, le jour où l’apocalypse nettoiera la terre et qu’ils s’attaqueront aux humains, je serais le seul survivant. »

Soupires-tu sans lever les yeux de la page que tu feuillettes. Les laporeille ont été créés pour ça. Leur apparence les rend mignons à croquer, mais c’est pour mieux tromper les victimes. Ce ne serait pas pareil s’il s’agissait d’un avaltout par exemple. Eux qui, de base, n’attirent aucune sympathie, n’auraient aucune chance de suborner l’humanité. Les gens sentiraient le piège des mois à l’avance… Alors que d’adorables lapins à peine plus grands qu’un très jeune enfant ne s’attirera jamais le moindre soupçon. Et c’est pile poil le genre de chose dont tu souhaites être épargné. Tu n’es pas assez naïf pour succomber à leurs grands yeux noirs et leur bouille adorable.

Les heures passent donc entre le silence et les conversations usuelles. Contrairement à ta vie au Cirque, cette journée passée auprès de Sae et Némée est calme comme l’eau d’une rivière. Vos pauses se résument notamment aux caresses que Némée réclame à juste titre et à l’échange de quelques mots parfois assez inutiles, mais dont l’écoute t’apaise inexplicablement alors que le découragement fait sa place au travers les pages jaunes. Pour être franc, tu pourrais sans doute t’habituer à cette tranquillité. Cette absence de responsabilités, ce droit de disposer de tes heures libres comme tu le désires sans être continuellement interrompu par les caprices de tes frères et sœurs… Abandonner sa zone de confort peut parfois faire le plus grand bien à l’âme.

Surtout la tienne.

Repoussant une mèche de tes cheveux, tu réagis à peine lorsque Sae t’informe de son appétit grandissant. Ignorant son commentaire, tu continues de parcourir maladivement les lignes du dernier incendie ayant fait la couverture du dernier journal que tu feuillettes. Ton cœur se serre dans ta poitrine en découvrant les images prises du feu et des restes consumés de la maison. Ces clichés ne te disent rien… Ils ne te suggèrent aucun souvenir et, pourtant, tu sens au plus profond de toi que cet article ne t’est pas inconnu. Il ne fait aucun doute : cet incendie fait partie de ton passé. Tu ignores quel est le lien entre cet impressionnant feu de maison et le jeune garçon que tu étais… Mais vous deux êtes intimement liés. Il est cet impressionnant brasier qui te hante depuis ton départ du cirque… Il est aussi le moteur de ton amnésie… Mais quel rôle y joue-t-il précisément ? Levant subitement ton doigt pour intimer le silence à Sae, tu finis par pointer celui-ci en direction de ton article en relevant ta tête en direction de l’adolescente.

« Tu as parfaitement raison. Allons manger. »

Proposes-tu simplement. Jetant un coup d’œil en biais à la responsable des archives, tu profites d’un moment d’inattention de sa part pour déchirer discrètement la page que tu consultais jusqu’à maintenant du classeur dans lequel elle est entretenue. En dépit du bien ou du mal de ton geste, tu souhaites surtout pouvoir parler avec Sae dans un endroit plus chaleureux que celui-ci. D’un claquement de doigts, tu invites Némée à se relever puis plie l’article avant de le ranger dans ta poche, l’air de rien. Tu n’es pas quelqu’un de mauvais et tu te problèmes encore moins sous la bannière du voyou auquel on t’associe, mais il y a parfois des situations dans la vie qui forcent le délit. Malgré tout, as-tu seulement conscience de ton crime ? À tes yeux, ramasser quelque chose pouvant t’être utile est parfaitement normal et aucunement condamnable. Mais la jeune femme censée vous surveiller en penserait-elle autant ? Tu n’as pas l’intention de le lui demander.

Rangeant le classeur que tu étais en train de lire, tu notes discrètement la date dans un coin de ta mémoire : 30 Juillet. Doucement, un sourire fend ton visage alors que tu te retournes en direction de la petite fille non loin de toi.

« J’ai remarqué un excellent restaurant pas très loin d’ici. Je ne suis pas certain de pouvoir nous y mener, mais on peut essayer ! Qu’en dis-tu ? On pourra y discuter calmement. »

Dis-tu en désignant discrètement l’employée. Tu as conscience de ton mauvais sens de l’orientation… Ça a toujours été ainsi. Même si tu fréquentes les lieux depuis plusieurs jours maintenant, tu sais parfaitement que tu es beaucoup trop distrait pour enregistrer les informations que te renvoient tes yeux. Ce serait sans doute un miracle si vous parveniez à rejoindre le restaurant dont tu parles… Mais dans la mesure où vous éloignez de cet endroit avant que tu ne développes une allergie à la poussière, tu ne feras pas la fine bouche sur votre destination prochaine. Reste à voir avec Sae maintenant…


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Dim 8 Jan - 18:06
S'il n'y eut pas, pour tout dire, de réaction immédiate, il alla sans dire que Aekyel l'avait entendue. Restait à savoir s'il avait imprimé tout à fait ce qu'elle avait voulu signifier par là. Sae savait que tant qu'Aekyel était dans ses pensées, elle aurait beau se répéter, cela n'irait nulle part. Ou plutôt si, justement : au travers de sa tête, directement d'une oreille à l'autre. Allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas au repas. Ou un truc comme ça. Bref, si dans cinq minutes il n'avait toujours pas fait mine d'avoir pris connaissance ne serait-ce que par un signe de ses paroles, elle réitérerait. D'ici là, cela ne servait à rien de l'inonder de son ventre gargouillant. C'était contre-productif et c'était prendre Aekyel pour plus bête qu'il n'était.
En plus de cela, il avait l'air complètement imprégné par une lecture. Avait-il trouvé un élément prometteur ? Elle le lui souhaitait de tout cœur, pour lui mais aussi pour la sensation de ne pas être inutile. D'un autre côté, son air absorbé était tellement intense qu'il en semblait presque douloureux. Elle aurait voulu pouvoir alléger un peu de ce poids, et son visage vit ses traits se marquer d'attention. Elle aurait pu juste traverser le mètres et quelques qui les séparait pour venir poser ses mains sur ses épaules – et aussi lire par-dessus celles-ci.
Mais, trop incertaine encore des potentielles réactions d'Aekyel, surtout dans un état aussi concentré que celui-ci, qu'elle ne lui connaissait pas ou très peu, elle préféra simplement l'observer, songeant à ce qu'il lui avait dit sur les laporeilles. Sa justification n'était pas plus bête qu'une autre, encore qu'elle n'expliquait pas pourquoi c'était les laporeilles qui étaient plus à même de mettre en place un tel complot, plutôt que des goupix ou n'importe quelle espèce de pokémonn largement reconnue comme très mignonne.
Tu as parfaitement raison. Allons manger.
D'un coup, Aekyel avait relevé la tête, posant son regard bien au fond de celui de Sae. Son ton était ferme, tout aussi étonnant que sa concentration d'avant, mais finalement dans la même continuité. Sae ne se laissa pas démonter, gardant son aplomb malgré cette nouvelle facette du jeune homme. Ils se levèrent tout deux, Sae s'étirant avec un sourire, tandis qu'Aekyel rangeait son classeur. Après avoir mis sa veste sur les épaules, la jeune fille l'imita, empilant les classeurs qu'elle avait passé au peigne fin la journée durant afin de les ranger en une seule fois. Elle adressa un sourire avenant à son ami, avant de lui indiquer de passer devant.


