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» Les aventures de Kiki et Nevar


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Eleveur Kantô

C-GEAR
Inscrit le : 18/09/2013
Messages : 975

Région : Kantô
Dim 12 Jan - 20:38
Jusqu'à ce que je remarque la poutre et que je fasse part de mon observation à Nevar, l'exploration du bâtiment annoncé comme écuries s'était plutôt bien passée. Même si, grâce à mon châle, l'odeur environnante ne m'incommodait plus, j'avais laissé l'ébouriffé en petite robe faire le tour des lieux extérieurs, puisqu'il en avait apparemment envie, tandis que je restais dans la première des pièces. Ce n'était pas comme si nous étions séparés, de toute manière : il ne cessait de revenir vers moi et de faire des commentaires. Une monture ? Des « trucs de chevalier » ? Je fronçai vaguement les sourcils.

- Ce dont j'aurais surtout besoin, pour faire des trucs de chevalier, ce serait des habits à la hauteur...

Et en plus... une monture... Je crois qu'une grimace un peu bizarre, mais bien légitime, vint naître sur mes lèvres, si bien que je détournai la tête. Monter l'un de ces énormes animaux ? Nevar voulait que je fasse ça ? Mais enfin, pourquoi pas. Ça ne devait pas être bien compliqué, puisque des tas de gens ordinaires le faisaient. Moi, Akichi Sôma, j'en étais donc évidemment capable. Cependant, pour le moment, la question ne se posait pas, puisque les écuries étaient désertes ; et notre attention, à Nevar et à moi, se concentrait donc sur ce que je venais de découvrir, à savoir la poutre rouge au-dessus de nos têtes.
Rouge d'Andrinople. C'était très étrange, une poutre de cette couleur, d'autant plus que toutes les autres à côté d’elle étaient d'un brun banal ! La personne qui l'avait peinte avait eu une drôle d'idée, que de conférer une couleur si splendide à un simple morceau de bois... Sauf que le morceau de bois grognait. Et Nevar se mit à lui parler. « Depuis quand est-ce que tu vouvoie les poutres ? » Il demandait encore au rectangle de bois ce qu'il entendait par « gnufugnugnufu », ou l'espère de son que ses rides rougeâtres émettaient. Je m'attendais à ce que mon ami me réponde, mais plutôt que d'entendre sa voix, c'en fut une autre qui parvint alors à mes oreilles. Une voix suraiguë. Criarde. Nevar me fit aussitôt signe de me cacher, ce qu'il faisait lui-même, tout en s'exclamant joyeusement qu'il espérait que ce soit un ennemi qui arrivait.

- Je peux me protéger moi-même ! Et d'après la voix, c'est une fille qui arrive, pas un monstre...

J'obtempérai cependant, filant derrière une barrière en m'accroupissant soigneusement de manière à ne pas me souiller de terre ; et ce fut alors que, juste dans la pièce où se trouvait la poutre, par une porte, apparut...

...Oui, ça avait l'air d'une fille. De très loin. Mais ce n'en était pas une. C'était un monstre. Je restai pétrifié en regardant la chose se dandiner pour aller jusqu'à Nevar, ses énormes pustules suintant d'un pus affreusement dégoûtant et qui me faisait avoir un haut-le-coeur, ses pattes difformes bossues d'espèces de ronds, et liées entre elles par des membranes verdâtres, ses yeux globuleux garnis de longs cils noirs, ses joues roses, son énorme bouche sur laquelle avait été appliqué du rouge à lèvres... Elle avait du maquillage. Et... un tutu. Rose bonbon, comme la couleur dont elle avait peint ses joues.
Je cru tout d'abord que j'allais vomir, même si cela n'aurait pas du tout été digne d'un être comme moi, Akichi Sôma, mais comme cette chose était laide ! Et n'importe qui aurait sans doute vomi en la voyant, et sa voix n'était rien en comparaison de son apparence, et en plus elle, ou il, la chose qui n'était pas de ce monde, semblait connaître Nevar, et... Il lui parlait. Il ne vomissait pas. Était-il fou ? Moi-même, je me retins finalement. Bon. J'étais loin d'elle, et elle ne m'avait pas encore vu. Cette barrière était très utile, finalement. Si je reculais très lentement, en faisant attention à ne pas me mettre de la terre sur les mains... Et puis...

-  Kiki ! Crapustule va pouvoir nous aider !

Et je me redressai aussitôt, la voix brûlante de colère.

- Mais tu es bête ou quoi ? Je ne veux rien avoir à faire avec cette... chose ! Garde cette horreur pour toi ! Moi, je vais m'en aller, et...

Mais mon regard croisa alors celui du crapaud baveux qui me dévisageait, et... ma colère retomba aussi vite qu'elle était arrivée. J'eus un nouveau haut-le-cœur, manquai de perdre l'équilibre, puis me redressai et remis en place mes cheveux, un peu gêné. Je n'avais pas à l'être ! Pourquoi est-ce que des choses horribles apparaissaient tout le temps devant nous, aussi ? Ba... Batracné ? L'animal moche de la dernière fois ? Toujours ces pustules... J'avançai en crabe jusqu'à Nevar, évitant de m'approcher du crapaud, je le pris par les épaules. « Tu ne veux pas qu'on s'en aille, loin d'ici, tous les deux ? » lui soufflai-je à l'oreille. Je gardais les yeux sur le monstre, pour le surveiller. Mais pas trop longtemps. Il était vraiment répugnant. Sauf que plutôt que d'accepter ma proposition, Nevar lui répondit, à la chose, et elle aussi. De quoi ? Des mimes ? Michou ? « La courte échelle ? » Je mis un temps avant de comprendre – s'il exprimait normalement, aussi ! « Pas question que je monte sur toi, tu vas me laisser tomber ! » Et pas avec la chose qui me regardait avec ces yeux-là, aussi !
...Il n'écoutait jamais mes protestations, cet impertinent. Une minute plus tard, j'étais à genoux sur les épaules de Nevar pour essayer de déchiffrer les soi-disant mimes d'une poutre qui grognait, avec un crapaud à pustules qui me fixait, imperturbable, et à qui je ne pouvais m'empêcher de jeter des regards qui me faisaient réprimer des frissons de dégoût.


Les mimes d'une poutre rouge. Mais bien sûr. « Alooors, qu'est-ce qu'elle diiit ? » « Ah, mais fais-la taire ! » m'exclamai-je – et, déséquilibré, je manquai de tomber des épaules de Nevar. « Fais attention ! Maladroit ! » Rraah, que c'était énervant ! J'en avais assez, de tout ça ! J'aurais tellement voulu que cette chose disparaisse ! Rien ne se passait comme je l'entendais. « Elle dit... Je vois... » Les courbures de la poutre ne cessaient de bouger, formant des genres de dessins rouges et simplistes. Une espèce de triangle tordu. Qu'est-ce que c'était ? « Heu... » Ça bougeait tout le temps. Comment voulait-on que je devine quelque chose grâce à ça ? « Heu... Une fraise ? » On aurait dit une fraise sur un gâteau. Mais la poutre effaça aussitôt le motif, comme si je m'étais trompé. « Une fleur... Un, euh... Ah ! Euh... C'est peut-être un... poisson... » « Dis-nous tout, Michouuu ! » s'exclama la chaise. Je sursautai eret manquai encore de tomber. J'eus un regard rageur vers Nevar, qui était censé me soutenir de manière stable. « Elle dit qu'il faut que je la décroche du plafond et que je frappe ton nez avec pour que la fleur s'en décroche ! » lançai-je, rageur.
Nevar perdit l'équilibre et me fit tomber.

Deuxième essai – je ne m'étais pas excusé, c'était lui le maladroit, même si je reconnaissais que la poutre n'avait sans doute pas mimé cela, et en tout cas, s'il me faisait retomber encore une fois, je ne réessayerais définitivement pas. On ne m'avait jamais dit que les stylistes devaient faire des acrobaties, et les chevaliers non plus. « Bon. Un carré... Heu... Quelqu'un... Ça bouge tout le temps, on ne voit rien ! Heu... »
J'ouvris de grands yeux.

- Elle vient d'écrire « se moucher » !

J'en étais sûr ! En toutes lettres, calligraphiées, qui plus est ! Je descendis des épaules de Nevar, je le dévisageai. Se moucher pour détacher la fleur de son nez. D'accord. Mais... avec quoi ? Je l'examinai de haut en bas, ne vis aucun fragment de tissu qui aurait pu servir de mouchoir. Et puis, je constatai qu'il avait les yeux rivés sur mon cou. Je suivis son regard. Et je me souvins de mon châle.

- Tu... Tu ne penses tout de même pas à...

Mais il me regardait avec insistance. Mon esprit tournait à tout allure. Ou plutôt ne tournait pas. Je clignais des yeux. Non. Non. Je ne voulais pas. Pas ce tissu rouge d'Andrinople. Pas ce magnifique tissu, doux et satiné, qui me protégeait des odeurs, précieux et superbe. Non
...Mais s'il n'y avait pas le choix... Et c'était ce que la poutre disait...
Nevar tendait déjà la main vers moi.

- Je vais le faire ! m'exclamai-je aussi.

Il y eut un instant de pause. Je fermai les yeux, je pris une grande inspiration. Et puis, lentement, je défis le carré de tissu que j'avais enroulé autour de mon cou, et je l'approchai lentement du nez de Nevar. Très lentement. Il n'y avait pas besoin de se moucher, non, le touchait suffirait... Cela suffisait...
Mes doigts couverts de tissu se refermèrent sur la fleur qu'il avait sur son nez. Sauf que je la sentis bouger toute seule. Surpris, je retirai la main ; et elle sauta alors dans ma paume, et eu un sourire joyeux.

- Bijiiiir !

Une fleur qui parlait.




hrp:
 



~ abl pension ~ solo ~ duo ~ duo ~ trio ~ duo pension ~ duo pension ~ merveilleuses aventures ! ~
(signa Elisa - DC Ada Freimann & Kestrel Manori)
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Dresseur Unys

C-GEAR
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Région : Unys
Sam 25 Jan - 0:17
Kiki râle. Comme d'habitude, a envie de se dire Raven. Il se demande d'ailleurs quelques instants pourquoi cet homme passe son temps à râler alors qu'ils pourraient passer un bon moment tous les deux et s'amuser. Après tout ce n'est pas commun de se retrouver dans un monde pareil alors au lieu de râler il devrait en profiter et être un peu plus joyeux. Il ne prend même pas la peine d'écouter, du coup, ce que le coordinateur peut emettre comme protestations avant de finalement monter sur ses épaules sans que le dresseur n'ait rien dit de plus. Il tire juste une tête dépitée, en se disant que, peut-être, finalement, il aurait préféré se retrouver dans cet endroit avec quelqu'un d'autre. Si seulement il pouvait être avec moi.

La scène qui suit ne l'intéresse pas plus. Le manque d'enthousiasme de son ami a complètement vidé Raven de sa bonne humeur et de son envie de vivre cette aventure à plein temps et de s'amuser. Il se dit que c'est peut-être la première fois que cela lui arriver et il s'en inquiète un peu. Pourquoi est-ce qu'il est comme ça ? Est-il... Triste ? Non il ne peut pas être triste, pourquoi serait-il triste ? Ses pensées vagabondant un peu trop loin pour qu'il se concentre vraiment sur la situation, il manque une première fois de faire tomber Kiki, qui râle. Le scientifique en herbe a très envie de lui dire que c'est aussi de sa faute parce qu'il ne fait que gigoter dans tous les sens depuis tout à l'heure parce que, de toute façon, cela ne servirait à rien. Akichi n'écoute jamais personne d'autre que lui-même, ou du moins c'est l'impression qu'il lui donner. Ce n'est pas parce qu'il est soi-disant un chevalier qu'il a le droit de lui râler dessus pour des choses où il est lui aussi responsable, mais... Mais Raven ne se sent tout simplement pas la force de protester. D'une part parce qu'il a peur qu'on lui fasse encore tomber une misère dessus, et d'autre part... Parce que. Il n'est pas d'humeur. Il n'est d'humeur à rien. A rien d'autre que de rester, là, debout à essayer de faire tenir Kiki sur ses épaules un minimum et ceci uniquement parce que c'est lui qui a eu l'idée alors il doit l'assumer jusqu'au bout, selon lui. Il se tient donc là, droit comme un piquet, les mains vaguement posées sur les chaussures de son compagnon pour le maintenir du mieux qu'il peut.

Après quelques énumérations de termes qui n'eurent pas de sens pour l'homme, la voix désagréable de Crapustule lui parvient aux oreilles. Bien que Raven adore son pokémon et qu'il passe généralement outre son caractère agaçant après quelques petits agacements rituels, il ne se trouve, là, maintenant, même pas ennuyé. Michou... Une poutre qui parle. Si le dresseur avait été jusqu'ici plus ou moins émerveillé d'une certaine manière par tout ce qui l'entourait dans ce lieu saugrenu, il y repense désormais avec une certaine lassitude. C'est cela, une impression d'en avoir marre commence à s'installer en lui. Il lève brièvement les yeux au dessus de lui, pour voir où en est Akichi qui commence à lui faire mal aux épaules et croise un regard furieux à son encontre. Pourquoi ? C'est la seule question que parvient à se poser le scientifique en herbe et il la rejette loin avec un soupir. Il ne vaut certainement pas la peine de chercher la raison. « Elle dit qu'il faut que je la décroche du plafond et que je frappe ton nez avec pour que la fleur s'en décroche ! » Raven le fait tomber exprès. Au ton de sa voix il a senti que ce n'est pas la vérité et autant de méchanceté lui étant adressé sans raison, il avait décidé de donner un bon coup d'épaule. Il regrette ensuite car il aurait pu se faire mal :

« Désolé, je-..., rien en fait. »

Il ne se sent pas de lui expliquer maintenant ce qui ne va pas. La priorité est de capter ce que dit la poutre pour qu'il puisse se débarasser de la fleur sur son nez alors il le fait remonter sur ses épaules en essayant de se concentrer un peu plus cette fois, se disant que s'il le fait tomber une nouvelle fois il ne voudra jamais réessayer. Et puis il ne se sent pas très bien lorsqu'il repense au fait de l'avoir fait tomber exprès. Pas seulement parce qu'il aurait pu se faire vraiment mal, mais parce que c'est tellement puéril que même lui s'en rend compte. Il aurait du parler, mais... Mais pourquoi est-ce que Kiki avait à râler et lui dire une chose méchante aussi ?

Au bout de quelques instants qui parraissent une éternité à l'ébouriffé qui commence vraiment à s'ennuyer puisqu'il a perdu tout intérêt pour ce qui l'entoure et donc pour cette aventure, le coordinateur annonce qu'il faut qu'il se mouche afin de retirer la fleur de son nez. Bien, enfin on avance. L'homme aux cheveux blancs descend des épaules du dresseur qui se met à les rouler pour essayer de les dégourdir. C'est qu'il n'est pas tout léger, mais Raven roule déjà des yeux en pensant à ce que l'autre pourrait répliquer s'il mentionnait ce détail. Alors il le garde pour lui. Cela ne lui ressemble pas du tout, il aurait du être spontané, comme d'habitude. A croire que la comportement de Akichi lui pèse tant que ça. D'un coup, boum, comme une énorme enclume qu'on lui aurait lâché sur la figure. Raven se met donc à considérer les alentours pour trouver ce qui pourrait ressembler à un mouchoir, mais il ne voit rien d'autre que le torchon qu'a son compagnon autour du cou et il ne veut même pas l'envisager parce qu'il s'imagine bien que cela va encore être une fin du monde sans nom et il en a marre.

Le dresseur s'apprête à tourner les talons et suggérer d'aller voir quelque part d'autre s'il n'y aurait pas quelque chose qui pourrait faire office de mouchoir quand le prétendu chevalier commencer à s'exciter tout seul pour des raisons inconnues. Puis soudain il s'exclame qu'il va faire quelque chose et décroche son torchon. Raven est très étonné qu'il sacrifie de cette manière son précieu tissu après s'être fait un film tout seul dans sa tête, mais il se laisse faire. Après tout c'est toujours ça de pris et pour une fois Akichi n'est pas en train de râler, ou du moins pas trop. Il sent son nez se faire doucement envelopper et se demande s'il doit souffler. Il se dit que non car cela ne sera certainement pas nécessaire et puis, de toute façon, il n'a pas le nez bouché. Au bout de quelques brefs instants il sent la fleur bouger et retrouve des narines libres tandis que Akichi éloigne sa main. Raven s'apprête à le remercier et prépare aussi un speech mental pour lui dire que, tout de même, se serait bien de ne pas continuer cette aventure en râlant tout le temps s'il te plait merci, mais la fleur dit bonjour. Et là, au lieu d'être enthousiasmé de pouvoir communiquer avec une plante, ce qui est tout de même absolument génial, un flot de sentiments étranges envahit le dresseur qui se retrouve à lâcher un lourd :

« J'en ai marre. »

Il a la tête un peu basse et les yeux tournés vers le sol comme si c'était la chose la plus intéressante à voir. Son visage n'exprime que de la lassitude. La phrase où son ami prévoit de lui frapper le nez avec la poutre repasse en boucle dans sa tête, ainsi que toutes ses protestations injustifiées, et ce regard rageux... Même Crapustule sait qu'il y a quelque chose de pas normal, elle commence par ouvrir la bouche, mais ne dit rien. Et si elle se tait, c'est bien qu'il y a un truc pas net qui est en train de se passer. Les sourcils froncés, Raven lève les yeux vers Akichi :

« Je ne veux plus explorer avec toi. Tu passes ton temps à me crier dessus ou à râler, t'es jamais content et en plus t'es vraiment pas sympa alors que j'essaye de trouver des solutions pour qu'on puisse avancer. Tu m'accuse quand ça va pas alors que c'est aussi de ta faute et... Et... Et t'es chiant !, cette fois il ne s'en veut pas d'avoir dit un gros mot. T'es plus mon ami ! »

C'est sur cette phrase enfantine que Raven se retourne pour se diriger vers l'entrée de l'écurie puisqu'il ne semble pas y avoir une autre porte. Il remarque en portant la main à son visage dans le but d'essuyer ce qu'il pense être de la poussière que quelques petites larmes sont en fait en train de couler le long de ses joues depuis tout à l'heure. Il se sent ridicule de pleurer comme ça alors que Akichi a tout à fait mérité ce qu'il lui dit. C'est pas comme ça que son allure va s'arranger. La jupette c'est déjà pas mal niveau attribut de petite fille fragile. Tout est ridicule ici. Il voudrait partir, mais il n'oublie pas les gens qui ont été fait prisonniers par le poisson volant. Il va aller les sauver et ensuite il s'en ira. Et Kiki va devoir se débrouiller tout seul à partir de maintenant, ça lui apprendra !

C'est alors qu'un cri déchirant se fait entendre. Le cri déchirant d'une voix trop aigüe. Crapustule est en train de pleurer comme s'il y avait mort d'homme. Raven s'empresse de se retourner parce qu'il s'agit tout de même de son pokémon et peut voir qu'elle a la tête tournée vers la poutre qui est en train de devenir... Marron. Comme une poutre normale. Les hurlements se poursuivent jusqu'à la fin du changement de couleur avant de devenir des pleurs étouffés dans les pattes avant du crapaud. « Michouuuuu !! Il a dit que sa mission était terminé alors il n'avait plus de raisons de viiiiiivre !! » Le dresseur est abasourdi par une telle logique, il la trouve hautement stupide et s'exclame soudainement :

« Je vais trouver un moyen de faire revivre Michou ! C'est promis Crapustule ! Et comme tout est connecté dans ce monde..., il s'approche de la fleur qui parle et la prend des mains de Kiki en même temps que le tissu. Toi, fleur qui parle, tu ne saurais pas comment faire revivre une poutre rouge ? »

Il ne jette pas un seul regard à Akichi bien que les larmes soient très difficiles à retenir et qu'elles s'accumulent au bord des ses yeux. Comme on dirait dans le langage adolescent : il lui fait la gueule.

hrp:
 



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Eleveur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Sam 8 Fév - 22:16
Elle parlait ! La fleur que j'avais délicatement retirée, dans ma grande bonté, du nez de Nevar, parlait ! Ma surprise était telle que je restai les yeux écarquillés durant quelques instants, la fixant avec ébahissement. En réalité, ce n'était pas vraiment la fleur en elle même qui m'avait saluée, mais plutôt une sorte de petit animal blanc posé sur elle, comme accroché à son... pistil... oui, je crois bien que cela s'appelait comme ça... C'était une petite créature blanche qui s'était exprimée, accrochée au pistil de la fleur, un superbe lys aux pétales déployés. J'étais tellement étonné que j'en oubliai le fait que j'avais dû me servir du superbe tissu pour effectuer la besogne qu'était détacher la fleur du nez de mon ami, et même l'énervement que celui-ci m'avait fait ressentir, en me demandant de monter sur ses épaules, ou encore de me laisser tomber.

