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C-GEAR
Dim 19 Fév - 22:12
Elle parut étonnée de sa réponse, au point que Vlad commença à se demander s'il était le seul à se soucier de ce genre de choses. Comment expliquer sa réaction autrement ? A lui tout était d'une telle évidence, il ne comprenait pas qu'Elizabeth n'ait pu deviner ce qui l'embarrassait à ce point. Ou bien était-elle surprise de l'entendre lui, cet homme si digne, accepter de s'abaisser pour elle ? Et si c'était cela, est-ce qu'elle le prenait comme une forme d'affection ou de faiblesse ?
Elle ne répondit pas de suite, mais quand elle le fit elle se montra volubile. Ce fut à son tour d'être surpris ; loin de reconnaitre la légitimité de son embarras, elle lui assura qu'il n'avait pas lieu d'être. Les arguments qu'elle avançait étaient étonnamment personnels, ce qui le surprenait et le mettait un peu mal à l'aise. Oui il avait été le premier à s'ouvrir à elle sur ce qu'il pensait, il était normal qu'elle en fasse de même... Mais cette soudaine familiarité entre eux le déconcertait. Est-ce qu'il l'appréciait cependant ? A vrai dire, oui. L'amour qu'elle lui témoignait le... touchait ? Hum, le terme était peut-être un peu fort, mais c'était pratiquement cela. Il n'avait plus entendu de mots si doux dans la bouche de quelqu'un depuis qu'on l'avait arraché à sa mère. Et qu'ils viennent de sa Dame, celle qui lui donnait le courage de mettre sa vie en danger tous les jours, lui insufflait un plaisir qui lui coupa toute envie de débattre avec elle.

Il resta silencieux quand elle se tut. Il ne savait pas quoi répondre, à part qu'il comprenait ce qu'elle voulait dire. Il continuait de penser qu'elle méritait mille fois mieux que ce qu'elle avait actuellement, mais au moins pouvait-il cesser de s'inquiéter qu'elle en conçoive de l'amertume. Il arrivait d'ailleurs à soutenir son regard si déterminé, et ce fut elle qui le détourna en premier. Elle semblait un peu gênée ; comme lui, elle devait trouver que ce soudain déballage ne leur ressemblait guère.
Elle revint prendre position devant le plan de travail et se saisit d'une carotte et d'un économe. Il la regarda droit dans les yeux alors qu'elle les lui tendait et eut un sourire volatile à ces mots. Elle essayait de rendre la situation moins pitoyable qu'elle ne l'était et il décida de ne pas gâcher ses efforts.


« Peut-être. » Il saisit ce qu'elle lui présentait. « Je doute toutefois que ce soit aussi goûteux. »

Il lui fallut une minute pour comprendre ce qu'il était censé faire de l'économe et il s'évertua à éplucher, de façon éminemment brouillonne. Il esquissa des rictus d'agacement alors que l'appareil refusait de glisser ou retirait une couche trop épaisse de légume et se sentit affreusement ridicule. Toutefois, Elizabeth ne lui montra pas si elle pensait la même chose et travailla à côté de lui d'une main plus assurée. Il leur fallut une vingtaine de minutes pour préparer le repas, et à force le sentiment d'humiliation s'apaisa. Finalement il vit que cela lui permettait de partager du temps avec sa femme, de créer quelque chose avec elle. Un peu à l'image de cette vie qu'ils se construisaient patiemment.

« Auriez-vous du vin Elizabeth ? » demanda-t-il en sortant les verres d'un placard. Bien qu'il dût se nourrir davantage depuis que son corps avait pris une morphologie de sportif, le repas n'en restait pas moins une corvée à ses yeux et il se contentait souvent du strict minimum ; en revanche, boire à table était toujours un plaisir.

Elle lui indiqua l'emplacement des bouteilles et il en choisit une avec soin. Il lui semblait redécouvrir à chaque fois le plaisir d'un bon crû, après toutes ces années de restriction à St Eustache. Il alla pour la servir, puis se souvint qu'elle était enceinte et que ce n'était peut-être pas recommandé. Il l'interrogea du regard, la bouteille légèrement penchée vers son verre. Pour le coup, il devait bien reconnaitre son ignorance des restrictions inhérentes aux grossesses.
Quand ils se furent installés avec leurs assiettes pleines, Vlad goûta le vin avant toute chose. Il en apprécia le goût prononcé et esquissa un sourire satisfait en le reposant. Puis, il prit une bouchée du plat et le trouva convenable. Ce qui, au vu de son peu d'intérêt pour la nourriture, était suffisant.


« J'y pense, avez-vous l'intention d'employer du personnel ? » demanda-t-il soudainement. « Vous en aurez sûrement besoin si votre affaire venait à se développer, mais cela pourrait représenter une contrainte supplémentaire pour venir vous voir. »
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Coordinateur Kantô

C-GEAR
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Région : Kanto
Dim 9 Avr - 8:58
La gêne de leurs déclarations respectives laissa vite place à une certaine complicité alors qu’ils préparaient ensemble un repas. Un acte simple et pourtant emplie de valeurs aux yeux d’Elizabeth. C’était le premier acte « banal » qu’ils partageaient, après donc avoir conçu un enfant et exécuté son mari. Décidément ils avaient une manie de faire les choses à l’envers…

Elle observa sans commentaire la gaucherie de son homme face à une carotte et prit conscience que cela était sans doute la première fois qu’il s’essayait à la cuisine. La jeune femme fut pris d’une bouffée de fierté de le voir faire ces efforts pour elle. Fière de ce couple qu’ils construisaient envers et contre tous.

Une dizaine de minutes plus tard le repas était finalement prêt. Vlad lui demanda si elle avait du vin, en bonne amatrice, la question ne se posait même pas. On lui avait fortement déconseillé de ne pas boire une goutte d’alcool pendant sa grossesse et dans sa volonté de bien faire associée à son perfectionnisme naturelle elle respectait cette consigne à la lettre. Elle gardait donc bien au chaud de bonnes bouteilles à savourer dès la naissance passée. C’était l’un des seuls plaisirs qui lui manquaient véritablement avec la cigarette. Elle lui répondit donc que sa « cave » se trouvait à côté du frigo. Elle leur trouverait un endroit plus approprié une fois qu’elle serait mieux installée.

Pendant ce temps, la future mère prit le temps de mettre la table et de servir les assiettes. Cela faisait maintenant des semaines qu’elle mangeait seule et ce simple geste l’emplit d’une joie simple. Elizabeth avait pris l’habitude de manger accompagnée chez les Livingstone et même si elle ne regrettait absolument pas ces moments, la solitude finissait par la rattraper par moments. Il arrivait de temps en temps que Charles, Elodie ou certains Livingstone l’appréciant l’invite ou vienne chez elle mais ce n’était guère régulier.