Ils sortirent tout deux dans le froid pas si mordant que ça mais mordant tout de même par contraste avec l'intérieur du soir. Aekyel lui avait parlé d'un restaurant, et Sae le suivait, l'air pensif et ailleurs, pendant qu'il cherchait son chemin. Elle se demandait quel type de restaurant ce pouvait bien être, et surtout quel type de cuisine Aekyel pouvait bien aimer. Elle savait qu'il aimait les jus de baie nanana, mais pas beaucoup plus quant à ses goûts culinaires. C'était vrai qu'elle ne l'avait jamais vraiment vu manger, et elle ne l'imaginait même pas en train de le faire à vrai dire. Il était tellement un être éthéré, presque fantomatique, qu'une considération aussi bassement matérielle et physique semblait hors de sa portée.
Mmmhm, commença-t-elle, pensive et en toute innocence. Est-ce que j'pourrais attaquer les humains le jour de l'apocalypse ? Elle se baissa en arrière pour apercevoir Aekyel qui était dans son dos. Si c'une question d'mignonn'rie, tu t'méfierais pas non plus, non ? Cela faisait un peu prétentieux dit comme cela, mais elle espérait qu'Aekyel voyait où elle voulait en venir. Et connaissant son mode de cheminement de pensées comme elle le connaissait, il y avait de fortes chances pour qu'il comprenne.
Elle continua de marcher comme cela encore un petit peu, jusqu'à ce qu'elle remarque une vitrine qu'elle avait déjà notée du coin de l'œil un petit peu plus tôt, car pleine de fromages. On n'est pas d'jà passés par là t'à l'heure ? S'ils avéraient qu'ils tournaient, elle serait un peu surprise car elle n'avait pas regardait où elle mettait les pieds, mais pas étonnée non plus. C'était bien le genre d'Aekyel, sans qu'elle ait pensé à se faire la réflexion plus tôt. Avisant une supérette dans une rue adjacente, elle la lui désigna du menton.
On peut prendre des sandwich sinon, s'tu veux ? On pourra s'poser quelque part pour qu'tu m'montres ta découverte, ajouta-t-elle avec un grand sourire.
Loin d'elle l'idée de renoncer facilement à un restaurant en bonne et due forme, et si Aek' retrouvait subitement le chemin, elle le suivrait de bon gré. En attendant elle laissa la proposition ouverte, prête à ouvrir ses esgourdes pour en apprendre plus. La soirée s'annonçait prometteuse, et leurs jours suivants aussi.


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Jeu 9 Mar - 4:51
Il y avait ce petit restaurant dont tu ne connaissais ni le nom, ni l’emplacement exacte. Il t’avait semblé sympa, car, bien que tu n’aies gardé aucune trace de son identité dans ta mémoire craquelée, il arborait fièrement la statue grandeur nature d’un ronflex à l’entrée. Difficile, pour quelqu’un toi, de ne pas tomber sous le charme d’un tel établissement dont l’attrape-touriste se voulait aussi extravagant qu’irréaliste. Comme de raison, tu te souvenais à merveille de tous les détails de la pièce, sculptée à même le bois d’un arbre qui, de son vivant, devait être immense. Tu t’étais égosillé de nombreuses minutes devant le talent de l’artiste qui y avait mis sa patte, découvrant par le biais de son œuvre des caractéristiques du bois que tu ne connaissais pas. Tu étais un peu comme ça : un artiste refoulé qui, bien qu’il ait tout à envier aux plus talentueux que lui, ne manquait pas d’apprécier comme un enfant les œuvres qu’on lui plaçait sous les yeux. Pour cette raison, Élise adorait t’offrir un avant-goût de tout ce qu’elle concoctait. Elle savait parfaitement que ta réaction, en bien ou en mal, serait à la hauteur de ses espérances. Même s’il ne fallait pas te faire confiance dans toutes les sphères artistiques, ton bon goût pour certaines d’entre elles toutefois pas contestable. Enfin, tant que tu ne proposais pas de repeindre les trapèzes de Hua et Jia-Li en vert sécurité afin que "ça brille dans le noir".

Tu étais convaincu de pouvoir retrouver le restaurant sans faire trois fois le tour de la petite bourgade. Peut-être qu’en continuant tout droit puis en tournant à gauche à côté de la borne d’incendie… Mais non.

Tu ne prends pas conscience systématiquement de ta maladresse et de l’environnements qui s’éloigne de tes souvenirs imparfaits. Concentré sur l’avancée de ton épopée et troublé par la lourdeur de la page subtilisée, tu n’y vois que du feu. Naturellement, tu empruntes des routes qui te semblent familières alors que tu n’y as jamais mis les pieds puis, convaincu d’être sur la bonne voie, tu te désintéresses totalement de ta quête afin de recentrer ton attention vers la rouquine. Sa question t’arrache fatalement un éclat d’incompréhension et la tournure de ses propos t’intrigue jusqu’à forcer l’incompréhension dans ton regard… Sans en prendre conscience, ta tête se penche légèrement sur le côté et tes yeux se mettent à la scruter consciencieusement.

« Mais t’es pas un laporeille toi… »

Sae c’est Sae. Elle n’a rien d’un petit lapin satanique et elle restera ton idole même le jour de la fin du monde. À moins qu’elle ne cache à la perfection son jeu ? Après tout ce temps… Troublé, tes sourcils se froncent puis ta cadence se ralentie afin d’accroître la distance entre son corps et le tient. Sae ne peut pas être l’un d’eux. Ces petits êtres fourbes peuvent bien en avoir après ta peau, cela ne justifierait pas un tel acte de fourberie… Mais… Et si c’était vrai ? Et si la rouquine n’était en réalité que le fruit de leurs expériences et d’une métamorphose un peu trop bien réussie ? Que savez-vous réellement des pouvoirs de ces êtres trop abominables pour être apprivoisés ? Elle est mignonne, c’est un fait. Tout comme eux. Petite et adorable… Cela fait déjà beaucoup trop de points en communs pour que ceux-ci soit écartés librement.