- Nevar ! Regarde ! La fleur ! Elle parle ! m'exclamai-je, très enthousiaste, en lui présentant sous le nez la petite créature que je tenais encore entre mes mains.

Mais à la place du grand sourire émerveillé que je m'attendais à voir se dessiner sur son visage, il me jaugea d'un oeil, baissa la tête, et... « J'en ai marre. » Qu... Quoi ? Je clignai des yeux. « Marre ? » Marre de quoi ? Et pourquoi me le disait-il sur ce ton ? Moi aussi, j'en avais marre ! Marre d'être habillé aussi mal quee cela, marre de voir des choses laides comme l'espèce de crapaud baveux, marre que Nevar salisse de beaux tissus, mais, pour autant...
Nevar reprit la parole, à cet instant. Alors que je n'avais rien fait de plus que répéter le dernier mot qu'il avait dit, ne comprenant pas où il voulait en venir. Et ce qu'il me dit alors... Crier dessus ? Râler ? Moi ? Mais, c'était lui aussi qui... Moi aussi, j'essayais de trouver des solutions pour avancer ! Mais... mais... Pourquoi avait-il les sourcils froncés comme cela ? Je lui avais enlevé la fleur de son nez, je pensais qu'il serait content ! Je ne le comprenais pas ! Mais...

- T'es chiant ! T'es plus mon ami !

J'entendis ces mots, et ils résonnèrent comme un coup de canon en moi. Qu... quoi ? « Chiant » ? Plus son ami ? C'était... Nevar... qui me disait cela ? À moi ? Je l'avais énervé ? Il ne voulait plus que nous soyons amis ? Mais.... Non ! J'étais encore son ami, moi ! Mais... il ne voulait plus ? Pourquoi m'avait-il dit tout cela ?
Nevar... Raven... Je restai debout, figé, abasourdi par les paroles que l'ébouriffé en robe rose avait prononcées à mon égard. Il me tourna le dos et s'éloigna de moi. Mais... C'était fou ! Plus mon ami ? On ne m'avait jamais dit cela ! Des amis, j'en avais : Miné, Hatori, Shiguré... Hatori, lui, il était toujours si calme et si sérieux ! Il était très différent de moi, et pourtant, il ne m'avait jamais dit qu'il ne voulait pas que nous soyons amis. Pourquoi ne l'aurait-il pas voulu, d'ailleurs ? C'était quelque chose d'innimaginable ! Mais là... Ce qu'avait dit Nevar...
Je ne comprenais pas. Je ne le comprenais pas. Je croyais qu'il était de bonne humeur, et d'un seul coup, voilà. En plus, de quel droit se plaignait-il ? Alors que moi aussi, j'en avais assez, de certaines choses de ce monde, et que pour beaucoup de points, c'était de sa faute à lui si...! ...Mais ce qu'il m'avait dit m'avait tout de même frappé. Les mots sévères résonnaient dans ma tête, et pendat quelques instants, je ne pus plus ni bouger ni parler. Je levai vaguement la main.

- Nevar...

Mais il continuait à marcher d'un bon pas, s'éloignant de moi, et il ne se retourna pas. Nevar ! Nevar ! Ne pars pas comme ça ! Nev...
Il y eut un cri. Et soudain, Raven courut de nouveau vers moi, vers... non, vers le crapaud moche et pustuleux et maquillé et aux yeux globuleux qui avait crié. Comment ? Alors... Moi, je l'appelais et il ne revenait pas, mais pour cette chose, il accourrait, c'était ça ? La poutre ? Faire revivre Michou ? De quoi parlait-ils ? Il se tourna subitement vers moi, mais ne me regarda même pas : il empoigna la fleur et se mit à lui parler. Quoi ? D'un coup, il revenait, il s'intéressait à la fleur, il s'activait, mais... tout cela sans un regard pour moi, mais pour une poutre rouge et marron dont on se contrefichait ? Ces mots qu'il m'avait dit, son départ, et maintenant ça. C'était trop pour moi. Et plus du tout figé ni choqué, je me sentis envahir par un accès de rage et je lui repris la fleur des mains.

- Hé, oh ! Ça suffit ! m'écriai-je avec colère. Il n'y en a que pour des poutres et des crapauds moches, et rien pour moi, c'est ça ? De quel droit t'es encore là si tu ne veux plus être mon ami ? En plus, moi, je n'ai jamais voulu ça ! Et j'en ai assez, moi aussi ! J'en ai assez d'être habillé comme... comme rien, de devoir faire l'équilibriste sur tes épaules, de tenir des poissons, de... de parler à des poutres, j'en ai assez ! On ne sait même pas où est-ce qu'on est ! En plus, j'ai dû quitter Cécilia, je ne peux même pas parler à Miné, et puis... Et puis, ça aurait été bien avec toi, si tu n'étais pas tel que tu es !

J'assénai ces derniers mots avec la plus extrême méchanceté qui m'était possible, furieux de l'avoir laissé me parler comme ça, alors que nous étions tous les deux ensemble et que je ne voyais pas pourquoi c'était moi qui aurait été à blâmer. Je m'apprêtais à me détourner, à croiser les bras, ou à partir, moi aussi. Mais à peine eus-je fini ma tirade que... la fleur, dans mes mains, commença à s'élever vers le ciel, entre Nevar et moi. Nous la suivîmes des yeux.

- Ji pi pirli i li pitre pir li dire di rivivre, silimi si li chivilyi Kiki m'irdinne di li fire, prononça la petite créature accrochée au pistil, d'un ton solennel, en s'inclinant vers moi.

Je fronçai les sourcils. (Ils étaient froncés lorsque j'avais parlé à Nevar, mais depuis, ils s'étaient redressés en position normale.) Comment ? Qu'est-ce qu'elle avait dit ? « Tu as compris ? » demandai-je à l'écuyer, en face de moi. « Ah... » Mes sourcils se haussèrent. Ça y était. Moi, j'avais compris. Elle parlait à coups de ''i'', mais... Je peux parler à la poutre pour lui dire de revivre, seulementsi le chevalier Kiki m'ordonne de le faire. La poutre ? Mais pourquoi est-ce que tout le monde me parlait de la poutre ? Elle importait peu, non ? Rouge ou brune, ce n'était qu'un bout de bois ! Il me semblait avoir compris qu'elle comptait pour le crapaud – cela aussi, cela ne m'importait pas du tout, mais – pour Nevar aussi, mais... Nevar.. Nous étions toujours séparés par la fleur qui flottait autour de nous, un peu plus haut que nos fronts, mais je rencontrai son regard. Je fis la moue, croisai les bras et me détournai. La poutre ! Après les méchancetés qu'il m'avait dites, et auxquelles personne ne réagissait, il voulait que je m'occupe d'une poutre ! Je savais que je n'avais pas été très gentil avec lui, moi non plus. Je lui avais parlé méchamment, et puis... Mais non ! Peut-être que je me plaignais, parfois, mais pas plus que d'habitude, et on ne m'avait jamais rien dit, et quant à ce que je lui avais crié, il l'avait mérité ! En bref, je n'avais aucune envie de lui faire plaisir maintenant, et surtout pas en m'occupant d'une poutre qui faisait des mimes et qui, maintenant quenous ne nous occupions plus d'elle, avait des enviesde suicide. Les bras croisés, je restai donc quelques instants ainsi, tournant le dos à Nevar. Mais le crapaud continuait de se plaindre, et ses lamentations, combinées à l'ébouriffé qui s'inquiétait, me devinrent vite insupportables.

- Il i mi fi qu'ine irdre di chivilyi... reprit li fli... euh, la fleur. I ilir, ji pirri...
- Eh bien, vas-y, fais-le ! Qu'attends-tu ? m'exclamai-je subitement en faisant volte-face.

J'en avais assez, assez de tous ces gens qui attendaient tout le temps que je dise quelque chose, qui me disaient tout le temps ce que je devais faire, mais qui, pourtant, ne m'expliquaient rien à rien sur ce qu'était ce monde et l'utilité de nos actions ! J'en avais assez et j'aurais bien aimer me taire, me détourner et ne plus rien dire, seulement, la poutre allait mourir, si ce bout de bois qui ne parlait même pas avait jamais été vivant, et je crois que Nevar en serait triste, et je ne voulais pas cela, voilà ! Mais à peine avais-je prononcé mes mots à l'adresse de la fleur que celle-ci se remit aussitôt à bouger. Elle flotta dans l'air jusqu'à la poutre, se haussa à sa hauteur, et puis, la petite créature qui y était accrochée se mit à agiter ses bras en direction du morceau de bois, le constellant de petits points jaunes, peut-être la poudre qui couvrait le pistil, lesquels devenaient rouges au fur et à mesure qu'ils tombaient sur « Michou ». Rouge d'Andrinople. Et la poutre redevint peu à peu de la teinte qu'elle arborait avant. Une fois assuré qu'à ce rythme, elle retrouverait bien vite entièrement sa couleur, je pris de nouveau mon air renfrogné de tout à l'heure et re-croisai les bras en retournant le dos. Hmf. Nevar ne m'avait rien dit de plus, il n'avait pas l'air disposé à s'excuser, alors moi, je ne voyais pas du tout non plus pourquoi j'aurais dû le faire. Et je ne le ferais pas. S'il ne voulait plus explorer avec moi, moi, je ne voulais plus du tout explorer avec lui, il n'avait qu'à partir, c'était comme ça. Mais alors que je me formulais, dans mon esprit, ces pensées, je crus soudain entendre des bruits de... sabots, comme une galopade, qui se rapprochaient de nous, peu à peu. Des sabots. Un cheval ? Je n'avais pas souvent entendu ce son, mais ce fut ce à quoi je pensai tout de suite. Je levai les yeux, étonné, et je vis arriver... Dans le lointain...
Non pas un, mais trois, quatre, cinq cavaliers, tout de rouge vêtus. Ils n'étaient pas encore très proches, et je n'étais pas tout à fait certain qu'ils étaient des hommes ; ils me semblaient en tout cas chacun recouvert d'une armure, écarlate. Et ces cavaliers cuirassés qui se rapprochaient chevauchaient des chevaux jaunes... enflammés.
Je clignai des yeux. Ils étaient devant nous. Devant moi ou Nevar ? Ils pointaient leurs lances dans notre direction. « Vous, là ! » Qu... Quoi ?



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Dresseur Unys

C-GEAR
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Région : Unys
Ven 14 Mar - 1:05
De tout son être, Raven essaye de rester concentré sur la fleur. Il ne veut surtout par regarder Akichi dans les yeux, ou même regarder quelque chose qui se trouve trop près de son visage. Rien qui pourrait le rentre identifiable en tant qu'Akichi ou autre chose qu'un épouvantail. Le terme ne lui aurait certainement pas plu, mais avec ses habits un peu moches et ses longs cheveux que s'ils étaient blonds ça ferait de la paille, si on occulte son visage et le fait qu'il bouge librement il pourrait ressembler à un épouvantail. Mais tout cela c'est surtout pour essayer de ne pas entendre ce qu'il dit, car se sont encore des choses désagréables. Il l'a capté tout de suite. Il se remet à râler comme si absolument rien n'était de sa faut alors qu'il est le seul à se plaindre et toujours râler quand il s'agit de faire un effort. Comme il le dit très justement, les deux hommes n'ont aucune idée de l'endroit où ils se trouvent, et il est évident pour l'ébouriffé que rester là à chouiner ou à s'énerver ne leur apportera aucune réponse. Ils doivent continuer à avancer et, pour cela, ils doivent faire tout ce qui est possible. Et peut-être qu'alors ils auront une réponse, voilà. Mais cela il renonce d'avance à l'expliquer. Après tout il fait la gueule.

Cependant les dernières paroles prononcées par Kiki résonnent beaucoup dans l'esprit du dresseur qui s'en trouve particulièrement indigné. Alors, toujours sans le regarder, et peut-être plus méchamment qu'il ne le devrait, il lui dit d'une voix sèche : « Ta gueule, il en a vraiment marre. Parce que tu crois que moi je peux voir Katarina, peut-être ? Que je peux vérifier qu'elle n'est pas en train de se faire tuer ? Que son ventre va bien ? Que je ne serais pas remis en cage ? » Ces quatre questions plus rhétoriques qu'autre choses le choquent immédiatement après qu'il les aient prononcées. C'est la première fois depuis le début de son voyage qu'il expose aussi clairement sa situation, même si cela ne doit pas être clair du tout. C'est juste la première fois qu'il en parle vraiment. Archibal a déduit, Raven ne lui a rien dit. Et là, sous le coup de la colère, il vient de dire tout cela à Akichi, l'homme dont il a décidé il y a quelques minutes qu'il n'était pas si appréciable que cela et qu'il méritait bien qu'on lui fasse la tête. Le dresseur se mord la lèvre inférieure en se disant que c'est certainement très imprudent, trop imprudent, même s'il ne reconnaît pas l'endroit où ils se trouvent comme pouvant réellement appartenir au monde dans lequel il est traqué. On ne sait jamais. Akichi vient après tout du même monde que lui. Pour essayer de faire oublier ces quelques paroles, il ajoute sur un ton plutôt méprisable : « Ca aurait été bien si je n'avais pas été tel que je suis ? Donc ça veut dire que ça aurait été bien si ce n'était pas moi tout simplement. » Il a l'impression de parler d'une manière différente de ses habitudes sur cette dernière phrase, mais qu'on rejette ainsi ce qu'il peut être, son caractère, lui fait assez mal. Mais il n'a pas envie de s'étendre sur cette pensée finalement et préfère passer à autre chose. Après tout il est là pour la résurrection de la poutre en s'adressant à la fleur et pour rien d'autre.

Et en effet ce qu'il se passe du côté de la fleur et nettement plus intéressant que la personne qui se tient presque en face de lui puisqu'il regarde toujours de biais. Elle se met à parler. Mais Raven ne comprends strictement rien. Il y a plein de i partout. Il se demande si c'est le nom de cette créature qui est composée de beaucoup de consonnes différentes et de i, ce qui expliquerait ce dialecte, puis il se souvient que les pokémons sont sensés pouvoir parler ici, comme Majaspic et Crapustule. Alors il comprend encore moins. Déjà qu'il avait du mal avec Cécilia, il se demande si les choses seront toujours de pire en pire à chaque fois qu'ils auront à s'adresser à une nouvelle créature. Tout ce qu'il comprend c'est que la résurrection de Michou doit avoir à voir avec Kiki qui tourne subitement le dos en boudant, évidemment. Raven ne le regarde toujours pas et préfère se tourner vers sa Crapustule dans l'espoir de la consoler. Il ne comprenait pas vraiment cette histoire de poutre non plus, mais voulait bien croire qu'elle puisse être vivante avec tout ce qu'il s'était déjà passé depuis qu'il était arrivé en ce monde bien étrange. Il lui caresse la tête en évitant tout de même les pustules qui sont un peu dégoûtantes et sèche ses larmes avec son débardeur rose. Il déteste la voir ainsi. Tout aussi pénible qu'elle soit, c'est tout de même son pokémon, son amie, et une de ceux avec qui il a le lien le plus fort, peut-être le plus fort après Majaspic. Même si elle est pleine de défauts et qu'elle n'écoute presque rien, c'est un pokémon bien qui ne mérite pas de subir ce genre de chargin. De toute façon, pour Raven, personne ne mérite de subir un quelconque chagrin s'il n'a pas été mauvais au préalable. Et même dans ces cas là, c'est mieux s'ils peuvent redevenir bon sans avoir à subir de tristesse affreuse pour leur apprendre que ce n'est pas bien d'être mauvais. Mais malgré tout les larmes sur la peau visqueuse de son crapaud ne cessent de couler, et Michou reste tout aussi mort qu'il l'est depuis de longues minutes désormais. Mais tant que Akichi ne sera pas décidé à faire quoi que se soit les choses resteront telles qu'elles sont.

Fort heureusement il semble qu'Arceus soit soudainement apparu aux yeux du soi-disant chevalier, chevalier de kermesse si on veut l'avis du dresseur, car il ordonne soudainement à la fleur de faire quelque chose. Raven est sur le point de lui envoyer un large sourire reconnaissant, mais il se retient au dernier moment : il fait la gueule après tout. La petite fleur s'envole alors pour effectuer un certain tour de magie autour de la poutre qui reprend des couleurs et se remet à grogner de la manière distinctives qui lui est propre. Crapustule est aux anges et elle tend les bras vers son Michou qui, au vu de la tête réjouie qu'elle arbore, est en train de lui faire des mimes d'amour. L'ébouriffé, et même Majaspic, semblent contents de la situation. Ils regardes tous les deux la poutre avec le sourire et en se disant que le pire est évité quand au comportement de Crapustule.

Raven se dit que, tout de même, par pure politesse il serait plus correct de remercier au moins un peu Akichi sans qui malheureusement rien de ceci n'aurait été possible, mais il n'arrive pas à se résoudre à se retourner pour le regarder. Au lieu de cela il a juste envie de sortir de cette écurie où ils n'ont réussi qu'à se disputer, tuer une poutre et la ressusciter. Ce qui n'est pas très glorieux finalement. « Crapustule, tu veux rester ici ou venir avec nous ? », elle préfère rester ici avec Michou pour le moment, mais si jamais ils ont besoin de son aide Raven pourra toujours souffler dans ses castagnettes. Le dresseur ne comprend pas trop où elle veut en venir, puis conclu que, après tout, vu ce qu'il s'est passé depuis quelques heures, il est tout à fait possible que souffler dans des castagnettes fassent apparaître subitement son pokémon à ses côtés. Il la remercie en la tapotant dans le dos et s'apprête à retourner vers la sortie des écuries, content de pouvoir enfin aller explorer de par lui-même et en laissant Akichi se débrouiller un peu tout seul, cela lui fera les pieds.

Seulement les choses ne se passent pas comme prévu. Et il ne sait même pas pourquoi il s'en étonne puisque depuis qu'ils sont arrivés ici rien ne se passe jamais comme prévu. Par exemple il avait prévu que son bâton pourrait aider à battre un monstre dégoulinant et, finalement, c'est un poisson qui a réussi à le mettre au tapis. Comme quoi ce monde est très bizarre, mais il suffit d'admettre que tout ce qui semble défier la logique de base puisse être possible pour très bien s'en sortir et avancer en conservant sa santé mentale, ce que Raven parvient très bien à faire car il a toujours été doté d'une imagination débordante. Et de toute manière il trouve qu'il s'est bien assez interrogé au début de son aventure et qu'il doit conserver ses capacités de réflexions pour faire face aux potentiels nombreux problèmes à venir comme celui qui se présente désormais. C'est à dire des cavaliers à dos de Galopa tout de rouge vétus qui pointent des lances vers le chevalier et son écuyer. Et qui les interpellent, donc ce n'est pas une coïncidence. La première pensée de Raven et qui n'est pas très sympathique et qu'il ne va pas pouvoir aller se promener tranquillement sans avoir les jérémiades de Kiki sur le dos qui, il en est certain, vont bientôt recommencer.