Ils s’installèrent l’un en face de l’autre, l’ambiance aurait été presque romantique si ils n’étaient pas entouré de carton de déménagement. Mais cela n’avait guère d’importance, ils étaient ensemble et c’était tout ce qui importait.
Vlad lui tendit alors le vin, le regard interrogateur.


« Juste de quoi y tremper les lèvres, ce n’est pas tellement recommandé pour une femme enceinte mais il me serait insupportable de ne pas trinquer à cette superbe soirée » lui répondit-elle avec un sourire satisfait.

Une fois servie, ils trinquèrent à l’avenir et commencèrent à manger. Le plat n’était certes pas de première qualité mais Elizabeth n’avait jamais eu tellement confiance en ses talents de cuisinière. En revanche le goût du vin provoqua en elle un frisson de plaisir et elle du se faire violence pour ne pas se resservir. L’alcool lui manquait plus encore que ce qu’elle pensait.

« J'y pense, avez-vous l'intention d'employer du personnel ? » demanda soudainement le comte « Vous en aurez sûrement besoin si votre affaire venait à se développer, mais cela pourrait représenter une contrainte supplémentaire pour venir vous voir. »

Elle ne répondit pas de suite, prenant le temps de terminer de mâcher avant de prendre la parole, il ne fallait pas qu’elle paraisse grossière devant lui.

« En effet, ce n’est pas pour tout de suite mais d’ici l’accouchement je souhaiterais prendre quelqu’un, la pension devra continuer à tourner et je ne souhaite absolument pas que notre fils soit lésé par mon investissement dans l’entreprise. » elle s’interrompit, le regard un peu rêveur « Plus tard même il se pourrait que j’essaye même d’ouvrir un second établissement si les affaires fonctionnent ».

Elizabeth avait bien conscience qu’il fallait prendre une chose après l’autre et que son premier établissement ainsi que la réputation de la franchise soit bien établis avant de songer à ouvrir d’autres établissements. Il y’avait donc encore beaucoup de travail mais elle se prenait parfois à rêver d’un véritable empire d’élevage. Elle avait toujours été un peu envieuse de la portée de l’entreprise de textile des Livingstone.

« Mais il est sûr que cela risque de compliquer les choses pour nous voir et ça même avec notre cave... Surtout si nous continuons à utiliser ce système de code avec votre rapasdepic. » Elle marqua une pause, elle n’avait jamais été vraiment d’accords avec ce système de communication à sens unique. « Je ne voudrais pas gâcher ce moment, je n’attends donc pas de réponse tout de suite. Je ne connais rien du train de vie que vous menez actuellement mais manifestement vous chercher à m’en protéger et peut être que votre refus est justifié. Sachez seulement que je pense qu’il serait véritablement plus simple et équitable que vous ayez un portable pour que nous puissions nous tenir au courant et organiser nos rencontres… » Elle fit un geste pour arrêter toute tentative de réponse. « Nous verrons ça plus tard, profitons simplement si vous le voulez bien » termina-t-elle avec un sourire avenant en reprenant une bouchée.

« Dites-moi, comment se portent vos pokémons ? Je n’ai pu les voir qu’une fois lors de l’attaque de la ligue mais j’ai souvenir d’un Nidoking et d’un Herbizarre ébène mais vous devez peut être en avoir d’autres ? Si ce que vous avez à faire représente un quelconque danger je préfère vous savoir bien entouré. »



Ava par Sae et Signature par Vlad, merci à vous ;)

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C-GEAR
Mar 2 Mai - 20:39
« En effet, ce n’est pas pour tout de suite mais d’ici l’accouchement je souhaiterais prendre quelqu’un, la pension devra continuer à tourner et je ne souhaite absolument pas que notre fils soit lésé par mon investissement dans l’entreprise. »

Il approuva d'un signe de tête. Déjà qu'il n'aimait pas l'idée que sa femme travaille, elle lui serait encore plus pénible si son fils devait être pénalisé. Il savait qu'il était nécessaire qu'Elizabeth gagne sa propre subsistance car lui-même ne rapportait pas encore assez pour les mettre à l'abri du besoin, mais si elle pouvait déléguer les basses besognes à d'autres il en serait ravi.

« Plus tard même il se pourrait que j’essaye même d’ouvrir un second établissement si les affaires fonctionnent. » ajouta-t-elle, l'air songeuse.

Il leva un sourcil circonspect. Il était surpris du plaisir que cette entreprise semblait procurer à sa Dame ; même si ses origines prolétaires expliquaient un peu qu'elle ne soit pas farouchement réfractaire au travail, elle semblait y trouver davantage de satisfaction qu'à manipuler son entourage et tuer ses époux. Il se demandait bien ce qui pouvait tant lui plaire là dedans et en quoi trimer pour survivre pouvait lui donner un tel sourire... puis il se souvenait que ses propres missions pour le compte de la Team Rocket n'étaient pas aussi détestables qu'il se l'était imaginé. Peut-être que les aristocrates répugnaient le monde du travail car ils pouvaient se permettre de s'en éloigner, ce qui faisait une différence de plus entre eux et les basses classes. Encore un élément de son éducation que Vlad remit un instant en doute, ce qui lui procura une sensation particulièrement désagréable d'effritement.


« Mais il est sûr que cela risque de compliquer les choses pour nous voir et ça même avec notre cave... Surtout si nous continuons à utiliser ce système de code avec votre rapasdepic. »

A son ton et à la manière dont elle insista sur les termes "système de code", Vlad comprit tout de suite qu'elle avait quelque chose à y redire. Il fronça les sourcils ; certes ce système n'était pas satisfaisant car ils ne pouvaient s'envoyer des messages précis et c'était à sens unique, mais il s'agissait là d'une nécessité pour la protéger. Il attendit qu'elle développe son argument (car nul doute elle s'apprêtait à le faire) avec l'intention de rester ferme.