« Je crois qu’il vaudrait mieux que je t’attache, juste au cas où… »

Balances-tu en toute innocence. Utilisant ton index pour te gratter la joue, tu fixes la gamine droit dans les yeux, l’air de te demander comment réagir. Si sa mignontitude est vraiment un gage de danger, comme elle semble le sous-entendre, alors peut-être vaut-il mieux limiter les dégâts potentiels ? On ne sait pas quand sonnera l’heure de l’apocalypse après tout… Après le Jugement Dernier, plus rien ne peut t’étonner. Sur cette réflexion pleine de bon sens, ton doigt quitte ta joue pour se tendre vers une rue passante.

« Je crois qu’ils vendent des cordes là-bas… si tu veux bien me suivre. »

Sauf que c’est Sakae dont il est question. Ce n’est pas une parfaite inconnue, mais la gamine qui chasse les nuages environnant de la misère qui embrume ton esprit.

« Mais… Si un jour y a l’apocalypse, tu ne me feras rien… N’est-ce pas ? »

Pour certains, mettre au clair une telle évidence est complètement inutile… Sauf que pour toi, c’est le détail qui change tout. Ta tendance à tout prendre au premier degré te rend particulièrement vulnérable aux plaisanteries des uns et des autres. D’autant plus que tu refuses de prendre à la légère un sujet qui te tient autant à cœur et dont la réalisation constitue l’une de tes plus grandes craintes. Tu veux croire en Sae, mais le point qu’elle a évoqué plus tôt n’est pas dénué de logique non plus. Alors que faire ? Naturellement maladroit dans tes pensées et tes raisonnements, tu balances un peu tes observations comme elles se forment. Tant pis si cela peut paraître déplacé ou politiquement incorrect. Tu en as l’habitude maintenant et tu ne sais pas faire autrement. C’est la maladresse d’une âme dysfonctionnelle.

Puis enfin, elle et toi constatez la situation dans laquelle vous vous trouvez. Surpris, tu retrousses légèrement le nez lorsque tu notes la vitrine que Sae désigne. Tu n’as pas spécialement remarqué les endroits par lesquels vous êtes passés plus tôt, mais tu fais beaucoup plus confiance à sa mémoire et son sens de l’orientation qu’au tient. Lui, au moins, a su faire ses preuves. Malgré tout, l’idée de ne pas avoir pu retrouver un restaurant qui semblait à la fois accessible et facilement identifiable te déçoit. Doucement, tes traits perdent de leur dynamisme puis tu prends une grande inspiration pour mieux expirer ta contrariété.

« J’ai encore échoué… »

Minaudes-tu. Il t’arrive parfois d’avoir des éclairs de lucidité comme celui-ci. De courts instants pendant lesquels tu constates à quel point quelque chose ne tourne pas rond chez toi et que tes insignifiantes tentatives pour remédier à la situation n’y changent rien. Comme si le regard des autres ne suffisait pas à allumer la petite alarme dans ta tête, les moments où tu constates de tes propres yeux l’ampleur de tes faiblesses sont de loin les pires. À tout coup, ça a l’effet d’une douche froide aussi brève que violente. Bien entendu, tu mets habituellement peu de temps à oublier l’incident qui a révélé l’imperfection, mais reste que le sentiment qui en résulte n’est pas le plus agréable qui soit.

« C’était une jolie sculpture de ronflex pourtant… Mais d’accord. Achetons quelque chose ici. »

Une joli statue que tu ne reverras sans doute jamais puisque tu es incontestablement incapable de la replacer dans Vergazon. Ce village est encore trop grand pour que tu puisses t’y retrouver efficacement. Et même si tu connais tous les recoins intéressants de cet endroit maintes fois visité par le passé, tu n’en restes pas moins incapable de les situer sur une carte… Ce qui n’est pas très efficace au final. Au contraire même, c’est plutôt handicapant d’être pris au piège avec une mémoire comme la tienne.

Attrapant naturellement la main de la petite pour la tirer à l’intérieur de la superette, tu franchis les portes coulissantes avec détermination avant de t’arrêter subitement dans l’entrée. À quelque part entre le cadre de porte et le plancher du magasin.

« T’as une idée de ce que tu veux manger ? C’est moi qui invite. »

Après tout, tu n’oublies pas le croissant.
Ou son sourire. Ou sa légèreté.
Et, au final, tu reconnais souhaiter uniquement sa bonne humeur.


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Ven 10 Mar - 18:47
Cette histoire de laporeilles et d'apocalypse avait l'air de beaucoup plus travailler Aek que Sae ne l'avait cru. Elle avait juste pensé à une blague innocente, pour le taquinet et vaguement aller à la pêche aux compliments. Mais c'était sans compter l'air toujours très sérieux d'Aek. Et sans compter sur le fait aussi qu'ils avaient déjà vécu un semblant d'apocalypse et que ça aurait pu éloigner ce genre de considérations de sa petite tête chevelue, mais manifestement non.
Effectivement, non, elle n'était pas un laporeille. Non, j'suis une Sae ! Son sourire était toujours présent, quoi que plus hésitant. L'air d'un coup très précis de son ami ne présageait rien de bon. En tout cas, rien de connu pour elle, qui ne l'avait jamais vu ainsi.
Je crois qu’il vaudrait mieux que je t’attache, juste au cas où…
Plus jamais, plus jamais elle n'essayerait de faire une blague au jeune homme. Au moins, pas avec des laporeilles, parce qu'elle se doutait bien qu'elle aurait du mal à ne pas faire des blagues. Devant l'air très neutre d'Aek, Sae ne savait pas non plus comment réagir. Même si elle ne pensait pas devoir assommer Aek parce qu'il n'allait pas lui faire de mal non plus, elle restait sur ses gardes, parce que, non vraiment, on ne savait jamais. Cette journée qui avait pourtant commencé très normalement était en train de virer au n'importe quoi tout ça à cause de ses blagues. Fallait-il y voir un signe du destin concernant son sens de l'humour ? Edgar aurait sans doute dit que oui.
Je crois qu’ils vendent des cordes là-bas… si tu veux bien me suivre.
T'es sûr qu'c'est pas plutôt par là ? Elle pointa la direction opposée.
Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle n'avait pas pu, d'accord ? Elle avait dit qu'elle arrêtait les blagues, mais c'était plus fort qu'elle. Aek pointait une direction, et vue sa propension à se perdre, c'était trop tentant de ne pas le taquiner là-dessus. Mais une fois de plus il sembla le prendre très sérieusement, considérant sa proposition.
Mais… Si un jour y a l’apocalypse, tu ne me feras rien… N’est-ce pas ?
Il était légèrement penché en avant, dans une véritable attente de la réponse, comme s'il n'était pas sûr pour de vrai, comme s'il était vraiment inquiet. Les yeux de Sae s'ouvrirent grand sous le coup de la réalisation.
Mais non voyons, c'était une blague, Aek, mais non !
Elle se pencha vers lui pour lui faire un rapide câlin. Définitivement, plus jamais elle ne lui ferait de blague – même si elle avait déjà failli à cette promesse deux minutes plus tôt. Allez viens, on continue. Et on s'éloignait de ce potentiel magasin de cordes. Elle lui prit le bras, et ils continuèrent d'avancer.