« Vous, là ! Le rideau de douche et l'ananas !, le dresseur comprend avec une certaine difficultés que ces allusions correspondent à leurs cheveux et ne les trouve pas très correctes, mais il s'abstient de commentaires. Qu'est-ce que vous faîtes dans les écuries royales ? Qui vous a dit que vous pouviez vous adresser à cette poutre ?, Raven est un peu perplexe et il s'apprête à tenter de formuler une réponse sans mentir car il ne voit pas la pertinence d'inventer un mensonge puisqu'il ne connait rien à la situation et que de toute façon il n'aime pas mentir lorsqu'un autre des cavaliers prend la parole.
Attends force violette ! N'est-ce pas les criminels pour qui notre bon roi a déposé un avis de recherche? »

Des criminels ? Un avis de recherche ? Force violette ? Et pourquoi diable est-ce qu'ils n'auraient pas le droit de parler à la poutre ? Le dresseur essaye tant bien que mal de démêler quelque chose dans ce mélo tout en ayant la main bien agrippé à son bâton musical, prêt à envoyer un rayon à n'importe quel moment si l'un d'entre eux approchait de trop près avec sa lance. Il fait également signe à Majaspic de ne pas s'énerver bien que ce dernier soit déjà en train de bouillonner intérieurement. Mais il est interrompu dans ses réflexions et ses interrogations très peu poussées par un autre qui prend la parole :

« Mais c'est que t'as raison force orange !, le cavalier pointe sa lance plus précisément vers les deux hommes et son Galopa claque ses sabots sur le sol. Vous êtes en état d'arrestation pour avoir ruiné le set d'écailles tout neuf de notre roi Philibert-Rodriguez III, poisson volant parmi les poissons volants ! Et ceci à plusieurs reprises d'affilées! »

Evidemment, Raven met un temps à se rappeler de quoi ils parlent, se remémorer le poisson volant, les castagnettes, et surtout la cage sans sa bouche et les gens à l'intérieur qu'il s'est promis de libérer en voyant le monstre les survoler. Et il se dit qu'il aurait mieux fait de laisser ses castagnettes dans sa poche finalement. Mais sur le moment, la seule question qui lui vient est bien évidemment : « Pourquoi force violette et orange ? »




Un bâton magique envoyé en l'air et quelques ligotages et mises au cachots plus tard, les deux protagonistes principaus de cette histoires se retrouvent en cellule dans le sous-sol d'un château où ils ont été transportés cagoulés. Les barreaux sont plutôt épais et il n'y a pas de fenêtre. La pièce est en grosses pierres d'où suinte des filets d'eaux. Raven met un temps à réaliser la gravité de la situation car il est satisfait d'avoir obtenu son explication sur les forces : c'est à cause de la couleur de leurs yeux puisque leurs uniformes sont tous rouges. Et après quelques secondes de réflexions et, comme il a été privé de ses pokémons, la seule possibilité qui est de s'adresser à Akichi s'impose. Mais, mal à l'aise, tout ce qu'il trouve à lui dire, c'est : « Je savais bien que ce poisson était maléfique. »

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Eleveur Kantô

C-GEAR
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Région : Kantô
Sam 22 Mar - 21:15
Enfermés. Il y avait eu les cavaliers en rouge sur les chevaux de feu, les lances, des filets et des cordes, beaucoup de mouvement et à présent voilà – nous étions enfermés à l'intérieur d'un endroit très étroit, d'un petit cachot sombre, humide, Raven et moi, et aucun de nous ne savait comment nous allions pouvoir sortir. Évidement, nos ravisseurs s'étaient bien abstenus de nous le dire, souhaitant bien sûr que nous demeurions là. Mais même avant ça, rien ne s'était passé comme je l'aurais aimé.
Ta gueule. Je m'étais énervé contre Raven, parce que lui-même, sans raison, s'était énervé contre moi, et voilà qu'il m'avait dit cela. Ta gueule. Quant aux phrases qui avaient suivi, l'espace d'un instant, j'étais resté perplexe. Katarina ? Se faire tuer ? Son ventre ? J'avais cligné des yeux : je ne savais pas du tout de quoi il voulait parler. Mais je n'avais pas eu le temps de le lui demander, car il avait ajouté deux phrases d'un ton tout à fait détestable. « Donc ça veut dire que ça aurait été bien si ce n'était pas moi tout simplement. » D'un ton... D'un ton que je ne savais pas vraiment qualifier, que je n'avais encore jamais entendu dans la bouche de mon ami, mais que je ne voulais pas entendre ! Car je le détestais ! Et il avait raison, c'était tout à fait cela que j'avais voulu dire. Mon instant d'étonnement à propos de ses paroles précédentes était passé et la colère était revenue en moi. J'avais déclaré d'un ton brûlant : « Parfaitement. » Même si je n'étais pas certain que j'y croyais. Même si, avec un autre... Peut-être qu'il se serait passé un peu les mêmes choses, ou même que ça aurait été moins bien... Mais je ne voulais pas y réfléchir, je me sentais plein de rage et je détestais Raven de m'avoir parlé ainsi.
Après cela, il y avait eu l'épisode de la fleur, la poutre ressuscitée. Et puis, les cavaliers, et voilà où nous en étions. Enfermés.




L'endroit était sombre car, dans la cellule, il n'y avait aucune fenêtre, trois des murs étaient faits de larges pierres sur certaines desquelles coulaient des filets d'eau, et le quatrième était composé de barreaux. Évidemment, la seule issue était fermée : à peine nous avaient-ils jetés là que je m'y étais précipité pour tenter de l'ouvrir, mais ils l'avaient déjà verrouillée. Et maintenant, nous étions bloqués ici, mon soi-disant écuyer Nevar et moi.

J'étais assis sur le sol, au beau milieu du cachot, même pas sur l'espèce de tas de paille qui en occupait un coin – qui irait s'asseoir là-dessus, de toute façon... mais je n'y pensais même pas. Tout ce que je savais, c'était que j'étais assis là. Que la porte de la cellule était fermée de l'extérieur. Et voilà. Nevar tournait en rond autour de moi, finit par me rejoindre. Il lâcha une phrase au sujet d'un poisson maléfique. Je levai les yeux vers lui – je fixais auparavant le vide, ou bien les pierres du sol, au choix – et le plongeai dans les siens. Je regardai son visage, en fis le tour, tentant peut-être d'y percevoir quelque chose, mais rien. De toute manière, je n'avais jamais été doué pour déterminer les émotions d'un visage. Et même totalement incapable de le faire. Je pouvais bien l'avouer, maintenant, ici. Nous étions enfermés, tout ce que je pouvais raconter, les illusions, tout ne valait plus rien.

- ...Mais de quoi est-ce que tu parles ?

J'avais très vaguement entendu Raven évoquer un poisson maléfique, mais de sens, ces deux mots n'en avait pour moi aucun. Nous étions dans un cachot, et la seule chose dont il trouvait à parler était d'un poisson maléfique ? Mais pourquoi ? C'était complètement absurde, et c'était aussi pour cela que j'avais tardé à répondre. Après avoir posé ma question, il me sembla me revenir, confusément, quelques paroles que les cavaliers qui nous avaient parlé avaient dites. Mais elles n'avaient aucun sens. Un rideau de douche et un ananas, pour commencer. De quoi parlaient-ils ? Je ne me souvenais plus des mots exacts. Et de toute façon, peu importait.
Je n'attendis même pas la réponse de Nevar, mais me relevai subitement et marchai jusqu'aux barreaux de la cellule. Si proches : en deux grands pas, j'y étais. Cette prison était si étroite. J'attrapai de mes deux mains les barreaux, je plaquai mon visage contre leur métal froid, scrutant le reste du cachot que j'avais devant moi. Je respirais bruyamment, de profondes et fortes inspirations et expirations, j'en avais conscience, mais c'était pour garder mon calme. Je levai les yeux vers l'endroit où les barreaux atteignaient le plafond, les secouai brusquement pour tenter de les faire bouger, puis fis volte-face et regardai Nevar. Mon regard plongé dans le sien, encore une fois. Il n'était pas censé être en colère contre moi, d'ailleurs ? Je lâchai les barreaux et allai vivement vers le mur opposé de la cellule, la traversant de long en large en faisant de mon mieux pour bien respirer.

- Nevar, je déteste être enfermé...

J'avais à peine conscience de ce que je venais de murmurer, tout ce que je savais, c'était qu'il fallait que je garde mon calme, marcher, marcher... Je me re-précipitai soudain contre les barreaux, plus précisément contre la porte faite de barreaux, l'agitait de toutes mes forces en criant :

- Ouvre-toi, ouvre-toi ! Mais c'était vain. Cécilia...! Si elle avait été là, elle aurait pu nous aider. J'en étais convaincu. Mais je regardais dans le couloir sombre, et n'y voyais personne : elle ne venait pas.

Je m'écartai de la barrière et revins m'asseoir sur le sol à l'endroit où j'étais tout à l'heure, plaquant mes mains sur mes tempes. Nous étions seuls, ici. Nous ne pouvions pas sortir. Il n'y avait aucune fenêtre. Je revoyais ma chambre, ma chambre de chez moi, mais ma chambre maintenant était lumineuse, et je pouvais sortir, je pouvais aller où bon me plaisait, et j'avais Miné, Miné ! Miné et son sourire doux, Miné qui m'entourait de ses bras... Je la visualisais sous mes paupières, et je faisais de mon mieux pour respirer profondément et me calmer, me calmer. Surtout, ne pas m'énerver plus. Parce que je ne le voulais pas, pour moi. Et aussi parce qu'il y avait Nevar à côté de moi.
Nevar. Ce n'était pas Miné que je sentais près de mon épaule, c'était lui. Et je me souvins que nous nous étions disputés. Nevar, ou Raven, je ne savais plus, mais l'ébouriffé, là, qui était agenouillé à côté de moi. Pourquoi ? C'était lui qui avait commencé à me crier dessus ! Mais pourquoi... Je ne savais plus. Mais je revoyais Miné. Je me souvenais, je crois, de ce que Nevar m'avait reproché. Et je ne savais pas si c'était de ma faute, mais peut-être. Peut-être. Dans tous les cas, là, maintenant, je ne parvenais pas à réfléchir... Nous étions enfermés... Je relevai la tête, pris d'une idée subite. Mes mains se portèrent instinctivement à mes hanches : la serrure de la porte. Elle avait l'air si simple. Une aiguille à coudre, de n'importe quelle taille, n'importe quelle aiguille, j'en avais bien une quelque part... J'en avais toujours... Mais je m'interrompis, et mes mains retombèrent – c'était vrai que j'étais habillé avec des habits, très laids, qui n'étaient pas les miens. Et je n'avais aucun de mes objets, ni Pokéball, ni aiguille à coudre. Mes yeux se posèrent sur Nevar : dans le fatras de tissu de sa robe rose, il devait bien avoir quelque chose d'utile... Mais peut-être pas. Sa robe rose. Qu'il n'aimait pas. Moi non plus, je n'aimais pas du tout la manière dont j'étais habillé. Je n'avais pas Miné, et il n'était pas avec Katarina. Mais je ne m'en étais pas soucié. Ce qu'il m'avait dit, tout cela... Il n'avait pas à s'énerver ! Mais...

- Excuse-moi...

C'était à peine si je savais pourquoi je disais cela. Mais je ne voulais plus qu'il soit en colère. Nous n'étions que tous les deux, et quant à lequel de nous avait tort...

J'étais fatigué de réfléchir, et tout était flou dans ma tête. Mais soudain, j'entendis un bruit, qui me tira, enfin, de mes pensées décousues et sans lien. Je relevai brusquement la tête, arrêtant un instant de respirer fort comme je le faisais (car pour cela, il fallait rester concentré). Le bruit venait du couloir : je le regardai, et c'est alors que j'y vis passer...

- Roudoudou !

Je me levai d'un bond. Roudoudou, c'était bien lui ! La petite boule rose dont le chant endormait, que nous avions capturée un jour dans les bois et dont, depuis, Miné s'occupait... Il avait toujours eu mauvais caractère, mais en cet instant, il avait l'air encore moins... aimable... que d'habitude. Il marchait dans le couloir en fronçant les bouts de peau qui, quoiqu'imberbes, lui tenaient lieu de sourcils, mais il avait une sorte de petit sourire au coin des lèvres, il nous fixait d'un regard bizarre et je vis qu'il avait un trousseau de clés dans ses pattes, qu'il faisait tinter. Je baissai les yeux vers l'objet, puis les relevai vers le Pokémon. « Roudoudou, c'est toi ? Qu'est-ce que tu fais là ? » Mais alors, Roudoudou eut un genre de sourire, mais un sourire terrifiant, comme celui qu'arborent les grands méchants dans les films à la télévision. J'avais subitement l'impression qu'il était entouré de ténèbres, sans que je sache pourquoi ; et alors, il déclara :

- Roudoudou ? Je ne suis pas Roudoudou... Moi, je suis RONDOUDOU OBSCUR ! Gna ha ha ha ha !

Et il explosa dans un rire diabolique qui, j'en suis sûre, dut résonner plusieurs kilomètres à la ronde tout autour de là où nous étions. Au moins. Je sursautai et me rapprochai instinctivement de Nevar.

- Quoi ? Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Rondoudou obscur ? Entre ça et le poisson maléfique dont l'ébouriffé avait parlé tout à l'heure... Qu'est-ce qu'ils voulaient, tous ?

- Oui ! Vous avez bien entendu ! Je suis Rondoudou obscur, chef des gardes du château, autrement connu sous le nom de... Grande Force Rose ! Et pas en fonction de la couleur de mes yeux, mais de celle de ma peau, car je suis le chef ! Quant à vous, vous resterez là tout le temps qu'il vous faudra pour expier vos fautes... Gna ha ha ha ha ! (nouveau rire diabolique.) GARDES !

Des soldats vêtus de rouge surgirent aussitôt, apparaissant comme par magie, à côté de lui. Ils étaient habillés d'une armure fort jolie qui, je le remarquai à cet instant, me serait sans doute très bien allée tout en convenant à mon rang de chevalier ; mais ce n'était pas vraiment le moment pour réfléchir à cela. Qui plus est, deux d'entre eux portaient des cordes, et le troisième une assiette qui contenait un mystérieux met fumant.

- Posez l'assiette ! s'exclama le Roudoudou, ou Rondoudou, à l'adresse du garde, avant de reprendre pour nous : Votre première tâche sera de... MANGER EN ENTIER CE PLAT DE POIREAUX CUITS ! Gna ha ha ha ha !

Je clignai des yeux. Des légumes ? Manger des légumes, tout simplement ? J'attendis qu'il ait terminé de rire pour questionner :

- Quand vous dites « manger en entier ce plat », vous parlez bien des légumes ou aussi de l'assiette qui les contient ?
- LES PRISONNIERS NE DISCUTENT PAS ! rugit le Rondoudou. Lorsque vous aurez terminé, vous serez chacun à votre tour ligotés... On commencera par l'ananas... Et parce que vous avez abîmé la cuirasse d'écailles de notre bon roi, nous allons ruiner VOTRE PROPRE STOCK D’ÉCAILLES !
- GNIN HIN HIN HIN HIN ! (cette fois, c'était les trois soldats qui riaient en même temps que la boule rose.)
- Mais nous n'avons pas d'écailles ! m'exclamai-je.
- Vos écailles intérieures !
- Quoi ?

J'étais absolument perplexe. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, et ce n'était vraiment pas de ma faute, d'autant plus qu'il me semblait que c'était pareil pour Nevar. Mais quoi qu'il en fut... Si nous voulions sortir d'ici... Il nous fallait vraiment manger des poireaux ? Cela ne me posait pas de problèmes, je n'aimais pas énormément cela mais je pouvais bien le faire. Mais peut-être que Nevar... Et pour le reste... L'une des grandes questions était... Quel ananas ?

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Dresseur Unys

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Région : Unys
Sam 26 Avr - 23:57
Raven roule des yeux lorsque Kiki ne comprend pas de quoi il parle. Mais enfin il n'en tient plus vraiment compte, ce n'est pas la première fois et cela ne sera sûrement pas la dernière. Il semble que cela marche ainsi entre eux que que cela ne pourra être changé. L'essentiel c'est qu'ils puissent continuer à bien s'entendre, n'est-ce pas ? Le dresseur reste songeur quelques isntant après s'être fait cette réflexion. Il lui fait la gueule. Il faudrait peut-être qu'il décide jusqu'à quand. Car là, dans le cachot, ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour continuer. Et puis il commence à avoir très envie de lui parler, de choses et d'autres, et puis c'est mieux quand Kiki sourit, parce que Kiki est son ami. Alors déjà qu'il râle beaucoup en ce moment, il n'a pas très envie de le priver de toute occasion de sourire. Il commence donc à préparer des excuses, en se disant qu'il n'a jamais eu à s'excuser auprès de quelqu'un d'autre que moi, ce qui était très facile. Il pouvait faire ça à la manière d'un pachyderme que je ne lui en aurait pas tenu rigueur car je sais pertinemment qu'il est très maladroit, mais avec quelqu'un comme Akichi... Il ne sait pas trop comment s'y prendre. Déjà qu'il n'est pas très doué avec les mots. Il se gratte la tête et cherche sur les murs ce qui pourrait ressembler à une réponse. Seulement il n'y a que des pierres froides et vides de tout sentiments si ce n'est la satisfaction probable de la personne qui les a enfermés ici. Enfermés.

C'est à ce moment que son attention se reporte réellement sur son compagnon qui, quelques secondes plus tard, énonce exactement la même vérité. Vérité qu'il avait occulté et dont il ne se rend compte que maintenant. Immédiatement des images de son ancienne vie, de l'annexe, viennent se superposer à ce lieu et il cherche Majaspic du regard, son échappatoire, sans pour autant le trouver. Le serpent a disparu, il n'est pas là pour l'aider, il ne peut pas compter sur son aide pour briser ces murs et lui permettre de s'enfuir, de vivre. Alors il se tétanise, car il ne voit rien d'autre à faire. Il suit des yeux Akichi qu'il voit comme son seul espoir de s'en sortir, mais malheureusement le fameux chevalier semble être aussi désœuvré que lui face à la situation. A deux ils y arriveront peut-être, c'est la seule solution qu'il voit. Alors il doit s'excuser, oui. Il se tourne vers Kiki qui s'est assis par terre pour une raison ou une autre, il ne semble pas aller bien. Raven non plus ne se sent pas bien et il ne sait pas quoi faire contre cela. Alors qu'il s'est remis à bouger il sent les larmes venir lui picoter les yeux tandis qu'il ne peut s'empêcher de regarder partout dans la pièce : il n'y a vraiment aucune issue. Le voilà enfermé, encore. Et si lui se retrouve enfermé, cela veut dire qu'ils m'ont tué ? Il pense à moi, il se demande où je suis, si je suis en sécurité, si notre enfant va bien. Il est sur le point de craquer, il sent qu'il va craquer, qu'il va se mettre en boule sur lui-même et pleurer. Parce qu'il se sent incapable, qu'il ne peut rien faire d'autre, qu'il ne peut que compter sur Kiki qui est en colère après lui. Et que quand les gens sont en colère après nous ils ne font rien pour nous aider, c'est ce qu'il pense.

« Excuse-moi... »

A l'entente de ses paroles, Raven a l'impression que le temps s'est arrêté. Il n'y a qu'une seule personne ici avec lui, donc forcément ces quelques paroles inespérées viennent de lui. L'ébouriffé n'en croit d'abord pas ses oreilles, et ce n'est pas suffisant pour stopper les larmes qui menacent de couler à flots à chaque instant, mais il est vraiment heureux d'entendre cela. Il a l'impression qu'un immense poids qu'il avait jusqu’alors sur les épaules s'envolait pour ne plus jamais revenir, il l'espère. Il tourne son regard vers Akichi et, retenant du mieux qu'il peut les grosses perlent salées qui pourraient se mettre en mode cascade, il lui répond d'une voix pleine de sincérité :

« Je te pardonne... Alors excuse-moi, moi aussi. S'il te plait ? »

C'est à ce moment qu'un bruit se fait entendre et Raven s'intéresse un peu au couloir derrière les barreau. Il se dit que tout espoir n'est pas perdu et que, peut-être, il va se passer quelque chose de bien, quelque chose qui pourra les libérer de cet affreux endroit. Malgré lui et sans y réfléchir, il s'agrippe à la manche de Kiki en retenant son souffle. Une partie de lui a horriblement peur de me voir arriver. Ou plutôt de voir arriver mon cadavre, massacré par les membres de sa famille. Car pour lui l'enfermement rime avec Swan, du moins ce que lui ou Archibald connaissent des Swan, c'est à dire des gens autres que lui, des gens mauvais. Des gens qui veulent ma mort et qui enferment. Des gens qui seraient bien capable d'être à l'origine de cette situation, peut-être qu'ils travaillent avec le poisson volant. Car désormais Raven est persuadé que cet endroit est bien réel et que ce qu'il s'y passe a bel et bien lieu dans la réalité. Et qui d'autre pourrait l'enfermer qu'eux ? Il se demande quand même pourquoi ils ont pris Kiki aussi et il se dit que s'il a l'occasion de voir le visage presque inconnu de ses parents, il leur priera de libérer car il n'a rien à voir dans leur histoire et qu'il ne sait rien. Car Raven n'a rien dit, Raven a appris à tenir sa langue, et personne ne saura jamais rien de la menace qui pèse sur nous.

Il est donc assez surpris de voir débarquer un petit Rondoudou tout mignon, quoi qu'avec l'air un peu boudeur. Il est doublement surpris de voir que Akichi connaît ce pokémon, mais cela le soulage un peu car depuis le départ leurs pokémons ne se sont pas montrés hostiles. Cela veut dire qu'il va forcément chercher à les libérer, les sortir de cet enfer et, encore une fois, Raven aura été sauvé par un pokémon. Cette idée parvient à lui arracher un petit sourire tandis qu'il se frotte les yeux, tentant de se persuader que tout va bien se passer.

Seulement ça aurait été trop facile. Evidemment. Et il s'en rend compte lorsque la boule rose émet un rire maléfique qu'il n'aurait jamais cru possible par autre chose qu'un doubleur dessin animé. Peut-être que ce Rondoudou est doubleur dans ce monde, ou peut-être qu'il parle dans le monde normal aussi et qu'il double les dessins animés qu'il regardait. Il faudra qu'il demande à son compagnon une fois que tout ceci sera terminé. Enfin au moins cette créature a le mérite de le détourner de son enfermement quelques instants. S'en suit alors un dialogue entre le chevalier prétendu et son pokémon que Raven a un peu de mal à suivre. Tout ce qu'il retient c'est que des gardes peuvent apparaître en faisant pouf et qu'il est sensé manger des poireaux. Manger des poireaux. Oui, mais non. Hors de question. Raven et les légumes ne sont pas amis et ils ne le seront jamais. S'il les mange se sera pour les vomir et il n'exagère pas. Il ne supporte pas cela. Et quand à cette histoire d'écailles... Peut-être qu'il a des écailles dans le corps, il n'en sait rien, il n'y connait rien en biologie, mais de toute manière il n'a pas envie de se faire ruiner les entrailles. Il décide alors de dire quelque chose parce que cette histoire part vraiment trop loin : on a pas idée de torturer des gens avec des légumes !

