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» Cueillez dès à présent les roses de la vie.


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Scientifique Hoenn

C-GEAR
Inscrit le : 23/08/2013
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Région : Hoenn
Mar 16 Fév - 2:28
La décision avait été prise. Elle allait bouger. Ce n'était pas la première fois qu'elle le décidait ; Sae espérait juste que cela se passerait mieux cette fois-ci. Elle savait qu'elle avait un pied-à-terre quoi qu'il arrive, si elle en avait besoin. Mais comme elle l'avait dit à Edgar, elle n'était plus censée en avoir besoin pour un bon bout de temps, si elle était aussi prudente que ses derniers traumatismes le laissaient présager. Elle partait pour la moindre raison que, malgré le confort bienheureux de son hamac, elle savait ce que représentait un tel squat dans la maison d'autrui ; et pour la raison plus importante qu'elle avait besoin de bouger. Elle était restée trop longtemps au même endroit, et elle avait un petit peu besoin de bouger. Voir le monde, peut-être pas, car Hoenn et ses villes n'étaient plus secrètes, même pas en ce qui concernait les agressions à main armées. Mais au moins ne pas rester en place. Elle avait eu un an pour cela, sans en avoir le choix. Elle avait besoin de sentir ses jambes vivre sous son corps.
Au matin elle avait fait son petit sac. Il n'y avait pas grand chose dedans, sinon les pokéballs récupérées du pilier, et les quelques unes qu'elle avait glané en passant par chez elle. Elle n'avait pas pu prendre tout le gang, parce que rien que les balls auraient pris une place folle dans la maisonnée d'Edgar. Elle ne se le serait pas permis. Quelques tshirts qu'elle avait vaguement récupéré, et dans du papier d'aluminium il y avait deux sandwiches que lui avait préparé Edgar, en la forçant sans trop de mal à les enfourner dans son sac. Elle en avait pour de longues heures de vol avant de rejoindre le continent, si tant était que l'île principale de l'archipel puisse être considérée comme un continent à part entière. Il fallait qu'elle se renseigne.


Elle aurait pu parcourir le tout à dos de Scooter, mais elle n'était pas sûre que ce serait le plus pertinent pour un voyage confortable à très longue distance. Che lui avait été préférée, malgré la réticence du pokémon métallique à la laisser faire, et à Mioum qui avait toujours des réserves quant aux embardées du dracaufeu. Mais elle avait déjà volé sur le dos du pokémon, et il l'avait tirée d'un sacré pétrin une paire de fois. Le temps de voyage avait été agréable : elle avait vu le matin terminer sa course, et la chaleur du soleil de midi lui baigner bienheureusement le dos. Elle aurait pu faire une pause pour manger le sandwich, mais elle n'avait pas vraiment faim et préférait faire le maximum d'une seule traite. Che avait l'air bien parti lui aussi, et la dresseuse préférait ne pas briser son rythme de croisière.
Son dernier jour avant son départ, avant et après sa discussion avec Edgar où elle lui exposait sa décision, elle avait bien réfléchi à où elle irait. Il lui fallait pouvoir donner une réponse à celui qui avait été sa baby-sitter pendant ces dernières semaines. Elle avait promis à Aekyel de lui donner des nouvelles, et bientôt cela ferait une dizaine de mois qu'elle n'avait pu faire autre chose que lui passer le bonjour par l'intermédiaire hasardeux de Dydy. Sans avoir eu plus de retour que cela de sa part, hors du jour qui ne paraissait plus si funeste après ce qu'elle avait traversé, où ils avaient affronté la fin des haricots. Pour autant, elle sentait qu'il y avait de quoi fonder les bases d'une amitié qui pourrait être solide, comme celle qui s'était avec hasard nouée avec Dydy. Les deux garçons étaient de plus fermement amis, et cela ne faisait que conforter Sae dans son choix. Quelque chose s'était échangé entre eux, comme s'ils étaient plus ou moins destinés à s'entendre comme cul et chemise.
Et puis, bon, elle avait promis.


Le dracaufeu atterrit aux abords de Nénucrique, dans l'intérieur des terres. Cela rappelait de sacrés souvenirs. Cela remontait à un certain temps, mais ils avaient déjà campé dans ce coin avec le gang entier et la cabane d'Arsène. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'Aekyel était membre d'une troupe de cirque, qui était implémenté dans la grande ville, plutôt vers le sud de la ville. Il lui faudrait se débrouiller avec cela.
Plutôt que de rentrer frontalement dans la ville, elle préféra en faire le tour de la périphérie par le sud-ouest. Cela faisait un sacré contournement, mais au moins elle songeait pouvoir voir les chapiteaux de l'extérieur du périphérique. Elle n'était jamais venue dans ce coin de la ville, d'où sa méconnaissance du site. Elle les trouva au bout d'une heure et quelques de recherche, et s'aventura à trouver une entrée dans la ville, vers le cirque.
Aekyel est parti il y a un bon moment de cela...
C'était bien sa veine... Elle voulu demander après Dylan, mais se ravisa, pas sûre de savoir trop ce que cela pourrait signifier si Aekyel était déjà parti. Si seulement elle lui avait envoyé un message avant, elle aurait pu s'éviter ce genre de déconvenues... Elle s'était bien laissée emportée hors du monde ! L'adolescente allait remercier de la façon la plus polie possible cleui qui semblait être le directeur du cirque. Attendez. Oui ? Toute information était bonne à prendre. Et celle-ci lui serait précieuse pour sa quête.


Sa piste d'atterrissage suivante fut les champs à peine en fleurs à l'est de Vergazon. D'après l'homme qui lui avait été présenté en début d'après-midi, s'il y avait une probabilité logique dans l'itinéraire d'Aekyel, ce serait peut-être là qu'il se trouverait. Aucune certitude pourtant, pour confirmer les heures de routes qu'elle venait de s'enquiller, ainsi que Scooter. Pour faire plaisir au métang elle avait cette fois-ci utilisé son biais, pour lui qui était si fier. Cela faisait moins de trotte finalement, en coupant par-dessus une basse forêt qui regorgeait de minerai. Léviter sur le métang lui avait fait bizarre ; c'était une vieille sensation.
À présent, l'après-midi touchait à sa fin. Elle avait voyagé presque toute la journée. Dydy avait été introuvable à Nénucrique. Elle espérait qu'il allait bien, même si aucune information n'avait pu lui être fournie sur le moment. Elle avait eu à se dépêcher pour ne pas arriver en pleine nuit. Elle ne souhaitait plus jamais se trouver en pleine nuit dans une ville, même aussi tranquille que Vergazon.
À présent qu'elle était là, cependant, elle n'avait plus aucune indication quant à la direction à faire. De toute manière, le jour touchait à sa fin. Elle était sur la petite placette centrale du centre-bourg, et elle ne trouverait sans doute rien aujourd'hui. À tous les coups, il est même pas là, hein. La jeune fille moderne qu'elle était sortit son téléphone portable de son sac pour envoyer un sms à Edgar. « Je suis bien arrivée, à Vergazon finalement. Je vais dormir au centre pokémon. Bonne nuit. : ) » Elle espérait sans trop s'inquiéter ne pas le réveiller.
Un dernier regard circulaire autour de la placette lui confirmait le calme légendaire de la bourgade. Il n'y avait qu'un passant pour l'instant qui traversait la place. Allez, viens Scoot'. On va se prendre une chambre. Elle avait un petit peu d'argent, et ne rognait pas trop si possible sur le confort ces derniers temps. Elle se leva, et commença à se diriger en direction de l'enseigne en forme de croix.
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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Mer 17 Fév - 21:48
Tu étais parti. Et tu ne savais pas si tu reviendrais un jour. S’il s’agissait d’un adieu ou bien d’un simple au revoir. Tu étais perdu. Telle une bouée laissée à la mer. Tu survivais aux vagues qui tentaient de t’engloutir dans leurs sinistres profondeurs, mais, tôt ou tard, tu finirais forcément par te vider de ton air. Ce n’était qu’une question de temps avant que tu ne coules. Ta vie avait perdu de sa légèreté, de sa simplicité. Tu comprenais maintenant pourquoi tu avais désiré tout oublier. Le poids de la vérité était trop lourd pour un esprit aussi faible que le tien. Et dire que tu n’en connaissais qu’une fraction. Tu n’avais pas idée de ce qui se cachait derrière de brèves vérités. Du feu, des flammes, un mort. Était-il vraiment mort ? Qui était cette personne qui avait périe ? La perte de qui avait créé un tel vide en toi ? Les questions subsistaient. Plus tu leur apportais de réponses, plus les questions se multipliaient. Pourtant, tu ne pouvais te résoudre à accepter cette situation. Toute ta vie durant, tu avais espéré apprendre la vérité à ton sujet, sur les années qui t’avaient été volées.

Et c’était ici que tout commençait.

À Vergazon.

Cela faisait près d’une semaine que tu créchais au Centre Pokémon. Tu n’avançais pas dans tes recherches. Ta quête de vérité tardait. Tu ne savais pas par où commencer. Tu fuyais. Actuellement, le seul point positif de cette épopée était que tu avais noué de bonnes relations avec l’Infirmière du Centre. Rien de très folichon en somme. Lors de ton départ, Alfred t’avait donné un peu d’argent. De quoi subsister quelques semaines en faisant attention. Le reste, tu le gagnais avec des représentations aléatoires sur la place publique. Comme un clown. Comme une bête de Cirque.

En partant, tu avais subtilisé quelques Pokéballs, notamment celles de Bluebell, Némée, Harmonium et Yggdrasil. Depuis peu, tu avais cessé d’enfermer la Némélios dans sa Pokéball. Certes, son aspect menaçant malgré ses airs de grand chaton ne manquait pas d’attirer sur vous l’attention des passants, mais tu ne t’en formalisais pas. Ici, au moins, les gens tendaient à te laisser tranquille. L’atmosphère n’avait rien à envier à celle des grandes villes et tu t’y sentais davantage chez toi. Une variable importante dans ton cas. Est-ce que le Noah’s Circus te manquait ? Tu étais mitigé à ce sujet. Pris entre la passion et la raison. Entre ton amour inconditionnel des chapiteaux et la trahison des autres… Cette situation était difficile à gérer. Surtout pour toi. Tu avais toujours eu tendance à agripper les choses avec légèreté, sans avoir à te creuser la tête ou à chercher trop loin. La vie, tu la prenais avec un grain de sel. Jusqu’à présent. Ce n’était plus un luxe dont tu semblais pouvoir jouir. La porte s’était ouverte, tu n’avais plus le choix d’y pénétrer et de rejoindre l’autre côté.

Soupirant, tu ramènes vers toi l’énorme bouquin rafistolé que tu zyeutais quelques minutes auparavant. À l’intérieur se cachaient d’innombrables brochures de journaux, toutes jointent sous la même date. C’était l’infirmière qui t’avait conseillé de t’intéresser plus longuement aux archives de la ville. Celles-ci gardant précieusement plusieurs exemplaires de chacun des journaux locaux et régionaux afin de les rendre accessible en tout temps. L’idée t’avait parue brillante… Mais tu avais rapidement été désillusionné. Incapable de mettre une date précise sur le jour où Alfred t’avait recueilli, tu avais décidé de noter sur un calepin tous les incendies dont avait été victime Vergazon et ses alentours pendant ce mois fatidique. Ils étaient nombreux. Et feuilleter une à une les pages de chaque journal était un exercice fastidieux. Tu avais du mal à te concentrer sur le contenu des feuilles et une part de toi se faisait violence pour ne pas foutre le camp. Tu n’étais pas fait pour ce genre de tâches longues et répétitives. Tu t’ennuyais et ce malgré le caractère indispensable de ta corvée.

Cognant le bout de ton crayon contre la table, tu prends une grande inspiration puis repousse pour une troisième fois le bouquin. Tu as atteint ta limite. Un mot de plus et tes yeux exploseront certainement.

« Allez viens Némée. On rentre, on aura qu’à compléter tout ça demain. »

Soupires-tu, sans cacher ta lassitude. Non loin, la femme qui gère l’endroit esquisse un sourire amusé en te regardant. Tu es resté ici toute la journée, sans jamais prendre de pause considérable. Elle ne savait pas ce que tu cherchais, mais elle avait tout mis en œuvre afin de rendre ton travail plus agréable. Elle n’avait cessé de te proposer quelque chose à boire et t’avait apporté tous les bouquins nécessaires à te recherche. Elle avait été adorable. Tu n’en attendais pas moins de quelqu’un à l’aura rose bisque. Mais l’attention t’avait particulièrement attendri. Tu ne venais pas ici par bonté de cœur et savoir que tu étais soutenu de cette manière rendait l’expérience beaucoup moins pénibles. Pourtant, tu ne cessais d’avoir peur. Tu avais cette crainte qui te prenais aux tripes à chaque page que tu tournais, comme si tu craignais que la vérité n’apparaisse enfin. Puis lorsque tu voyais que le prochain article traitait de la hausse du prix des graines de baie Pêcha, la tension rebaissait. Ta journée avait été une montagne russe épuisante.