Finalement, ils se décidèrent pour manger ailleurs, comme ils ne semblaient pas trouver l'endroit où Aek voulait les mener.
J’ai encore échoué…
Aek avait marmonné ça presque pour lui-même, tant et si bien que Sae avait manqué de ne pas comprendre. Elle se pencha vers lui, atteignant son autre bras et le serrant contre elle. C'pas grave voyons ! On va s'trouver un truc, t'inquiète. Elle leva son visage vers le sien, un sourire plaqué sur ses lèvres, jusqu'à ce qu'il daigne lui aussi lui adresser un sourire pâle. C’était une jolie sculpture de ronflex pourtant… Mais d’accord. Achetons quelque chose ici. Il souriait, mais était toujours la déception personnifiée. J'suis sûre qu'on trouv'ra une autre fois ! Allez viens ! Elle lui propose sa main.
Aek s'en saisit et ne se fait pas prier. D'un pas volontaire, il l'entraîne dans son sillage, leurs mains scellées jusqu'à ce qu'ils soient dans l'entrée du magasin.
T’as une idée de ce que tu veux manger ? C’est moi qui invite.
Sae réfléchit deux secondes. Elle n'avait pas réfléchi, jusqu'ici, entraînée par Aek et le laissant choisir. Elle n'a pas forcément envie de préparer quoi que ce soit, car elle s'était mise dans la tête qu'ils allaient juste se faire servir. Des sandwiches seraient trop rapides et sur le pouce, alors qu'ils avaient le temps de faire ce qu'ils voulaient. Alors quoi ?
Une pizza ? On pourra la faire réchauffer au centre !
En regardant les panneaux indicateurs accrochés au-dessus des rayons, ils se dirigèrent vers les rayons frais, dans lesquels ils trouvèrent une marée de pizza, entre les croques-monsieurs et les gnocchis. Légumes fromage, ça te va ? Elle avait déjà ouvert la porte vitrée du rayon pour se saisir d'une pizza. Ils finirent par choisir chacun à leur convenance, avant d'aller payer et de sortir du magasin, avec leurs emplettes. Sae se mit sur la pointe des pieds, encore en haut de la marche qui menait vers le magasin, pour atteindre la joue d'Aek. Il lui fallut quand même se pencher en avant et l'attraper par le cou pour éviter qu'il n'avance juste sans remarquer qu'elle voulait lui faire un bisou. Elle fit claquer un baiser sonore sur sa joue. Merci pour le repaaaas ! Il avait tout payé, c'était bien la moindre des choses que de le remercier. Elle sauta dans le vide (de vingt centimètres), les bras toujours autour de ses épaules, avant de le lâcher pour se laisser retomber sur le sol.


Ils rentrèrent au centre pokémon, et se dirigèrent rapidement vers l'espace cafétéria. Il y avait des banquettes, des tables et chaises, et des distributeurs et micro-ondes. L'espace avait tout un pan de mur avec de grandes fenêtres, qui créaient un bel espace. J'mets combien de temps la pizza ? C'était Aek qui avait encore le paquet cartonné dans les mains, et elle avait besoin de l'indication pour terminer de faire réchauffer le plat.
Une fois que ce fut fait, elle vint s'asseoir avec le jeune homme à l'une des tables, où elle avait laissé son sac sous sa bonne garde. Alors, qu'est-ce que tu avais trouvé tout à l'heure ? Ça ne servait à rien de ne pas en parler, vu qu'ils en parleraient logiquement pour débriefer leurs recherches de leur journée. Et elle sentait qu'il fallait parfois pousser un petit peu Aek pour l'aider à lancer une discussion.


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Dim 25 Juin - 16:16
Tu comprenais difficilement le second degré ou les blagues qui nécessitaient de lire entre les lignes. Ton esprit n’était pas naturellement conditionné à ce genre de plaisanterie et, plus souvent que nécessaires, celles-ci perdaient tout leur panache lorsque tu y mettais ton grain de sel. N’importe qui d’autre aurait compris que Sae n’était pas sérieuse. N’importe quel autre homme ou femme foulant cette terre aurait doucement rigolé avant de répliquer joyeusement à sa plaisanterie… Mais pas toi. Car tu n’étais pas n’importe qui. Monsieur et madame tout le monde pouvait bien s’offusquer de ta marginalité décadente et vulgaire, cela ne suffirait jamais à faire de toi quelqu’un de normal. Le passé avait laissé ses traces sur ton corps, certes, mais c’était ton esprit qui souffrait le plus des conséquences… Malheureusement, les êtres humains étaient dotés d’un merveilleux cadeau empoisonné nommé intelligence qui leur permettait de garder en mémoire et d’interpréter les obstacles d’antan afin d’en garder une trace indélébile qui forgerait leur avenir. Tu en étais l’exemple parfait.

Après tout… À quoi ressemblerais-tu aujourd’hui s’il n’y avait pas eu cet incendie ? Privé du Cirque et des anges qu’il renferme, tu aurais sans doute été avalé par ton TDAH…

Ainsi posté à l’entrée de la superette, ton regard ne quitte la petite tête rousse attachée à ta main. Tu aimais voir Sae sourire. Même s’il n’était pas parfait, son sourire était sans conteste le plus beau qu’il t’avait été donné de voir. Et tu ne disais pas cela simplement, car c’était Sae. Après tout, ce serait beaucoup trop facile de couvrir la gamine de compliments sous prétexte que tu en étais complètement fanatique… Non, non, non. Ton adoration était beaucoup plus sincère que cela. Ses rictus étaient contagieux, comme s’ils témoignaient du bonheur à un état inaltéré devenue quasi utopique… Tu adorais Sae. De tout ton cœur. De ce fait, payer le repas était un moindre pour tout ce qu’elle te donnait en retour.