« Bon, déjà, vous arrêtez de vous moquer de mes cheveux, merci. Il ne sont même pas en ananas là, mais en couettes hein. Et hors de question de les manger, je les aime bien. Et ensuite il est absolument hors de question que je mange du poireau. Mais bon, bref, on s'en fiche, j'ai plutôt une question : est-ce que vous avez quelque chose à voir avec ma famille ? »

La simple prononciation de ce mot lui remue les entrailles et lui fait de nouveau monter les larmes aux yeux, quoiqu'elles n'étaient pas vraiment redescendues parce que, tout de même, il est enfermé. Cependant tout ce qu'il obtient comme réponse c'est le Rondoudou qui le regarde avec on air méchant et les gardes qui l'observent d'un air bovin. Bon, apparemment ils sont sous la menace et n'ont pas le droit de parler des Swan. Oui, c'est à cette conclusion que l'ébouriffé arrive alors qu'ils y en aurait une bien plus simple : ils ne voient pas de quoi il parle. Mais il faut dire que dans cette situation l'écuyer prétendu n'est pas capable de percevoir les choses correctement. Et l'affirmation qu'il se fait à lui-même a le don de faire naître une boule de colère dans son estomac. Et voilà qu'un des gards vêtu de rouge lui tend l'assiette. Mais non. Pas aujourd'hui. Raven ne se laissera pas faire par le destin. Il changera le cours de sa vie, une nouvelle fois, et il ne mangera pas ces fichus poireaux. D'un coup de pied qui laisse voir sa petite culotte de magical girl à l'assemblée, il envoie voler l'assiette. Ceci accompli il regarde victorieusement ses adversaires... Jusqu'à ce qu'une autre assiette apparaisse par magie dans les mains du garde, mais cette fois un peu plus remplie. « Vous n'échapperez pas à votre destin ! Mouahahahaha ! »

Mince. Il semble que Raven n'ait aucune échappatoire et qu'il soit obligé, bientôt de prendre ces trucs absolument répugnants pour les manger. Non. Non, non, non, il ne peut pas faire cela. Surtout pas quand je suis potentiellement en danger, ce n'est pas le moment pour élargir ses goûts. Il doit sortir d'ici. Il se laisse glisser le long des barreaux jusqu'à ce que ses genoux touchent le sol, les deux mains fermement agrippées sur les barres de fer et il tourne un regard larmoyant vers Kiki :

« Aide-moi... Ils vont tuer Katarina si on ne sort pas vite, je le sais ! »

C'est peut-être excessif. Et de toute façon complètement infondé, mais le fait d'être enfermé lui retourne complètement le cerveau, il n'est plus capable de réfléchir correctement. Et déjà que ce n'est pas bien glorieux à la base, décrire son mode de logique maintenant relèverait de l'exploit. « C'est même peut-être déjà fait. Je suis désolé Kiki je ne voulais pas t'impliquer là-dedans, mais ma famille a du te voir je sais pas comment et maintenant on se retrouve ici. Mais je t'assure je ne savais pas qu'ils avaient des pouvoirs magique comme ça, je pensais qu'ils avaient juste des sous... J'étais loin de me douter qu'il existait ce poisson volant bizarre qui est en fait le chef, ou peut-être le sous chef, je sais pas trop je connais pas ma famille en fait tu vois ? »

Il ne sait pas si son compagnon voit. Tout ce qu'il sait dans les secondes qui suivent c'est qu'un des gardes a profité de sa détresse et de ses larmes naissantes le long de ses joues pour lui fourrer une grosse fourchette de poireaux dans la bouche. Sans qu'il puisse se contrôler, le dresseur tombe à la renverse, dos au sol. De ses yeux mi-clos sous le choc, il voit apparaître au dessus de lui une barre verte qu'il voit se vider pour être remplie de rouge à une vitesse vertigineuse. Il ne reste plus qu'un petit bout de vert quand les choses se stabilisent et qu'une musique extrêmement agaçante se fait entendre à répétition, comme venant de lui. Nevar est dans un état critique.



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Eleveur Kantô

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Dim 29 Juin - 15:05
Pour ce qui était des écailles, j'ignorais toujours ce dont ils voulaient parler, évidemment, parce que leurs explications n'étaient pas claires du tout, mais étant donné que ni Nevar ni moi n'en avions, ils pourraient nous en retirer autant qu'ils le voudraient que cela ne nous ferait rien. Puisque même avec la meilleure volonté du monde, il n'y aurait rien à retirer. Logique ! Enfin, ils avaient évoqué des « écailles intérieures », mais j'étais certain de ne pas avoir d'écailles intérieures, et je ne pensais pas que Nevar, lui, en avait. Je lui aurais bien posé la question pour m'en assurer. Mais il y avait aussi cette histoire d'ananas et de poireaux... Je ne supportais pas d'être traité comme un prisonnier et de recevoir des ordres de la part de cette petite boule rose que Miné et moi avions un jour trouvée dans la forêt et à qui nous avions, dans notre grande générosité, proposé le gîte et le couvert. Quelle ingratitude ! S'il nous fallait vraiment avaler le contenu de cette assiette pour ne plus être enfermés, cependant, j'étais prêt à l'accepter ; mais...

- De toute façon, Roudoudou, je ne mangerai pas ces légumes tant qu'on ne me donnera pas de fourchette, décrétai-je en croisant les bras.

Car il n'y avait aucun couvert présenté près de l'assiette. J'allais ajouter qu'il en faudrait une pour mon ami aussi, mon ami parce que celui-ci s'était aussi enfin excusé, quand Nevar, justement, pris la parole.
Et ce fut pour déverser une longue tirade énervée sur nos ravisseurs qui, pris sous ce flot de mots dont, je dois tout de même le dire au risque de vexer Nevar, une partie était plutôt absurde voire incompréhensible (quel rapport entre l'ananas dont il était question depuis tout à l'heure, ses couettes et le fait de - hum - manger ses cheveux ?), ne purent réagir jusqu'à ce qu'il eut terminé. D'ailleurs, en terminant, il évoqua sa famille. Et il y eut un instant de grand silence – je suis ici forcé d'admettre que, moi-même, je demeurai perplexe. Parce que ces questions, au sujet de savoir si nos ravisseurs avaient ou non quelque chose à voir avec les Swan, à moins que Roudoudou ne s'avère être le grand-père de Nevar, me semblaient n'avoir aucun rapport avec notre situation actuelle. C'est pour cela qu'au bout de quelques secondes, je me tournai simplement vers lui et interrogeai :

- Pourquoi es-ce que tu demandes ça ?

Mais s'il ne me répondit pas, ce fut parce que mon cher ami en robe rose semblait avoir une peur bleue (ou rose) des poireaux, et que les gardes en rouge n'aimaient visiblement pas le silence, car subitement, ils nous représentèrent l'assiette pour nous forcer à manger. Alors, Nevar me regarda.  « Aide-moi... Ils vont tuer Katarina si on ne sort pas vite, je le sais ! » « Qu'est-ce que tu dis ? » Tuer Katarina ? Mais de quoi parlait-il ? Ça y est, mes battements de cœur à moi aussi s'emballaient. Mais qu'avait-il à me parler de Katarina alors que nous étions enfermés dans ce cachot sombre, obscur et humide, forcés de manger des poireaux à cause du bonbon rose devenu méchant avec nous et coincés par ces histoires d'écailles ? Il commença à me l'expliquer, mais, comme bien souvent avec lui, me semblait-il, ses explications n'avaient rien de clair et limpide comme toutes explications auraient dû l'être. Néanmoins, ce que je compris suffit pour me faire ouvrir des yeux ronds. La famille de Nevar, des pouvoirs magiques ? Le poisson volant de tout à l'heure était leur chef ? Et cela voulait dire alors que Roudoudou était de mèche avec eux ? Quel traître ! Cependant... Si le poisson était le chef de famille de Nevar...

- Attends, tu veux dire que tu as des poissons pour ancêtres ? Peut-être que tu as des écailles intérieures, en fait !

Oh, non ! Cela paraissait très logique, maintenant ! Et si nous ne pouvions plus opposer à nos ravisseurs le fait que nous n'avions pas d'écailles, de manière logique... Ah, la famille... Les histoires de famille... Je fermai les yeux. C'était vraiment quelque chose de terrible... Mais enfin, là il s'agissait des Swan, et... Mon esprit s'arrêta heureusement de réfléchir (cela ne menait la plupart du temps à rien), car, malheureusement cette fois, Nevar... tomba subitement à terre. Un des gardes rouges venait de lui fourrer une fourchette de poireaux dans la bouche. Malheur, horreur et damnation ! Pour lui, en tout cas ! Mais même pour moi, je n'aurais jamais apprécié qu'un être si impoli qu'un garde qui nous enfermait dans un cachot absolument pour rien (passons sous silence l'histoire des potentielles écailles), me force à avaler quoi que ce soit, même si je ne détestais pas le plat en question ! Mais lui le détestait, et il tomba à terre, le visage soudain très pâle, tandis que Roudoudou se targuait d'un « Ha ha ! » et que le garde retirait sa main d'entre les barreaux. Une affreuse musique se mit à résonner, et je criai : « Nevar ! » Ce n'était pas possible. Tout se passait mal. Nous étions enfermés, et maintenant... Mon ami, qui s'était excusé pour ce qu'il m'avait dit un peu auparavant, s'évanouissait... S'il était seulement évanoui... Oh, non, que devais-je faire ? Et il avait parlé de tuer Katarina... Katarina, la jeune femme qui l'accompagnait, à la Tour Pokémon... Elle était très gentille. Pas autant que Miné, mais elle était gentille... Quoi qu'il en fut, là, le problème était Nevar ; il avait perdu connaissance... Et cette musique... si agaçante...

« CHEVALIER KIKI. » Soudain, ces mots se mirent à résonner en moi. « CHEVALIER KIKI. TU ES LE CHEVALIER KIKI. » Comme si quelqu'un était entré dans ma tête pour les prononcer. Une voix grave. Le bâton magique de Nevar était tombé au sol, lui qui nous avait déjà sauvés, tout en causant pleins de problèmes, aussi ; j'avais toujours mes castagnettes dans ma poche, mais changer de couleur la prison n'aurait pas servi à grand chose, quoique cela l'aurait rendu plus joyeuse. Cependant... En dépit de tout, en dépit des vêtements dont j'étais affublé, de la situation dans laquelle nous nous trouvions, de ces poireaux que je devais manger... La voix avait raison, j'avais raison, oui ; j'étais... un chevalier. J'étais le Chevalir Kiki ! Et c'était moi qui devait nous sauver !
Alors, soudain, je me sentis empli d'une force sans pareille, d'un sentiment de toute-puissance qui m'envahit, l'impression que je pouvais tout, absolument tout faire. Oui, car c'était la vérité ! Je pouvais tout faire ! Car j'étais le Chevalier Kiki ! Hyper-Surpassement activé, il était temps d'en finir ! Je fis un bond de côté pour esquiver le bras du garde en rouge qui s'était avancé pour me forcer, à mon tour, à manger les poireaux. Oui, il me les présentait dans une fourchette, mais cela ne changeait rien à ce qu'il avait fait à Nevar ! Et alors, plutôt que de me laisser faire, à présent que je l'avais esquivé, je m'emparai de son bras, dans mon dos, et... je tirai de toute mes forces. Et sous l'effet de la force avec laquelle le garde, dont les bords de son corps étaient fins et aiguisés, se retrouva plaqué contre eux, les barreaux de notre cellule volèrent en éclats ! Mais oui, c'était pour cela que les gardes étaient rouges... Car ils n'étaient pas de n'importe quel rouge ! Le pouvoir du rouge d'Andrinople !


Grâce à ma force légendaire et à l'aide de cette couleur merveilleuse dont j'avais bien fait de me créer tant de beaux vêtements dans la Boutique (quel dommage que la tunique de jute que je portais actuellement n'en soit même pas teinte... encore qu'elle n'en était absolument pas digne, donc finalement, cela valait bien mieux pour le rouge d'Andrinople), nous étions libérés ! Mais Nevar était toujours au sol, et la sonnerie d'alarme ne s'arrêtait pas. Toujours empli de splendeur, le bras du garde dont je m'étais servi pour briser les barreaux de la cellule encore dans ma main, je n'eus que quelques mouvements vifs à exécuter pour éliminer les autres gardes qui s'étaient avancés vers nous. Ha ! Ha ! Je ne réalisai que lorsqu'il n'y eut plus que Roudoudou de debout que le corps du garde s'était détaché de son bras, et qu'il n'avait en fait absolument rien d'humain – on aurait plutôt dit un membre de plastique, qui de toute façon ne saignait pas. Mais tout de même... Pris d'un frisson de dégoût, je lâchai la chose qui tombait par terre. Roudoudou ne semblait pas vouloir nous faire face, mais il appelait déjà du renfort. J'étais le chevalier, et je me sentais prêt à tout surpasser ! Mais je ne voulais quand même pas rester une minute de plus dans cette prison horrible, surtout avec cette musique dans les oreilles. Je m'approchai de Nevar et voulus le prendre dans mes bras pour le soulever... sauf qu'il était lourd. J'interrompis aussitôt mon effort, me redressant comme si de rien n'était. Un doute m'était subitement venu... Peut-être était-il ordinaire de se poser des questions quand on était un chevalier. De véritables dilemmes ! Oui, probablement, car quand on était chevalier, on finissait forcément toujours par trancher de manière juste, et donc... après tout, si nous nous occupions de résoudre certaines questions, ce n'était pas plus mal, car au moins celles-ci étaient ensuite résolues. La question actuelle était : devais-je prendre Nevar avec moi, ou bien Roudoudou ? Car Roudoudou vivait tout de même chez nous ! Mais je n'avais aucune Pokéball sur moi, et je ne pouvais pas porter l'un et l'autre (Nevar étant plutôt massif, il me faudrait utiliser mes deux bras pour le transporter.) Mais je réalisai que Roudoudou était notre ennemi, ici. Et Nevar mon ami. Alors, je sus trancher juste. À l'adresse de celui qui était mon Pokémon, je m'exclamai :

- Tu verras ce que tu verras, quand nous serons de retour à la maison !

Quant à Nevar... Je me ragenouillai près de lui. Et un nouveau flot de puissance m'envahit, tandis que je le reprenais dans mes bras, et, cette fois, le soulevais. Je n'avais eu qu'un petit effort à faire, tant ma force était grande ! « Allons-y ! »
Je m'élançai hors de la cellule, et nous sortîmes en courant des cachots, avant que de nouveaux gardes nous rattrapent.



Un escalier. Un couloir. Un autre escalier. Ce que Nevar pouvait être lourd, et si je disais ça c'était que c'était vrai ! En fait, avant d'emprunter le deuxième escalier, je le laissai brusquement reglisser sur le sol pour me permettre d'un peu souffler. Pff... Pff... Les poireaux. C'étaient les poireaux qui lui avaient fait perdre connaissance. Que lui donner pour faire passer le goût des poireaux... Une illumination me traversa.

- Nevar ! Il faut aller aux cuisines !

Et justement, là, sous mes yeux... Une porte doublée d'un panneau indiquant « Cuisines ». Quelle chance ! Laissant Nevar là, je parcourus les deux (ou trois) mètres qui m'en séparaient, et ouvris la porte en grand. Peut-être Nevar était-il en train de se réveiller – il me semblait qu'il avait commencé à s'agiter lorsque j'avais cessé de le porter – mais je n'avais pas de temps à perdre pour le sauver, qu'il soit encore évanoui ou non.

- Donnez-moi quelque chose de bon à manger ! m'écriai-je sans attendre, à l'entrée des cuisines.

Et mes yeux s'arrondirent. Parce que, juste devant moi, se trouvait... Une fraise géante.




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(signa Elisa - DC Ada Freimann & Kestrel Manori)
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Dresseur Unys

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Ven 29 Aoû - 0:12
Après avoir goûté à ces poireaux de force, Raven est dans un état critique, mais vraiment critique. Il n'arrive plus à bouger ses membres et sa vision se trouble. Une musique tambourine dans sa tête sans qu'il ne puisse rien faire d'autre et il a l'impression que cela l’assomme encore plus. Il a juste envie de fermer les yeux et dormir, comme s'il était vraiment très très malade. La dernière chose qu'il entend avant de s'endormir, ou plutôt de s'évanouir, c'est la voix d'Akichi qui appelle son surnom après un rire diabolique du pokémon rose. Cependant il n'a pas l'impression de dormir, non, son esprit s'agite et il se retrouve, sous la forme d'un fantôme, dans une grande salle cotonneuse pleine de vapeur rosâtre. Il se dit alors que son assaillant a du le traumatiser parce que, voilà, lui il n'aime pas trop la couleur rose d'habitude. Il pose ses mains sur ses hanches pour montrer son mécontentement à la pièce ; chose qui commence à lui paraître logique vu tout ce qu'il se passe dans ce monde étrange. Il regarde tout autour de lui pour ne voir que ces nuages couleur barbe à papa. Il frissonne lorsqu'il en repère un qui semble avoir la forme d'un poireau, mais se remet vite après avoir passé son doigts dedans pour voir que ce n'en est pas un vrai, juste une illusion.

Il commence à se balader au milieu de ce rien pour essayer d'y comprendre quelque chose, mais il n'a pas l'impression d'avoir les pieds en appui sur quoi que se soit. Pour résoudre ce mystère, il baisse la tête et remarque que, ah oui, en effet, c'est normal, puisqu'il n'a plus de pied. Aussi accoutumé aux bizarreries qu'il puisse l'être désormais, il commence à paniquer et pousse un petit cri de fillette dont il est content que personne d'autre que lui ne l'ait entendu. Il examiner les choses un peu plus en détails et constate que son corps finit lui aussi en une fumée rose et se fond avec le reste de la pièce. De plus en plus étrange, mais au moins il ne porte plus de jupe, ce qui est une bonne chose. Il continue d'évoluer dans ce milieu en cherchant quelque chose qui se distinguerait, un indice. Après une bonne paire de minutes dont il n'arrive pas à déterminer le nombre, il distingue quelque chose de vert à travers les nuages. Il s'approche et constate qu'il s'agit d'un triangle avec son petit bâton pour taper dedans. Est-ce que se serait encore quelque chose pour lui ?

« Prends. Ca te sera utile.
- Ah vous êtes de retour le ciel ? Mais je pensais qu'on se reverrait plus avant... Je sais plus quoi.
- Oui mais vous faîtes des interférences.
- Quoi ?
- Vous faites n'importe quoi ! Ca te va comme ça ? Maintenant prend ce triangle et retourne dans ton corps ! »

Raven n'aime pas quand les gens lui crient dessus, ça l'intimide. Alors il prend vite le triangle et le serre bien fort dans sa main avant de se dire qu'il aimerait l'utiliser. Il prend le petit bâton, comme il l'appelle puisqu'il ne connait pas son nom technique, si tant est que ce dernier en ait un, et tape un coup. Il ne se passe un rien. Donc on vient de lui faire tout un foin avec fumées et tout le toutim pour lui donner un objet inutile ? Bien. Bien, bien, bien, mais cela ne l'étonne même plus depuis le coup des castagnettes. Encore une fois il se dit que, quand même, il aurait bien aimé un pantalon. Mais bon, il commence à avoir l'habitude de la jupe après tout.

A ce moment sa vision se brouille à nouveau et, lorsque les choses redeviennent à peu prêt claires, il constate qu'il est allongé devant des escaliers. Il se relève tout doucement, en prenant appui sur le mur et regarde plus précisément autour de lui. Sauf qu'il n'y a rien de notable à noter, à part le fait que Akichi n'est plus là, ce qui est un peu stressant pour lui. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? En tout cas il n'est plus enfermé et c'est là une bonne chose. Il pousse un soupir de soulagement. Seulement ce soulagement n'est que de courte durée car il entend des pas dans les escaliers, rapides et nombreux. Ah ! Oui ! Très logiquement, s'ils se sont échappés de prisons, les gardes doivent être en train de les poursuivre. Vite, il n'y a pas de temps à perdre, Raven s'élance dans le premier couloir qui vient et s'enfuit au hasard en essayant de faire le moins de bruit possible pour que ses assaillants ne puissent pas savoir où il est allé.

Cependant, très vite il se met à avoir une sorte de nausée. Le goût des poireaux lui remonte dans la bouche, il sent ses forces le quitter progressivement. Vite, il faut qu'il fasse quelque chose... Ses sens en alerte pour sa survie, il capte une odeur de fraise. C'est bon les fraises. Il suit l'odeur qui devient de plus en plus forte jusqu'à un cul de sac. Sauf que l'odeur est quand même super forte, donc conclusion : ça vient pile de l'autre côté du mur. Et il doit un avoir un passage pour que ça sente aussi fort, genre un petit courant d'air qui peut passer par là. Le dresseur hésite quelques instants, puis, dirigé par son estomac, il décide de se manifester même si ce n'est pas prudent avec les hypothétiques gardes en train de le courser. Il prend donc son triangle qui est bien là, dans sa poche (magie pouf pouf), et tape frénétiquement avec pour produire de multiples sons.