Te relevant, tu repousses la chaise sur laquelle tu étais assise puis t’étires pour déposer le livre sur l’étagère roulante afin qu’elle puisse le reporter à sa place plus aisément. Voyant que tu t’actives enfin, Némée, dont l’évolution lui avait fait perdre ses teintes rouges, se lève à son tour afin de venir se lover affectueusement contre ta jambe. Tu souris. D’un sourire, certes, un peu vide, mais d’un sourire qui se veut sincère. N’est-ce pas l’intention qui compte ? Finalement, tu adresses un signe de la main respectueux à la responsable, lui confirme ton retour demain, à l’aube, puis sort. À l’extérieur, la journée est déjà bien entamée. Le soleil a déjà entrepris sa dernière ligne droite, couvrant le ciel de somptueuses couleurs orangées qui ne manquent pas de te fasciner. Tu gardes ton amour des petites choses, des détails. Tu n’es pas différent d’avant. Tu es juste à la recherche de celui que tu devrais être réellement. Ceux qui te connaissaient d’avant remarqueraient pourtant systématiquement le changement qui s’est produit. Tu as perdu beaucoup de ce qui te définissait. Malgré tout, ces particularités restent là, dans un coin de ton cerveau, attendant le bon moment afin d’être ranimées.

Une dizaine de minutes te séparent du Centre Pokémon. Tu les passes en silence, Némée sur les talons. Puis, enfin, les portes de ton hôtel de fortune s’ouvrent sur ton passage. Distrait, tu ne prends pas la peine de jeter un coup d’œil autour de toi. Tu ne remarques pas non plus cette couleur bleutée qui attirerait systématiquement ton regard en temps normal. À la place, tu te contentes d’annoncer ton retour.

« Je suis revenu ! »

Comme si t’étais chez toi. Comme si cet endroit était l’endroit où tu vivais. Comme si tu t’étais posé ici. Ce qui n’est clairement pas le cas. Tu n’es que de passage. Ce n’est pas ta maison.



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Scientifique Hoenn

C-GEAR
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Mer 17 Fév - 23:10
Le métang la suivit bien volontiers, avec un ronronnement de circonstance lorsqu'il était entouré de suffisamment de masse métallique pour que sa lévitation se fasse sans le moindre effort. Sae n'était même pas sûr qu'il ait déjà vu Vergazon ; elle n'avait jamais vraiment tenu l'inventaire de où elle était allée, et avec qui. Elle se demandait bien ce que la créature métallique pourrait bien en penser : c'était à la fois urbain comme il aimait, mais également très calme et doux. Baignant dans la lumière du soir, c'était encore plus évident. Cette luminosité si particulière faisait en sorte d'écraser, d'effacer presque les volumes de la ville, jusqu'à ce que la cime des arbres environnant paraisse en deux dimensions. Tu rentres tu crois ? Elle tenait la porte du centre pokémon pour le laisser passer, mais n'était pas sûre qu'avec la largeur de la porte, il puisse la franchir. Son corps à la base tout lisse était à présent couvert de rayures bien involontaires, dues à ce genre de mésaventure : il se disait que ça passait, mais ça ne passait pas, en vrai. Ce centre pokémon était plus petit que les autres, et n'avait pas les mêmes doubles-portes coulissantes. Tant pis : mets-toi à la verticale, en mode fax tu passes sûr. Aux petits mots, leurs petits remèdes aussi.
À deux, ils allèrent s'installer dans les sofas qui meublaient la sorte de salle d'attente/salon du centre. Bon en vrai, Sae s'installa et Scooter bloqua sa position en l'air. Le salon baignait aussi dans la lumière du soir, grâce à une baie vitrée savamment placée. Elle resta là pendant plusieurs minutes, à attendre. Elle ne savait toujours pas trop ce qu'elle attendait. Un miracle sans doute. Pff, allez. Elle se leva, et s'approcha de l'infirmière Joëlle qui plusieurs fois déjà lui avait adressé un sourire avenant. Quelques phrases échangées, une présentation de sa carte officielle de dresseuse, et elle disposait des clefs d'une chambre.
Pour autant, elle choisit de rester là encore un petit peu. Cela faisait très longtemps qu'elle n'avait pas dormi en centre pokémon, cela faisait remonter beaucoup de souvenirs, des bons et des moins bons.


Les portes coulissantes s'ouvrirent une fois de plus. Sae ne se retourna pas, au contraire des deux premières fois. Depuis la deuxième fois, elle était juste restée assise, à grignoter du bout des dents le sandwich confectionné par Edgar. Il n'était pas mauvais du tout, mais elle était trop pensive pour manger à pleines dents.
Je suis revenu !
Un fanfaron sans doute, pour ainsi se faire entendre à son entrée dans un centre pourtant pas si vaste. Meh. Elle haussa les épaules, et croqua dans une tamato. Du coin de l'œil elle ne put manquer cependant le physique atypique de la personne qui venait vraisemblablement de rentrer.
Grand. Blanc. Skinné d'un côté. Tshirt grand comme une tente. Son attention remonta en flèche, d'un coup. C'était trop beau pour être vrai, ça ne se passait comme cela que dans les romans. Il ne lui fallait pourtant pas laisser échapper cette probabilité. Elle s'était redressée ; Aaa... Aek ? lâcha-t-elle, incertaine. Elle n'avait pas dû parler suffisamment fort, il n'y avait pas eu de réaction. Ou bien ce n'était tout simplement pas lui, ce qui serait bien plus évident alors. Un physique aussi spécial, ça ne se partageait pas, et pourtant la personne au comptoir n'avait vraiment pas réagi ! Les graines du doute se semèrent malgré elle dans son esprit. Il fallait en avoir le cœur net.
Monsieur ? Euh. Elle était debout à présent, Scooter toujours en position stationnaire. Aekyel ? C'était débile, elle ne connaissait même pas son nom de famille. Elle aurait l'air bien bête si...
Il se retournait. Non, il s'était retourné. Et là plus de doute : ces noirs d'yeux et cette allure si dégingandée et en décalage avec tout le reste, qui lui donnait pourtant envie de sourire et de rire joyeusement : c'était Aek, il n'y avait pas de question à se poser.
Aeek ! Elle souriait avec le plus grand des sourires, le soulagement et les nerfs retombant. Elle était heureuse de le voir finalement. Évidemment. Elle lui fit la fête, sautillant et riant d'un si bon cœur que ça ne pouvait qu'être sincère. J'sais pas si c'plus hasardeux si j'étais là qu'par hasard, mais en vrai j'te cherchais tu sais ! C'était vrai : lui tomber dessus par hasard relevait d'une faible probabilité, mais le trouve de manière aussi gratuite, ce n'était pas mal non plus ! Elle avait tant à lui dire, tant à échanger, tant à questionner ! Elle espérait avec une pointe d'égoïsme qu'il n'était pas trop occupé. Une soirée pyjama s'imposait dans son esprit, mais peut-être pas dans le sien.
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Coordinateur Hoenn

C-GEAR
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Ven 11 Mar - 5:06
Pour être tout à fait sincère : tu n’as aucune idée de la pertinence de tes efforts. Tu es ici, seul, loin du monde : loin des tiens… Ce n’est pas aussi facile que tu te plais à le croire. Vivre loin de Cassandre est une épreuve de taille, même si c’est aussi un mal nécessaire. Tu n’as plus de chez toi et vis continuellement au profit du Centre Pokémon. Tu ne pourras pas y rester indéfiniment tu sais… Ces chambres sont réservées aux dresseurs de passage. Ceux-là même qui attendent l’aube pour reprendre la route sans plus s’attarder à Vergazon. C’est une petite ville tranquille qui n’offre pas grands choses : en tant que coordinateur, tu n’as aucune raison de t’y attarder et c’est incontestablement par bonté d’âme que l’infirmière Joëlle en charge des lieux ne t’a toujours pas demandé de rendre les clés. Tu veux des réponses… Tu veux apprendre ce qui s’est produit, cette nuit-là. Tout ce que tu désires, c’est la vérité… Mais tu crains qu’elle ne soit douloureuse. Tu as peur de ce que tu apprendras, en poussant tes recherches et en t’intéressant aux incendies ayant ravagés la région. Quelle sera la réalité qui en sortira ? Tu l’ignores, mais elle sera affreuse… horrible même.

T’adressant un sourire sincère et comblé, la jeune femme aux cheveux roses t’adresse un signe de la main respectueux. Tu n’as pas l’intention de t’attarder. Depuis ton arrivé ici, tu ne cesses de t’enfermer dans ta chambre dès que la nuit tombe. Il n’y a pas grands choses d’autres à faire et la solitude te permet de réfléchir, même si tu supportes mal de rester seul et concentré sur un même sujet des heures durant. Tu as peut-être un peu changé, mais pas tant que ça. Les restes de ton TDAH continuent de te mener la vie dure et rester fixer sur une unique chose demeure un défi de taille à relever. Difficile de comprendre comment tu as pu passer la journée aux archives. Si Cassandre t’avait vu, la tête plongé dans les brochures de journaux, elle aurait certainement crié au miracle ! Et qu’aurais-tu pu répliquer… ? Rien du tout. Pour être un miracle, c’en était un. Un gros miracle même puisque même la manipulation de tes couteaux ne suffit pas à te convaincre d’être centralisé sur ta tâche. Même si tu les lances…. Et même si ton âme-sœur se tient parfois juste en-dessous de ta cible.

C’est un rôle dangereux que l’on a confié à la pire tête en l’air du pays. Vraiment.

Entendant une personne s’en adresser à une autre en l’appelant Monsieur, tu ne te retournes pas. On ne t’a jamais appelé monsieur. Tu es Aekyel, Aek, Aeky, " idiot ", " monstre " ou " drogué ", mais certainement pas Monsieur. Devant toi, l’infirmière Joëlle détourne les yeux de ta magnificence pour s’intéresser à quelqu’un d’autre et, croyant qu’elle s’apprête à répondre à un autre client, tu ne te retournes pas. Il te faut entendre ton nom pour comprendre que cette voix cristalline te cible bel et bien. Une voix qui, après réflexion, ne te rappelle que du bon. Tu ne sais pas pourquoi tu ne l’as pas reconnue dans l’immédiat, mais tu sens ton cœur s’accélérer au moment de détourner la tête pour fixer l’inconnue qui s’adresse à toi. Enfin, inconnue : pas tant que ça.

Tu n’en crois pas tes iris. Littéralement. Écarquillant les yeux, tu fixes cette adorable tête rousse qui te regarde, elle aussi, de toute sa petitesse. Tu ne sais pas quoi dire. Ta bouche s’entrouvre inutilement et, pour peu, un insignifiant " deeeh… " pourrait s’en échapper. Tu n’y crois tout simplement pas. C’est pire qu’un rêve ; c’est un miracle. Combien de fois avais-tu pensé à Sakae depuis le ciel noir ? Des dizaines et des dizaines de fois, au moins. Tu t’étais emballé à chaque fois que Dylan t’avait fait passer ses salutations et, à tous les coups sans exception, tu t’étais promis de la revoir. Tu ne savais pas comment, ni pourquoi, mais cette promesse faite à toi-même était très importante pour toi… Et voilà qu’elle se réalisait. Sans que tu n’ais rien demandé d’autre qu’une chambre dans un Centre Pokémon un peu perdu.

« Sae ! »

Tu sors enfin de ton état contemplatif. Son rire et sa bonne humeur sont contagieux. Vous faites la fête, vous rigolez : tu es heureux. Heureux de revoir ce petit brin de femme plus courageuse et plus vaillante qu’un chevalier. Heureux de joindre vos mains ensemble et ton rire au sien. Tu souris. Tu oublis complètement la raison de ta venue ici, à Vergazon. Ça n’a plus la moindre importance. Elle est là. Et elle éclipse complètement les ténèbres de ton âme. Comme si rien ne s’était passé. Comme si tout le mal s’était volatilisé. C’est une pause bien méritée. Profites-en bien. C’est un luxe que tu peux te permettre. Surtout en sa présence. De toutes les personnes sur lesquelles tu pouvais tomber, Sae est la seule dont la présence ne sera pas de trop. Tu restes fanatique de cette gamine à la tête rousse et au sourire contagieux. Elle t’envoûte. Tu es son fan. Son fan numéro un. Le plus fidèle membre de son fanclub. Et si elle n’en a pas, alors soit ; tu le créras !

Mieux, elle te cherchait. Tu ne sais pas si votre rencontre relève du miracle ou du destin, mais chose certaine ; vous étiez prédisposés à vous retrouver. Tout souriant, tu déposes une main protectrice sur le haut de son crâne puis la fixe.