L’idée d’une pizza, quant à elle, ne te déplaisait pas du tout. D’un mouvement de tête, tu manifestes ton accord puis, talonnant fidèlement Sae, tu la laisses te conduire vers le bon rayon sans rechigner. Il valait mieux que ce ne soit pas toi qui prenne en main l’expédition… Au regard de la dernière, il était clair que les indications les plus claires qui soient n’étaient pas suffisantes pour te permettre de te repérer efficacement et une grande aventure de quelques heures – ou décennies – dans un supermarché n’était pas l’expérience la plus passionnante qui soit. Enfin, te connaissant, c’était encore drôle à dire.

« Tant qu’il y a du fromage… Il n’y en a pas une avec des baies Nananas ? J’ai entendu dire que c’était très populaire à Alola… »

Demandes-tu naïvement. Malheureusement, un coup d’œil rapide sur toutes les saveurs offertes confirme tes craintes : à Hoenn, les pizzas alolienne n’ont aucun succès. Apparemment, les gens préfèrent les classiques qui n’incluent pas des baies et autres excentricités sur la surface. Les natifs de la région sont peu ouverts au changement… Culinairement parlant, c’est la déception qui ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Tu aurais voulu goûter l’une de ces fameuses pizzas alolienne… Malheureusement, ta découverte attendra un autre jour : légumes fromage semble être un meilleur choix dans l’immédiat et Sae semble même avoir un faible pour elle. Difficile de refuser en de telles circonstances.

À la sortie de la supérette, la jeune fille t’agrippe par le cou pour faire claquer un bisou sonore sur ta joue. Surpris, tu lui décroches un regard à la fois attendri et hébété avant qu’un rire ému ne franchisse tes lèvres. Elle était comme ça. Adorable et reconnaissante, la gamine parfaite sur laquelle toutes les autres devraient prendre exemple… Mais ça, tu te gardes bien de le préciser. Pour une fois, tu te doutes qu’un tel commentaire pourrait ne pas être très bien recueilli. Après tout, la diversité était un atout dans ce monde et s’il n’y avait qu’une armée de petite Sakae pour peupler la terre, peut-être que celle-ci te semblerait soudainement moins… exceptionnelle ? Tu t’imaginais mal, las de plein de petites rousses, mais l’image qui naissait d’une telle spéculation était, quant à elle, très drôle. Une véritable invasion.

Une fois au Centre-Pokémon, tu te laisses tomber sur une chaise à proximité du micro-ondes. Némée, plus silencieuse qu’un ombre jusqu’à présent, venant se coucher non loin à tes pieds. La boîte de pizza entre les mains, tu fixes intensément les instructions pendant une dizaine de secondes puis hausse doucement les épaules.

« 10 minutes ? Je sais pas… »

Ce n’était pas très clair. Tendant fatalement le contenant en carton à la jeune fille, tu la laisses vérifier d’elle-même les indications afin qu’il n’y ait pas explosion ou cuisson exagérée de votre repas. Tu t’imaginais déjà, dévorant une pizza noire d’avoir été trop cuite… Ou pire : une pizza en feu ! L’image n’était pas très agréable. À éviter même. Ni elle, ni toi n’étiez riches et cela te ferait sans doute mal au cœur d’investir à nouveau dans un repas parce que ta maladresse a ruiné celui que vous étiez censé partager…

Une fois fait, Sakae vient s’asseoir avec toi puis attaque de nouveau le vif du sujet. Étonnement, il te faut une seconde ou deux pour saisir de quoi elle parle… Perdu au travers cette quête de nourriture, tu en avais temporairement oublié le contexte autour de cette rencontre. Votre journée passée aux archives s’était momentanément volatilisée de ton esprit, apparemment surpassé par une statue de Ronflex introuvable et une pizza alolienne inexistante. Le sens des priorités d’Aekyel Lewis était toujours aussi dissonant avec les années, il n’y avait plus rien à faire pour lui. Heureusement, les gens comme Sae ne perdaient jamais de vue leur objectif et cela contrebalançait bien tes étourderies…

Enfonçant ta main dans la poche arrière de ton pantalon, tu hésites quelques secondes en tâtant le papier du bout des doigts. Tu étais nerveux. Nerveux de montrer ta découverte, mais aussi nerveux d’apprendre que tout ce que tu avais imaginé ne tenait pas la route. Ta confiance en toi, à cet instant, frôlait dangereusement le zéro et cela pesait lourd sur ton moral. Heureusement, tu ne tardes pas à prendre ton courage à deux mains et à sortir le fruit de tes recherches. Dépliant soigneusement l’article de journal que tu as dérobé, tu le fais alors glisser sur la table puis esquisse un sourire un peu moins naturel que ceux que tu lui avais servi plus tôt dans la journée.

« Le 30 Juillet d’il y a quatorze ans, un incendie s’est déclaré sur le terrain de cette maison... Elle se situait peu avant la sortie de la ville, un peu plus loin dans la forêt. Les enquêteurs en charge du dossier auraient conclu à un incendie criminel… »

Tu sais que ce n’est pas tout, mais les mots se bloquent inexplicablement dans le fond de ta gorge. Prenant une grande inspiration, tu rejettes une mèche de tes cheveux derrière ton oreille puis t’humectes les lèvres avant de reprendre.

« Un homme aurait été retenu prisonnier des flammes… Selon l’article, il aurait été gravement blessé, mais n’aurait pas décédé des suites de ses blessures. Cependant, à son réveil, il aurait refusé de prononcer le moindre mot au sujet de cet incident, clamant qu’il n’avait rien vu, rien entendu… Faute de preuves, le dossier a été clos sans qu’aucune accusation ne soit portée. »

Tu hésites un moment supplémentaire puis baisse ton regard vers l’article déchiré maladroitement.

« J’y étais… Je suis convaincu d’avoir été témoin de cet incendie. Je n’en ai aucun souvenir, mais j’ai l’intime conviction qu’il a quelque chose à avoir avec mon passé. Qu’en penses-tu ? »

De nouveau, le silence.