« Je ne voudrais pas gâcher ce moment, je n’attends donc pas de réponse tout de suite. Je ne connais rien du train de vie que vous menez actuellement mais manifestement vous chercher à m’en protéger et peut être que votre refus est justifié. » Il approuva d'un signe de tête. Au moins en était-elle consciente. « Sachez seulement que je pense qu’il serait véritablement plus simple et équitable que vous ayez un portable pour que nous puissions nous tenir au courant et organiser nos rencontres… »

Un portable ? C'était inenvisageable. Trop traçable, trop facile à mettre sur écoute, le lien entre eux serait d'autant plus aisé à découvrir et à remonter. Il s'apprêtait à lui exposer ces arguments mais elle leva la main, lui indiquant qu'elle ne souhaitait pas de réponse pour l'instant. Elle voulait simplement profiter de ce moment, dit-elle avec un sourire. Vlad estimait qu'elle venait de le perturber suffisamment en amenant ce sujet sur le tapis mais il obtempéra avec un léger grognement. Soit, de toute façon cette histoire allait être vite réglée, encore plus si elle oublait d'en reparler par la suite. D'ailleurs elle changea tout à fait de sujet :

« Dites-moi, comment se portent vos pokémons ? Je n’ai pu les voir qu’une fois lors de l’attaque de la ligue mais j’ai souvenir d’un Nidoking et d’un Herbizarre ébène mais vous devez peut être en avoir d’autres ? Si ce que vous avez à faire représente un quelconque danger je préfère vous savoir bien entouré. »

Ah, c'est vrai qu'elle appréciait également le dressage Pokémon. Il se rendit d'ailleurs compte qu'il n'avait aucune idée des Pokémon dont elle disposait elle-même, à part donc Lilith qu'il venait de lui offrir. De la même façon qu'elle s'inquiétait de le savoir bien entouré, il se demanda soudain si elle avait des armes suffisamment puissantes pour se défendre si quelque chose tournait mal. Mais d'abord, répondre à sa question.

« Vous avez bonne mémoire, je détiens effectivement un Nidoking et mon Herbizarre chromatique est désormais un Florizarre. Ce sont de loin mes compagnons les plus puissants et les plus loyaux, je leur confie souvent la garde de ma vie. » Il fit rouler le vin dans son verre avant d'en boire une gorgée. C'est vrai, il avait bien évolué ces derniers mois : il avait dû compter sur ses Pokémon plus d'une fois pour sa sauvegarde, ce qui lui avait appris à faire confiance à d'autres êtres que lui-même. Cela le rendait plus fort, il l'admettait. « Mes autres compagnons sont des forces de la nature mais je doute toujours de leur fidélité, aussi je ne les utilise qu'en dernier recours. Il y a encore un travail de dressage à faire avec eux, d'ailleurs je m'occupe de celui d'un Leviator actuellement. Ce n'est plus qu'une question de temps. »

Un sourire carnassier passa fugacement sur ses lèvres. Il ne pouvait se cacher qu'il prenait grand plaisir à ce travail : asseoir sa domination sur l'émissaire de la Marée, le voir chaque jour se rebeller un peu moins et obéir un peu plus, entendre ses râles de souffrance si semblables à ceux qu'il avait pu pousser à cause de ses migraines, tout cela lui inspirait une véritable jubilation. Autant Vlad prônait sans réserve la préservation de l'instinct naturel des Pokémon pour le combat, autant il voulait détruire toute individualité chez ce démon marin pour imprimer en lui sa volonté et uniquement sa volonté. Il voulait éradiquer de manière définitive la phobie qui l'avait étreint toutes ces années.

« Au vu de l'entreprise que vous avez bâtie, je suppose que vos compétences en dressage ne s'arrêtent pas à ce que j'en ai vu lors du tournoi Grenadine... toutefois je n'ai jamais vu l'un de vos propres Pokémon. Même chez vous d'ailleurs, aucun ne semble garder la pension. » Il y avait un léger reproche dans son ton. N'avait-elle donc aucune prudence ? Et si en ce moment même quelqu'un approchait de la bâtisse ? « De quoi disposez-vous ? » Il pensa soudain à quelque chose et ajouta : « J'y pense, si vous pouviez élever un Pokémon capable de communiquer par la pensée peut-être pourrait-il être votre moyen de communication avec moi. Je ne dispose pas d'un Pokémon ayant une telle capacité donc je ne puis en faire autant, mais au moins cela reste bien plus discret qu'un téléphone et nos conversations ne pourraient être interceptées... Dans ces conditions, je serais disposé à accepter que vous puissiez me joindre vous aussi. »

Ce n'était pas encore optimal car lui ne pourrait pas prendre l'initiative de la conversation, mais peut-être que cela calmerait suffisamment Elizabeth pour qu'elle oublie cette histoire de portable. Par la suite il n'aurait qu'à se trouver un Pokémon pouvant en faire de même et le dresser pour qu'il puisse transporter des messages, même si cela prendrait beaucoup de temps.
Contrairement à sa Dame, il ne pouvait pas y consacrer ses journées.
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Coordinateur Kantô

C-GEAR
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Région : Kanto
Mar 15 Aoû - 19:04
Comme Elizabeth s’y attendait la proposition d’un portable pour qu’ils puissent communiquer provoqua un grognement renfrogné chez son homme. Il avait présenté une telle réticence à cette idée la dernière fois qu’ils en avaient parlée qu’elle se doutait qu’il n’avait pas changé d’avis entre temps.

Cependant il se plia à sa proposition de laisser cette question de côté le temps de leur soirée, conscient sans doute que cela annoncerait un houleux débat et se concentra sur la question de ses pokémons. Manifestement il était véritablement très fier de ses compagnons et à juste titre puisque l’intérêt d’Elizabeth redoubla lorsqu’il prononça le mot « chromatique » c’était donc bien ce dont elle s’était douté en se remémorant les évènements de l’attaque terroriste. C’était un véritable trésor que possédait le comte et maintenant qu’il était devenu un Florizarre l’éleveuse ne doutait absolument pas de son potentiel.

Mais son homme ne s’était pas arrêté-là et le regard de la jeune femme s’anima d’une lueur de fierté lorsqu’il énonça qu’il possédait également un Nidoking et qu’il était en train d’élever un Léviator. Deux créatures dont la réputation n’était plus à faire, autant sur le plan de la puissance que de la violence dont elles pouvaient faire preuve. Cela en faisait des pokémons particulièrement difficile à élever à moins de les apprivoiser dès leur plus jeune âge et encore les anecdotes décrivant la brutale soif de violence d’un léviator à la suite de son évolution n’étaient pas si rares.


« Et bien je suis impressionnée, je ne peux qu’être rassurée sur l’avancée de votre projet. Peu en importe la nature vous avez avec vous des pokémons puissants… »

Et dangereux, à un point que si elle n’était pas pleinement assuré de la capacité de Vlad à être intransigeant dans son dressage elle aurait demandée à constater elle-même leurs fidélités.