« Crois-moi ; tu dois avoir un sixième sens pour trouver les gens ! »

Cette aura bleutée qui n’a pas changée et qui, tu en es certaine, demeure l’une des plus belles couleurs que tu n’as jamais pu admirer. Le Bleu Azurin de Sakae est absolument magnifique. Il la représente avec justesse et ne cesse de te faire tomber sous son charme. Tu as vu beaucoup d’Auras depuis ta naissance… Beaucoup de gris, certes, mais aussi des couleurs à couper le souffle. Des couleurs dignes des plus beaux champs de fleurs de Floraville. La sienne est incontestablement l’une d’elle ! Elle est pure, éthérée, calme et bienveillante à la fois… Difficile de rester indifférent, non ?

« Ça fait plaisir d’apprendre que je te manquais suffisamment pour que tu parcoures toute cette route pour me retrouver ! »

N’habitait-elle pas avec cet ordre totalement malsain ? Tu te souviens, lors de votre rencontre, de ton besoin de la sauver des griffes de cet endroit lugubre. Bien entendu, tu n’avais ni l’autorité ni le droit de l’en tirer de force… Mais cela ne t’empêchait pas d’être triste pour elle et d’en avoir le cœur brisé. Une gamine méritait de vivre dans un endroit plus propice à son développement et son bonheur. Tu es certain qu’elle se serait parfaitement entendue avec Milan et Frekless. Mais ça ce n’était pas à toi d’en décider.

« C'est un plaisir de te revoir! Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour toi ? »

Tu préfères savoir dès maintenant les raisons de cette recherche. Tu veux bien croire que tes beaux yeux et ton sourire de tombeur lui manquaient… mais dans l’éventualité que sa présence cache quelque chose d’autre, tu ne peux pas prendre le risque de ne pas t’informer. Et puis, tu te moques des raisons. Qu’elle ait un objectif ou pas, ça ne t’empêchera pas d’être comblé et heureux de sa présence.



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Scientifique Hoenn

C-GEAR
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Région : Hoenn
Dim 13 Mar - 3:11
L'homme s'était finalement retourné suite aux apostrophes de la jeune fille. Et bingo, c'était bien Aekyel. Comment s'y tromper après tout ? Sae ! Un sourire éclaira le visage bien sombre d'une jeune homme de prime abord. Le rire d'abord nerveux de la jeune fille se transforma bien vite en un rire de joie, et elle fit la fête au jeune homme. Toute sautillante, son excitation et sa réussite la galvanisait, et elle ne tenait pas en place. Riante et heureuse, elle s'emmêlait dans ses phrases sans réussir à les garder cohérente plus de dix mots d'affilée. Bientôt Aekyel la rejoignit dans son enthousiasme, tout fou aussi qu'il avait l'air de la voir dans ce lieu où il ne l'attendait sans doute pas du tout. Elle ne l'avait pas prévenu, alors cela ne pouvait qu'être une surprise ! Il riait aussi, et fut bientôt une joyeuse embrassade pleine de jeux.


L'excitation finit forcément par retomber, bien que Sae ait pu continuer à être en joie de la sorte pendant de longues heures. La légèreté et la sincérité de leurs retrouvailles lui mettait un baume au cœur qu'elle chérissait énormément à chaque fois qu'elle en avait l'occasion depuis qu'elle était sortie de la tour. Mais il fallait bien à un moment laisser la place aux mots et aux phrases pour communiquer, bien que les rires et les empoignades aient été de la partie. J'sais pas si c'plus hasardeux si j'étais là qu'par hasard, mais en vrai j'te cherchais tu sais ! C'était vrai, mais quelle probabilité le jeune homme aurait-il donné à la possibilité que Sae le cherche ? Cette dernière n'en avait aucune idée, mais la nouvelle avait une fois de plus illuminé son regard si caractéristique. D'un air soudainement plus tranquille, la main d'Aekyel vint se poser sur le crâne de Sae. Elle était toujours plus petite que lui, mais au moins ne lui arrivait-elle plus aux pectoraux. Elle allait bientôt pouvoir être d'égale à égal si elle grandissait aussi vite les années à venir !
Crois-moi ; tu dois avoir un sixième sens pour trouver les gens !
Son regard était d'une douceur incomparable. Il était toujours tout sourire, mais il s'était radouci de son éclat d'énergie premier. Il frotta gentiment le haut de son crâne ; ce à quoi Sae répondit par un sourire béat, les yeux à demi fermés. Il lui fallait à elle aussi redescendre sur terre, après sa joie d'avoir réussi à retrouver celui qu'elle cherchait. Elle l'aurait cherché du haut au bas de Hoenn, ça oui ! Heureusement elle s'y était attendue, avec un cirque itinérant comme celui où il avait eu l'air d'élire domicile auparavant.
Ça fait plaisir d’apprendre que je te manquais suffisamment pour que tu parcoures toute cette route pour me retrouver !
La bonne humeur se lisait toujours sur son visage, seulement il avait reprit un ton de voix plus placide. C'est un plaisir partagé ! Elle ne semblait avoir que ces mots à la bouche, ceux du contentement. Et c'était tant mieux d'une certaine façon ! Elle n'allait pas porter le fardeau et le poids de la frustration toute sa vie sur les épaules ! Il fallait qu'elle parvienne à se détacher de tout cela ! Pourquoi fallait-il que cela prenne autant de temps ? Avec une petite difficulté, elle s'arracha à ces pensées toutes nulles pour revenir dans le présent, celui qui était bien. J'ai eu d'l'aide après. J'suis passé par l'cirque, t'sais ? Mais, ben, y m'ont dit qu't'étais pas là, du coup j'suis v'nue t'chercher jusqu'ici ! Elle n'aurait pas pensé le trouver si rapidement après être arrivé à Vergazon, mais c'était déjà bien plaisant comme cela pour qu'en plus elle s'en offusque. Elle avait reçu de l'aide, se dirait-on, et ce serait bien suffisant comme justification aux yeux de la jeune fille.
C'est un plaisir de te revoir! Y a-t-il quelque chose que je peux faire pour toi ?
Il parlait toujours de son ton détaché qui l'avait au départ laissé circonspecte, mais qui était finalement tout à fait normale. Elle trouvait même cela charmant chez lui, agréable même. S'il s'attendait à un roman, il allait être déçu. Sae n'avait pas grand chose à répondre à cela. Rien d'autre que la spontanéité.
Ben, t'voir. Disons qu'j'ai eu b'soin d'bouger un peu c'derniers temps. Et comme on s'est pas r'vus depuis... 'Fin voilà, et que Dydy m'avait donné d'tes nouvelles mais qu'c'était pas assez, ben j'm'suis dit que j'pourrais v'nir t'voir. C'était confus tout cela. Pas évident à détricoter. 'Fin bon l'est tard là, désolée, mais j'suis arrivée y a une heure, donc voilà quoi. Elle s'était rendue compte seulement maintenant qu'il pouvait être en mouvement, ou bien occupé à quelque chose. Que peut-être ils allaient devoir bouger, ou même faire d'autres choses qui lui étaient encore inconnues.


Dans sa tête, elle avait bougé parce qu'il le fallait. Comme elle l'avait expliqué à Edgar, elle s'était sentie bien chez lui. Réconfortée, chouchouté et surtout protégée. Sans doute qu'elle verrait pour toujours cette maisonnette en bois comme un havre de paix dans lequel elle n'aurait jamais rien à craindre, même si c'était un petit peu déraisonné d'idéaliser de cette manière un simple lieu. Pour autant, il était encore entaché à ses yeux de souvenirs très frais. Elle voulait également respirer, ne pas tourner dans ses miasmes mentaux et s'aérer l'esprit. Voir du pays. Se changer les idées. Côtoyer des gens, escalader des montagnes. Voir sa famille aussi, plus, bien que l'exercice était à présent plus périlleux qu'auparavant.
Pour elle, Aekyel était également le synonyme d'une franchise et d'une amitié qu'elle songeait depuis toujours sincère, bien que peu exploitée jusqu'à présent. Elle s'était imaginée faire un bout de route avec lui, passer du temps en sa compagnie. Peut-être que ses propres occupations l'auraient motivée à se lever chaque matin, et retrouver une direction à suivre. Ce n'était que maintenant qu'elle envisageait que ses plans pourraient être contrariés. Peut-être que non bien entendu, elle ne songeait pas de cette manière qu'Aekyel allait forcément la renvoyer dans ses pénates quoi qu'il arrive. Simplement, tout était si limpides et surtout si attirant dans cette perspective qu'elle n'avait pas considéré la possibilité inverse.
Ça t'dit qu'on aille s'poser ? Pour papoter, et tout ! À moins qu'tu veuilles pas t'coucher trop tard ? J'sais pas si t'as des trucs d'prévus.
Elle aurait volontiers passé toute la nuit à papoter de rien et surtout de tout avec lui, mais ne voulait pas imposer sa compagnie. Cependant, si elle devait lui raconter les effectives raisons de présence, il allait lui falloir un petit peu de temps, et sans doute le confort d'un coussin sous ses fesses. Le salon du centre pokémon leur était offert, mais le centre n'offrait pas que cela. S'tu veux, j'ai pris une chambre, on peut aller s'y poser, à moins qu't'aies un autre endroit qu'tu préfères quoi. Elle était l'élément perturbateur dans son petit trajet, et elle ne voulait pas être juste là sans bouger : elle était force de proposition et d'initiatives ! Le sourire qu'elle renvoya à Aekyel prouvait bien que ses inquiétudes n'étaient pas des plus importantes. Elle savait très bien que même en cas d'autres prévisions de la part du jeune homme, même celles ne pouvant d'aucune manière l'inclure, elle ne lui en tiendrait pas rigueur. À chacun sa vie, et Sae plus que d'autres sans doute pouvait l'envisager.
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Lun 21 Mar - 3:48
Tu souriais. Et qu’est-ce que ça faisait du bien ! Tu en avais presque oublié la joie que procurait la naissance d’un sourire sur tes lèvres et d’un éclat de rire s’échappant de ta gorge. Tout était tellement sombre depuis les événements passés… Tu étais si près et si loin de la vérité, de ce voile que tu souhaitais absolument lever, mais que le secret qu’il cachait derrière son étoffe rouge t’effrayait… Tes jours n’étaient plus les mêmes. Ta vie avait été renversé par les souvenirs d’un passé révolu sur lequel tu devais mettre un point afin d’avancer. Peut-être apprendrais-tu à pardonner au cours de ta quête ? Dans l’immédiat, tu étais incapable de passer sous silence les agissements du Cirque et le mal qu’Alfred t’avait causé. Tu avais passé une année entière à subir la torture de ces psychologues qui prétendaient vouloir t’aider, mais qui se révélaient incapables de soulever ce foutu rideau. Tu avais dû mal à accepter. Ton passé, ton identité : tout s’était envolé avec cet incendie. Il avait tout brûlé. Et maintenant que le phénix demandait à renaître de ses cendres, tu ne pouvais pas le laisser ouvrir ses ailes à nouveau.

Elle avait eu besoin de bouger… Et de toutes les personnes qu’elle aurait pu décider d’enquiquiner, c’est toi qu’elle avait choisi. À cette idée, ton sourire s’élargit davantage. Dylan t’avait souvent parlé d’elle et, à de nombreuses reprises, tu t’étais surpris à le jalouser. Sakae avait été ton brin de fraîcheur, ta motivation et la source d’un courage dont tu n’avais jamais soupçonné l’existence. La cicatrice sur ta joue demeurait la preuve physique de ton désir de vivre et de la protéger contre tout… Après tout, comment ne pas tomber sous le charme enfantin de la gamine et sous son sourire extraordinaire ? Sae était un vent pur et éthéré. C’était inconcevable que quelqu’un puisse résister à sa personnalité et son aura. Elle émanait un trop plein de couleurs. Du roux de ses cheveux au bleu de son âme. Tu étais absolument persuadé que tu pourrais vivre une vie entière à ses côtés et que jamais tu ne te lasserais de l’observer et l’écouter. Tu en étais complètement fan. Si elle devait avoir une groupie, alors tu étais tout désigné pour le rôle tant ton admiration était inépuisable. Sakae, elle t’avait manqué. Mais elle était là désormais. En chair et en os. Rien que pour toi.

« Tout ce chemin, rien que pour moi… ! Tu dois être fatiguée non ? Où étais-tu juste avant d’arriver ici ? Tu es sur la route depuis longtemps ? »

Demandes-tu, soucieux de son bien-être. Ça frôle limite le harcèlement, mais les questions fusent d’elles-mêmes. C’est bien vrai quoi ! Que tu saches, le cirque était à Cimetronelle la dernière fois que tu les as vu… Y sont-ils encore ? Ça fait un sacré bout de chemin quand même ! Le regard coupable, tu ne peux t’empêcher de t’auto flageller pour la misère occasionnée. Si tu étais resté au Cirque, comme on te l’avait conseillé, comme tu aurais dû le faire, alors Saka n’aurait pas eu tout ce chemin à faire. Son trajet aurait été beaucoup plus court et moins compliqué. Tout ça, c’était ta faute. Baissant légèrement les yeux, tu ne cherches pas à mettre des mots sur ta culpabilité. L’important, c’est que vous soyez réunis, non ? Tu es heureux de la revoir enfin et ce bonheur est partagé. Tu le vois dans le vert de ses iris. Ça te suffit. Tant pis pour le reste.