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Mer 19 Juil - 14:59
La boîte en carton termina posée négligemment à côté du micro-onde. Sae avait vérifié l'information que lui avait donné Aek ; effectivement, c'était bien de dix minutes que la pizza devait bénéficier sous les ondes. L'appareil humait pendant que leur repas se réchauffait. L'odeur ne tarderait pas à monter pour chatouiller leurs narines et estomac.
En attendant, parce qu'elle n'allait quand même pas rester plantée là pendant dix minutes, elle vint prendre place à côté d'Aek. Sans y penser, elle se déchaussa. Ils étaient plus ou moins arrivés à la maison, ou au moins là où ils allaient passer la nuit. C'était un petit peu sa routine à elle, d'enlever ses chaussures lorsqu'elle rentrait chez elle pour ne plus en repartir de la journée. Cela donnait enfin l'impression de fin de journée, de fin de travail à faire. Repos, quoi. À leurs pieds, il y avait Némée et son beau pelage, qu'elle tâcha de ne pas déranger. Elle espérait ne pas sentir des pieds. Il lui semblait que les félidés avaient un sens de l'odorat bien développé, ce qui pourrait poser problème si elle sentait effectivement des pieds. Allez, ils n'avaient pas marché énormément aujourd'hui : elle pouvait espérer ne pas être une grosse sale.

Ce fut d'une voix radoucie qu'elle se pencha vers son ami. Alors, qu'est-ce que tu avais trouvé tout à l'heure ? Presque imperceptiblement, Aek fut plus tendu. C'était léger, ténu. Tellement que, si Sae n'avait pas été quasiment collée à lui, elle aurait pu le manquer. C'était un petit rien dans la posture, ou dans le bras. Elle n'aurait trop su mettre le doigt dessus.
Il gigota un petit peu pour prendre le bout de papier que Sae avait cru l'apercevoir chiper. Ce n'était pas très bien. Mais elle supposait qu'elle pouvait se douter de pourquoi Aek l'avait fait ? Un petit peu. Et puis, dans le stress, tout le monde faisait des choses bête ou pas très bien, à ce qu'il paraissait. Le morceau de papier resta là quelques instants, plié, entre les doigts du jeune homme. Le regard de Sae alla se poser sur le visage de son ami, oscillant entre celui-ci et le papier entre ses mains.
D'un geste qu'elle souhaitait rassurant, elle posa sa main sur son avant-bras. Ce n'était pas grand chose, juste une touche de fraîcheur. C'était elle qui communiquait son soutien un petit peu comme elle pouvait. Parce qu'elle était nulle avec les mots et que de toute manière, ils étaient bloqués quelque part dans sa gorge, là où une émotion bizarre l'avait prise à la vue d'Aek tout hésitant.
Elle allait finir par dire un mot, quelque chose, même nul, parce qu'il ne parlait pas ; quand justement il déplia le papier, et le lut à voix haute. Tout d'un coup, à la suite, sans pause.
Bien entendu, elle l'écouta. Tout d'un coup, sans pause, sauf lorsqu'il en fit une lui-même. Quatorze ans, incendie, crime... C'était des gros mots ; mais finalement pas très loin de ceux qu'Aek avait utilisé pour lui expliquer ce qu'il cherchait quelques temps plus tôt. C'était du langage sérieux, comme ils n'en parlaient pas lorsqu'ils étaient juste tous les deux. C'était bizarre de discuter avec ces mots-là, et encore plus bizarre de les entendre dans la bouche d'Aek, qui était toujours aussi maladroit avec les mots qu'avec le reste.
À la fin de sa lecture, le jeune homme avait l'air essoufflé. Incertain. Cela fit un pincement à Sae ; elle connaissait le sentiment. Le sentiment d'oppression causé par le stress d'un moment pourtant inoffensif. Dans le silence du moment, Sae leva la main, et repoussa la même mèche de cheveux qu'il avait déjà dégagée de son visage une minute plus tôt.
J’y étais… Je suis convaincu d’avoir été témoin de cet incendie. Je n’en ai aucun souvenir, mais j’ai l’intime conviction qu’il a quelque chose à avoir avec mon passé. Qu’en penses-tu ? Il avait les yeux baissé sur un détail de la table en formica. Plutôt que de se reposer sur son bras, Sae enlaça Aek, se pressant contre lui.
J'sais pas, tu sais. Si tu m'dis qu't'y étais, j'suis sûre qu't'y étais. Elle n'avait aucun moyen de savoir si c'était exactement de cet événement qu'Aek lui avait parlé plus tôt dans la journée. Mais si lui le savait, c'était que c'était la même journée. J'pense qu'c'est la première piste où t'as l'air de vraiment être sûr que c'est là. Donc ça vaut la peine de commencer par là, tu crois pas ?
Ce fut ce moment-là que le micro-onde choisit pour faire ding ! Sae attendit de croiser le regard d'Aek pour pouvoir lui faire un petit sourire, avant de lui laisser une toute petite tape dans le dos et de se lever. Elle récupéra la pizza, et avec le couteau qu'elle avait demandé à l'infirmière, s'attacha à leur couper des parts plus ou moins égales — pas du tout égales. Tiens, fit-elle en lui donna une part sur une feuille d'essuie-tout. Elle se fit elle-même une part, sur laquelle elle souffla avant de croquer dedans à pleines dents.
Qu'est-ce que t'en penses, toi ? On pourrait essayer d'aller voir demain, qu'est-ce que t'en penses ? Elle savait bien qu'elle était là en soutien du jeune homme, qu'il cherchait du réconfort et un avis extérieur. Mais elle n'avait d'autres éléments pour s'appuyer que ceux qu'il lui prodiguait. C'était pour cela qu'elle lui retournait ses questions. Pour l'encourager. Pour être présente.
Elle était là, et ils pouvaient simplement voir demain. Parce que ce soir, ils ne feraient plus grand chose.


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Sam 29 Juil - 14:05
Ce n’était pas un sujet ordinaire. Ce n’était pas quelque chose que tu pouvais traiter avec ta légèreté légendaire, ignorant sentiments et logique au profit d’un raisonnement presqu’enfantin. Même si ton insouciance te caractérisait presqu’autant que les tatouages qui recouvraient ton corps, tu ne pouvais pas oublier la souffrance née de ces souvenirs volés et agir comme d’ordinaire. Tu étais peut-être simple d’esprit, à côté de la plaque, trop franc et semblable à un monstre, mais tu n’en restais pas moins un être humain. Derrière la couche atypique qui formait le personnage, tes sentiments écorchés à vif étaient à la conquête d’un repos que tu croyais mériter. Jeune, tu avais trop souffert de ce manque. Tu en avais voulu au monde entier de te cacher la vérité, de te priver de ta propre identité. Le Aekyel tel que l’on te connaissait n’était pas destiné à exister. Tu l’avais forgé de tes mains, remplaçant le moindre souvenir effacé par un nouveau encore plus mémorable. Une brique à la fois, tu avais forcé le personnage jusqu’à en arriver-là.