« Au vu de l'entreprise que vous avez bâtie, je suppose que vos compétences en dressage ne s'arrêtent pas à ce que j'en ai vu lors du tournoi Grenadine... toutefois je n'ai jamais vu l'un de vos propres Pokémon. Même chez vous d'ailleurs, aucun ne semble garder la pension. » reprit-il avec un ton de reproche avant d’enchainer sans lui laisser l’occasion de rétorquer « J'y pense, si vous pouviez élever un Pokémon capable de communiquer par la pensée peut-être pourrait-il être votre moyen de communication avec moi. Je ne dispose pas d'un Pokémon ayant une telle capacité donc je ne puis en faire autant, mais au moins cela reste bien plus discret qu'un téléphone et nos conversations ne pourraient être interceptées... Dans ces conditions, je serais disposé à accepter que vous puissiez me joindre vous aussi. »

Oh ? C’était effectivement une solution qui pourrait aller et Rose pourrait tout à fait convenir à ce genre de mission. Il suffirait de renforcer un peu son entrainement dans ce sens puisque la Kirlia ne pouvait que projeter des images à ce jour et certains sons.

« Vous ne devez pas avoir vu mes prestations lors des concours de coordination alors.» lança-t-elle comme une petite pique en réponse à son reproche « Je compte parmi mes compagnons les plus proche un Arbok dont la fidélité m’est complètement acquise, un Steelix ainsi qu’une Kangourex. » Énuméra-t-elle non sans fierté avant de sortir une pokéball. « Et enfin pour terminer de vous rassurer voici Rose, ma Kirlia qui a pour mission de sonder le terrain régulièrement et de m’informer de tout changement, que ce soit le départ d’un de mes pensionnaires ou d’une intrusion. »

Un mince laser rouge libéra la pokémon de sa demeure pour la matérialiser sur le sol. La créature gracile s’étira avec élégance avant de poser sur Vlad son regard si particulier, celui qui vous donne la sensation de sonder votre âme à travers vos yeux.
Elizabeth avait toujours eu un rapport un peu unique avec Rose, contrairement à tous ses autres pokémons elle était la seule à être venue vers elle, c’était la seule qui malgré le temps, les entrainements et les communications restait mystérieuse. L’éleveuse lui vouait une confiance absolue et cette dernière l’avait d’ailleurs sorti de mauvais pas de nombreuses fois.


« Comme tous les membres de sa race elle est télépathe mais elle n’est pas encore capable de s’exprimer directement par des phrases mais peut aisément projeter des images mentales, des sons ainsi que des émotions. Cela nous suffira amplement et j’axerais son entrainement sur cet aspect pour la suite. »


Elizabeth sentit le regard de Rose sur elle et une arrogance s’insinua en elle, un sentiment que l’éleveuse dissocia immédiatement de ses propres pensées. Avec le temps elle avait appris à identifier ce que lui envoyait sa pokémon.
« Tu veux lui faire une démonstration ? » demanda Elizabeth en pensée et la Kirlia hocha de la tête accompagnée d’une poussée mentale affirmative. Oui décidément, elle allait devoir privilégier cet aspect à la télékinésie car elle s’y prenait comme un éléphant dans un magasin de porcelaine pour le moment.

La future mère se concentra, elle savait précisément ce qu’elle voulait montrer à son mari, un moment qu’elle regrettait de n’avoir pu partager avec lui. Elle se remémora le souvenir de sa dernière échographie, laissant remonter à elle les sentiments de joie et d’allégresse qui l’avaient saisis lorsqu’elle avait vu les images s’afficher sur le moniteur. Un sourire se dessina sur ses lèvres qu’elle y ajoutait alors les images mentales de l’échographie et les sensations du petit donnant des coups contre son ventre. Elle prit le temps d’en faire un tout cohérent pour que ça ne ressemble pas à un amas de stimuli.
Elizabeth sentait Rose à la bordure de son esprit, attentive à l’opération qu’effectuait sa maîtresse. Elle se tenait régulièrement en cet endroit et elles avaient finie par lier une connexion mentale quasi naturelle.

La Kirlia s’imprégna alors du tout avant de se tourner vers Vlad et de lui transmettre. Pour Elizabeth c’était en quelque sorte le baptême du feu car la pokémon psychique n’avait encore jamais servis d’intermédiaire d’humain à humain et si elle avait confiance en ses capacités elle n’oubliait pas que la créature avait une façon d’aborder le monde et d’envisager les choses assez différente des hommes.


« Est-ce que cela vous convint ? »

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Ava par Sae et Signature par Vlad, merci à vous ;)

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C-GEAR
Lun 21 Aoû - 15:52
Vlad aima la fierté qu’il lut dans les yeux de sa femme. Il l’aima même tellement qu’il se rendit compte que c’était la première fois de sa vie qu’il la voyait dans les yeux d’un autre. La seule qui eut porté un regard positif sur lui était sa mère et jamais il n’y avait vu cela. De la tendresse, de l’affection, de l’inquiétude, du désespoir, oui. Mais jamais cela. Et Vlad comprit, aux sentiments de plaisir et d’assurance décuplée qu’il ressentit, que c’était bien mieux que tout le reste.

Quand il lui posa des questions sur ses propres Pokémon, lui reprochant en filigrane de ne pas assurer suffisamment sa sécurité, Elizabeth le mit devant le fait qu’il ne s’intéressait pas à ses prouesses en coordination. Il sentit que comme lui elle avait un petit reproche dans la voix mais il le laissa passer sans se justifier. C’était un fait, la coordination ne l’intéressait absolument pas et il ne jugeait pas utile de regarder ce que sa femme pouvait faire dans ce domaine. Si cela l’amusait tant mieux, pour sa part il n’y voyait pas d’intérêt.


« Je compte parmi mes compagnons les plus proche un Arbok dont la fidélité m’est complètement acquise, un Steelix ainsi qu’une Kangourex. » Oh, intéressant. Elle aussi semblait apprécier les Pokémon puissants ou intimidants, même s’il l’aurait davantage vue avec des Pokémon rusés ou discrets. En ce sens, l’Arbok lui paraissait un très bon Pokémon pour elle. « Et enfin pour terminer de vous rassurer voici Rose, ma Kirlia qui a pour mission de sonder le terrain régulièrement et de m’informer de tout changement, que ce soit le départ d’un de mes pensionnaires ou d’une intrusion. »

Mais qui est actuellement dans sa Pokéball, pensa-t-il sournoisement. Il se garda toutefois de faire cette réflexion à voix haute car Elizabeth semblait très fière de lui présenter ses Pokémon et il ne tenait pas à la vexer. D’autant qu’il n’y connaissait rien en Pokémon psy, peut-être qu’ils étaient tout à fait capables de sonder leur environnement à travers leur Pokéball et il ne voulait pas étaler son ignorance.
Sa Dame libéra la créature. Elle était chétive, assez insignifiante, mais le regard intelligent qu’elle posa sur lui le convainquit que c’était dans son esprit qu’il fallait chercher sa force.