Le … reste de la soirée ? Tes plans étaient des plus platoniques. Si vous répondiez à l’appel de la responsabilité, toi et Némée fonceriez directement au lit afin d’être en forme pour demain. Dans les faits, tu avais prévu de retourner aux Archives afin de continuer d’éplucher les vieux articles et tu voulais commencer ta tâche le plus tôt possible… Mais au diable la responsabilité. Tu étais un esprit libre qu’aucune chaîne n’entravait. Si tu décidais de te lever sur l’heure du midi, alors libre à toi ! Maintenant que le Cirque cessait de t’imposer ses horaires matinaux, tu pouvais maintenant jouir des luxes d’une vie émancipée. D’une vie seule… D’une vie loin de ta famille… Tu secoues la tête. Difficile d’effacer entièrement toutes les pensées qui affluaient, n’est-ce pas ? Au fond, c’est la raison pour laquelle tu t’es retiré en solo. Ce voyage est un moyen de retrouver celui que tu es afin de mieux renaître de tes cendres. En attendant, tu n’es qu’un pantin désarticulé auquel on tenterait d’insuffler une vie et une personnalité. On peut bien t’appeler Pinocchio dorénavant !

« Absolument rien de prévu ! Je suis tout à toi ! Bon après… Ce soir c’est pleine lune, donc j’ai un peu peur pour les grahyèna-garou… Mais si tu me dis qu’on reste à l’intérieur, alors ça va ! »

Après les zombis, pourquoi pas les Pokémon-Garou ? Tu étais certain d’avoir lu un article à ce sujet dans les journaux. Une petite rubrique surmontée d’un titre évocateur, aka « PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS », dans un coin de page au hasard. Bien entendu, tu es incapable de faire la distinction entre un mythe et le réel… Et puis, forcément, si c’est dans le journal, ça ne peut qu’être véridique. Aussi, te promets-tu de ne plus mettre le nez à l’extérieur lors des nuits de pleine lune. Lorsque tu reviendras au cirque, tu accrocheras également un talisman dévalisé à l’église d’Arceus afin d’éloigner les éventuels accidents qui pourraient subvenir pendant la nuit malgré la sécurité des tentes du Cirque.

Enfin, dans la mesure où tu retournes au Cirque tôt ou tard. Dans l’immédiat, tu préfères ne pas réfléchir à la question et concentrer cet énergie ailleurs. Dans ta quête de vérité, par exemple. Pourquoi pas.

Oooh ? Elle a donc pris une chambre dans le Centre ! Quel heureux hasard : toi aussi ! Lorsqu’elle te propose de bouger vers sa chambre plutôt que de rester ici (devant l’infirmière Joëlle qui ne cesse de vous sourire en attendant que vous foutiez le camps), tu ne peux t’empêcher de hocher vivement la tête. À ta gauche, la Némélios qui t’accompagne esquisse un mouvement en direction de Sae puis bondit sur elle afin de déposer ses pattes sur ses épaules et lover son gros museau contre son visage. Tu ne sais pas si Sae se souviendra d’elle ? Il faut dire que, depuis le temps, ton Pokémon a bien eu le temps de grandir… Et en plus, cette drôle de maladie dont elle est victime (oui. Même après tout ce temps, tu n’as jamais cessé de croire que la Chromatite était une maladie. Impossible de te faire entendre raison) et qui crée un dérèglement de pigmentation lui a fait perdre sa belle couleur rougeâtre pour mieux prioriser le bleu. Toi, tu n’y comprends rien. Mais Némée est toujours la même… En plus grosse.

Peu réactif, tu les regardes un moment sans imaginer un instant que le geste affectueux du Pokémon pourrait être mal vu ou interprété. Après tout, Sae aussi elle en a un… C’est bien à elle, le gros truc lévitant là-bas ? Tu n’oses pas le demander.

« Ta chambre, ce sera parfait ! Est-ce que ça te dérange si Némée vient avec nous ? Promis, elle ne mangera personne et saura se faire discrète. N’est-ce pas ma grande ? »

Un grognement approbateur. De toute manière, tu aurais été prêt à suivre Sae jusqu’au bout du monde si elle te l’avait demandé. Donc sa chambre, c’est vraiment pas si mal.



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Mar 22 Mar - 13:52
Aekyel semblait vraiment boire ses paroles. Sa compagnie réchauffait le cœur de Sae, qui avait justement parcouru ce chemin pour s'éloigner des frissons que lui donnaient son immobilisme et la perspective d'aller se perdre chez ses parents. C'était aussi lui qui lui rendait un sacré service, même si elle ne savait pas trop comment le dire sans plonger dans ce qui la tracassait vraiment.
Tout ce chemin, rien que pour moi… ! Tu dois être fatiguée non ?
Oh, ça va tu sais. J'peux m'assoir sur Scooter si b'soin. Elle désigna d'un geste de la tête le métang qui restait en retrait. Les vibrations dont sa présence s'agrémentait lui devenaient imperceptibles. Elle était un petit peu raidie, mais depuis quelques temps elle n'était plus sensible aux courbatures. C'était déjà cela de gagné dans ses voyages !
Où étais-tu juste avant d’arriver ici ? Tu es sur la route depuis longtemps ?
Qu'il était curieux, le Aekyel ! Ce n'était pas forcément une mauvaise chose, cela amusait juste beaucoup Sae. Lorsqu'elle l'avait connu, il était plutôt du genre taciturne. Pas mutique, mais il n'avait parlé que pour poser quelques questions sur des points qui le laissaient perplexe. Cela agrandit vraiment son sourire de le voir ainsi lui poser tant de questions.
J'étais chez Edgar, j'vis plus ou moins chez lui. 'Fin c'est au moins un point d'chute quoi. J'suis partie très tôt c'matin. Elle se demandait si le jeune homme se rappellerait du grand blond qui avait, plus ou moins, accompagné Sae durant les jours d'horreur qu'ils avaient vécu. Il n'était pas tout à fait sûr à l'époque d'avoir connu Sae, mais clairement elle lui avait remis deux, trois idées en place. Bon, elle frimait là ; elle avait beaucoup moins fait la fière à l'époque, voyant qu'il n'était pas vraiment sûr de savoir qui elle était.


Ses réponses semblèrent le satisfaire, car il n'alla pas plus loin dans son inspection. Son regard un petit peu éteint était incompréhensible pour la jeune fille. Avait-elle dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Elle savait que Aekyel faisait des liaisons dont elle n'était pas capable entre les différents éléments qui se présentaient à lui. Elle souhaitait simplement n'avoir pas dit un mot de trop.
Elle tenta de le tirer de cet assombrissement contre lequel elle ne pouvait rien dire. Ça t'dit qu'on aille s'poser ? Pour papoter, et tout ! À moins, bien entendu, qu'il n'ait des choses de prévues. Bien entendu. Son regard tout de suite se redressa vers elle. Il avait retrouvé toute la lumière de son regard, ce qui était bien rigolo considérant la couleur de ses yeux.
Absolument rien de prévu ! Je suis tout à toi ! Bon après… Ce soir c’est pleine lune, donc j’ai un peu peur pour les grahyèna-garou… Mais si tu me dis qu’on reste à l’intérieur, alors ça va !
Sae rit joyeusement à sa réponse. Elle ne savait pas comment elle devait interpréter sa réponse, mais prit surtout le parti de ne pas chercher à l'interpréter. Elle avait peur de se perdre dans les méandres de ses propres pensées, et puis de toute manière elle commençait à savoir que ça ne servait à rien de toujours tout comprendre ou tout savoir. Dans son petit boulot avec Annette ça ne collait pas trop, mais alors Sae faisait en sorte de faire une exception. Le reste du temps, elle laissait parfois des choses incomprises, même si elle n'y arrivait pas à chaque fois.
Promis, on reste dedans ! S'tu veux, j'ai pris une chambre, on peut aller s'y poser, à moins qu't'aies un autre endroit qu'tu préfères quoi. Elle ne savait pas s'il logeait à un autre endroit, et ce serait dommage de lui imposer une petite chambre de centre pokémon.
Ta chambre, ce sera parfait ! Est-ce que ça te dérange si Némée vient avec nous ? Promis, elle ne mangera personne et saura se faire discrète. N’est-ce pas ma grande ?
C'est là que Némée se manifesta. Alors, pour resituer, il fallait dire quand même que c'était une grosse bête un némélios, et que sa tête faisait plus que celle de Sae en terme de taille. Alors lorsque la première s'écrasa à grands coups de langue sur la seconde (et non pas l'inverse, ce qui aurait été très bizarre), l'adolescente tituba de quelques pas en arrière. Wow ! Depuis quelques temps, c'était un petit peu son expression la plus usitée. Némée ! T'as bien grandi oulalala ! Pour la discrétion, ce n'était pas encore ça, mais au moins elle était enthousiaste, ce qui était tout de même un très bon point.


L'infirmière Joëlle dû être bien contente de pouvoir enfin aller faire... Ce qu'elle avait à faire de ses trucs d'infirmière, lorsqu'enfin ils quittèrent le hall. La chambre que Sae s'était vue attribuée n'était pas à l'étage, pour une fois. Elle fit jouer la clé dans la serrure, et s'effaça pour laisser les deux copains rentrer. Après vous ! Elle laissa aussi passer Scooter, qu'elle voyait prêt à se frayer un chemin par la force. En les suivant, l'adolescente se remémora la taille standard des chambres de centre. Boah, ils n'auraient pas l'espace de jouer à la balle, mais cela ferait l'affaire. Et puis, ils pourraient se tenir chaud contre le ventre de Némée, si jamais ils avaient froid, c'était bien. Un petit peu comme Akamaru, il y avait un autre temps de cela. Tu t'enfuis pas, hein ? Elle avait posé la question à Aekyel en essayant d'y insuffler un petit peu de rire ; mais elle le savait, sa voix avait failli vaciller. C'était une fausse « fausse question ».
En attendant, elle alla s'avachir sur ce lit qu'il lui semblait connaître, tant ils étaient tous les mêmes d'un centre à l'autre. Et bien moelleux. Le temps que tout le monde se fut bien posé, et ils avaient tout du parfait petit groupe de soirée pyjama. Bon, excepté qu'ils n'avaient pas de pyjama, mais c'était finalement du détail. Et toi d'coup, t'm'as pas dit c'que tu f'sais là ! T'es parti en voyage aussi ? Elle était curieuse de savoir ce qui avait bien pu mouvoir suffisamment Aekyel pour sortir du cirque. La question était également un petit peu intéressée : Sae aurait souhaité savoir si elle pourrait greffer sa compagnie à ses activités. Elle culpabilisa quelques instants, avant de se dire que c'était tout de même mieux que de ne pas poser la question.
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Mar 26 Avr - 2:19
Voir Némée s’enthousiasmer autant à la vue de Sakae ne manque pas de t’arracher un sourire. Ça te plait, n’est-ce pas ? Votre quotidien, depuis cette triste journée, est marqué par l’ennui et la monotonie… Bien sûr, il y a l’infirmière Joëlle pour briser cette sensation de lourdeur qui te prend aux tripes, mais ce n’est jamais pareil que lorsque c’est quelqu’un dont la présence, inestimable, illumine systématiquement votre vie. Tu es content que Némée puisse revoir une tête connue et appréciée… Surtout s’il s’agit celle de Sae. Secrètement, tu es certain que la situation n’aurait pas été aussi enjouée et agréable si ça avait été quelqu’un d’autre… Borné à croire que le Cirque t’a trahi, il y a dorénavant très peu de personnes dont tu supportes la vue. Tu sais qu’ils ne sont pas tous responsables de ton état et de ce brusque retour à la réalité... Mais c’est impossible pour toi de dissocier les coupables des innocents. Tout compte fait, Sakae était vraiment la personne idéale pour venir mettre fin à ton enfermement. Tu n’aurais pas pu espérer mieux que cette adorable tête rousse que tu n’as jamais cessée d’admirer depuis… depuis votre rencontre. Heureux, tu te surprends à penser que tu pourrais la suivre jusqu’au bout du monde si, là maintenant, elle te le demandait. Sa simple vue te fait un bien fou.

Suivant la jeune fille au travers les couloirs, tu ne dis rien alors que, docile, Némée te talonne silencieusement malgré les ronronnements sonores qu’elle laisse s’extraire. Amusé, tu lui lances un regard en biais puis dépose ta main sur son crâne poilu avant de te tourner vers Sae qui s’emploie à déverrouiller la porte de sa chambre pour te laisser entrer en premier. Reconnaissant, tu la fixes un instant puis pénètre à l’intérieur de la pièce et jette un coup d’œil autour de vous. Inutile de se leurrer : cette petite chambre est exactement comme toutes les autres qui peuplent le Pokécenter. La tienne, tu en as la certitude malgré ta mémoire défaillante, est identique à ce petit carré dans lequel deux personnes et deux pokémon s’entassent avec plus ou moins d’aise. Reste-t-il que, ce petit cube est un luxe à côté des tentes du Noah’s Circus et que, jamais au grand jamais, tu n’aurais le courage de te plaindre du manque d’espace. Vous vivez bien, même si vous ne pourrez sans doute pas trop vous éparpiller.