DLING DLING DLING DLING DLING BRAOUUUUUUUUUUUM !!
Quelques débrits plus tard, Raven réalise ce qu'il s'est passé : le bruit de son triangle a finit par faire exploser le mur. Normal. Non, non, pas normal du tout, mais c'est la seule explication logique au trou qu'il y a actuellement dans le mur. Sur les fesses et complètement abasourdi, Raven constate que de l'autre côté il y a Akichi et que ce dernier est accompagné d'une... D'une fraise géante qui ressemble étrangement à un Méganium. Mais tout ce qui l'intéresse pour le moment étant son estomac, il se relève bien vite et marche vite vers son ami :

« Kiki ! Kiki ! Donne moi quelque chose à manger ! Des fraises ! J'ai senti des fraises, plein de fraises, depuis plusieurs couloirs ! Et le mur... J'ai pas fait exprès, c'est pas ma faute, c'est le triangle, regarde ! » Pour illustrer ses dires, il recommence à agiter son triangle face à autre mur. Nouvelle explosion. Grande ouverture sur le dehors, sur du vide. Nevar se sent très con, et il peut. Très gêné, il se retourne vers son compagnon et le pokémon pour essayer maladroitement de se justifier : « Non mais... Comme ça se sera plus facile s'ils veulent faire un blacon ! » Pire justification du monde, mais passons.

Les bruits de pas qu'il a entendu dans les escaliers plus tôt se font entendre à nouveau, de plus en plus fort encore. « Il vaudrait mieux ne pas rester ici ! » Il commence à examiner le trou qu'il vient de faire dans le mur avant qu'une idée folle, mais lumineuse, lui vienne en tête. Il se retourne vers Akichi et lui annonce, plein de conviction : « J'ai une idée géniale ! Tu vas t'accrocher à moi, et Méganium aussi pour qu'il me donne à manger après, et on va sauter par là ! C'est haut, mais tu te rappelles mes couettes ? Je suis sensé les utiliser pour te protéger donc comme tu seras en danger de mort elles vont se remettre à tournicoter et ça fera hélicoptère on pourra s'enfuir ! » Si quelqu'un à une autre idée, meilleure, qu'il se manifeste. Cela paraît complètement fou, mais le dresseur est persuadé que cela va marcher..

« Ils sont là ! En avant ! Capturez-les ! Je les veut vivants ! » Oh non... Rondoudou et ses soldats arrivent. Ils ne pourront pas les rater avec les gravats dans tous les sens et le boucan provoqué par Raven. Ni une ni deux, l'écuyer réagit : il doit sauver la vie de son chevalier. Aidé d'une force supérieure aux habitudes dans cette tâche, il parvient à soulever Akichi, le pokémon et un petit pot de salade de fruits qui traînait là avant de se jeter dans le vide.

Au début, il panique. En effet, ses couettes ne semblent pas s'activer. Mais au bout de plusieurs mètres de chutes libres, alors qu'il se dit que si ça se trouve il vient de signer l'arrêt de mort de tout le monde, ses cheveux se réveillent et en avant l'hélicoptère... … « Kiki, tu sais d'où vient cette musique ? »

Mais il n'a pas le temps de se poser la question bien plus longtemps car, au détour d'une tour du château, il voit apparaître le poisson géant. Il vole dans le ciel, comme tout à l'heure, et revêt toujours sa robe ridicule à fleurs provoquée par les castagnettes du troubadour. Avant que ce dernier n'ait le temps de se demander comment changer de direction avec ses couettes, la créature monstrueuse ouvre la bouche et les avale...



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Eleveur Kantô

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Dim 28 Sep - 17:31
Une fraise géante. Je restai perplexe, figé, pendant au moins plusieurs secondes (je dirais au moins quatre, mais durant cet instant de stupéfaction, je dois bien admettre que je ne les comptai pas). J'avais ouvert cette porte marquée « cuisines », m'attendant à y trouver – c'était tout de même légitime – des cuisiniers, des êtres humains, des créatures un petit peu moins humaines, peut-être, comme l'avaient été les gardes qui accompagnaient le Roudoudou, mais c'était seulement leur armure et leur casque qui masquait leur peau et leurs traits alors qu'ils étaient probablement humains malgré tout, possiblement des Pokémon, il y en avait dans les parages, après tout... Et je me retrouvais face à une fraise géante, montée sur quatre pattes, garnie d'une collerette de feuilles, exactement comme un croisement entre un gros animal et le fruit délicieux. Qui plus est, elle me souriait... Ah oui, parce qu'elle avait une bouche et des yeux, aussi. Elle bougea, donc en fait, c'était une fraise vivante, en tout cas plus vivante que celles que l'on cueille puis que l'on met sur les gâteaux. Je songeai que l'on pourrait faire d'énormes et délicieux fraisiers, avec elle... Finalement, c'était bien normal que je la trouve en entrant dans les cuisines. Elle dégageait une délicieuse odeur de fruit, très sucrée. Mais je sursautai quand, quoique souriant toujours amicalement (parce qu'elle n'avait pas l'air étrange qu'ont les gens inamicaux, comme Roudoudou aujourd'hui, quand ils sourient), elle me dit :

- Vous êtes dans un lieu interdit au public ici, vous le savez ? Et la politesse, quand on demande quelque chose, c'est de dire "s'il vous plaît !
- Aah !

Oui, parce qu'elle parlait.

J'inspirai profondément. Expirait. Inspirait. J'avais sursauté, mais c'était de surprise ! Je n'avais déjà pas l'habitude de voir des fraises géantes, mais alors des fraises qui parlent... Eh bien, on ne peut pas être habitué à tout, au contraire. Si le monde ne comptait plus rien d'inhabituel, alors il serait complètement ennuyeux. C'est vraiment merveilleux de s'étonner, c'est ce qui fait l'intérêt de la vie : c'est excitant de croiser des choses extraordinaires. Et il y a beaucoup de choses extraordinaires dans le monde : ceux qui disent le contraire ne savent pas regarder ! Voilà encore un être qui parlait alors que je ne m'y attendais pas, en tout cas. Cécilia parlait, par exemple, mais cela, je le savais déjà ; par contre, quand il s'agissait de nourriture, j'étais toujours surpris. Il y avait eu le gâteaux aux plantes de Quentin, par exemple, puis les œufs de Kakéru et Komaki, et maintenant cette fraise... En plus, elle parlait notre langue.

- Vous êtes bien la première fraise que je croise qui me parle ! m'exclamai-je. Êtes-vous d'une espèce rare ? Ah, vous ne poussez peut-être que dans ces contrées ? Elles m'ont l'air assez étranges, la végétation dehors avait déjà des couleurs auxquelles je n'avais jamais été confronté chez des plantes auparavant...
- Plutôt qu'une fraise, je préfère qu'on m'appelle Méganium, à vrai dire, dit la fraise géante d'une voix toujours fort sympathique : un peu haute et aiguë mais masculine, comme celle d'un adolescent qui n'aurait pas mué, souriant encore, penchant, pour cette phrase, légèrement la tête sur le côté.
- Et en plus, vous êtes d'une taille incroyable ! Pour une fraise, je veux dire ! Vous êtes quand même... presque plus petite, en fait, que moi. Et quelle couleur ! Allez-vous servir de dessert ?

La fraie géante ne me répondit pas, cette fois, se contentant de me fixer tout comme je le faisais moi. Mais au bout d'un instant, je réalisai l'autre possibilité qui devait être la bonne puisqu'elle n'avait pas validé la première (encore que son silence pouvait tout à fait passer pour un oui), et j'éclatai de rire. « Oh ! Peut-être travaillez-vous ici ? me repris-je. J'ai cru comprendre qu'il y avait dans ce château des poissons à des postes importants, c'est très étrange... Mais puisque vous parlez... J'aime beaucoup votre couleur. Tenez, voudriez-vous venir avec moi jusqu'à mon salon de couture ? Je suis styliste et j'aimerais beaucoup créer une tenue inspirée de votre apparence. Je suis certain que vous plairiez aussi à mon assistante... Je m'appelle Akichi Sôma. » Je ne cherchai pas à tendre la carte de la boutique à la fraise, ç'aurait été absurde, on ne donne pas de carte de visite à des fraises même quand elles parlent, et de toute façon, je n'en avais pas sur moi. Je m'en rendis compte à peu près en même temps que je me souvenais que j'étais encore dans cette affreuse tunique de jute, pas que je l'avais oublié, bien sûr, mais c'est le genre de choses que l'on cherche aisément à retrancher au fin fond de son esprit pour penser à des choses plus joyeuses, comme à son métier de styliste ; du même coup, je me souviens que j'étais dans les cuisines d'un château qui m'était inconnu avant aujourd'hui. Et...

- Excusez-moi, je suis cuisinier ici. Mais vous ne seriez pas un des intrus qui se sont introduits dans le château ?
- Je ne suis pas un intrus, dis-je. Je suis... Les mots prononcés par le ciel au début de notre aventure, ainsi que la brusque montée d'adrénaline qui m'avait pris quelques instants auparavant, me revinrent en tête. Je suis un chevalier !
- C'est ce que je pensais. Votre ami est en train de parler avec le Narrateur, mais il ne va pas tarder à arriver. J'ai préparé de la salade de fruits pour vous.
- Mon ami... Ah !

Nevar ! Nevar ! Évanoui ! Dans les escaliers ! C'était vrai que je l'avais laissé là, et que j'étais parti lui chercher quelque chose à manger, parce qu'il avait avalé des poireaux et n'aimait pas ça ! Je regardais le saladier de salade de fruits que l'animal-fraisier me désignait de la tête. C'était lui qui l'avait préparé ? Mais il se déplaçait sur quatre pattes et n'en avait que quatre, d'ailleurs, de ce que je voyais, alors comment aurait-il pu le faire... C'était gentil de sa part, en tout cas. Mais je fronçai les sourcils. « Parler avec le Narrateur ? » « Je crois qu'il a fini. Tenez, vite, prenez ça ! » La fraise géante se précipita (autant qu'elle le pouvait sur ses quatre pattes mais sans courir) jusque vers un portemanteau accroché sur le mur de pierres et auquel pendaient trois vestes blanches, élément contrastant avec le reste de la pièce qui avait tout d'une cuisine un peu ancienne. Elle m'en décrocha une, qu'elle me tendit, et je l'enfilai vivement. C'était déjà bien mieux que de laisser voir au monde cette tunique de jute que je m'étais retrouvé porter, mais...

- Dommage qu'elle ne soit pas rouge d'Andrinople. À peine eus-je prononcé cette remarque que je me demandai un peu pourquoi je l'avais dite, après tout, il y avait d'autres couleurs que j'aimais beaucoup, comme le bleu lilas, ou le doré, ou le mauve, et pleins d'autres encore, tout était mieux que le marron des tuniques ou que le blanc médical et triste de ces vestes, en tout cas ; mais l'auto-proclamé fruit-cuisinier me répondit :
- Notre roi Philibert-Rodriguez III n'a pas voulu. Mais vous pouvez remarquer que le col est de couleur fraise, juste là.
- C'est du rouge d'Andrinople, dis-je.
- Non, c'est couleur fraise !
- Rouge d'Andrinople !

À cet instant, le mur juste à côté de nous... explosa. Et à sa place, debout au milieu des ruines toutes neuves, apparut un Nevar en robe à fleurs qui tenait un délicat petit triangle en métal accompagné d'une baguette entre ses mains – un instrument de musique, je le sais parce que j'en ai déjà vu. Il s'élança vers moi et me demanda des fraises.

- Des fraises ? Ça tombe bien, j'en ai rencontré une !
- Je vous ai préparé de la salade de fruits, dit la fraise.

Nevar me dit que ce n'était pas lui qui avait cassé le mur mais le triangle, ce que je trouvai très étrange car s'il me semblait possible de briser, par exemple, des verres de cristal grâce à des sons aigus comme je l'avais vu dans des films, cela me paraissait plus douteux pour un mur, ou alors il aurait fallu un son très grave et très puissant, comme celui d'un canon, qu'un simple petit triangle ne me semblait pas pouvoir produire ; mais Nevar le fit tinter devant moi, et un autre des murs de la cuisine explosa. Plus simple pour faire un balcon... Je fronçai les sourcils, intéressé. « C'est vrai que ce n'est pas mal ! Mais ça fait plein de poussière. Tu crois que tu peux aussi reconstruire de nouveaux murs, avec ? Pour quand tu viendras chez moi... » Mais nous ne pûmes malheureusement poursuivre la conversation, car alors, de bruyants sons de course se firent entendre depuis le couloir... Les gardes. Nevar s'exclama que la fraise et moi allions nous accrocher à lui, qu'il sauterait dans le vide et qu'il pourrait voler avec ses couettes. Quoi ? J'aurais refusé cette illumination une fois, deux fois, dix fois. Mais il ne me laissa même pas le temps de le lui dire, cet impertinent : il m'attrapa tout comme je l'avais moi-même attrapé, un peu avant, lorsqu'il était évanoui, se saisit aussi de la fraise et de la salade de fruits, et sauta... Dans le vide.
Je hurlai. Longtemps.
Mais bon, c'était de surprise, bien sûr.



Le sol. Dur. Sous mes pieds. Le sol était dur, et... En fait, non. Non, non, il n'était pas dur. Il était changeant, glissant, instable, et en fait il... il n'y avait pas de sol. Je poussai une exclamation lorsque mon bras s'enfonça plus bas que mon corps alors que j'essayais de me redresser, et lorsque je m'en extirpai, ce fut mon autre flanc qui s'enfonça. Je poussai une exclamation en tentant de m'asseoir, mais tout ce à quoi je parvins, ce fut à m'immobiliser d'une manière à peu près équilibrée, mais en partie enfoui sous une dizaine de petites sphères colorées.
Nous avions atterri dans une piscine à boules.

Ce qui s'était passé ? Tomber. Voler. Le vent. Le vide. Crier... Je fus secoué d'un haut-le-cœur rien qu'au souvenir de ce que nous venions de vivre, et je fermai les paupières en essayant de le réprimer. Beuh. Le vide... Les couettes de Nevar s'étaient mises ensuite à... Mais non, je n'étais même pas sûr que ce soit ça qui se fut passé. C'était beaucoup trop étrange. Les couettes de Nevar, nous permettre de voler ! Et puis, nous avions foncé droit vers le poisson aperçu tout à l'heure, je crois, car j'avais entrouvert mes paupières un instant, juste pour le voir devenir énorme face à nous, la bouche ouverte, puis le vent avait cessé, je m'étais senti tomber sur du sol, et après un certain temps... J'avais ouvert les yeux. Piscine à boules.
J'inspirai profondément. Nevar se trouvait devant moi, lui aussi à moitié noyé dans les boules en plastique. À un autre moment, j'aurais sans doute bougé dans tous les sens pour m'en extraire, ce qui n'aurait fait que m'y enfoncer plus, comme j'y songeais en constatant que c'était ce qui s'était passé lorsque j'avais bougé quelques secondes auparavant, mais pour l'instant, tout ce que je voulais faire, c'était rester figé. Ne plus bouger le moins du monde. Rester là, dans ce petit espace où l'on ne voyait ni le ciel, ni le vide, et respirer. Je dévisageai Nevar et secouai lentement la tête de droite à gauche à son adresse, mais je ne parvenais à articuler aucun mot. Il y avait la fraise, aussi, et puis le bol de salade de fruits qui, par miracle, semblait encore en contenir tout autant qu'il en avait contenu avant la chute depuis le château. Je parcourus des yeux l'espace autour de nous : nous étions dans un petit lieu sombre aux murs nus. À ma gauche, il y avait des rideaux noirs masquant probablement l'ouverture par laquelle nous étions passés pour arriver ici, car le tissu semblait flotter même si je ne sentais pas le vent le traverser ; les autres murs paraissaient nus, encore que ce ne fut pas facile à dire dans la semi-obscurité ambiante. D'après de la lumière en fente qui semblait former un carré, il semblait y avoir une trappe au-dessus de nos têtes. Je me re-concentrai sur Nevar. Pendant tout ce temps, je n'avais bougé que ma tête, et je ne me sentais même plus la force de lui crier dessus, de m'exclamer que nous ne savions encore pas où nous étions tomber, de m'énerver contre ses idées merveilleuses telles que « sautons par le balcon que je viens de créer », merveilleuses parce que je me demandais vraiment comment pouvaient-elles lui arriver en tête, ni rien de tout cela. Nous étions dans le poisson ? Dans une piscine à boules... Fixant Nevar, je me contentai de lui parler calmement.

- J'aimerais savoir ce que nous faisons ici, dis-je. Puisque c'était lui qui nous avait amenés là. Et donne-moi les chouchous qui tiennent tes couettes, ajoutai-je après une seconde. Je suis le chevalier, c'est un ordre. Je n'ai plus envie de voler. En plus, ils sont rouge d'Andrinople.
- Couleur fraise, interrompit la fraise géante.

En écoutant attentivement, il me semblait percevoir un son de bulles, venant certainement de la pièce d'à côté puisque je ne voyais pas de bulles dans cet espace-ci hormis celles en plastique dans lesquelles nous étions plongés. À un autre moment, j'aurais peut-être trouvé étrange d'entendre ce son dans ces conditions, mais en cet instant, cela ne me surprit pas du tout, parce que le son en lui-même n'avait absolument rien d'étrange. Tant qu'il venait de bulles, bien sûr. Après, il se pouvait aussi qu'il s'agisse d'un son de bulles qui ne venait pas de bulles, et là, cela aurait eu quelque chose d'étrange. Mais pour le moment, tout ce que nous entendions, c'était des bulles. Et je n'allais pas m'étonner là-dessus.



~ abl pension ~ solo ~ duo ~ duo ~ trio ~ duo pension ~ duo pension ~ merveilleuses aventures ! ~
(signa Elisa - DC Ada Freimann & Kestrel Manori)
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Dresseur Unys

C-GEAR
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Ven 21 Nov - 14:15
Raven ne sait pas trop ce qu'il s'est passé après qu'il ait sauté et qu'il ait vu la bouche du poisson géant les engloutir. Il ne sait même plus à quoi il pouvait bien penser lorsqu'il a décidé que c'était une bonne idée de se diriger dans cette direction. Quoique, il lui semble que se soit le vent qui l'ait emmené ici, donc il ne peut pas vraiment se blâmer. L'essentiel c'est qu'ils ont échappé aux gardes et, dans un sens, ils ont fait une grande avancée car il sont désormais au sein même du roi qu'ils doivent apparemment empêcher de nuire. Il ne sait pas d'où il tient la certitude que ce poisson géant est mauvais et qu'ils ont pour mission de l'éliminer, mais s'il retient des gens enfermés dans une cage dans sa bouche, c'est qu'il a forcément des choses à se reprocher et Nevar l'écuyer troubadour a bien décidé de mettre tout ça au clair en compagnie de Kiki le chevalier. Mais pour le moment, il s'agit surtout de savoir où ils se sont retrouvés.

Car en effet, Raven, bien qu'il soit scientifique et soit sensé étudier la faune, n'a jamais fait l'expérience de se trouver à l'intérieur d'un poisson pour voir ce qu'il s'y passe et comment c'est fait. Ainsi il est très surpris d'y trouver une piscine à boule, mais dans le même temps, comme il ne savait pas ce qu'il allait trouver, tout était possible, donc cela a un côté plausible. Il ne s'est d'ailleurs jamais demandé comment est-ce qu'on faisait les piscines à boules alors c'est peut-être possible que se soit produit à partir de ce qu'il se passe à l'intérieur des plus gros poissons. Qui sait ? Pas lui en tout cas, alors il décide de trouver cela à peu prêt plausible. Et puis c'est quand même un roi poisson magique alors voilà. Il a d'ailleurs essayé de gigoter un peu et, comme il n'a jamais fait l'expérience d'une piscine à boule non plus, il ne savait pas que cela allait l'enfoncer complètement. Ainsi il n'y a plus que sa tête qui émerge au dessus du flot. Il tourne la tête à droite et à gauche en essayant d'apercevoir Akichi pour se donner un point de repère. Il voit effectivement son ami, mais aussi le pokémon qui ressemble à une fraise et le sacro-saint bol de salade de fruit. Il remarque aussi à cet instant qu'il a toujours en main le triangle et décide de ne le lâcher sous aucun prétexte car cela lui paraît être une arme plutôt puissante. D'ailleurs, comme il est un peu loin de ses compagnons et du saladier, il suppose qu'il pourrait provoquer une explosion un peu en dessous de lui pour se retrouver projeté au dessus des boules et ne plus être dans cette situation délicate. Seulement il ne voit pas non plus ce que cela pourrait lui apporter parce que, au final, il recommencerait à bouger et à s'enfoncer. Ce qui l'amènera à refaire encore une explosion et ainsi de suite jusqu'à ce que le poisson se doute de quelque chose à force d'avoir on ne sait quelle partie de son corps qui explose. Et puis vu que c'est lui qui a envoyé les gardes en rouge, il ne doit pas trop trop les aimer lui et Akichi. Donc la discrétion est de mise pour le moment et Raven va essayer de s'y tenir même si, vu comme il est naturellement, ça risque d'être difficile.