« Comme tous les membres de sa race elle est télépathe mais elle n’est pas encore capable de s’exprimer directement par des phrases mais peut aisément projeter des images mentales, des sons ainsi que des émotions. Cela nous suffira amplement et j’axerais son entrainement sur cet aspect pour la suite.

- Très bien. Si elle sait se montrer discrète, cela peut être un bon moyen pour que vous puissiez communiquer avec moi.
» concéda-t-il. Des images, des sons et des émotions, cela suffisait pour se prévenir en cas d’urgence ou si au contraire la situation était propice à se voir. Il était rassuré de savoir que désormais Elizabeth serait capable de l’informer s’il arrivait quoi que ce soit à elle ou à leur fils.

Pendant quelques secondes Vlad perçut qu’il était exclu d’une sorte de conversation entre Elizabeth et sa Kirlia : elles se regardaient, hochaient la tête et ce sans le moindre bruit. Est-ce que cela ressemblait à ce qu’il pourrait avoir avec Pandore si celle-ci acceptait de lui ouvrir son esprit ? Il pourrait éventuellement poser quelques questions à sa Dame pour lui demander comment elle était parvenue à dialoguer à distance avec son Pokémon comme ça. Il voyait bien l’intérêt d’un tel lien, notamment dans le cadre de son statut d’infiltré au sein de la Team Rocket, et même s’il ne faisait pas confiance à Pandore il lui semblait intéressant d’établir une telle connexion avec un autre Pokémon. Il aurait adoré le faire avec King, si celui-ci en était capable…

Soudain, alors qu’il était plongé dans ses réflexions, il sentit très nettement une présence inconnue pénétrer dans sa tête et lui imposer de voir et de ressentir des choses extérieures à lui-même. Pendant un instant il en fut complètement affolé et il chercha à chasser l’intrus, pensant que celui-ci cherchait à percer à jour tous ses mensonges, mais rapidement il identifia que ce qu’on lui montrait appartenait à Elizabeth. Aussi, malgré l’inconfort persistant que cette présence étrangère lui inspirait, il se calma un peu et prit le temps d’observer ce qu’on lui faisait ressentir. Il connut un sentiment de bonheur très nouveau, différent de tout ce qu’il avait pu vivre, et se sentit un peu submergé. Cela ne ressemblait pas à la manière dont lui-même éprouvait du plaisir, cela provoquait des stimuli différents dans son corps ; était-ce donc ainsi que sa Dame éprouvait de la joie ? Il fut ensuite effrayé par la sensation de coups de pied qu’elle lui transmettait et il sentit terriblement ce que cela faisait d’avoir quelque chose de « autre » en soi. Puis il s’habitua un peu et comprit que cela puisse plaire à Elizabeth, non pour la sensation en soi (qu’il trouvait assez désagréable) mais pour la réalité que cela donnait au bébé. Il vit ensuite l’échographie, cherchant à comprendre à quoi correspondait cet amas de pixels, et reconnut soudain une silhouette qui lui donna un frisson. Là, pour la première fois, il voyait son fils.

Comme c’était souvent le cas depuis qu’il avait rencontré Elizabeth, Vlad ressentit quelque chose qu’il n’avait presque jamais connu de sa vie : il était ému. Emu véritablement, pas juste vaguement secoué comme il l’avait été quand on lui avait annoncé la mort de Dana. Non, là, il le savait, la vue de son fils déclenchait en lui quelque chose que les psychiatres le pensaient incapable de ressentir. Il n’aurait pu mettre de mot sur ce qu’il éprouvait ; de la joie ? de la fierté ? de l’affection ? Un peu de tout, mais surtout la conviction que cet instant était de ceux qui s’imprègnent profondément dans la mémoire et qui peuvent changer un homme. D’ailleurs il se sentait un peu changé : maintenant qu’il mettait un visage (ou du moins quelque chose qui y ressemblait) sur son fils, il cessa de le considérer comme le simple héritier Grey que son sang aristocrate lui sommait de fournir. Il perçut soudain qu’il s’agissait d’un autre être humain, une moitié de lui et l’autre d’Elizabeth, et que cet être humain allait avoir comme lui des réflexions, des désirs, des choix à faire et des sentiments pour les autres. Pour lui, notamment, et cela le troubla. Il pensa à ce que lui-même éprouvait pour son père ; un mélange de rancœur et de dégoût, dans lequel ne se trouvaient ni respect ni affection. Il craignit soudain de pouvoir inspirer la même chose à son enfant, et comme pour Elizabeth il se rendit compte que l’image qu’il avait de lui-même allait maintenant aussi se définir par la manière dont son fils le percevrait. Il ne suffisait plus qu’il soit fier de lui-même pour être en accord avec son être : il allait falloir qu’Elizabeth d’abord, mais son fils aussi le soient. Le poids de cette nouvelle donnée lui tomba lourdement sur les épaules.


« Est-ce que cela vous convient ? » demanda sa Dame.

Il ne réussit tout d’abord pas à répondre, trop tourné vers lui-même pour se raccrocher au monde extérieur. Puis ce furent les mots qui lui manquèrent et il se prit le bas du visage dans la main. Comment exprimer ce déluge de sensations qui tourbillonnait en lui ? Comment expliquer à sa femme à quel point cette expérience venait de le retourner, de lui ouvrir un champ de perspectives aussi fascinantes qu’effrayantes, de remettre en question le fonctionnement même de son mode de pensée ? Il ne pouvait tout simplement pas. Ou peut-être en les lui envoyant, comme elle venait de le faire pour lui.
Il ne repoussa pas la présence inconnue, la laissa s’imprégner de sa confusion émue et de sa conviction que quelque chose avait changé en lui. Il ne savait pas comment le Kirlia s’y prenait pour prendre ces infos en lui et il n’était même pas sûr qu’il allait communiquer tout cela à Elizabeth d’une manière intelligible, mais il le laissa faire s’il le voulait.


« C..Cela me convient. » finit-il par dire. Il ne voyait pas quoi ajouter de plus, sa réserve le lui empêchait.

Tout encore à cet expérience, Vlad continua de manger sans trop parler, l’air songeur. Il commençait à se demander si tout ce qu’on lui avait répété depuis l’enfance n’était pas qu’un énorme ramassis de conneries. Toute sa vie, il l’avait fondée sur quelques idées clés qu’il pensait inébranlables : il contrôlait tout, il n’éprouverait jamais d’émotions ou d’affections fortes, la sauvegarde du nom Grey était la chose la plus importante. Et voilà maintenant qu’il se retrouvait chez les Rocket, finalement plus aussi sûr du bien-fondé de son plan et de sa capacité à le mettre à exécution sans heurt, capable d’éprouver de l’amour pour une femme et de découvrir des sentiments inconnus auprès d’elle, et commençant à entrevoir que peut-être recouvrer sa gloire en tant que Comte n’était pas la meilleure chose qu’il puisse faire pour sa femme et son fils. Cela le perturbait, et cela encore était étrange. Jamais Vlad ne s’était senti aussi perdu dans ce qu’il voulait ou ressentait. Et il détesta profondément ça.