« Mince alors ! Tu as mis à jour mes sombres intentions ! »

Minaudes-tu avec une mine faussement choquée. Puis, te demandant si sa question ne serait pas plus sérieuse que tu ne l’imagines, tu reprends rapidement ton sérieux (Toi ? Sérieux ? Étonnant, n’est-ce pas ?) et dépose une main protectrice sur le haut de son crâne avant de se pencher à sa hauteur. Un sourire rassurant plane sur tes lèvres alors que tu fixes ce joli minois dont la vue t’avait immanquablement manqué. Tu aimerais lui exprime de vive-voix à quel point sa présence est un présent inestimable, mais craignant d’être de nouveau étourdi et maladroit -tu gardes toujours le souvenir de ce verre de lait que Cassandre t’a balancé au visage suite à un mot de trop- tu préfères te taire et garder cet état de fait pour toi. De toute façon, tu es convaincu que le sourire rayonnant que tu lui renvoies en quasi permanence depuis vos retrouvailles suffit à lui faire comprendre qu’elle est plus que bien venue dans ta vie.

« Ne t’inquiète pas ! Je resterais ici, avec toi, aussi longtemps que tu me le demanderas. »

Promets-tu. Et Arceus sait que cette promesse ne se résume pas à quelques mots lancés en l’air sans trop de considération pour la personne à qui tu les adresses. Certes, tu as des objectifs dans ta ligne de mire et un but à atteindre… Mais si cette gamine te le demande, tu te sens parfaitement capable de mettre tout ceci sur pause afin de rester avec elle. N’as-tu pas l’impression que ton affection pour elle dépasse l’entendement ? Si Karen, Dylan ou qui que ce soit d’autre te demandait la même chose, accepterais-tu avec autant de facilité que pour Sakae ? La question mérite d’être posée. Déposant tes lèvres sur le haut de son crâne, tu te redresses finalement avec une grimace d’inconfort puis te laisse tomber sur l’unique lit de la pièce. Non loin, Némée se couche discrètement dans un coin de la chambre, espérant ainsi ne pas trop prendre de place. Elle ne cherche pas à s’imposer et c’est tout à fait compréhensible. Ta lionne est peut-être joueuse et enfantine, il n’en reste pas moins qu’elle sait reconnaître sa place lors des bons moments. Elle sait que tu reviendras rapidement vers elle et, pour cette raison, s’effacer un peu ne lui cause aucun souci.

Lorsque la question de la jeune fille se fraie un chemin jusqu’à tes oreilles, tu te surprends à sentir ta gorge se serrer. Égoïstement, tu te dis que mentir pourrait être une bonne solution… Elle est convaincue que tu es ici afin de voyager : pourquoi t’épuiserais-tu à la contredire ? Honteux de tes propres pensées, tu t’empresses de renvoyer cette solution lâche dans un coin de ton esprit puis baisse un instant les yeux en te mordillant la lèvre inférieure. Tu prends quelques secondes pour réfléchir… Tu n’es pas ici pour t’amuser. Pour autant, tout expliquer vous demanderait un temps fou et risquerait, dans la foulée, de plomber la superbe ambiance que vous êtes parvenus à instaurer. Y a-t-il moyen d’éviter la question ? Non, certainement pas. Faire part de ton absence d’envie d’y répondre n’est pas non plus une idée envisageable. Blasé, tu glisses ta main derrière ton crâne afin de le frotter distraitement puis lâche une moue faussement embêtée avant de tousser légèrement puis d’entrouvrir la bouche.

C’est Sae après tout. Elle est sans doute la mieux placée d’entre tous pour comprendre parfaitement ce que tu vis et ressens…

« Si seulement... Pas tellement non. »

Réponds-tu avec un sourire et une pointe d’amusement feinte dans la voix.

« J’ai quitté le Cirque afin de retracer les restes de ma famille biologique et levé le voile sur mon enfance ha ha ha ! »

Tu ne sais pas trop qui tu tentes de convaincre en rigolant de la sorte, mais, au moins, tu es convaincu d’être parvenu à masquer l’aspect grave et lourd de la vérité. Tu es certain que, de cette manière, ta situation paraîtra moins lourde… Ce n’est pas comme si c’était une nécessité que de parler du feu qui te hante quotidiennement et du mensonge perpétué par Alfred quant à la découverte de ton corps meurtri quinze ans plus tôt. Si ?

« Du coup, si j’en crois mes sources, c’est ici que mon père m’a retrouvé il y a quatorze ans. Donc je suis venu ici afin de trouver des réponses à mes questions ! Pas mal hein ? »

Tu as peur de ce que tu y découvriras… mais ça non plus, tu ne le précises pas. Cette peur vive d’apprendre la vérité disparaitra nécessairement tôt ou tard… Donc pourquoi l’inquiéter avec quelque chose qui n’a pas lieu d’être ? Toute ton enfance a été consacrée à cet ultime but que tu t’étais fixé… Tu devrais te réjouir d’avoir désormais des pistes à suivre, non ?



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Jeu 28 Avr - 11:41
Comme presque prévu, Némée alla se rouler contre l'un des murs de la chambre, comme une gigantesque peluche qu'elle aurait gagné à la fête foraine. Sauf que ce n'était pas le cas, et qu'en plus même roulée contre un mur, les longues pattes avant de Némée restaient toutes proches du lit où Aekyel avait choisi de s'asseoir. Oh, soit. Sae se serait volontiers roulée contre le ventre chaud du pokémon, mais jamais elle ne se serait permise d'y aller d'elle-même, brisant une sorte d'intimité du dressage, ou quelque chose du style.
Mince alors ! Tu as mis à jour mes sombres intentions !
Sae se retourna vivement vers Aekyel, en direction du lit. Un regard de panique s'était imprimé sur son visage, les pupilles légèrement dilatée, incertaine de ce qu'il pouvait bien vouloir dire par là, remontant le fil de ses paroles pour essayer d'en trouver la source. Il avait dans son expression quelque chose de surprise, mais Sae n'arrivait pas à savoir s'il jouait ou non la comédie. Ce n'était pas évident, comme il était souvent impassible et dans la lune, et qu'il pouvait s'extasier de beaucoup de choses. Elle n'était pas sûre de situer avec exactitude la frange d'humour qu'il pouvait manier.
Comme s'il avait vu la difficulté qu'elle avait à interpréter ses dires, Aekyel se ravisa, et vint lui déposer une main sur le crâne, comme pour la décoiffer, ou juste lui caresser les cheveux.
Ne t’inquiète pas ! Je resterais ici, avec toi, aussi longtemps que tu me le demanderas.
Il rayonnait cette fois-ci de sourire, tout en ayant son regard bien ancré dans le sien. Le décalage entre le sérieux de ses yeux et le bonheur de sa bouche laissait peut-être un petit peu perplexe, mais la contradiction qui en émanait semblait étrangement compréhensible à l'adolescente. Ok... répondit-elle, rassurée. Elle lui sourit doucement en retour, tentant en même temps de bien accrocher cette réponse dans sa petite tête. Aekyel déposa un chaste baiser sur son front, avant de rapatrier le lit en grimaçant.


Sae le suivit bien volontiers, sautant sur le lit pour atterrir sur ses fesses. Aekyel depuis tout à l'heure la suivait du regard. C'était à la fois attendrissant et plein de pression pour elle. Tournicotant des doigts, Sae relança la discussion, en lui demandant c'que tu f'sais là, et s'il était parti en voyage aussi. C'était vrai après tout. Elle était là, l'avait trouvé, loin de tout et surtout loin du cirque, sans avoir la moindre idée du quand, du quoi, du pourquoi, du comment.
Son ami mit du temps à répondre. Son regard parcourait la pièce sans la regarder, comme s'il cherchait un échappatoire, physiquement ou mentalement. Il remua un petit peu sur son séant. Il semblait vraiment inconfortable. Le regard que Sae portait sur lui, dans l'attente d'une réponse qu'elle ne pouvait plus trop trop annuler maintenant, ne devait pas l'aider.
Si seulement... Pas tellement non.
Au moment où il répondait finalement, Sae se laissait tomber en arrière dans le lit, pour finir allongée à regarder le plafond. De la sorte, elle pouvait toujours être attentive sans pour autant le fixer d'une désagréable manière. Elle ne voulait pas le forcer à parler ou quoi que ce soit s'il n'en avait pas envie d'ailleurs. Elle-même avait encore du mal à vraiment raconter l'histoire de l'Ordre à des copains, alors elle ne pouvait que comprendre que l'on n'ait pas envie de raconter sa vie.
J’ai quitté le Cirque afin de retracer les restes de ma famille biologique et levé le voile sur mon enfance ha ha ha ! Son rire sonna un petit peu forcé à vrai dire, mais il souriait plutôt sincèrement. La main derrière la tête comme pour se donner contenance, Aekyel donnait l'impression de ne pas en mener large.
En même temps, c'était une sacrée histoire qu'il lui contait là. Elle ne savait pas qu'il n'avait pas grandi avec sa famille biologique, ni même que cela avait pu le travailler. Elle savait que certaines personnes adoptées pouvaient très bien grandir sans que cela ne leur pose de problème. Il y avait peut-être eu une histoire avec la famille d'Aekyel, ou bien simplement cela le tracassait-il ? Si par exemple il avait des souvenirs de sa famille biologique, elle pouvait également comprendre qu'il veuille retrouver leur trace. Avant même qu'elle ne puisse lui dire quoi que ce soit, malgré les mots réconfortants qu'elle souhaitait lui adresser, il rempila.
Du coup, si j’en crois mes sources, c’est ici que mon père m’a retrouvé il y a quatorze ans. Donc je suis venu ici afin de trouver des réponses à mes questions ! Pas mal hein ?
Ouais, p'mal ! avait-elle répondu du tac au tac. Comme pour donner le change.
Si cela faisait quatorze ans, il se souvenait peut-être. Ou alors il ne se souvenait pas, ce qui expliquerait pourquoi il voulait retrouver des réponses. Cela expliquait un petit peu.
T'sais, on n'est pas obligé d'en parler s'tu veux pas. Son regard allait du plafond au-dessus d'elle, au visage d'Aekyel. Elle sentait bien que malgré son air un petit peu fanfaron – qui par ailleurs détonait complètement de son comportement habituel – il n'était pas bien à l'aise avec tout ce qu'il lui racontait.
S'tu veux m'en parler y a pas d'souci hein ! Mais j'veux pas qu'tu t'forces ou quoi, ok ? Son regard était le plus franc du monde. Moi non plus j'sais pas toujours bien parler de c'qui m'arrive, t'sais. En plus en c'moment moi aussi j'suis un peu partie d'chez moi s'tu veux tout savoir. Bon, pas trop pour trouver des réponses parc'que j'ai pas d'questions, mais t'vois. C'un peu l'bazar. Et si ça se trouvait, il ne voulait pas tout savoir du tout. Si c'était le cas, cela tombait bien car elle n'arrivait pas à mettre de mots sur tout cela, et même lorsqu'elle ouvrait la bouche pour en parler, c'était confus comme à l'instant.
Ils faisaient une belle paire de bras cassés. Elle à fuir plus ou moins ce qui ne la poursuivait même pas, mais à chercher à ne pas se créer de problèmes en n'y pensant pas. Et lui qui pourchassait des réponses qu'il semblait ne pas trouver.
On pourrait faire équipe ? C'était sorti tout seul. 'Fin s'tu veux, c'pareil, si t'veux pas m'en parler ben j'comprends, pas d'souci, vu qu'si on fait équipe faut en parler, 'fin j'crois, 'fin tu vois. Rohlalala désolée. Elle s'était immédiatement répandue en excuse, comme une phrase dite trop vite et qu'elle regrettait déjà. Toute à son envie de retirer toute cette gêne du visage d'Aekyel, et de potentiellement l'aider, elle n'avait pas réfléchi aux potentielles conséquences de ses actes.
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Sam 4 Juin - 5:13
Némée adorait les contacts physiques. Elle adorait sentir les doigts d’un dresseur parcourir son pelage grisâtre et sentir un corps frêle contre son flanc. Elle était très tactile, voire un peu trop… Après tout, la prédatrice n’était plus toute petite depuis son évolution. Si, autrefois, elle pouvait se lover entre très bras, la réalité était toute autre dorénavant. Elle était sensiblement de la même grandeur qu’un petit humain, ce qui la rendait assez imposante pour un Pokémon… Malgré son attitude joyeuse et paisible, la lionne effrayait facilement ceux et celles qui croisaient son chemin. C’était là que son attitude tactile causait le plus de problèmes puisqu’elle manquait un peu de délicatesse dans sa manière d’approcher autrui. Même si tu ne pouvais pas lui en vouloir pour cette raison, tu restais tout de même peiné de la voir si incomprise. Si, à ce moment, Sae t’avait fait part de son envie de se blottir entre les pattes de Némée, tu aurais certainement été enchanté de lui offrir la permission…

Au lieu de quoi elle te renvoya un regard accablé suite à ta petite blague. Tu n’imaginais pas une seconde que sa réaction serait aussi systématique et violente. Tu dosais visiblement très mal tes intonations ce qui t’amenais parfois à t’exprimer comme un pied… On te reconnaissait comme quelqu’un de maladroit, absent, au nord… On ne savait jamais complètement si tu étais sérieux ou si tu faisais une blague. N’y avait-il rien de plus déroutant que t’entendre parler d’une apocalypse zombie orchestrée par des automates laporeille au service du gouvernement ? Le tout, avec un maximum de sérieux et sans la moindre intention humoristique derrière ? Tu étais difficile à cerner. Et ça, il n’y avait que toi pour ne pas le remarquer. Aussi t’employas-tu, à ce moment, à la rassurer. Tu ne voulais pas qu’elle s’imagine n’importe quoi… Tu étais tellement heureux de la revoir enfin, après tous ces mois à en entendre parler sans jamais l’apercevoir, que l’idée de partir et t’envoler ne t’avait même pas effleuré l’esprit….