La voix d'Akichi s'élève, il se demande ce qu'ils font ici et ordonne au scientifique de lui donner les chouchous de ses couettes sous prétexte qu'il n'aime pas voler. Seulement l'homme en robe refuse tout net, elles sont primordiales pour lui. « Ah non ! Hors de question ! Ca nous a sauvé la vie tout à l'heure de voler, puis je ne peux voler que pour pouvoir mieux te servir, tu te souviens ?... Puis j'aimerais pas du tout avoir les cheveux aussi longs libres, je vais les avoir tout le temps en travers de la figure et ils vont s'emmêler partout je pourrais rien faire ! » Il sait qu'il n'est pas sensé contredire les bons vouloir de son ami comme c'est un chevalier et qu'il est sensé le diriger, donc il y a peut-être un truc pas chouette qui va lui arriver à la suite de ce refus, mais il est prêt à assumer. Il a déjà horreur lorsque ses cheveux habituels ne sont pas attachés lorsqu'ils sont un peu trop longs, bien que paradoxalement il n'aime pas les cheveux courts, alors les avoir potentiellement dans la bouche, non. Non, non et non.

« Et Kiki je crois qu'on a une mission à accomplir ici ! Tu te souviens qu'on a vu dans ce poisson des gens prisonniers, juste dans sa bouche ? Il faut sûrement qu'on aille les sauver, après tout tu es un chevalier ! Et puis s'il a envoyé des gardes à nos trousses et tout le tintouin, c'est bien parce qu'il a quelque chose à se reprocher et qu'on a une mission, tu penses pas ? »

Ne sachant trop que faire, Raven se dit qu'il ferait bien de se rapprocher de la salade de fruit pour tenter d'en manger un peu. Après tout elle est là pour ça s'il a bien tout compris. Il se demande cependant comment il va s'en sortir là au milieu. Il se dit que nager serait peut-être une solution, mais il n'a jamais appris à le faire alors c'est handicapant. Il se souvient cependant qu'un jour au cours de son aventure il est tombé à l'eau et a réussi à s'en sortir en imitant un petit Medhyena dans l'eau. C'était pas ce qu'il y avait de plus rapide, mais c'était toujours ça. Il se met donc à battre frénétiquement des jambes et des bras un peu n'importe comment pour se rapprocher lentement du bol de salade de fruit. Une fois qu'il l'a atteint, ce qui lui prend bien une minute, il demande : « Quelqu'un a une cuillère ? », parce qu'il ne sera vraiment pas pratique et peu hygiénique de manger avec les doigts ; surtout avec tout ce qu'ils ont fait et en considérant que, peut-être, Akichi et Méganium auront envie d'en avoir également. Il faudrait qu'ils se trouvent une table, mais ce n'est pas vraiment le moment.

Seulement, c'est à ce moment là que l'espace où il se trouve de met à trembler, vraiment très fort. Raven s'agrippe au bol de salade de fruit en espérant qu'il l'empêchera de couler dans les boules, ce qui est particulièrement stupide, mais il est possible de lui pardonner puisqu'il se trouve en dans un état de panique. Il remarque les boules commencent à toutes aller dans une direction, vers ce qui lui semble être le fond, ou une pièce adjacente, quelque chose comme ça. Il n'a pas vraiment pris la peine de détailler son environnement. Bientôt il se retrouve à rouler aussi et, en regardant au dessus de lui, grâce à une faible lumière, il réussit peut-être à comprendre ce qui est en train de se passer. Il s'exclame à l'attention d'Akichi et Méganium : « Sa langue ! On est sur sa langue et il est en train de la soulever ! On va être emportés vers le fond de sa gorge ! Accroche-toi Kiki ! » A quoi, il n'en sait rien, mais qu'il s'accroche s'il le peut.

Bientôt ils se font emporter comme l'a prédit Raven et se heurtent à une porte en bois, style américaine à l'époque des cow-boy, qui s'ouvre immédiatement pour les laisser passer et ils se retrouvent dans un salle tout rose pale. Ils arrivent au sol, accompagnés de quelques boules de toutes les couleurs, mais cela n'est pas douloureux. L'espace est plutôt mou alors cela amorti leur chute. Il est aussi très lumineux et les yeux du scientifique ont du mal à s'adapter, il se retrouve donc ébloui et n'arrive pas à comprendre ce qu'il se passe autour de lui dans les premiers instants. Lorsque ses yeux parviennent à s'adapter, il lui semble voir une multitude d'arc-en-ciel autour de lui. Quelques secondes encore et il constate que c'est en fait des reflets créés par des bulles qui se baladent tout atour de lui. C'est peut-être étrange de dire que des bulles de promènent, mais c'est vraiment l'impression que cela lui donne, comme si elle étaient vivantes. Cette impression se confirme lorsque l'une d'entre elle se met à lui parler.

« Bonjour à vous, vous être venus nous bluber compagnie ? Quelle joie de pouvoir bluber avec vous !, elles se mettent à tournicoter autour de leurs têtes, parlant toutes en même temps. Vous êtes blubés dans le roi vous aussi ? Est-ce que le roi vous blub ? Vous bluberez avec nous pour toujours... »

Raven ne comprend pas vraiment ce qu'elles racontent, mais il trouve que cela a quelque chose d'inquiétant. Il tourne la tête vers Akichi, en espérant que son ami sera de plus de ressources que lui dans cette situation.



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Eleveur Kantô

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Dim 7 Déc - 21:18
Je devais être un peu lassé, oui, de tous ces événements loufoques qui nous étaient arrivés et nous arrivaient encore – parce que tomber dans la bouche d'un poisson géant alors que l'on vole dans les airs à l'aide des couettes de son meilleur ami, et se retrouver ensuite à nager dans une piscine à boules avec une créature fraisière, tout cela sans avoir renversé le petit bol de salade de fruits, me semblait être un très bon essai d'exemplification du mot "loufoque", et même l'exemple officiel – lassé parce que je n'avais même pas envie de crier sur Nevar après cette dernière sublime action de j'ai-décidé-de-devenir-maçon-donc-trou-dans-le-mur-et-sautons-dans-le-vide. Un maçon croisé avec un hélicoptère, d'ailleurs, au vu de la manière dont avaient réagi ses couettes. Mais à quoi bon crier encore ? Non, je n'étais pas fatigué, mais c'était seulement que cette piscine à boules ne me semblait pas être l'endroit idéal pour m'énerver contre lui, voilà tout. Et j'avais aussi parfaitement confiance en mon autorité naturelle, d'autant plus que tous les êtres que nous avions rencontrés ici semblaient convaincus que j'étais un chevalier et qu'il devait m'obéir : bref, je n'imaginais pas qu'il puisse refuser ce que je lui demandais.
Et pourtant, il refusa. Refusa. Je lui avais simplement demandé ses chouchous, rouge d'Andrinople, qui plus est ! Et sa réponse fusa, me laissant béat – parce que je vous assure qu'elle aurait laissé béat n'importe qui. Et, puisque je n'étais pas n'importe qui, surtout moi.

Mais... Mais tu n'as pas à me parler comme ça ! Et je n'ai aucune envie que tu voles de nouveau, figures-toi que tu ne me sers pas du tout en faisant cela ! Peut-être était-ce le fait d'être de nouveau assis sur une matière, certes peu stable, mais au moins une matière que nous ne risquions pas de traverser à tout nouveau pour tomber dans le vide, et ce sans être poursuivi par des gardes ou d'autres Roudoudou-bonbons ronds, qui m'avait enfin rendu mon assurance, je ne savais pas, mais ce qu'il disait était réellement stupéfiant. D'ailleurs, j'étais bien plus digne que lui de porter cette couleur ! Je faillis ajouter cette remarque, mais je me retins subitement. Peut-être que cela ne lui plairait pas, même si c'était la vérité... Et je n'avais pas très envie que nous nous disputions enco... Mais il y avait beaucoup d'autres choses à dire de toute manière. C'est pourtant superbe, les cheveux longs ! ...Encore que les tiens m'ont l'air épais, c'est vrai que ça ne t'irait peut-être pas.

Je conclus, malgré tout, en accompagnant ma dernière phrase d'une petite moue : certes, j'avais réprimé ma remarque au sujet de la couleur, mais il fallait tout de même bien lui faire sentir qu'il était vraiment impertinent d'avoir réagi ainsi à ce que je lui disais. Mais il poursuivait avec son histoire de mission, m'empêchant de serrer longtemps les lèvres (non, ce n'était pas bouder, c'était faire la moue, oui, mais c'était avec beaucoup de raisons, donc ce n'était pas bouder) : des gens prisonniers, oui, c'était vrai ! Et il y avait la prophétie... Ce que signifiaient ses paroles me frappa soudain, lorsqu'il décréta que nous étions dans un poisson.
« Tu crois que nous sommes dans ce poisson ?! » Dégoûté, j'eus un brusque mouvement de recul, ce qui valut à un flot de boules de plastique de déferler autour de moi, et moi de sombrer un peu plus dans le mouvement. Je me remis à bouger pour tenter de m'en extirper, puis m'immobilisai de nouveau, l'expérience ayant montré que cela empêchait au moins la situation de s'aggraver. Dans le poisson ! Nevar s'était, comme moi, agité, et en le voyant nager littéralement dans la masse de boules en s'y noyant encore plus que moi, je me mis à rire, amusé. Et pourtant, oui, c'était bel et bien cela... Nous étions dans le poisson : j'avais à peine eu le temps de le voir avant que nous ne tombions dedans, mais il ressemblait bien à celui que nous avions aperçu dans les airs. Heureusement, cela paraissait être un poisson de bois ou de métal, non d'écailles et d'arêtes ! Ou de peau, ou de... les choses gluantes dont sont constitués les poissons... J'étais un peu soulagé, mais c'était la moindre des choses. Nevar étant parvenu à s'approcher de moi et demandant à présent une cuillère, je portai distraitement ma main à mon flanc, enfoui sous les boules, mais là où aurait dû se trouver mon sac à bandoulière (et donc la petite cuillère qui se trouvait toujours dedans, pour boire le thé bien sûr), je ne tâtai que le tissu blanc du manteau que la fraise géante m'avait indiqué. Je n'avais pas mes affaires, mais c'était toujours mieux que le tissu rêche de ma tunique de jute ! Néanmoins, celle-ci était encore en-dessous, quel désespoir... Sans que je ne sache pourquoi, il me vint à l'esprit que plus vite nous sauverions ceux que nous devions sauver, plus vite je pourrais être enfin habillé décemment.

Et puis, il y eut un tremblement de terre. C'était forcément cela puisque les murs comme ce qui servait de plafond se mit à trembler, et que les murs et plafonds-ou-similis-plafonds tremblent lors des tremblements de terre, et non à d'autres moments ; un tremblement de terre, donc et le sol se mit à bouger. Moi qui espérait un sol stable ! Toutes les boules se mirent à rouler dans un sens, et je pensai qu'elles allaient libérer le plancher, mais au lieu de cela, moi, Nevar et la fraise (moi d'abord, et pourtant je fus celui qui résista le plus longtemps, oui !) nous fîmes emporter nous aussi... Et Nevar décréta que nous étions sur la langue du poisson.
« Comment ? Sa langue ?! » Horrifié, je levai aussitôt mes bras en l'air, ne voulant être plus en contact avec une langue ou quoi que ce fut d'autre de baveux et répugnant, mais ce geste de légitime défense eut pour conséquence de me précipiter encore plus vite contre une porte qui se trouvait là comme par hasard, laquelle porte s'ouvrit, et pourtant je peux affirmer que Nevar n'avait pas touché à son triangle de métal. Mais nous tombâmes alors sur quelque chose de mou, et dans un lieu très lumineux : non pas uniformément blanc, ce que je n'aurais pas du tout apprécié, mais seulement lumineux, et après que mes yeux eurent cligné quelques fois, je m'y habituai et vis que l'environnement avait des teintes de rose, de mauve, de doré, en bref quelque chose de très joli. Il y avait des bulles qui flottaient parmi nous, et qui nous parlèrent. Elles étaient délicieusement nacrées, et s'adressèrent à nous en des termes plutôt blubonnants. Mot que je ne connais pas ! Maintenant oui, toutefois.

Étonnant, n'est-ce pas, Nevar ? lançai-je à mon ami en examinant avec de grands yeux les translucides sphères qui flottaient autour de nous. J'ignorais qu'il était possible de converser avec des bulles... Mais j'étais curieux de le faire : Puisqu'elles vivent dans un si bel endroit, qui contraste à ce point avec ces cachots et pièces sombres que nous avons vécus, elles sont forcément hospitalières ! Je n'avais encore jamais employé l'adjectif « hospitalier » pour qualifier des bulles, mais cela ne me dérangeait pas du tout de commencer à le faire. « Blubés dans le roi ? » répétai-je cependant, perplexe, à la bulle, ou peut-être au groupe de bulles, car elles n'avaient pas de bouche, non, seulement de... de petits yeux, oui, me semblait-il, lorsque j'approchais ma tête ! qui s'étaient adressées à nous. Je ne comprenais pas ces termes. Le roi ne me blub pas du tout, repris-je très sérieusement, car il ne me semblait pas qu'un roi m'ait un jour fait quoi que ce fut mais, en tout cas, je pouvais être certain qu'il ne m'avait jamais blublé ; mais qui est-ce ? Cependant, la suite me fit aussi les sourcils. Bluber pour toujours ?
Ah, non ! Pas pour toujours, veuillez nous excuser, m'exclamai-je alors. J'ignore quelles sont les prévisions de Nevar et de notre amie fraise, mais pour ma part, j'ai des commandes à livrer à Azuria et Lavanville mercredi prochain, et j'ai également hâte de retrouver Miné. Alors je ne pourrais pas m'attard...
Blub ? firent les bulles, me coupant très impoliment la parole. Miné ?
Miné...
Ne pas rester blubler ! Quelle impolitesse !
Miné... Les princesses ?
Les princesses ? répétai-je.

BLUBLUBLUBLUBLUBLUBLUB ! Soudain, un grand vacarme emplit la pièce. « Qu'est-ce qui se passe ? » m'exclamai-je. J'avais l'impression que c'était toutes les bulles qui parlaient en même temps... Mais aussi vite qu'elles avaient commencé, elles se turent ; et c'est alors qu'une grosse bulle, bien plus grosse que les autres, alla flotter entre Nevar et moi, à hauteur de visage. Deux petits points blancs et mobiles, sur sa délicate surface, me donnaient l'impression d'yeux qui me fixaient, l'air... J'allais penser "l'air jovial", mais la voix grinçante qu'elle prit lorsqu'elle dit :

Suivez-moiii...

...Me fit finalement pencher pour : "air sournois". Et la bulle se mit à descendre – se déplacer, mais complètement vers le bas. La suivant des yeux, j'en vins donc à regarder mes pieds : et ce fut pour constater que la surface molle sur laquelle nous nous trouvions était une sorte de... mousse, blanche et percée de trous irréguliers, mais qui semblaient faire la taille exacte des bulles qui flottaient parmi nous : d'ailleurs, certaines en sortaient, dans de petits "ploc", presque à chaque instant. J'ouvris de grands yeux, me tournant vers Nevar.

Ça alors ! Je croyais que c'était les poissons qui créaient les bulles, puisque dans la mer, ce sont eux qui les font, mais en fait, ce sont des mousses comme ça qui les font apparaître ?
Et avant de sortir dans le poisson, comme est-ce qu'elles y apparaissent ? lança la bulle qui nous avait demandé de la suivre et qui descendait toujours, en guise de réponse.

C'était une très bonne remarque. Je restai un instant immobile, songeur, mais elle continuait de descendre et finit par passer dans un des trous de la mousse, tout en continuant de nous répéter de la suivre. J'allais lui demander comment nous étions censés le faire, puisque même ma tête (que je ne voulais de toute façon pas perdre) ne serait pas passée dans ces cavités, quand soudain, le sol déjà mou devint...
Absent.
Ou plutôt, disons qu'il était encore là mais qu'il s'était transformé en une mousse très légère, si bien que Nevar, la fraise et moi passâmes au travers.

Après un cri général (auquel je ne participai que par surprise !), la chute, très brève, fut finie : j'avais à nouveau un sol dur sous mes pieds... Bien dur et bien stable, et non pas spongieux et mou. Quel soulagement ! Mais nous nous trouvions dans une pièce... Comment étions-nous arrivés là ? Et la bulle, devant moi...
Et la vitre. Il y avait une vitre, et derrière, loin de nous et ne regardant pas dans notre direction, alors peut-être qu'elles ne nous voyaient pas, se trouvaient...
Miné. Miné. Et la jeune femme à côté d'elle, je crois, était Katarina – mais je ne la vis qu'à peine. Mes yeux restaient figés sur elle, sur celle, mon assistante, celle que... Miné...

Vous ne voulez pas bluber avec nous pour l'éternité ? fit la grosse voix de la bulle. Mais savez-vous qui sont les blubs ici ? BLUBLUBLUBLUBLUB !

Sa dernière exclamation sonnait comme un énorme rire machiavélique... Alors, les bulles pouvaient rire. Quant à moi, elle ne me fit même pas réagir : j'étais paralysé.



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Dresseur Unys

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Mar 20 Jan - 9:11
Blub, blub. Evidemment. Bien sûr. La signification de ces blubs est absolument évidente. Seulement, comme toutes les choses un peu évidentes de ce monde, l'esprit de Raven n'est pas taillé pour les comprendre tout de suite. Il lui faut un certain temps d'adaptation et, pour une raison ou une autre, il sent que face à ces bulles, il ne pourra pas en bénéficier, ce qui est facheux. Parce que, tout de même, il s'agit là de ses principaux interlocuteurs dans ce monde un peu loufoque où il est enfermé avec Akichi. Et puis comme elles étaient là avant eux dans la pièce, elle doit bien savoir des choses sur ce qu'il se passer et la manière dont ils peuvent battre le vilain poisson qui a enlevé des gens. Enlevés car il doute que qui que se soit vive volontairement dans une cage au beau milieu de la bouche d'un poisson. Ou de n'importe quel autre endroit de son corps vu qu'apparemment elles ont bougé depuis tout à l'heure. Sûrement qu'il les a avalées et qu'elles sont donc quelque part plus loin dans son corps. Enfin bref, il est bien décidé à les retrouver et forcer Kiki à accomplir sa mission de chevalier en les retrouvant. Et l'incompréhension face à ces bulles se trouve donc être un obstacle de taille dont seul le véritable héros de cette histoire pourra les sortir. C'est donc tout naturellement qu'il tourne la tête vers son partenaire aux cheveux blanc, dans l'espoir que ce dernier soit capable de communiquer avec les autochtones. Bien qu'elles ne soient pas rouge antilope.

Raven se dit que c'est une excellente déduction lorsque son compagnon lui dit que, comme cet endroit est joli et que les bulles sont jolies, elles sont forcément hospitalières. Lui qui n'a quasiment que des notions enfantines, au point de conclure presque immédiatement que, quiconque fronce les sourcils est méchant, ne peut pas contredire cette conclusion. En attendant que Akichi ne tire d'autres informations du lieu ou du discours des bulles, l'écuyer prend le temps de regarder plus précisément ce qu'il y a autour de lui et se dit que, quand même, c'est vachement joli. Dire qu'il y a quelques dizaines de minutes à peine il était enfermé dans un cachot en train de mourir parce qu'on lui avait fait manger des poireaux... Mais d'ailleurs, n'est-il pas enfermé ici aussi ? Il est sur le point de paniquer lorsque son regard de porte vers la porte par laquelle ils sont entrés. Elle est en hauteur, certes, mais ce n'est rien d'inatteignable. Ils pourront ressortir s'ils en ont envie.

L'attention du scientifique en mousse se reporte sur la conversation qu'il aurait du continuer à suivre dès le départ lorsque l'idée de rester pour toujours est évoquée à nouveau. Il sent qu'il doit donner son avis, parce que, lui non plus, n'a pas l'intention de rester ici à tout jamais. « Vous êtes toutes mignonnes, mais faut que je retrouve ma femme. » Parce que c'est bien ce qui est plus important que tout dans sa vie. Kiki, pour sa part, se lance dans une longue énumération de tout ce qu'il devra faire lorsqu'il sera sorti d'ici. Raven pourrait le faire aussi, mais il n'est pas motivé pour le moment et puis il ne veut pas couper la parole au coordinateur une nouvelle fois. Il a compris que ce dernier n'aime pas du tout ça et il ne voudrait pas l'énerver encore. Il est super pénible quand il est énervé alors autant éviter cette situation.