Quand ils eurent terminé de manger et débarrassé la table, il avait suffisamment repris contenance pour reprendre une conversation véritable. Ça, au moins, n’avait pas changé : il pouvait facilement recouvrer son sang-froid s’il le désirait.


« Ma chère, il est encore une question qu’il nous faut résoudre le plus tôt possible, et ce avant même votre accouchement. Aux yeux des Livingstone notre fils fait partie de leur famille, et même si cela me révulse je suppose que vous ne pourrez les empêcher de venir le voir et de se comporter avec lui comme avec un parent. Je consens à ce sacrifice, s’il vous permet de garder votre couverture, mais un point me préoccupe. Qu’en sera-t-il quand l’enfant sera en mesure de s’exprimer ? Ne pourrait-il pas nous compromettre s’il lui venait à l’esprit de parler de moi en présence des Livingstone… ? »

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Ven 1 Déc - 22:12
Elizabeth patienta, observant avec attention la réaction de Vlad face aux émotions qu’elle venait de confier à Rose. Elle n’avait pas de doute sur la capacité de Rose à les restituer fidèlement, elles étaient maintenant liées depuis longtemps et avaient découvert ce que pouvait être la grossesse ensemble finalement. Lorsque la pokémon se nichait dans son esprit, l’éleveuse savait qu’elle pouvait savoir avec précision ce qu’elle ressentait.

Le visage de son homme se mua, passant d’un état à l’autre avec un air absent, comme-ci ce que lui envoyait la Kirlia l’absorbait trop pour qu’il puisse prêter attention à ce qui l’entourait. Ses expressions s’enchainaient passant de ce qui semblait être de la surprise à de la joie et même peut être de l’inquiétude.

Après quelques instants la lueur violacée caractéristique s’évanouis du regard de Rose, signe que la transmission était terminée et Vlad sembla replongé brutalement dans la réalité. L’œil un peu hagard il ne répondit pas lorsqu’elle lui demanda ce qu’il en avait pensé et se contenta de prendre son visage entre ses mains.
Après quelque instant sans réponse Elizabeth commença à s’inquiéter, elle ne l’avait jamais vu aussi bouleversé, aussi… perdu ? Un coup d’œil vers la Kirlia l’informa que tout c’était bien passé. Mais bien par rapport à quoi ? Peut-être fallait-il un rapport particulier avec le pokémon télépathe pour que la communication se passe sans dommage. Comment avait-elle pu négliger une telle chose avant de se lancer dans cette expérience ?!


« Vl… » Amorça-t-elle en se rapprochant de lui avant qu’un flash brouille son esprit, l’envahissant à son tour de sensation et d’image mentale étrangère. Elle n’avait jusque-là échangé qu’avec Rose, qui elle-même avait calquée une partie de sa façon de penser sur son esprit. Elle en prenait d’autant plus conscience en comparant avec ce que Vlad lui envoyait. Ses émotions étaient courtes, incisives et se bousculaient dans un flot qui la bouscula. Elizabeth put y distinguer un mélange complexe d’incompréhension, de fierté mais aussi d’une espèce de colère dirigée envers sa famille (Elle reconnut notamment Alister Grey qu’elle avait déjà rencontrée par le passé.)

Rose, n’étant pas habituée à cet esprit étranger avait pioché ce qui lui avait semblait important par rapport à l’intensité des émotions qu’il avait ressentis pour essayer de les restituer mais tout était encore confus. Elle sentit un sentiment profond, un attachement inébranlable qu’elle associa… à elle-même ? Etait-ce que Vlad ressentait pour leur couple ? Elizabeth se sentis galvanisée par ce flot puissant de fierté et se laissa complètement emporter.
Et puis plus rien.

Rose avait interrompu la transmission, coupant la vanne de ces délicieuses émotions et renvoyant la future mère à la réalité. Elle comprenait l’état d’hébétement que devait avoir ressentis Vlad juste avant, elle avait un sentiment de pesanteur, de vide après avoir éprouvé tant de stimuli.


« C..Cela me convient. » finit-il par dire, avant de commencer à manger.

Suivant le mouvement, Elizabeth entama le repas, tentant d’ancrer dans sa mémoire ce qu’elle venait de vivre. Elle avait eu un aperçu des émotions de Vlad, de son esprit, son être profond. Cette idée lui plaisait énormément, d’autant plus venant d’un homme si secret et qui finalement, n’était pas aussi insensible qu’il voulait le faire croire.


Elle était touchée qu’il accepte de partager ça avec elle, l’éleveuse savait que sa kirlia n’aurait extirpée de force toutes ces informations s’il ne l’avait pas voulu. Pour le moment du moins.
Le repas se passa sobrement, ne faisant que des commentaires inintéressants sur ce qu’ils mangeaient, l’un comme l’autre n’étaient pas encore prêt à reparler de ce qu’ils venaient de vivre.

« Ma chère, il est encore une question qu’il nous faut résoudre le plus tôt possible, et ce avant même votre accouchement. Aux yeux des Livingstone notre fils fait partie de leur famille, et même si cela me révulse je suppose que vous ne pourrez les empêcher de venir le voir et de se comporter avec lui comme avec un parent. Je consens à ce sacrifice, s’il vous permet de garder votre couverture, mais un point me préoccupe. Qu’en sera-t-il quand l’enfant sera en mesure de s’exprimer ? Ne pourrait-il pas nous compromettre s’il lui venait à l’esprit de parler de moi en présence des Livingstone… ? » reprit Vlad, changeant de ce sujet.

Elizabeth lui en fut reconnaissante de relancer la discussion, diable ce qu’elle pouvait perdre sa contenance lorsqu’il s’agissait de lui ! Cependant la question qu’il venait de lui poser était pour le moins… épineuse. La veuve noire y avait longtemps réfléchis sans pour autant trouver de réponse satisfaisante. Mentir à l’enfant sur qui est véritablement Vlad mais continuer à le voir régulièrement ? Cela lui serait probablement insupportable et aurait comme limite que les Livingstone finirait tout de même pas avoir vent qu’elle voit un autre homme. Elle pourrait bien entendu faire durer le suspense pendant un temps, sous-entendre qu’effectivement elle voyait quelqu’un même si cela déplairait à une partie de la famille. Mais ils pourraient fouiner et de toute façon finiraient par demander à le rencontrer.
Impossible.