Et pourtant, c’est ce que ton corps en entier te cria de faire lorsqu’elle te demanda si, toi aussi, tu étais parti en voyage. Et là, c’est la chute. Pour être franc, tu savais d’ores et déjà, en la revoyant, que la question tomberait tôt ou tard… Sans être une nécessité, c’était quand même un incontournable. Et ça ne te plaisait pas. Tu tentais vraiment de te convaincre que tout allait bien et que cette situation était anodine à tes oreilles… Mais ça ne fonctionnait qu’à moitié. Tu es un bien mauvais menteur, inutile de prétendre le contraire et de masquer la vérité sous un rire aussi faux que forcé. En plus, cette attitude ne te correspond absolument pas. Tu n’es pas un clown… Aekyel Lewis voyage toujours vers le nord, sans rigolade et sans brusquerie. Parfois, il se perd. Souvent même. Mais ça ne dure jamais longtemps. Il vient sans doute d’une autre planète et cogite drôlement. Ce qu’il dit ne fait pas sens... Ses discours sont tellement absurdes et il y croit tellement qu’il en devient humoriste sans vraiment le savoir. Ça… C’est toi. Cette attitude pseudo amusante que tu t’imposes ne fait que prouver davantage ton inconfort. Mais ça passera, non ? Nécessairement. Sae est là. Elle règlera tout ! D’un coup de baguette magique, elle guérira tous tes maux et redonnera à la vie sa saveur d’entant… Et si jamais ça ne fonctionne pas, eh bien tant pis. Tant qu’elle est là, rien d’autre n’a importance.

Alors, nécessairement, au moment où elle se met à monologuer, s’emmêlant les pinceaux tout en tentant de les ordonner, tu ne peux t’empêcher de sourire. De ce sourire qui te ressemble. Un sourire quasi plein d’admiration. Tu aimes cette petite fille. Inutile de s’enligner sur des théories loufoques concernant des possibles déviances amoureuses de ta part, ça n’a rien à voir. Sae, c’est ton héroïne. Tout le monde devrait avoir un super-héros. Quelqu’un en qui croire… Quelqu’un que l’on pense pouvoir vaincre tous les méchants du monde… Et Sae, plus que quiconque, c’est le tient. Ce l’était déjà l’an passé, lorsque, ensemble, vous avez sauvé le monde… Et maintenant, cette idée se conforme dans ta tête. Elle est maladroite et possède les mêmes capacités sociales que toi, mais c’est ce qui la rend aussi attachante.

Attrapant son bras -sans le serrer- afin de la contrainte à se relever, tu ne peux t’empêcher de la prendre dans tes bras et de la serrer contre toi.

« Tu sais quoi ? Superman ne ferait pas le poids contre toi. Tu serais intéressée à avoir une cape ? »

C’est aussi hors contexte que soudain, mais, dans ta tête, tout fait sens. Sae est un super-héros. Elle vire d’une simple parole tous les nuages noirs de la tristesse et fait briller le soleil dans ton petit univers. C’était pile poils ce qui te manquait. Cette fois-ci, c’est bien toi. L’air sérieux, le regard totalement convaincu par le bien-fondé et le moment opportun de ta phrase, tu fixes la gamine. Ce n’est pas un moyen de fuir, bien au contraire. Elle te fait le plus beau des cadeaux, en te proposant de se tenir à tes côtés et de marcher sur le même chemin que le tient. Comment refuser ? Tu sais qu’il y a Bluebell, Némée, Yggdrasil et Harmonium pour te tenir compagnie… Mais le contact humain, même si tu ne le comprends toujours qu’à demi-mesure, est encore mieux. Mais ça, il ne faut pas le dire. Ça les vexerait certainement, s’ils devaient apprendre que tu « préfères » Sae à eux.

« Quand j’étais jeune... Genre plus jeune que toi encore, on m’a diagnostiqué une amnésie dissociative suite à un événement traumatisant. J’ai perdu l’ensemble des souvenirs antérieurs à mes huit ans, à l’âge ou Alfred, mon papa au cirque, m’a retrouvé… Et il parait que c’est entièrement volontaire. »

Cette fois-ci, plus de mensonge. Elle a raison… Si tu veux qu’elle t’accompagne, alors tu dois déballer ton sac. Malgré tout, c’est plus fort que toi ; le timbre de ta voix reste léger. Comme si tu refusais de percevoir les choses avec la gravité qu’elles méritent. C’est difficile. Tu te souviens encore de ta détresse et de ta douleur lorsque, pendant une année entière, les psychologues n’ont eu de cesse de se succéder afin de briser la barrière créer par ton esprit pour te protéger… Tu voulais tellement apprendre la vérité, savoir la raison pour laquelle tes souvenirs, ton identité, ton histoire et ton existence c’étaient barré sans crier gare.

« Pendant une année entière, j’ai rencontré des dizaines de psychologues afin de briser le blocage… Mais ça n’a pas servi à grand-chose finalement. »

Grommelles-tu, mécontent. Ça ne te ressemble vraiment pas de parler de sujets aussi sérieux. Combien de temps avant que tu puisses redevenir toi-même ?

« J’avais abandonné tout espoir… Mais dernièrement j’ai appris qu’Alfred en savait plus qu’il ne le prétendait sur mon passé. J’ai donc décidé de quitter le Cirque… Pour lever le voile, tu comprends ? Du coup je suis venu ici. Parce que, apparemment, c’est ici qu’il m’a retrouvé. »

C’est grossier, comme portrait. Tu ne prends pas la peine de soulever cet incendie que ton esprit s’est soudainement remémoré ni même la trahison du Cirque. Pendant quinze ans, ils t’ont laissé vivre dans l’ignorance alors qu’ils possédaient des pièces importantes du puzzle. Ils t’ont regardé pleurer à l’idée de n’être plus personne… Ils ont admiré silencieusement tous tes efforts pour redevenir quelqu’un… Et jamais personne n’a parlé. Avant elle. Comment pourrais-tu les pardonner ? Si Aekyel Lewis ne connait pas la rancune, la déception est pourtant trop grosse pour être balayée. Ça fait mal.

Lâchant un sourire en coin, tu tournes finalement ton regard vers Sae. Chaque chose en son temps. Qu’elle assimile déjà le gros de l’histoire… Le reste peut bien attendre.



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Dim 12 Juin - 4:21
L'élan de tendresse fut aussi soudain qu'inattendu pour l'adolescente. Tu sais quoi ? Superman ne ferait pas le poids contre toi. Tu serais intéressée à avoir une cape ? Aekyel l'avait dans un seul et même mouvement redressée et prise dans ses bras. Sae, dans son dos, ouvrait de grands yeux de barbicha, incertaine de la signification de ce câlin. D'un autre côté, les câlins ne servaient pas à grand chose d'autre qu'exprimer des choses positives, non ? Sae voyait mal quelqu'un pleurer en faisant un câlin : cela n'avait vraiment aucun sens. Elle finit, au bout tout de même d'une bonne minute à se torturer les méninges, que mieux valait y voir du positif, et sourit finalement en se laissant aller sur l'épaule de son camarade. J'sais pas. Y paraît qu'y vaut mieux pas d'cape. Mais j'peux être superSae ! Après tout, les capes pouvaient s'attraper dans les feuillages, les réacteurs d'un avion, on pouvait marcher dessus... Tout ça pour un vague effet de style pas forcément réussi s'il n'y avait pas beaucoup de vent. Non, l'investissement ne valait pas le coup. La seule chose qui lui manquait, c'était le super-pouvoir qui aurait pu aller à superSae. Raconter n'importe quoi aurait été un bon début, même si savoir se battre aurait été une réponse correcte également.


Les deux compères finirent par se redresser. Sae hésita une seconde à se laisser de nouveau partir en arrière. Mais si elle l'avait fait un petit peu plus tôt, cela avait été notamment pour évacuer sa gêne vers le plafond, plutôt que d'avoir à croiser le regard d'Aekyel directement. à présent, elle savait qu'il n'y avait pas de problème – à part peut-être celui dont elle n'était pas sûre qu'Aekyel veuille parler : il allait falloir attendre le fin mot de cette histoire. Elle alla au contraire se caler le dos contre le mur, au fond du lit, qui avait toute une longueur contre le fond de la pièce. L'adolescente étendit ses jambes sur la chute de lit, prête sans le savoir à ce qui allait suivre.
Parce qu'en fait, Aek' était peut-être prêt à partager son fameux problème. Il lui avait déjà plus ou moins dit ce dont il retournait, tout de même. Mais elle ne s'était pas attendue à ce niveau de détail. « Amnésie dissociative » sonnait comme un mot important et compliqué, et Sae n'était pas sûre d'avoir quoi que ce soit de comparable à « un événement traumatisant », c'était vraiment un truc de personne qui avait vécu. En fait, non, car tout ce qu'elle avait vécu durant son passage à l'ordre, fin du monde y compris, avait été tout à fait traumatisant pour elle ; mais il fallait croire qu'elle ne portait pas un regard tout à fait juste sur ces temps-là. À savoir même si elle y posait un regard. Mais le fait que ce soit une amnésie volontaire fut ce qui choqua le plus Sae. Un beau o bien rond vint se dessiner sur ses lèvres, sous l'effet de la surprise. C'était fou quand même, d'oublier ainsi tout un pan de sa vie ! Elle n'y croyait presque pas. En fait, elle n'y aurait pas cru si cela n'avait pas été Aekyel.
J’ai donc décidé de quitter le Cirque… Pour lever le voile, tu comprends ?
Sae fit signe que oui. Elle n'était pas sûre de comprendre, mais cela évoquait quelque chose en elle, comme si cela faisait écho à son propre vécu. Elle ne voyait pas du tout où est-ce qu'elle avait quitté sa vie pour lever le voile, mais l'idée ne lui paraissait pas du tout saugrenue. L'inverse plutôt. C'est fou quand même. Si elle avait eu conscience d'elle-même, Sae n'aurait sans doute pas su où se mettre. Mais là, absorbée par la conversation, elle ne pouvait qu'être en béatitude et boire ses paroles. Du coup je suis venu ici. Parce que, apparemment, c’est ici qu’il m’a retrouvé. Cette fois-ci encore, Sae fit un grand signe que oui, mais cette fois-ci elle comprenait mieux. Elle comprenait même mieux sa phrase précédente aussi, à l'aune de celle-là. Si on l'avait retrouvé ici, Sae comprenait bien pourquoi il venait là.
Et d'coup, t'as trouvé des choses ? T'cherches dans quoi ? Du coup on peut s'faire un plan d'bataille pour demain ? Ou après-d'main, j'sais pas comment tu bosses ! L'enthousiasme mêlé d'espoir de la jeune fille faisait plaisir à voir. Mais elle ne voulait rien bousculer, même si Aekyel avait d'ores et déjà accepté son aide. Tu penses savoir c'que tu cherches et t'veux une confirmation ou t'sais même pas ? Et d'coup tu cherches où ? C'étaient là des questions importantes, dont Sae supposait que les réponses conditionneraient la suite de leurs recherches. Mais t'pas trop f'tigué d'faire ça toute la journée ? Rien que d'avoir fait son voyage de la sorte, Sae en était toute fatiguée, et avait les muscles courbaturés. Sans qu'elle le veuille, un bâillement s'échappa de ses lèvres, qu'elle réprima d'une main devant sa bouche. T'es trop courageux en fait. Ce n'était pas elle la super, en fait, c'était plutôt Aek'.