Mauvais point pour les bulles qu'elles le fassent à leur tour alors. Mais du coup le fait qu'elles osent une action aussi téméraire attire complètement l'attention de Raven qui ne rate pas un morceau de la conversation qui suit, même si elle n'est pas très riche, il faut l'avouer. Cependant, un détail attire son attention : Miné. Et les princesses aussi. S'il se souvient bien, c'est le nom de la petite amie de Kiki. Elle est présente elle aussi ? Mais avant qu'il puisse poser des questions, un grand vacarme se fait entendre et une énorme bulle vient leur adresser la parole. Elle leur demande de la suivre, mais la suivre où ? Le scientifique n'en a aucune idée et il doit bien avouer que cela lui fait un peu peur, quand même. Akichi se met à lui parler de bulles. « Je sais aussi que c'est les poissons qui dont les bulles, mais pas que. Et comme je connais pas tout, bah c'est sûrement logique qu'elles puissent sortir du sol comme ça. Faudra se renseigner quand on sera sorti d'ici. »

Il se met à réfléchir pour savoir s'il a déjà entendu parler de ce genre de choses, vu qu'ils s'est vaguement intéressé à pas mal de choses dans sa vie, même si de manière superficielle. Seulement il ne trouve rien avant de se retrouver à tomber dans une nouvelle salle. Ca le surprend donc il pousse un cri assorti à sa jupe. Ils se retrouvent désormais dans une salle plus neutre et bien moins bizarre. Moins remplie de bulles, même si la géante est toujours avec eux. Cependant, son attention ne se porte pas sur ces deux éléments. Je vois qu'il y a une vitre dans cette pièce avec nous, et derrière cette vitre, il y a moi. Et une autre femme, mais il s'en fiche complètement de cette femme. Tout ce qu'il voit c'est qu'il y a moi qui suis là et que je ne lui suis pas accessible parce que je suis derrière une vitre. Et parce que je ne le regarde pas, que je ne le vois pas. « Katarina ! » Il ne peut pas s'en empêcher. Mais je ne l'entends pas.

La bulle se remet à parler. Elle sous-entend qu'elle veut nous garder ici pour toujours, mais Raven ne l'entends pas de cette oreille. Il ne supportera plus jamais d'être enfermé. Il ne se laissera plus jamais enfermé, et surtout pas par cette bulle. Etant tombé lors de la chute juste avant d'une salle à l'autre, il se relève et se dresse entre la bulle et Akichi.

« Je refuse de me faire enfermer ici par une bulle de savon ! Tu blub peut-être, mais moi je suis capable de te faire exploser ! »

Dans un geste magistral et conquérant, il empoigne le bâton associé à son triangle pour le pointer en direction de la bulle. Si un doigt doit normalement être capable de percer une bulle de savon pour la faire exploser, il n'y a aucune raison pour que son bâton n'y arrive pas. Sauf que, justement, Raven aurait aussi du se douter que dans ce monde étrange, les lois élémentaires de la physique qu'il connaît n'ont plus cours et que, par conséquent, sa technique avait de fortes chances de ne pas fonctionner. Et c'est effectivement le cas. Plutôt que d'éclater, la bulle rebondit contre le bâton et se retrouve juste projetée à l'autre bout de la pièce, contre un mur sur lequel elle rebondit également avant de revenir à pleine vitesse sur l'écuyer imprudent. Sauf qu'au lieu de faire contre lui ce qu'elle vient de faire contre le bâton et le mur, elle s'appuie contre lui, épouse sa forme pendant de longues secondes avant de l'absorber complètement. En clair, Raven se retrouve piégé à l'intérieur de la bulle.

« Imblubant ! Vois ce que ton blub a pour conséquences ! », impossible de sortir en l'état. Raven a au début très peur de ne pas pouvoir respirer en se trouvant à l'intérieur d'une telle créature, mais comme il constate bien vite, même s'il ne parvient pas à expliquer pourquoi, qu'il peut quand même, sa panique retombe un peu. Il pose les deux mains sur la paroi savonneuse transparente, juste devant Akichi. Est-ce qu'il peut l'entendre ? Car s'il est certain qu'il peut le voir vu comment son kidnappeur est fait, pas sur que le son puisse le traverser. Mais cela ne coûte rien d'essayer : « Kiki, je vais bien ne t'en fait pas ! Mais si tu pouvais trouver un moyen de me sortir d'ici se serait pas mal parce que j'ai rien pour la percer !, comment être certain qu'il ne parle pas dans le vide... Si tu m'entends, imite le Darumarond en colère ! »

C'est stupide, certes, mais Raven n'a pas le temps de vraiment s'en rendre compte, vu que son attention se reporte vers la vitre à travers laquelle il me voit. En effet, il est en train de s'y passer quelque chose. Des poissons à tailles humaines qui marchent sur leurs nageoires comme s'ils s'agissait de petits pieds et habillés en costume des pieds à la tête sont en train de s'approcher de moi et de celle qu'il suppose être la petite amie de son compagnon. Si cela n'était que ça, cela ne l'aurait pas inquiété outre mesure, mais il s'avère que ces derniers portent également des pistolets. Il ne s'y connaît pas du tout en la matière et ne saurait dire si ces derniers sont en plastiques pour de vrai au vu des couleurs flashy et de l'aspect pistolet à eau qu'ils arborent. Toujours est-il qu'il y a un risque. « Kiki regarde ! Tu... Tu crois qu'ils vont essayer de leur faire du mal ? » Dans le doute, il faut agir ! Mais comment ? Sur le coup, Raven ne trouve rien de mieux à faire que d'essayer de courir à l'intérieur de la bulle pour la faire rouler dans l'air et avancer vers la vitre pour faire il ne sait trop quoi encore, mais il remarque bien vite que sa geôlière fait du sur place. Il se sent comme un Dedenne dans sa roue.

L'horreur n'en est que plus grande lorsqu'il voit l'un des poissons en costume nous plaquer toutes les deux contre un mur tandis que le deuxième pointe vers nous son arme. Se serait des vrais ? C'est plus que Raven ne peut supporter alors qu'il est complètement impuissant. Les dessins animés lui ont appris la force des mots alors il pense qu'il pourra, s'il les provoque, détourner leur attention de nous deux et faire gagner un peu de temps. Il n'a aucune certitude qu'il se fera entendre depuis l'autre côté de la vitre, mais il doit essayer quand même. Le premier truc qui lui vient à l'esprit. N'importe quoi !

« Arrête ! Si tu fais ça je te tu ! Deux fois ! Et comme ça tu finiras en tutu ! »

Je n'aurais jamais cru qu'il complexerait à ce point sur ces histoires de vêtements et de jupes. Ni qu'il serait capable de sortir un truc pareil. On voit que les aventures qu'il vient de vivre ont quand même un effet et une certaine pression sur son esprit. En tout cas, il est actuellement en train de se morfondre dans la honte de ce qui vient d'être produit par sa propre bouche. « C'est pas c'que j'voulais dire.... »

Et c'est ainsi que les poissons, toujours de l'autre côté de la vitre, toujours en train de nous menacer, se retrouvèrent si soudainement affublés d'une garde robe digne de petits rats de l'opéra.



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Eleveur Kantô

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Jeu 5 Fév - 20:39
C'était Miné qui était là. Derrière cette paroi vitrée, sur une sorte de plateforme autour de laquelle, entre des barreaux, il me semblait voir le ciel – encore que je n'en étais pas sûr, c'était du bleu clair, un peu rosâtre, comme le sont les cieux lorsque le soleil commence à descendre et que le soir est proche, mais ce n'est pas parce qu'une petite surface est bleu clair et un peu rose qu'elle est forcément du ciel. D'autant plus que ce ciel, la dernière fois que je l'avais vu, il était plutôt violet, ou, non, grenadine, ou peut-être bariolé de plusieurs de couleurs vives... Je n'en étais plus certain, il avait tant de fois changé de couleur au cours de cette journée que je ne savais pas à quoi m'attendre, mais puisqu'il en était visiblement à faire la fête et à avoir décidé de se déguiser, j'étais presque sceptique quant à qualifier de "ciel" ces quelques fragments de bleu que j'apercevais d'où j'étais. Mais je songeai après coup que c'était quand même une drôle de logique, parce que le ciel est généralement bleu, tout de même... En cet instant, dans tous les cas, je ne pensais ni au ciel, ni aux couleurs, ni à la bizarrerie du monde dans lequel nous nous trouvions – seulement à Miné. Miné qui était là, derrière cette vitre, et qui ne me regardait pas.
Le cri ne me vint pas tout de suite : la surprise me tint d'abord paralysé. Quelques instants après, je m'écriais : « Miné ! Miné ! » Elle ne réagissait pas ; je me précipitai en avant, plaquai mes mains sur la vitre, l'appelai encore sans comprendre pourquoi elle faisait comme si elle ne m'entendait pas. Elle ne m'entendait pas ! À côté de moi, Nevar avait crié lui aussi un nom, Katarina, je ne savais pas pourquoi il criait Katarina, mais oui – il y avait une autre jeune femme à côté de Miné... Je ne la remarquais que maintenant, auparavant j'avais vu sa forme, mais sans réaliser qu'elle était vraiment là tant la vision de Miné m'obnubilait. Ses cheveux étaient assez courts : c'était la demoiselle sympathique qui accompagnait Nevar lorsque je l'avais rencontré à la tour de Lavanville. Qu'avait-il dit tout à l'heure ? Il avait parlé de « ma femme » ? Son... épouse ?Mais j'avais sans doute mal compris, et dans tous les cas, ce n'était pas maintenant que j'allais y réfléchir. La bulle avait éclaté d'un énormément rire diabolique – pas réellement éclaté, en fait, sans quoi j'aurais été vraiment content. Seulement éclaté au sens figuré, comme si c'était sa voix qui le faisait. Sa voix méchante. J'aurais aimé qu'elle éclate comme les bulles devaient le faire, et qu'elle se taise surtout. Car Miné, Miné que toute la journée j'avais imaginée être tranquille chez nous, dans le salon de couture, tenant la boutique en mon absence, cousant ou s'occupant des Pokémon en attendant mon retour... Miné était ici, apparemment enfermée.

Un certain affolement me prit et je le reconnais directement, cette fois, parce qu'absolument personne ne garderait son calme en se trouvant dans la même situation que moi, enfermé dans une pièce avec son amie la plus chère séparé de lui par une vitre, et je me mis à frapper sur ladite vitre avec frénésie en appelant encore Miné. Peut-être faisais-je vraiment trembler la paroi vitrée car à un moment elle tourna vaguement la tête en ma direction, mais cessa ensuite de me regarder ; non, Miné ! Est-ce que ce n'était pas une vitre ordinaire ? Peut-être que l'autre face était opaque, du côté des deux jeunes femmes, peut-être que c'était un miroir pour elles ? J'avais déjà vu cela, une fois. Comment faire pour enlever cette paroi ? Il n'y avait aucune porte ! Derrière moi, Nevar s'était mis à parler avec véhémence et lorsque je me retournai pour voir ce qu'il faisait, je vis son dos en robe rose, ses cheveux bien coiffés et ses bras levés, tendant le bâton et le triangle vers le haut d'un geste grandiose. « Oui ! Tu pourrais faire un balcon dans la vitre ! » m'exclamai-je alors – si l'on réfléchit un instant à ma phrase, et je suis mortifié de l'admettre, mais c'est la vérité, elle était plutôt étrange et, en fait, ne voulait pas dire grand chose (ce n'était pas dans la vitre mais à travers que je voulais qu'il fasse un balcon et j'aurais pu préciser « à l'aide de ton triangle »), mais je n'étais pas de la meilleure humeur pour réfléchir à ce que je disais. De toute façon, Nevar ne m'écouta pas. Tel un rempart entre moi et la bulle, il s'adressait à cette dernière sur un ton plein de colère ; et soudain, il pointa son ballon vers sa ronde et translucide surface, comme pour l'éclater – je ne pus retenir une exclamation victorieuse, car c'était ce que j'espérais. Cependant, elle vint trop tôt : car ce qu'aucun de nous deux n'avait prévu, c'était que la bulle n'explosa pas... Mais elle se mit à rebondir, droit sur le mur en face de nous !

Nevar n'était-il donc même pas capable de faire éclater une bulle ? Je tombais des nues. J'allais lui crier dessus à ce sujet, quand l'énorme bulle revint doit sur lui et... l'engloutit. En moins d'un instant, elle fonça sur celui qui avait été proclamé mon écuyer, dut s'ouvrir pour l'entourer, et recouvra comme si de rien n'était sa surface lisse et brillante tandis que l'homme en robe se trouvait à l'intérieur. La bulle lui cria dessus. Moi, il me semblait que tout ce qui s'était passé était plutôt de sa faute, mais je ne faisais plus vraiment attention à ce qu'elle racontait. « C'est incroyable ! » m'exclamai-je en plaquant mes mains sur la surface de la bulle, m'adressant à Nevar qui, séparé de moi par la diaphane membrane, faisait de même en regardant autour de lui avec de grands yeux. « Tu crois que je peux te rejoindre ? »

Ce n'était pas que j'avais toujours rêvé de me trouver à l'intérieur d'une bulle de savon, mais à présent que je découvrais qu'une telle chose était possible, une folle envie d'y rejoindre mon ami s'était emparée de moi – j'en oubliais presque nos soucis. J'appuyai sur la paroi transparente, m'attendant à ce qu'elle me laisse la traverser moi aussi ou bien, finalement, qu'elle explose, comme le font généralement les bulles qui flottent au-dessus de la mousse dans les bains, mais elle avait l'air incassable : elle se creusait légèrement sous mon contact sans se percer. Sa paroi était à peine savonneuse. Je regardais fixement Nevar, et je vis qu'il se mettait à... parler. Ou plutôt, je crus qu'il se mettait à parler, un instant, car il agitait la bouche dans tous les sens d'un air cocasse ; mais même en fronçant les sourcils et en me concentrant, je n'entendais aucun son prononcé par sa voix. Seulement la bulle qui râlait à présent, s'écriant des paroles du type : « Dites donc, saleté de blub, vous gênez pas ! » Or, on ne peut pas dire que l'on voit des paroles, on les entend, n'est-ce pas ? Et je n'entendais rien. « Dis moi, tu mimes ou tu essaie de parler mais tu es aphone ? » lui demandai-je d'un air soucieux – et je n'eus aucune réponse de sa part. Je m'approchai encore de la paroi bullesque et en vins à plaquer mon oreille tout contre elle. J'entendais des sons, à présent ! Ma... « Marron en bol d'air » ? « Tu veux des marrons ? » demandai-je, perplexe. Il avait surtout l'air d'être en train de s'exciter tout seul. Ma perplexité grandit encore lorsqu'il se mit à courir dans sa bulle, et je commençais à me demander si respirer trop d'air savonneux n'avait pas rendu mon malheureux écuyer fou lorsqu'une expression de terreur atroce déforma ses traits. Non sans lui avoir d'abord demandé ce qui n'allait pas, et n'avoir évidemment reçu aucune réponse, je suivis la direction de son regard désormais fixe. Vers Miné et Katarina, ah oui – toutes les deux, elles étaient encore là... Mais près d'elle étaient à présent deux... poissons. De taille humaine. Et ils portaient... des pistolets.

A un autre moment, peut-être la vision de créatures si ridiculement laides de la taille d'humains et se tenant comme tels m'aurait sans doute fait rire ; mais ils tenaient des armes de couleurs vives, ce qui me semblait être des armes, en tout cas, et lorsqu'il les pointa vers les deux jeunes femmes, l'épouvante m'envahit... Oui, oui, je ne peux que le reconnaître cette fois, car c'était Miné – et j'eus peur. Seulement, un instant plus tard, les poissons se retrouvaient... en tutus.
Tutus rose pâle. Bien taillés. Avec un large collant blanc à résille pour couvrir leur queue sur laquelle ils se tenaient debout. Tutus sur leurs écailles grises et gluantes de poissons laids.

La scène était des plus grotesques. Mais je n'eus même pas le temps de réagir de quelque manière que ce soit, que soudain, une alarme assourdissante se mit à sonner dans toute la pièce : « ALEEEERTE ! ALEEEERTE ! » Une lumière rouge s'était allumée sans que je ne vois aucune ampoule, elle éclairait par à-coup, j'apercevais à travers la vitre Miné et Katarina qui regardaient en tout sens comme si elles aussi entendaient l'alerte et c'était une énorme voix métallique qui criait ces mots, si fort que je n'aurais même pas pu m'entendre moi-même. Je grimaçai et allais porter mes mains à mes oreilles quand, tout aussi brusquement qu'elle s'était déclenchée et alors qu'elle ne résonnait que depuis quelques secondes, elle s'interrompit... et fut aussitôt remplacée par une musique sidérante, trop vive, trop joyeuse, mise à plein volume elle aussi et qui sonnait totalement en décalage avec ce qui était en train de se passer. Mais elle devait être officielle si elle avait été programmée comme la première alarme d'alerte ; une alarme, d'ailleurs, pourquoi ? Qu'est-ce qui s'était passé, qu'est-ce qui l'avait déclenché, les tutus apparus, les poissons, les pistolets ? Pourquoi des tutus étaient-ils apparus sur ces visqueuses créatures ? Pourquoi devais-je toujours porter cette affreuse tunique de jute ? Il était impossible de réfléchir à rien avec cette musique qui semblait emplir tout l'esprit et empêchait même de penser, je n'entendais toujours pas la voix de Nevar, des centaines de « blub » s'étaient élevées en même temps que la musique comme si les bulles, au-dessus de nous, s'affolaient, celle dans laquelle était Nevar rivalisait aussi, les poissons, de l'autre côté de la vitre, avaient à présent l'air tout aussi agités (si les poissons peuvent avoir l'air de quelque chose, mais ils remuaient leurs nageoires en tous sens et marchaient de tous côtés, tant et si bien qu'ils se rentraient dedans de temps à autres) que Miné et Katarina dont les têtes se tournaient souvent vers la vitre, mais sans paraître voir ce qu'il y avait derrière, mais au milieu de ce chaos, soudain... « J'ai une idée ! »
Preuve qu'il n'est pas nécessaire de s'embêter à réfléchir pour que jaillissent dans ma tête les fabuleuses idées du Grandiloquent Chevalier Akichi Sôma ! Celle du moment était très simple, encore que seul moi l'avait eue, donc que seul moi en était bel et bien capable : la paroi vitrée semblait transparente et fine, mais je ne pouvais pas la traverser et, de l'autre côté, mon assistante et l'amie de Nevar ne semblaient pas nous entendre, n'est-ce pas ? Or, il en était de même avec la bulle dans laquelle avait trouvé bon de se placer Nevar ! Si la matière de la paroi de verre et celle de la bulle étaient faites du même acabit, et que je ne pouvais traverser ni l'une ni l'autre, alors... L'une et l'autre pouvaient très certainement se traverser ! Il n'y avait que cela de possible !

« Ne bouge pas, Nevar ! » m'exclamai-je à l'adresse de mon ami tout en me plaçant derrière lui et la bulle et en posant les mains sur cette dernière. Celle-ci se mit à élever la voix, mais par-dessus la musique entêtante, les blubements des autres brusques et tout le reste de la joyeuse cacophonie, je l'entendais à peine et m'en souciais encore moins, c'est pourquoi je me mis à pousser la bulle... de toutes mes forces. J'étais fort mal vêtu quand il y avait des poissons en tunique de jute ; j'étais obligé de rester dans une pièce simple sans rien d'original quand Nevar était entré dans une bulle, il ne m'avait été accordé aucun bâton magique ni instrument qui m'auraient permis de faire de la magie ou au moins de me rhabiller quand lui le pouvait, et il ne m'avait même pas donné ses chouchous rouge d'Andrinople comme je le lui avais demandé : c'était dire combien ma désuétude était grande. Mais de l'autre côté de la vitre, il y avait Katarina et surtout Miné, qui nous attendaient. La prophétie, le narrateur et d'autres avaient parlé de princesses... Qui étaient-elles ? Nul n'avait jugé bon de nous l'apprendre. Mais moi, comme que princesses, les seules que je voulais sauver, c'était elles. Et mon idée fonctionnerait – elle était formidable, elle ne pouvait que fonctionner, c'était l'évidence même, il le fallait, je le voulais.

Alors, elle fonctionna. Je poussai la bulle contenant Nevar tant que je le pouvais jusqu'à la vitre, et au moment où j'appuyais encore, les sourcils froncés, grimaçant par l'effort car c'était dur, je dois l'admettre, contre la paroi, soudain, il y eut un petit « plop » – et sa moitié traversa la vitre. J'eus à peine le temps de m'écrier « Attends ! » et de plonger mes deux bras dans la bulle que, sans que je ne sache pourquoi, elle m'accepta enfin et je rejoignis Nevar à l'intérieur de la délicate sphère transparente... que son autre moitié finissait de passer à travers la paroi. Et, plop, la grosse bulle éclata et nous fûmes de l'autre côté de la vitre – sur une espèce d'étroite plateforme. Autour de nous des barreaux et l'air libre, deux poissons en tutu, et devant... Katarina et... Miné.