Mais c’était impossible de tirer un trait sur le passé. Même si tu croyais avoir tourné la page et clôturé le chapitre, un simple souffle de vent avait fait s’effondrer la forteresse de cartes que tu construisais inconsciemment depuis toutes ces années. Tu voulais savoir. Même si le garçon que tu avais été à l’époque n’avait plus d’impact sur l’homme que tu étais devenu, tu souhaitais malgré tout prendre connaissance des cartes manquantes à ton développement. Tu ne voulais plus être un être humain incomplet, cantonné à moins d’années qu’il n’en avait vécu. Tu voulais être entier, avec tout ce que cela incluait de bon et de mal.

Car tu te doutais bien que ce qui t’attendait à la fin de ce chemin ne serait pas agréable à entendre. L’esprit n’oubliait jamais volontairement les meilleurs années d’une vie et encore moins de manière aussi brutale. La vérité ne te plairait pas, tu en avais conscience. Au moment d’entreprendre cette quête, tu avais déjà fait le deuil de ta naïveté pour te concentrer sur l’exactitude d’un souvenir sans velours. Et maintenant que Sae était là, tu te sentais encore plus fort. Jamais tu ne pourrais changer jusqu’à devenir un autre être humain. Jamais cet esprit dérangé ne se recentrerait sur les rails de la normalité. Jamais tu ne serais un train fonçant à vive allure vers sa destination. Pour le restant de tes jours, ta progression serait à la foi laborieuse et atypique. Et c’était très bien ainsi.

Tu avais déballé ton sac sans te faire prier. Les mots s’étaient succédés avec un naturel désarmant malgré le sérieux de ton timbre de voix. T’entendre parler de la sorte pouvait être décontenançant. Depuis le temps, les gens qui te connaissaient bien avaient pris l’habitude des phrases absurdes et des réflexions improbables. De ce fait, dès qu’un mot sortant de ta bouche était rationnel et sérieux, le charme se brisait et la douche était froide. Malheureusement, tu ne pouvais pas toujours être tel que l’on te connaissait. Un jour où l’autre, la réalité devait te rattraper.

Heureusement, Sae comprenait cela.

Ses bras autour de toi t’arrachent un sourire malgré la gravité de la situation. Le cœur n’est plus à la fête, mais la délicatesse de la jeune fille n’est pas un luxe autant qu’une nécessité. La laissant se presser contre toi, tu déposes affectueusement ta main tatouée sur ton bras puis hoche délicatement la tête.

« Je crois oui… On ne perd rien à creuser un peu plus la piste, non ? »

Quelques heures peut-être, mais qu’est-ce que cela changeait ? Depuis ton départ du cirque, tes heures libres étaient plus nombreuses que tu n’en souhaitais. Le temps était long et seule ta quête te permettait de le tuer avant qu’il ne t’ennuie. En restant concentré sur un objectif précis, tu avais le sentiment parfois illégitime d’occuper tes journées de manière productive. Même si cela incluait de rester des heures durant assis dans une petite salle poussiéreuse avec des bouquins pas très propres ni récents… À feuilleter des articles qui l’étaient tout autant.

Ce n’est qu’en voyant Sae se lever pour récupérer la pizza que tu constates à quel point ton estomac crie famine. Déposant ta main sur ton ventre, tu retrousses légèrement le nez pour mieux sentir l’odeur qui emplie l’air puis laisse ton sourire gagner en expansion. L’heure n’est plus à la rigolade, mais tu ne peux te résoudre à une gravité perpétuelle qui viendrait détruire à jamais l’image que les gens ont de toi. Comme à l’habitude, c’est le naturel qui revient au galop et qui détruit à grand coup de marteau l’inconfort qui sévie en toi.

« Merci ! »

Confiant, tu ouvres la bouche et croque à pleine dents sans prendre le temps de souffler sur la pointe.

« Ouah ! C’est chaud ! »

T’exclames-tu en desserrant la mâchoire pour éloigner la pizza de toi. La mine désappointée, tu fixes un instant la rouquine qui refroidie sa propre portion à coup d’expirations stratégiques puis esquisse un sourire avant d’imiter son geste. Bien entendu, tu n’y avais pas pensé plus tôt. Concentré sur ton estomac souffrant du manque de nourriture, tu n’avais espéré qu’un encas à te mettre sous la dent. Et au plus vite. Les conséquences de ton impatience, elles, avaient parues à la fois très floues et sans importances.

« C’est excellent ! »

Bon. Ce n’était pas la pizza alolienne dont ton cœur rêvait secrètement malgré sa réputation de sacrilège, mais le goût de votre repas de fortune était loin d’être désagréable. Au moins, il remplissait peu à peu le vide qui se creusait en ton ventre.

« D’accord. »

Demain était le meilleur moment pour commencer la deuxième étape de votre quête. Baissant tes yeux vers le papier déposé devant toi, tu prends une grande inspiration afin de te donner du courage puis ramène ton attention vers ton amie.

« En avant-midi ? »

Ainsi, vous auriez peut-être un peu de temps à consacrer à autre chose. Si votre petite investigation se déroulait bien et que les infos récoltées étaient satisfaisantes, vous pourriez peut-être jouer les touristes le temps d’un après-midi ? Tu ne pouvais pas t’empêcher d’espérer.

« Comme ça, on pourrait peut-être passer un peu de temps ensemble après ! »

Tu connaissais Vergazon come le fond de ta poche pour l’avoir visité des dizaines et des dizaines de fois, mais jamais tu n’avais eu l’opportunité de profiter d’elle en tant que visiteur plutôt qu’artiste de passage. Tu avais passé tous les jours précédents à feuilleté religieusement les archives dans l’espoir de trouver une toute petite information sur ton passé. Pendant plus de soixante-douze-heures, tu avais oublié de manger pour mieux te concentrer sur ta tâche… Et maintenant que tout ceci était, en apparence, terminé, tu voulais relâcher la pression. Et Sae était la meilleucsonne pour cela.

« J’ai peur de ce qu’on va y découvrir… »

Tu ne pouvais pas le garder infiniment pour toi. L’idée de te rendre sur place et d’admirer de tes propres yeux les vestiges de cet incendie ayant sans doute ravagé ta vie te flanquait la trouille. Tu avais peur de ce que demain réservait. Peur d’apprendre une partie de la vérité que tu n’étais pas prêt à encaisser.

Peur de perdre toute la détermination à l’origine de ce projet.