(don d'un alakazam niv.17. (Je le retire de ma tcard !)
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Ven 22 Juil - 14:53
SuperSae. Ce nom te plaisait. Si elle ne voulait pas de cape, peut-être accepterait-elle un slip rouge et une paire de collant bleu pour coller à son image de super héros ? Tu avais les clichés faciles et peu d’imagination à revendre lorsqu’il était question de mettre sur pieds le design d’un héros de bande-dessinée, mais l’intention était au moins présente. Même si SuperSae ne connaîtrait, physiquement et grâce à toi, jamais de succès monstre, vous pourriez au moins dire que vous aviez essayé. Dans tous les cas, psychologiquement, la jeune femme n’avait d’égal aucun protagoniste de Marvel ou de Dc Comics. Elle était unique… Unique et exceptionnelle à la fois. Sa seule présence était comme un baume sur tes plaies et elle suffisait à ranimer sur ton visage des expressions et des mimiques que l’on associait désormais à des mythes. Elle était tellement mimi et agréable à côtoyer qu’elle parvenait à te faire oublier tes antécédentes humeurs.

Du moins, pour un temps.

La vérité, c’était que Sae était la première personne à qui tu racontais tout ça. Tu t’étais bien garder de raconter cette histoire à Karen, ignorant grossièrement si elle comprendrait les raisons qui te poussaient à disparaître… La peur t’avait invité à t’éloigner de tous ceux et celles qui auraient pu t’aider… Mais pas Sakae Kurami. Tu aurais envie de lui expliquer de long en large cette sensation de vide qui t’avait parcouru tout au long de ta jeunesse et ce sentiment d’abandon qui t’avait pris aux tripes en admettant que tes parents ne viendraient jamais te chercher, mais tu n’oses pas. Tu te fais violence pour ne pas t’emporter. Pour raconter le stricte minimum et garder au creux de ton cœur l’ensemble des souffrances vécues. De toute manière, toutes ces marques qui te pourrissaient la vie te semblent désormais beaucoup moins vives en sa présence. Elle a un effet salvateur sur ton toi meurtri. S’en rend-t-elle compte ?

Son enthousiasme, en tout cas, suffit à te tirer de tes rêveries pour t’arracher une expression de surprise. Les questions fusent de toutes parts, ne te laissant pas le temps de répondre à l’une que l’autre se bouscule à ses lèvres. Tu ne t’attendais pas à ce genre de réaction… Mais à quoi t’attendais-tu concrètement ? Entrouvrant la bouche pour esquisser un début de réponse, tu te ravises cependant et laisse flotter sur tes lèvres un sourire attendri. Cette réaction fait chaud au cœur et, surtout, elle se situe à des kilomètres de tes craintes les plus infondées. Sae veut t’aider. Elle manifeste l’envie sincère de vouloir continuer les recherches à tes côtés afin que ce pan de ta vie ne demeure pas éternellement un mystère à ta propre existence. Ce monde respirerait beaucoup mieux si tout le monde était comme elle… Si Sae avait des milliards de clones qui fouleraient la même terre que la tienne, il n’y aurait plus de tristesse. Il n’y aurait que du bonheur !

« Euh… Je… C’est gentil. »

Parvins-tu à murmurer lorsque l’adolescente termine enfin sa tirade, bouclant le nœud d’un compliment auquel tu ne t’attendais visiblement pas. À cet instant, tu retiens in extremis l’envie de la prendre dans tes bras et lui répéter en boucle à quel point elle est mignonne et que tu l’adores. Franchement, cette gamine est exceptionnelle. Mais inutile de la traumatiser inutilement avec des vapeurs d’affection inattendues et parfois considérées comme déplacées.

« J’ai souvenir d’un brasier… »

Un grand feu.

« Du coup, je suis en train de fouiller les vieilles brochures de journaux dans les archives afin de recenser tous les incendies qui ont eu lieu à Vergazon et dans ses alentours pendant le mois où Alfred m’a recueilli. »

Embarrassé par la monotonie de ta tâche, tu te mordilles légèrement la lèvre inférieure puis te retournes pour attraper ta besace. Tu ne sais même pas si ce souvenir est en lien avec l’accident à l’origine de ton amnésie… Mais c’est le seul indice que tu possèdes et ton unique lueur d’espoir. Tu ne peux pas te résoudre à abandonner dès maintenant, sans savoir si le fruit de tes recherches sera à la hauteur de tes espérances. Ce genre d’incendie ne peut pas être passé sous silence… Mais que faire, s’il était antérieur à ton abandon ? Devrais-tu élargir tes recherches au jour de ta naissance ? Cette idée t’obsède et te rend craintif à la fois. Trouverais-tu quelques choses si tu épluchais tous les journaux depuis le 23 juin il y a vingt-deux ans ? Il y a beaucoup trop de questions qui demeurent en suspension dans l’air. Et tu ne trouves aucune réponse à leur accorder. Tout est noir, à peine éclairé par la lumière d’un incendie qui embrase le moindre de tes souvenirs. Te retournant pour attraper ta besace, tu ouvres la fermeture éclair du sac puis plonge ta main à l’intérieur. Tu n’as jamais été quelqu’un de très minutieux. Tes pensées, ton travail et tes méthodes sont généralement éclatées… Mais tu n’entends pas à rire avec le passé. De ce fait, tu sors du contenant un petit livret à la couverture de cuir et à la reliure fatiguée après avoir été fermé et rouverts des dizaines de fois.

« J’ai tout pris en note là-dedans… La date des feux, le lieu, un résumé des conditions… Pendant les périodes chaudes, la région est plus propice aux incendies… La tâche parait astronomique. »

Soupires-tu en tendant le cahier à Sae afin qu’elle puisse le feuilleter si elle le désire. En effet, ce sont des dizaines et des dizaines de pages qui sont noircies de ton écriture. Tu n’écris pas très bien et le contenu des lignes peut paraître complètement indéchiffrable, mais tu peux toujours servir d’interprète si nécessaire. Parfois, lorsque la fatigue te gagnait, la mine de ton crayon s’estampait pour ne devenir qu’un gribouillis… Ce sont des heures investies dans cette fichue recherche. Des heures qui n’en finissent plus.

« Je pensais compléter mes recherches demain… Au cas où l’un des articles m’évoquerait quelque chose, mais… Je sais pas. P’tête que j’bosse pas comme il le faut… »

Tu n’as jamais fait ça auparavant. Tu n’as jamais non plus été reconnu pour être une lumière. Tu n’es pas le plus intelligent de la troupe et tu n’as pas de difficulté à concevoir que tu peux t’être trompé sur toute la ligne. Si l’infirmière ne t’avait pas parlé des archives de la ville, tu serais encore ici : à errer tel un fantôme dans le Centre Pokémon, attendant un coup de génie qui ne serait jamais arrivé. Tu n’y aurais jamais pensé par toi-même. Sans aide extérieure, le résultat de tes recherches serait aussi vide que le crâne d’une méduse…

« Qu’est-ce que t’en penses ? »

Sae, elle est intelligente. Elle est peut-être beaucoup plus jeune que toi, mais elle a de la volonté et des idées à revendre. Toi tu n’as rien de tout ça… Elle a un plus gros bagage que toi. Elle a du vécu. Peut-être peut-elle t’aiguiller vers une meilleure piste à suivre ? Ou, sinon, te réconfort quant au réalisme de tes investigations ? Tu ne sais pas ce que tu espères réellement, mais une chose est certaine : son avis compte beaucoup.



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Sam 20 Aoû - 1:26
J’ai souvenir d’un brasier… commença Aekyel. Il n'avait pas l'air tout à fait à l'aise, et Sae ne voulait pas le brusquer, mais pas non plus lui montrer de désintéressement ; et finalement elle ne savait pas quelle posture adopter dans tout ce discours. Elle tâchait de faire bonne figure, toujours souriante le plus possible et à l'écoute, même quand ce n'était pas évident. Du coup, je suis en train de fouiller les vieilles brochures de journaux dans les archives afin de recenser tous les incendies qui ont eu lieu à Vergazon et dans ses alentours pendant le mois où Alfred m’a recueilli. Sae buvait littéralement ses paroles. C'était rare qu'elle se retrouve dans ce degré d'intimité avec quelqu'un. C'était vraiment la sensation qu'elle avait présentement. Edgar lui avait offert cette proximité, et même le plus souvent sans besoin de mot. Le factuel était de mise, parce que c'était bien gentil de faire passer les émotions par le regard, mais pour comprendre « j'ai fait un truc dont je suis pas fier et j'aimerais bien t'en parler » juste par un jeu de sourcils... Des fois il fallait parler. Mais ils se comprenaient toujours avec une aisance renouvelée. Là, avec Aekyel, elle ressentait plutôt cette intimité par le privilège du partage qu'il lui accordait ; car elle n'avait aucune manière de ressentir de connivence, dans le sens où elle ne savait pas ce que pouvait ressentir le jeune homme. Lui-même se mordit la lèvre, son regard se fit fuyant, et puis au bout d'une seconde il se retourna. Sae tenta de se recomposer un visage le temps de son détour. Il devait en faire de même.
Mais non. Au contraire de cela, il s'était retourné pour aller chercher quelque chose dans son sac. Il était donc plus confortable que ce qu'elle pensait avec cette discussion ? Elle perdait le fil, avec les expressions décousues d'Aekyel. Elle cherchait juste à adoucir sa peine si elle le pouvait. Dans ses mains se tenait un petit carnet presque racorni, à la devanture en cuir. Sae tendit la main pour s'en saisir.
J’ai tout pris en note là-dedans… La date des feux, le lieu, un résumé des conditions… Pendant les périodes chaudes, la région est plus propice aux incendies… La tâche parait astronomique.
C'était très méthodique de sa part. Cela ne fut pas sans étonnée Sae, qui se disait que, manifestement, elle n'avait pas pu s'empêcher de juger malgré tout ce qu'elle tentait de faire – ne pas juger les gens. C'beaucoup d'info... fit-elle en tournant lentement les pages, une par une. Les écritures du jeune homme barbouillait certaines pages plus que d'autres, il y avait des annotations, et puis parfois une pensée sans rapport. C'en était touchant. Pourtant, y a pas pu avoir tant d'incendies qu'ça, si ? En une année, surtout en saison chaude, elle comprenait qu'il y en ai eu beaucoup, mais tout de même. Pas plus de quelques dizaines, si ? Trente, cela lui semblait déjà une somme astronomique. Pour autant elle continuait de lire avidement tout ce qu'elle avait sous les yeux. Cela lui permettait aussi de réfléchir à sa tenue. Elle voulait juste sourire et câliner Aekyel, même s'il semblait avoir retrouvé de la contenance et qu'il semblait moins embêté par toutes ces questions. Cela revenait à ses recherches : il était en terrain connu, son terrain d'expertise. Il savait ce qu'il y avait entre ses mains, et c'était Sae qui découvrait, il était en pleine possession de ses moyens. C'était tant mieux, elle voulait simplement pouvoir l'aider à se sentir bien. C'était rare de le voir comme il avait été quelques minutes auparavant.
Je pensais compléter mes recherches demain… Au cas où l’un des articles m’évoquerait quelque chose, mais… Je sais pas. P’tête que j’bosse pas comme il le faut… Sa voix était pourtant très incertaine. Qu’est-ce que t’en penses ?
J'pense qu'c'est une bonne idée ! On n'a j'mais trop d'informations. C'était vrai, ses articles n'en finissaient jamais car elle avait toujours un nouveau détail à ajouter, une nouvelle observation à faire. Cela rendait Annette chevroum. Après f'dra commencer à chercher j'pense, aux endroits et tout, mais si t'penses qu't'as pas encore fait l'tour des infos, on peut aller chercher d'main. Tous les deux ? Peut-être qu'elle allait vite en besogne. Mais il semblait à Sae que c'était tout un fouillis d'informations qu'elle avait là, et qu'ils pouvaient, s'ils le voulaient, trier tout ça et trouver un cheminement logique et un début d'endroit ou d'élément à chercher.
Avec un air résolu, mais qu'elle essaya d'adoucir, Sae ferma le carnet. Ce n'était pas la peine de s'embarrasser de cela pour l'instant, ils avaient toute la journée du lendemain pour y penser. Aekyel pourrait recommencer ses recherches là où ils les avaient arrêtées, car cela Sae n'en savait rien, et elle-même pourrait essayer de les trier pour faire, espérons-le, apparaître un début de schéma. D'ici là t'as l'air vraiment fatigué nan ? T'dois mettre b'coup d'énergie dans tout ça... Instinctivement elle se lova contre Aekyel, trop timide pour le câliner vraiment, mais trop envieuse de le faire sourire. Faut qu'on s'fasse une bonne nuit d'sommeil d'ac ? Comme ça demain, on est gonflés à bloc ! À vrai dire, elle était à deux doigts de proposer une soirée pyjama. Pas pour le côté manger des chamallows toute la nuit en papotant, parce que cela n'allait pas aider le repos de son ami, mais plutôt pour le côté dormir comme des sacs (Charlie aurait ri à l'expression) dans la même pièce. Pour se tenir le moral et se remonter la compagnie, quoi.
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Mar 23 Aoû - 1:10
Le jugement des autres était légitime. En temps normal, tu n’étais pas aussi méthodique ou ordonné… L’opinion qu’ils se faisaient de toi – sans doute motivée par ton apparence et ton attitude dissonantes – représentait bien l’homme que tu étais et il n’y avait pas de mal à ça. Ça ne te dérangeait pas d’être vu comme un anticonformiste à qui il manquait quelques neurones… À quelque part, ça devait bien symboliser ce que tu étais véritablement. Une carcasse finement ornementée et remplie des absurdités de mère nature. Une incontestable blague plutôt qu’un véritable être humain.