« Vous soulevez une question délicate à laquelle je n’ai malheureusement pas trouvée de réponse. Je ne crois pas que l’on puisse faire suffisamment confiance à un enfant pour lui demander et s’assurer qu’il n’en parle pas. Je pourrais faire illusion pendant un temps s’il venait à révéler qu’un homme venait me rendre visite mais cela ne tiendrait qu’un temps. Entre Elodie Livingstone qui s’accroche à moi et les autres qui ne m’apprécie pas et qui n’hésiterait sans doute pas à fouiner ce n’est pas viable. » elle marqua une pause. « Cette situation ne sera pas pérenne bien entendu, je compte m’éloigner d’eux mais c’est un processus qui prendra du temps si je ne veux pas paraitre coupable, d’autant plus avec la naissance qui replacera le projecteur sur moi. » Elle réfléchit « Peut-être que la véritable solution est celle d’un déménagement lointain, ils pourront certes venir me voir mais cela diminuera drastiquement les interactions… »

Disparaitre complètement de leur vie prendrait du temps car elle ne devait surtout pas attirer les soupçons. D’autant plus qu’elle savait que Mary, son ex belle-mère ne la portait pas dans son cœur. Les deux femmes ne s’étaient jamais grandement appréciées, la première jugeant que la deuxième ne s’occupait de toute façon pas assez bien de son fils adorée, qu’elle en voulait probablement à son argent. Mais depuis sa mort elle semblait avoir développée une antipathie profonde pour Elizabeth, au point de se persuadée qu’elle avait quelque chose à voir avec le meurtre de Charles, entrainant même certains Livingstone avec eux.

« Mais peut-être avez-vous réfléchis de votre côté à une solution ? Votre mission top-secrète vous donne peut-être accès à des privilèges pouvant nous être utile.»
demanda la jeune femme avec une pointe d’ironie.

Elizabeth comprenait bien que Vlad pense nécessaire de garder pour lui certaines informations, d’autant plus si cela venait à compromettre sa sécurité mais elle ne pouvait s’empêcher de chercher à découvrir qu’est-ce qu’il pouvait bien faire. D’autant plus que si cela avait le potentiel d’être un danger pour elle c’était qu’il pouvait très bien représenter un danger pour lui aussi et elle apprécierait de ne pas se retrouver veuve.


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Dim 21 Jan - 22:11
Elizabeth s’empressa de lui emboiter le pas quand il relança la conversation, même si elle s’était montrée très silencieuse durant le repas. Elle aussi avait semblé un peu perturbée par cet étrange échange de sensations, ce qui amenait Vlad à penser que la Kirlia lui avait bel et bien transmis ce qu’il ressentait. Elle n’avait toutefois pas fait le moindre commentaire, comme lui. Ils étaient décidément aussi pudiques l’un que l’autre quand il s’agissait de parler de leurs émotions.

« Vous soulevez une question délicate à laquelle je n’ai malheureusement pas trouvée de réponse. » dit-elle. Vlad esquissa un rictus discret ; ainsi, elle non plus n’avait pas de solution miracle. « Je ne crois pas que l’on puisse faire suffisamment confiance à un enfant pour lui demander et s’assurer qu’il n’en parle pas. Je pourrais faire illusion pendant un temps s’il venait à révéler qu’un homme venait me rendre visite mais cela ne tiendrait qu’un temps. Entre Elodie Livingstone qui s’accroche à moi et les autres qui ne m’apprécie pas et qui n’hésiterait sans doute pas à fouiner ce n’est pas viable.

- Probablement pas, non.
» approuva-t-il. Il ne doutait pas que leur enfant serait un être intelligent mais il ne serait pas capable d’appréhender les enjeux de ce secret avant d’avoir atteint un certain âge. D’ici là, les chances qu’il vende la mèche étaient trop grandes. Un homme inconnu dans la vie d’Elizabeth aurait tôt fait d’attirer la curiosité, si ce n’est la suspicion.

« Cette situation ne sera pas pérenne bien entendu, je compte m’éloigner d’eux mais c’est un processus qui prendra du temps si je ne veux pas paraitre coupable, d’autant plus avec la naissance qui replacera le projecteur sur moi. »

Elle s’interrompit pour réfléchir. Que l’enfant soit considéré à tort comme celui de Charles était vraiment pénible sur bien des aspects… Même si cela aurait créé d’autres problèmes cela aurait été sans doute plus simple si Elizabeth avait révélé avoir une liaison et divorcé de son mari, mais lui et sa Dame n’auraient pu se résoudre à une solution aussi banale. Ils étaient des êtres exceptionnels, ils ne pouvaient choisir autre chose qu’un dénouement spectaculaire.


« Peut-être que la véritable solution est celle d’un déménagement lointain, ils pourront certes venir me voir mais cela diminuera drastiquement les interactions… » continua la jeune femme.

Vlad opina, un peu surpris que ce soit Elizabeth qui fasse cette proposition. Ne tenait-elle pas à cette pension qu’elle était en train de monter ? Il n’aurait pas hésité à lui suggérer l’idée s’il s’avérait que c’était la meilleure, mais jamais il n’aurait imaginé qu’elle y penserait d’elle-même. C’était dire à quel point elle tenait à lui et à leur fils… La réciproque allait de soi, après tout Vlad n’avait plus grand-chose à quoi tenir à part cette ébauche de famille, mais pour Elizabeth ce n’était pas aussi évident. Il était fier que sa Dame ait le même sens des priorités que lui.
Elle poursuivit, avec cette fois dans la voix quelque chose d’un peu acide :


« Mais peut-être avez-vous réfléchis de votre côté à une solution ? Votre mission top-secrète vous donne peut-être accès à des privilèges pouvant nous être utile. »

Lui reprochait-elle de ne pas lui faire assez confiance pour la mettre dans la confidence ? Lui faisait ça pour son bien, pour qu’elle ne devienne pas une cible de la Team Rocket au cas où quelque chose tournerait mal. Mais… il pouvait comprendre sa déception. Il n’aimerait pas non plus qu’elle fomente quelque chose dans son dos, il ne pourrait s’empêcher d’être inquiet. Peut-être bien qu’il devrait lui en parler, un jour…

« Malheureusement non. » répondit-il sans relever la pique. « Il y aurait éventuellement possibilité de me présenter à l’enfant sous une autre identité que celle de son père. Je pourrais être un cousin éloigné, par exemple. Cette solution présente toutefois quelques lacunes, la plus évidente étant que les Livingstone pourraient se demander qui est ce parent inconnu qui n’est jamais venu vous voir jusque-là, pas même à votre mariage. Je pense donc comme vous que l’éloignement géographique reste la meilleure solution. »

Même pour lui, ce serait le plus simple. Certes il lui faudrait plus de temps et de moyens pour aller dans une autre région rejoindre Elizabeth entre deux missions, mais au moins il ne serait plus directement sous les yeux de la branche kantoienne de la Team Rocket. Si les échanges d’information entre les différentes régions étaient peu développés, il n’aurait même pas besoin de prendre autant de précautions pour aller voir sa Dame.