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Lun 31 Juil - 22:04
Ouah ! C’est chaud !
Sae releva vivement la tête de son croc de pizza, les yeux grands ouverts de surprise. Il lui semblait (elle pouvait se tromper, mais elle n'était pas bien sûre de se tromper), il lui semblait que c'était la première fois qu'elle entendait Aek parler aussi vivement. Et parler aussi fort, aussi. Bien entendu, les mauvaises expériences aériennes où ils hurlaient tous de terreur ne comptaient pas, pas vraiment. C'était bien normal pour n'importe qui doté de cordes vocales fonctionnelles de hurler de la sorte. Mais c'était la première fois, ce triste événement exclus, qu'elle entendait Aek dépasser sa barre habituelle des décibels.
Ça va ?!
Elle était tournée vers Aek, les yeux un petit peu paniqués, se disant que cela ne pouvait pas être un problème de chaleur uniquement s'il s'exclamait de la sorte. Mais il éloigna la pizza de sa bouche, souffla dessus, et la ramena à lui. Pendant ce temps, elle la regardait d'un air ahuri, part de pizza dans sa main totalement oubliée pour un temps.
C'est excellent !
Et il croqua de nouveau dans sa pointe de fromage. Sae fit de même, avec des gestes lents et incertains.
Il fallait croire qu'ils étaient tous les deux un petit peu bizarres à leur manière. Lui d'un coup d'être totalement différent de d'habitude pour une pizza, et elle de s'inquiéter qu'il crie quand il se brûle. Le monde était parfois bien étrange.


Ils continuèrent de manger un temps en silence, Sae vocalisant entre deux bouchées ce qu'elle pensait. Ou plutôt ce qu'elle croyait être une bonne idée, car la conviction revenait au camp d'Aek. C'était lui qui désirait entreprendre tout cela, et elle n'allait pas se muer d'un coup en organe de décision.
Elle termina sa part avant lui, et tâcha de leur en tirer deux autres de la pizza sur la table, dont ls fils de fromage rendait parfois cela difficile. Tiens, j'te la mets là. De son côté, elle croqua dans sa nouvelle part, se brûlant la langue à son tour. Le monde était vraiment bizarre, en vrai.
Aek sembla accepter sa proposition d'aller voir le lendemain. De toute manière, quelles autres options avaient-ils ? Soit ils partaient plus tard, ce qui ne semblait pas être productif dans la mesure où ils n'avaient vraiment rien d'autre à faire, soit... Soit ils partaient dès leur pizza terminée. Mais cela serait également contre-productif. Même s'ils étaient restés assis toute la journée, cela n'avait pas été reposant pour autant. Une bonne nuit de sommeil leur ferait du bien, et la sécurité de la lumière du jour sur les routes ne serait pas de trop. Ils ne savaient pas encore exactement quelle route prendre pour se rendre à l'endroit indiqué, mais de toute manière ce n'était pas dans le centre de la ville. Non, définitivement, la lumière du jour serait d'une aide précieuse.
En avant-midi ? Comme ça, on pourrait peut-être passer un peu de temps ensemble après !
Sae acquiesça à son tour, la bouche pleine. Elle déglutit.
Carrément ! Tu connais la ville ? Moi pas du tout. Ce s'rait sympa, même si j'sais pas si y vaut mieux qu'on ait du temps, ou bien qu'on n'en ait pas.
Ne pas avoir de temps voudrait dire qu'ils auraient des choses à considérer, à chercher, à découvrir. Bref, qu'ils seraient bien occupés jusque dans l'après-midi. Alors que s'ils avaient du temps, cela pouvait simplement dire qu'ils avaient trouvé facilement ce qu'ils cherchaient ; soit qu'au contraire ils allaient faire chou blanc. Et Sae n'aimait pas le chou.
J'veux dire : si on trouve des choses, on s'ra p't-êt' occupé jusqu'à l'après-midi. Mais ce s'rait bien, oui.
Elle explicitait, parce qu'elle n'était jamais sûre de quand est-ce qu'elle était claire, et de quand elle ne l'était pas. Dans le doute, avec Aek, elle essayait de clarifier le plus souvent possible. À chaque fois qu'elle y pensait, quoi. Ce qui pouvait vouloir dire pas forcément souvent, comme elle était très tête de linotte.
Aek avait baissé la tête, elle ne savait trop quand. Elle avait été perdue dans la contemplation de sa pizza, à se demander si effectivement ils auraient le temps de se balader comme ils le souhaitaient. Mais à présent, il avait l'air perdu, et sa deuxième part de pizza pendait, inentamée, dans sa main.
J’ai peur de ce qu’on va y découvrir…
C'était donc cela qui le tracassait. En réalité, elle savait que ça en particulier le tracassait, mais juste à présent, il y pensait également. Une fois de plus, Sae déposa sa main sur la cuisse d'Aek.
Je sais... Je sais. Mais dis-toi que, même si on a pas de temps juste pour nous dans l'après-midi, quoi qu'il arrive on passera du temps ensemble. On s'ra tous les deux toute la journée. C'pas parfait comme solution, mais peut-être que ça peut aider un peu ?
Elle espérait que ça aide un peu, sinon cela sonnerait terriblement présomptueux. D'un autre côté, c'était pour cela qu'elle avait proposé son aide à Aek, vingt-quatre heures plus tôt. Pour qu'il ne soit pas tout seul à se perdre dans ses recherches.
On va p't-êt' pas tarder ? J'suis faaa... tiguée, fit-elle dans un bâillement, comme si son corps s'était souvenu de sa fatigue au moment où elle la verbalisée. Pas toi ? Tu veux que je dorme dans ma chambre ce soir ? Si tu veux avoir plus de place. Ou alors on peut dormir dans ma chambre. Comme tu veux.
Encore une fois, elle ne voulait pas être présomptueuse en anticipant la réponse, même s'il lui semblait la connaître. Néanmoins, elle voulait laisser le choix. Ce n'était pas un Aek dans son état normal qu'elle avait avec elle. Elle ne le connaissait pas comme ça. Cela la tuait un petit peu de l'admettre, mais c'était le cas. Il allait falloir apprendre quoi faire dans ce genre de cas, et reconnaître ces situations. Mais elle avait tout le temps pour apprendre.
Elle tendit sa main vers Aek lorsqu'ils commencèrent à remballer leur pique-nique d'intérieur. Tu viens ? La nuit n'était pas toute jeune, mais ils avaient encore des heures de sommeil devant eux.




Don d'un goupix-a niv.45 et d'un dodoala niv.26 !


tu veux des bonbons ? tu veux des niveaux bonus ? tu veux que je t'aide à réaliser tes rêves les plus fous ?:
 
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