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Dresseur Unys

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Dim 15 Mar - 20:31
Pendant quelques instants, Raven est au moins soulagé. Comme sa vision se concentre sur le nouvel accoutrement des poissons, il ne prête aucune attention au fait qu'ils possèdent encore leur pistolet malgré tout. Il trouve même cela plutôt marrant parce que ça ressemble aux histoires qu'il se faisait dans sa tête avant de dormir quand il était plus petit. Des histoires où il pouvait absolument tout se passer, un peu comme tout ce qu'il se passe dans ce monde étrange. Cela lui donne un côté plutôt sympathique d'ailleurs. Cependant il n'a pas le temps de savourer vraiment cette situation car une musique s'enclenche très fort tandis que les gardes-poissons sont en train de hurler « alerte ». Le scientifique se met donc à paniquer parce qu'il s'imagine déjà les énormes gardes arriver pour finir de leur régler son compte et peut-être même lui donner à manger des poireaux comme tout à l'heure. La pire catastrophe qui le mettrait ko à tous les coups ; et ici il ne risque pas de trouver de la salade de fruit à manger.

Son inquiétude pour la moi de ce rêve s'en trouve amplifié. Il reporte son attention sur moi pour vérifier que je vais bien et constate que je me suis juste prostrée contre un mur avec l'autre femme. Cette dernière qu'il identifie désormais clairement comme étant Miné, la petite amie de Akichi, puisqu'il a prononcé son nom et qu'il serait stupide qu'il m'appelle moi par un autre nom alors qu'il me connaît. Raven n'a plus qu'une priorité désormais et c'est sortir de cette bulle, même s'il ne voit pas du tout comment il peut se débrouiller pour. Il a beau gesticuler dans tous les sens, rien n'y fait. Il arrive à peine à déformer la bulle, ce qui le désespère un peu. Il se dit déjà qu'il est piégé là à tout jamais et qu'il ne pourra jamais s'en sortir. Il décide donc de remettre sa vie entre les mains de son compagnon aux cheveux blancs dont il a vu qu'il sait faire preuve d'une grande ingéniosité si besoin. Enfin jusqu'ici, il a toujours su les sortir des situation les plus délicates avec une certaine intelligence.

Le brun se tourne vers lui pour voir si une idée de génie lui vient. Il le voit bouger les lèvres, mais il ne l'entend pas à travers la paroi de la bulle. Raven n'y connaît pas grand chose en dispersion des sons et ce genre de trucs, mais il se dit bien que ce n'est pas une petite bulle comme celle-ci ne devrait pas insonoriser ainsi. Mais puisqu'elles parlent, ce n'est certainement pas des bulles normales de toute façon. Le scientifique a soudain l'idée qu'il est peut-être dans son estomac et qu'il va se faire... Digérer ?! Oh non, c'est une idée trop affreuse, mais il n'arrive pas à l'écarter de son esprit maintenant qu'elle est arrivée.

C'est avec une certaine surprise qu'il voit Akichi se mettre à pousser la bulle. « Qu'est-ce que tu fais Kiki ? », mais bien sûr il ne peut pas l'entendre. Il n'en savait rien jusqu'ici, mais maintenant qu'il a vu que lui ne l'entendait pas, il n'a pas de mal à imaginer que l'inverse est vrai également. Comme il ne peut rien faire que d'être passif, il attend de voir ce que l'homme est en train de faire. Il s'approche de plus en plus de la vitre, derrière laquelle les poissons sont encore en train de s'agiter. La bulle finit par s'écraser contre la paroi en verre qui, par une magie que le dresseur ne saurait s'expliquer, accepte de laisser passer la bulle à travers elle. Dans le même moment Kiki parvient à entrer dans la bulle lui aussi. Raven l'aide à se hisser correctement à l'intérieur et en un rien de temps ils se retrouvent de l'autre côté, dans la même pièce que moi et Miné. La bulle explose à ce moment et les deux hommes se retrouvent déposés un peu brusquement sur le sol.

Raven se relève le plus vite possible. « Merci Kiki, t'es un génie ! », et il le pense pour le coup car il n'aurait jamais pensé qu'une chose pareille puisse marcher. Il n'aurait même jamais pensé à une chose pareille, tout simplement. Il se précipite ensuite vers moi.

« Katarina ! Tout va bien ?, il essaye de regarder si je ne suis blessé nulle part. Ils ne t'ont rien fait ?
Non, c'est bon, ne t'inquiète pas. »

Il demande ensuite à Miné si rien ne lui est arrivé à elle non plus et il ne semble pas. Je lui explique rapidement que nous nous sommes retrouvées toutes les deux emprisonnées ici sans savoir pourquoi, mais qu'ils ne nous ont jamais rien fait. « Au fait Miné, je m'appelle Raven, je suis un ami d'Akichi. Peut-être qu'ils vous a parlé de moi ? », parce qu'il trouve que c'est le bon moment pour se présenter comme ils ne se connaissent pas encore.

Seulement les poissons ne l'entendent pas de cette oreille. Ils se dressent fièrement sur leurs nageoires, pointant leurs pistolets dans notre direction, toujours habillé du tutu dont sa phrase semble les avoir dotés. Raven n'imaginait pas que ses paroles pouvaient avoir autant de force. De la force au point de modifier la réalité de ce monde étrange, il entend. Il se demande s'il peut recommencer alors il décide d'essayer quelque chose : « Le pistolet se transforme en petite trompette mignonne qui crache des nuages mignons qui nous mèneront hors de cette prison ! »

… Sauf que rien ne se passe. Evidemment, cela ne pouvait pas marcher à tous les coups. Tout ce que cela entraîne, c'est que les poissons sont décontenancés et qu'ils commencent à grogner et avoir des aires encore plus menaçants qu'avant. L'un d'eux tire même avec son pistolet tout prêt de la tête de Raven pour l'intimider. Le projectile laisse un gros trou fumant dans le mur derrière nous. Le scientifique est tout d'abord terrorisé, surtout qu'il n'a plus ses armes à part le triangle et qu'il a trop peur de l'utiliser. Il ne voudrait pas nous faire exploser et risquer de me blesser maintenant que nous sommes tous les deux. Du coup il se cramponne à mon épaule et se met dans une position de soumission par rapport aux poissons. Il décide également de mettre en garde son ami afin qu'il ne fasse pas de bêtises. « Tu ferais mieux de faire pareil Kiki... Il ne faut pas qu'ils risquent de blesser Katarina et Miné... »

Les poissons se sentent donc victorieux et décident de le menotter à un des barreaux. Raven regrette un peu ses paroles, puisque du coup il ne peut vraiment plus rien faire pour se sortir de cette situation. Mais surtout, il n'a pas envie que l'on me réserve le même traitement. Pour le moment il ne m'arrive rien, puisque les poissons sont en train de s'occuper de attacher Akichi. Le regard du scientifique, qui s'en veut un peu quand même de cette situation puisque c'est lui qui a sauté dans le ventre du poisson, voit son regard se détourner pour aller vers l'impact du projectile des poissons dans le mur. Un trou, dans un mur plein. Et si... Et si ils tiraient sur les barreaux, il se passerait quoi ?

« Hé les poissons !, la grande question maintenant est de savoir comment les provoquer... Euh... Euh...., sauf qu'il n'est vraiment pas doué pour ça, il ne sait pas du tout comment faire. C'est le blanc total dans sa tête. Aller, le premier truc qui vient... Quel est le comble pour un poisson ?, silence. C'est de pousser le bouchon un peu trop loin ! »

Un Cornèbre se fait entendre au dehors. Les poissons ont une face neutre qui prouvent qu'ils ne sont pas du tout réceptifs à la blague. Au mieux ils en sont outrés. C'est un peu ce que veut Raven, mais lui il considérait tout de même sa plaisanterie n'était pas si nulle que ça et il espérait au moins quelques rires. Au moins venant de moi pour lui faire plaisir, mais non. Je lui ai déjà dit d'arrêter de lire les blagues dans les carambars. Pour lui apprendre, il semble, un des poissons en tutu décide de lui tirer dessus, juste au dessus de la tête encore une fois. Sauf que comme c'est les barreaux cette fois, ça fait un gros trou. Le scientifique se débarrasse des menottes en passant les mains au dessus du trou et s'exclame : « On peut s'enfuir ! Vite Kiki ! Il faut faire passer les filles en premier ! »

De l'autre côté du mur de barreaux il y a une petite bande de ce qui semble être des écailles. Sûrement une autre partie du corps du poisson, mais elle semble assez stable pour que l'on puisse marcher dessus sans trop de risque. Il doit y avoir moyen de s'enfuir loin des poissons. Ces derniers sont d'ailleurs en train de s'énerver et commencent à menacer de nous tirer à nouveau dessus si nous bougeons encore. Raven se souvient alors de la remarque de Akichi à propos de ses élastiques quelques moments plus tôt. Il voulait les lui prendre car ils étaient de couleur rouge antilope. Sûrement qu'entre ses mains il pourra en faire quelque chose de très bien et les sortir de cette situation. Ni une, ni deux, l'écuyer s'en va bousculer les poissons pour les déconcentrer pendant qu'il se détache les cheveux et fourre ses élastiques entre les mains du chevalier. « Rouge antilope, comme tu les voulais ! Sauve-nous, chevalier Kiki, je suis sûr que tu pourras nous sauver avec eux ! Je m'occupe de porter les filles pour les faire passer de l'autre côté de la grille ! »



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Eleveur Kantô

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Dim 10 Mai - 22:31
Nevar se releva vivement en déclarant que j'étais un génie, ce qui était bien sûr vrai, mais j'étais ravi qu'il le reconnaisse enfin, d'autant plus que mon action géniale venait de le prouver au vu et au su de tous. À présent, nous étions tous les deux dans la petite plate-forme entourée de barreaux, en compagnie de poissons armés de pistolets, certes, mais ceux-ci étant à présent vêtus de tutus (tus), c'était comme si toute leur dignité leur avait été retirée (un poisson flasque en tenue de danseuse, cela n'a rien de digne !), et j'estimais donc que nous n'avions plus rien à craindre d'eux, du moins pour le moment. Ce qui était important, c'était surtout que nous étions aussi en compagnie de Miné et de Katarina ! Enfin, nous les avions rejointes ! Ignorant les poissons, je me précipitai donc auprès de mon assistante, tandis que Nevar faisait de même avec son amie. « Miné... » Mon assistante, mais surtout... Miné. Elles avaient eu l'air très surprises de nous voir, je le dis, en tout cas, parce qu'elles ouvraient de grands yeux lorsque nous avons surgi devant elles, ce qui confirme sans doute que quand nous étions de l'autre côté de la vitre, elles ne nous voyaient pas, mais à présent, elles souriaient. Je demandai à Miné si elle allait bien, elle me répondit qu'elle était soulagée ; je l'étais, moi aussi, énormément, de l'avoir retrouvée... Où avait-elle bien pu passer durant tout ce temps ? C'était donc les poissons qui l'avaient enlevée loin de moi ? Mais à présent, elle était là ! Tout était redevenu bien, il y avait enfin quelque chose de normal dans ce monde, c'était qu'elle était avec moi, et j'en étais si content que l'espace d'un instant, j'oubliai même que j'étais habillé de cette affreuse tunique de jute qui me couvrait depuis le début de ces aventures. En vérité, je ne l'oubliai pas vraiment puisqu'une seconde plus tard, je m'en souvins à nouveau, mais je plaquai les pans du long manteau blanc que j'avais pris dans les cuisines avec le Méganium fraise contre moi – où était-il passé, celui-là, d'ailleurs ? – et je savais après tout que Miné ne s'en soucierait pas.

Oh, c'est vrai que tu ne connais pas encore Nevar ! J'avais passé tant de temps avec lui, aujourd'hui, que je ne pensais même plus au fait que Miné ne l'avait encore jamais rencontré. Voici donc Nev... Raven Swan, et son amie Katarina. Bien sûr que je lui ai parlé de vous, ce sont ceux que j'ai rencontré dans la tour de Lavandia, tu sais.
Enchantée...
Vous devriez venir dans la boutique ! Vous pourriez mieux faire connaissance...

...Mieux qu'ici, car cette situation, en compagnie de poissons en tutus (j'osais à peine les regarder de peur de m'en trouver définitivement dégoûté ou bien de rire à gorge déployée : je croyais osciller entre les deux comportements), n'était tout de même pas très tranquille pour discuter. Constatant d'ailleurs que Nevar et nos deux amies se retournaient vers eux, je fis de même ; ceci pour voir... les poissons se redresser sur leurs nageoires et pointer leurs pistolets dans notre direction.

Des poissons flasques et laids, en tutus, pointant des pistolets à eau colorés vers nous. Cette fois, même mon dégoût ne put m'empêcher d'éclater de rire face au grotesque de la scène et je tournai la tête pour pouffer, ne cherchant plus à me retenir, tandis que Nevar renchérissait par une sorte d'incantation : des trompettes mignonnes qui crachent des nuages mignons ? Je me mis à rire de plus belle. Mais c'était sans compter le tir qui rugit soudain dans la pièce – un véritable tir de pistolet, qui me fit sursauter, je dois bien le reconnaître, et mit aussitôt fin à mon rire. Ils avaient... ils avaient... ils avaient... ils avaient tiré ? Ma main serrant celle de Miné, tout proche d'elle, je m'étais retourné vers eux et m'étais raidi. Décidément, ils étaient laids ; et leurs pistolets n'étaient pas des pistolets à eau... Je n'avais plus envie de rire. Il y avait un énorme trou fumant dans le mur. On aurait dit une scène de film, tellement tout était incongru... « Mais un film raté », marmonnai-je, parce que vraiment, personne ne voudrait voir des poissons habillés sur son écran de télé. Ma voix était à peine intelligible et je dois bien admettre que j'étais, allez savoir pourquoi, étrangement paralysé. Je vis Nevar s'aplatir sur le sol dans une position bizarre, et il m'engagea à faire de même ; « Tu te moques de moi ? » m'exclamai-je, stupéfait, ma voix ayant apparemment retrouvé sa force. Mais Miné se laissa glisser au sol, continuant de me tenir la main, et je fis alors de même. Elle me regardait, et elle avait l'air d'avoir peur ; elle serrait les lèvres...

Nevar se laissa attacher comme un vulgaire malfaiteur fait prisonnier, puis, les poissons voulurent passer à moi ; mais si je pouvais accepter de ne plus m'énerver contre eux, car leurs pistolets me paraissaient tout de même capable de dissuader, me laisser attacher, ça, ils pouvaient bien rêver dix-huit années d'un sommeil fiévreux qu'ils ne me verraient jamais me laisser faire ! Mon pouls s'accéléra quand ils allèrent vers moi et je commençai à me débattre, me plaquant le plus possible contre le mur comme essayant de reculer, mais fort heureusement, soudain, mes mouvements brusques durent leur faire peur car ces monstres de laideur s'immobilisèrent... et la voix de Nevar, qui résonna, dit une phrase dont je ne compris pas le sens.

Pousser le bouchon ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? demandai-je après un instant de silence.

Comme souvent avec Raven, cela semblait pourtant du bon français. Mais l'un des poissons lui tira brusquement dessus, ce qui me fit sursauter, me sortant de ma perplexité, le tir visait heureusement les barreaux au-dessus de sa tête et ceux-ci s'en trouvèrent troués ; l'homme aux couettes leva alors les bras en suivant les barreaux pour qu'ils passent par le trou, et il s'exclama : « On peut s'enfuir ! » Enfin, il était débarrassé des menottes, et nul ne me mettrait les miennes ! Les poissons regardaient partout autour d'eux et avaient l'air de ne pas comprendre ce qu'il se passait, Nevar avait attrapé Katarina et passait avec elle par le trou, Miné s'était déjà relevée et nous nous précipitâmes vers la sortie. Le sol et le mur, de l'autre côté, semblaient flasques et couverts d'écailles, c'était complètement répugnant, mais je songeai que cela valait déjà mieux que le vide qu'il y aurait eu devant nous si les poissons avaient tiré sur le mur d'en face ; j'eus néanmoins un mouvement de recul, et Nevar se tourna vers le groupe de poissons qui nous faisaient face, les pistolets dressés. Brusquement, celui qui était apparemment mon écuyer fonça dans le tas tout en se détachant les cheveux ; une tornade de chevelure brune et épaisse entoura son visage, tandis qu'il me tendait les deux chouchous rouge d'Andrinople que je lui avais demandé quelques temps auparavant. Je les attrapai aussitôt, mais le fixai un instant. « Que veux-tu que j'en fasse ? » C'était bien joli, de me les donner maintenant, mais je voyais mal comment il espérait que je nous sauve contre un gang de poissons à l'aide de deux élastiques à cheveux (de la plus belle des couleurs, certes !)

Peut-être, cependant, les poissons avaient-ils réalisés qu'en tant que Grandiloquent Chevalier, c'était peut-être de moi qu'ils devaient le plus se méfier, car l'un d'eux me tira soudain dessus. Je fis un bond de côté et de bond, mon cœur en rata un ; le tir ne m'avait pas touché, mais... « Mon manteau ! » L'un des pans de la longue veste récupérée dans les cuisines avait été troué ! Je me retournai avec violence face aux poissons qui me dévisageaient par-derrière la vitre. Mais le tir avait créé une nouvelle ouverture dans les barreaux, par laquelle Miné et Katarina, aidées de Nevar, commençaient à s'enfuir ; les poissons se mirent à marmonner entre eux, je dis "marmonner", car les sons qu'ils produisaient étaient complètement incompréhensibles et ressemblaient en fait au bruit produit par un vieillard à la voix grave qui essaierait de parler tout en buvant de l'eau (j'imaginais en tout cas que le son émis par le vieillard ressemblerait alors à ce que j'entendais), et dès que Katarina, la dernière, eut passé la grille, les poissons s'engouffrèrent à leur tour par les trous pour nous rejoindre. « Partons ! », m'exclamai-je, et je me mis à courir d'un côté du couloir, tant pis pour le sol mou désagréable ; mais du côté vers lequel je comptais aller, je réalisai soudain qu'une armada de gardes en rouge accourraient ! « Stop ! » criai-je en m'arrêtant aussitôt, tendant les bras sur les côtés. Avaient-ils été alertés par l'alerte de tout à l'heure ? Mais que devions-nous faire ? J'avais toujours les chouchous rouges en main, et alors que, de deux doigts, je commençais machinalement à jouer avec l'un d'eux, je me rendis soudain compte qu'il... s'étirait. Comme le faisaient tous les chouchous. Mais de manière inhabituelle.

J'échangeai un regard avec Nevar. Avait-il fait exprès...? Mais il s'étirait réellement, grandissant au fur et à mesure que mes deux mains le tendaient. « Nevar, regarde, c'est incroyable ! » m'exclamai-je brusquement, alors que l'élastique avait atteint la taille d'une corde. Mais ce n'était pas parce que j'avais une corde rouge d'Andrinople en main que je pouvais nous sauver ; cependant, nous étions encadrés d'ennemis qui accourraient de tous côtés vers nous, des gardes d'un côté, des poissons de l'autre : il fallait agir ! Et alors que je n'avais plus de temps pour réfléchir et que tous les regards, très certainement, étaient centrés sur moi, qui fus alors si éblouissant, je m'écriai : « Don't worry, mes amis, je vais nous sauver ! », tout en faisant tourner autour de ma main l'élastique-corde que j'avais encore étiré et de le lancer vers le banc de poisson qui marchaient à la manière d'un lasso. Le groupe d'animaux à nageoires se trouva aussitôt immobilisé, entravé dans la corde, ce qui nous libéra un côté du couloir par lequel Miné, Katarina, Nevar et moi pûmes nous élancer. Nous courions, nous courions comme nous le pouvions, mais le sol mou nous ralentissait ; j'avais toujours le deuxième élastique dans les mains et je l'étirai un peu, mais je ne savais pas qu'en faire. Je ne voyais pas comment arrêter les gardes qui nous poursuivaient de la même manière que les poissons, car ils couraient trop vite. Brusquement mon regard fut attiré par une pile de serviettes de tables posées sur le sol. Des serviettes qui n'étaient non pas rouges, mais... rose fuchsia à pois blancs.

Quelle faute de goût ! m'écriai-je, terrassé.

Elles étaient pourtant le seul objet présent dans ce couloir écailleux, et les gardes arrivaient vers nous. Je n'eus qu'une seconde pour agir, mais je me devais de l'employer, car, oui, j'étais bien le Chevalier ; alors, je me saisis de l'une des serviettes de la pile, et je la tendis devant moi... puis la fis tourner. Un peu comme l'élastique-corde-lasso avant de le lancer. Ou les couettes de Nevar quand il s'était mis à voler.

Et on fait tourner les serviettes...



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