Mais, cette fois-ci, les choses étaient différentes.

Cette légèreté en toi n’avait pas lieu d’être tant que les horribles images de ce brasier continueraient de tourner en boucle dans ta tête… Ton mal était trop profond pour que tu puisses l’effacer d’une simple plaisanterie, comme tu en avais ordinairement l’habitude. Tu te souvenais avec exactitude de toutes les larmes versées au nom de ce passé gommé, de ces souvenirs biffés à l’encre noire… Tu prenais les choses avec un sérieux presque maladif qui tuait peu à peu ce que tu avais toujours été. Sae n’était qu’une petite lanterne venue éclairer les abysses dans lesquels tu t’enfonçais… Mais cela suffisait. Elle t’offrait un peu de réconfort, illuminant un quotidien que ton départ du cirque avait obscurci. Maintenant plus que jamais, tu voulais les tenir à l’écart de ton épopée et des noirceurs qui menaçaient de t’engloutir… Après tout, ils en étaient à la source.

Tu sais que tes chances de réussir sont maigres. Mais qui ne tente rien n’a rien non ? Malgré quoi, ce brasier pouvait appartenir à un passé plus profond encore que ce que tu avais imaginé. Et s’il n’était que le fruit de ton imagination ? De ta folie ? Tu ne voulais même pas y penser. Désespérément, tu t’accrochais aux minces chances d’avoir emprunté la bonne voie parmi toutes celles qui jonchaient ton chemin.

« Pour l’instant, j’en ai dénombré neuf durant ce mois… Je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup plus. La plupart des brochures traitent d’autres sujets… J’ai lu un article sur une femme dépendante à la cendre de cigarette. ‘Parait qu’elle en mangeait l’équivalent d’un verre par jour. »

Admets-tu, sur le ton de l’anecdote. Les journaux ne savent plus de quoi parler. Tu as fini par le comprendre après avoir vu défiler sous ton regard attentif des centaines d’articles dont certains étaient encore plus loufoques que les précédents. Ils cherchent le sensationnalisme, mais ne réussissent au final qu’à s’enfoncer davantage dans la superficialité et l’insignifiance. Mais ça, tu te gardes bien de le préciser de vive-voix. Même en ayant conscience de cette légèreté d’esprit, il n’en reste pas moins que tu as bien rigolé en lisant les quelques mots dédiés à cet homme s’étant glissé – torse nu – dans une photo prise d’un important homme politique. Ça change du décompte croissant de victimes dont préfèrent traiter d’autres journalistes.

Réceptionnant ton carnet afin de le remettre dans ton sac, tu lâches un sourire. Tu as besoin de ses encouragements. Tu l’ignores toujours, mais la présence de Sae et ce sentiment de support qu’elle te procure deviendront prochainement indispensables à ta quête. Le voyage sera long. Les kilomètres seront innombrables et le temps te semblera lassant. Tu ne sais pas encore la grosseur de ta chasse ni à quel point il te faudra creuser les profondeurs d’Hoenn pour y parvenir.

Mais les craintes sont omniprésentes.

Depuis que tu es tout petit, jamais tu n’as eu de véritable maison. Jamais tu n’as pu admirer le soleil couchant d’un endroit plus de quelques semaines avant que vous ne partiez visiter d’autres horizons encore plus beaux… Malgré quoi, il est dit que lorsque l’on emploie trop de temps à voyager, on devient enfin étranger en son pays. Hoenn en entière est ton refuge, mais celle-ci ignore jusqu’à ton existence. Personne ne te connaît véritablement. Tu n’es qu’une ombre que l’on fréquente quelques jours puis qui disparait jusqu’à l’année suivante où tout est à refaire. Certaines personnes envient ton quotidien sans reconnaître leur chance d’avoir une existence stable dans laquelle il est possible de construire une vie…

« Ce serait avec plaisir ! Je crois qu’il ne reste pas grands choses à fouiller… À deux, on fera vite le tour ! »

Un sourire s’étire doucement sur tes lèvres à cette idée. Tu n’es plus seul. Sae est là, rien que pour toi. Pour te soutenir, pour t’aider. Tu avais déballé tout ton sac, sans la moindre hésitation et elle te rendait à merveille la confiance que tu avais placé en ce petit bout de femme. Tu as de la chance d’être aussi bien entouré, tu sais ? Peut-être le jugement dernier a-t-il amené son lot d’anéantissement, mais également sa part de découvertes et d’espoir. Sans lui, tu ne connaîtrais ni Sae, ni Dylan… Comment ferais-tu pour garder la tête hors de l’eau ? Tu serais complètement démuni en leur absence. Grâce à la première, tu parviendrais enfin à lever le voile… Tu en étais convaincu.

Se lovant contre toi, elle souligne alors une fatigue bien réelle. Passant naturellement tes bras autour d’elle, tu hoches doucement la tête. La journée a été longue. Prétendre que tu étais gonflé à bloc serait un pieu mensonge que tu aurais tôt fait de regretter le lendemain. Malgré quoi, tu retrousses le nez. Tu ne veux pas être séparée d’elle. Depuis ton départ, tu n’as de cesse d’être seul. Ton quotidien est marqué par un calme herculéen qui te rend inconfortable. La présence chaleureuse d’un ami te manque… Et même si l’infirmière Joëlle du centre et la jeune femme surveillant les archives sont d’excellentes compagnie, cela n’équivaut pas la jeune fille à tes côtés.

Ramenant une main sur ton visage pour déloger les minces traces de fatigue qui s’y accumule, tu soupires doucement.

« Il faudrait peut-être oui… »

Les retrouvailles avec Sae t’avaient revigoré. Ça avait eu l’effet d’un coup de défibrillateur. Mais ça ne durera pas. Tu le sais. Tu es réveillé depuis l’aube et une journée entière à fouiller de vieilles brochures épuise certainement autant qu’un marathon, tu en es convaincu. Le travail de l’esprit est aussi exténuant que celui du corps. Surtout dans ton cas… Dans un cas où le simple fait de se concentrer demande un effort considérable.

« Je n’ai pas envie de partir… »

Minaudes-tu, sans doute un brin trop sincère. Tu ne sais pas si Sae veut bien supporter ta présence quelques minutes de plus. Peut-être est-elle fatiguée, elle aussi. Sans doute préfère-t-elle dormir quelques heures sans devoir supporter ta présence. Et, toi, plutôt que d’accepter et respecter ça, tu t’empresses de rechigner à l’idée de la quitter. Tu ne sais pas comment elle réagira. Peut-être te fera-t-elle sortir de sa chambre à grand coup de coup de pied au derrière…

Ou peut-être comprendra-t-elle l’ingérable dilemme qui te tourmente. Rester près d'elle ou dormir ?



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Dim 4 Sep - 15:56
D'après les dires d'Aekyel, il y avait... Et bien en fait, d'après les dires d'Aekyel, Sae ne savait pas trop quoi penser. C'était un petit peu contradictoire quand elle essayait de gratter. Mais bon, c'était Aekyel, et ce n'était pas étonnant de le voir se perdre dans des faits divers comme cette histoire de femme aux cigarettes. Cela avait dû le demander beaucoup d'attention de ne pas se perdre dans tous ces journaux ! Il était tellement naturellement happé par ces bizarreries qu'il avait dû faire des efforts surhumains pour continuer dans sa lancée première et ne pas partir à droite, à gauche. En l'entendant parler au premier abord, Sae s'était dit qu'il avait sans doute dû faire le tour des incendies, et qu'il faudrait peut-être passer à autre chose. Cela ne la surprenait pas non plus outre mesure qu'il ait continué à chercher à vide. Sans personne pour lui tenir de ligne d'arrivée et lui dire quand passer à l'étape suivante, il n'en avait sans doute pas vu la nécessité. Et puis il disait qu'il y avait peut-être plus à chercher. Ou peut-être pas. C'était pour cela qu'à terme, Sae lui avait proposé une journée de plus de recherche. Elle pourrait l'aider et voir où il en était. Et puis cela lui mettrait le pied à l'étrier. Commencer par quelque chose de totalement nouveau pour eux deux n'aurait pas été une bonne solution, à son avis.
Ce serait avec plaisir ! Je crois qu’il ne reste pas grands choses à fouiller… À deux, on fera vite le tour !
Bon, au moins ils étaient tombés d'accord là-dessus. Ils n'auraient qu'à organiser efficacement leur journée du lendemain, et peut-être que Sae pourrait l'amener vers l'étape suivante ? Aekyel était le seul à vraiment savoir ce qu'il pouvait ou devait faire pour parachever la mission qu'il s'était donné. Elle ne serait là que pour lui donner un coup de pouce, à son humble avis, et lui tenir compagnie.
Le sourire qu'il lui adressait la confortait dans cette idée. Elle n'allait pas fournir une aide substantielle dans sa recherche, enfin sans doute, mais au moins elle pourrait aider d'une autre manière. C'était bon de se sentir efficace, de pouvoir aider quelqu'un, d'avoir une raison de se lever le lendemain matin. Elle se laissa aller à une inclination toute douce et naturelle, et se laissa aller surtout contre Aekyel. Le jeune homme passa un bras chaleureux autour de ses épaules. Ils tenaient plus ou moins l'un sur l'autre, et ils auraient sans doute pu s'avachir comme ça sans bouger pour la nuit. Mais après, bonjour les courbatures ! Et ça, c'était non.
Quand Sae lui proposa d'aller dormir, Aekyel fit mine d'acquiescer, d'une voix douce, mais lasse aussi. D'un coup elle entrevoyait de nouveau la pointe de tristesse peut-être ? qui devait l'accompagner depuis un moment à présent, et qu'elle avait déjà remarqué. Celui lui fit comme un pincement au cœur de l'entendre ainsi. Elle se lova de plus belle, comme si elle pouvait plus faire un câlin qu'un câlin. Elle ne savait pas quoi faire pour lui tirer un sourire. Ils allaient juste dormir...
Je n’ai pas envie de partir…
Jusqu'à ce qu'il dise ceci. Qu'à cela ne tienne ! Sae avait déjà failli franchir la ligne quelques minutes plus tôt, et là on lui tendait littéralement la perche. C'était trop facile pour ne pas être une occasion saisie. Sae se redressa autant qu'elle le put. T'as qu'à dormir ici ! Elle avait un petit sourire mutin aux lèvres.
Il n'en fallut pas beaucoup plus aux joyeux lurons, redevenus souriants, pour s'organiser. Ils défirent le lit avec beaucoup trop d'enthousiasme, pour pouvoir s'y caser à deux. Sachant très bien qu'ils allaient papoter avant de s'endormir, Sae voulait tout de même être en position pour s'endormir. Sans quoi c'était les cernes qui les attendaient les lendemain matin, avec assurance. Némée s'était fait un petit coin de chambre pour elle tout seule, et Scooter s'était simplement posé. Sae supposait que lorsqu'on était fait de métal, un sol n'était pas particulièrement dur. Une fois son tshirt de pyjama enfilé, Sae se glissa enfin sous les couettes. Aekyel la rejoint bientôt. Les deux paires d'yeux étaient bouffies de sommeil, alors qu'ils ne s'étaient même pas encore endormis. Cela ne saurait trop tarder, même si Sae n'avait pu s'empêcher de lancer la conversation sur leurs journées à venir.


Ce furent les rayons du soleil qui réveillèrent Sae au petit matin. Elle ronchonna un moment dans son sommeil, avant de froncer le nez en se réveillant. Par-delà ses paupières closes, la lumières venait lui chatouiller le bout des cils. Sae finit par papillonner et ouvrir les yeux. Aekyel était toujours à côté d'elle, mais elle n'arrivait pas à savoir s'il dormait encore ou pas, comme sa tête était au-dessus de la sienne. Malgré sa poussée de croissance, Sae avait gardée l'habitude de dormir roulée en boule comme un petit medhyèna. Aek ? Elle ne parla pas plus haut qu'un murmure. Elle commença à s'étirer le plus délicatement du monde, pour ne pas le réveiller s'il dormait encore, et tâcha de sortir du lit. Peut-être qu'elle pourrait préparer le petit déjeuner ?
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