« Cette possibilité n’est toutefois pas envisageable dans l’immédiat. Personne ne comprendrait que vous abandonniez ce projet de pension maintenant qu’il est si avancé, cela pourrait créer des soupçons et faire passer votre départ pour une fuite. Il faudrait donc quelque chose de progressif… Cela vous laisse deux ou trois ans, peut-être, tant que notre fils n’est pas capable de parler correctement. Si c’est bel et bien la solution que nous finissons par adopter. »

Il faudrait qu’ils prennent le temps de se mettre d’accord sur ce sujet de la plus haute importance, mais là tout de suite Vlad n’en avait pas envie. Cela faisait tellement, tellement longtemps qu’il n’avait plus vu sa Dame… Il aspirait à profiter de sa présence autrement.

« Allons nous installer quelque part où nous pourrions discuter sans que vous ne vous fatiguiez, si vous le voulez bien. » Il tendit légèrement le bras pour qu’elle puisse s’y accrocher. « C’est la première fois que nous avons réellement l’occasion de parler sans que le temps ne joue contre nous. Je souhaiterais que vous me parliez davantage de vous. »
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Dim 17 Juin - 11:34
Elizabeth attendit avec une petite pointe d'appréhension la réponse de Vlad, elle s'était laissée entrainer par cette rancœur qu'elle traînait depuis des mois et craignait que cela entame cette soirée qui commençait si bien. Il avait ses raisons, elle devait juste lui faire confiance. Facile à dire pour une fille qui avait jusque là battis sa vie autour du mensonge et de la tromperie.
Heureusement il ne sembla pas se formaliser de cette pique et lui répondit tranquillement. Presque trop tranquillement ne put s'empêcher de penser la jeune femme avec amertume.


« Malheureusement non. Il y aurait éventuellement possibilité de me présenter à l’enfant sous une autre identité que celle de son père. Je pourrais être un cousin éloigné, par exemple. Cette solution présente toutefois quelques lacunes, la plus évidente étant que les Livingstone pourraient se demander qui est ce parent inconnu qui n’est jamais venu vous voir jusque-là, pas même à votre mariage. Je pense donc comme vous que l’éloignement géographique reste la meilleure solution. »

«Sans compter que malgré les années et vos transformations physiques, le risque qu'ils vous reconnaissent reste trop grand...»
glissa Elizabeth pour appuyer ses propos.

« Cette possibilité n’est toutefois pas envisageable dans l’immédiat. Personne ne comprendrait que vous abandonniez ce projet de pension maintenant qu’il est si avancé, cela pourrait créer des soupçons et faire passer votre départ pour une fuite. Il faudrait donc quelque chose de progressif… Cela vous laisse deux ou trois ans, peut-être, tant que notre fils n’est pas capable de parler correctement. Si c’est bel et bien la solution que nous finissons par adopter. »

Donc il en venait à la même conclusion, la seule véritable solution serait l'éloignement, une forme de fuite en soit. Si seulement elle pouvait faire disparaitre tout ces nuisibles, ils pourraient simplement profiter d'une vie paisible... Enfin, si la société ne pouvait accepter que de tels monstres habitent en leur sein, ils se construiront un chez soi eux-même.
Deux ou trois ans avant que leur fils ne présente un véritable risque, cela était largement suffisant pour préparer un éloignement franc et surtout sûr. Elle avait déjà une petite idée derrière la tête pour accélérer les choses, il faudrait aussi qu'ils réfléchissent à un endroit précis, suffisamment éloigné mais qui reste agréable. Eviter, les pics de Frimapic par exemple...



« Allons nous installer quelque part où nous pourrions discuter sans que vous ne vous fatiguiez, si vous le voulez bien. » reprit Vlad, la sortant de ses rêveries en tendant le bras vers elle « C’est la première fois que nous avons réellement l’occasion de parler sans que le temps ne joue contre nous. Je souhaiterais que vous me parliez davantage de vous. »

« Vous avez raison, profitons simplement de ce moment ensemble» répondit Elizabeth en s'appuyant sur son bras avec douceur, balayant ses réflexions autour de son départ, ils auront bien assez de temps pour le penser. «Allons nous installer dans ces fauteuils que vous avez proposé tout à l'heure pour discuter» continua la jeune femme, profitant de leur étreinte pour l'entrainer avec elle.

Ainsi il souhaitait qu'elle lui parle d'elle ? Qu'avait-il en tête ? Il n'y avait, pour Elizabeth, rien d'intéressant à raconter avant leur rencontre. Son enfance de roturière était loin d'être flatteuse et la jeune femme essayait plutôt de l'oublier. Ses débuts frileux dans le business de la mort ? Il n'avait d'intéressant que sa rencontre tout à fait fortuite avec Charles qui avait pu l'emmener jusqu'ici par la suite.

« Que souhaitez-vous savoir exactement ? Je doute que les détails futiles vous intéresse vraiment ? »

« Parlez-moi de votre famille dans un premier temps » répondit-il sobrement.

Une grimace s'immisça sur le visage de la future mère. Ainsi il souhaitait vraiment la connaître, même dans sa bassesse. Elizabeth soupira, laissant filer la crispation de son visage pour laisser place à une nouvelle détermination. Très bien, si c'était ce qu'il voulait.


« Très bien, comme vous le savez je viens de la famille des Taylor. Un nom d'une banalité affligeante pour une famille qui l'est tout autant. Ma mère était infirmière, mon père un ancien sportif de haut niveau de ce que j'en ai compris car je ne l'ai jamais connu autrement que comme l'homme alcoolisé et violent qu'il était devenu. » Elizabeth s'interrompit afin d'organiser sa pensée. « Ma mère était ce que certain appelle une "sainte". Une idiote à mon sens qui était entièrement dévoué à sauver les autres, quitte à se laisser dévorer, pourrir et mourir. C'est ce qu'elle fit d'ailleurs. »

Une grimace revint marquer le visage d'Elizabeth à cette évocation. Ce n'était pas de la tristesse mais plutôt un fantôme de la colère qui l'avait habité à cette période là, sourde et destructrice.

« Elle finit par développer un cancer du pancréas, l'un des plus fulgurant selon les médecins mais qui prit quand même 5 mois à l'achever. 5 mois d'agonie. J'avais 16 ans. » continua-t-elle avec détachement. « Je ne vous ai encore jamais parler de ma sœur si je ne m'abuse. Il y'a une bonne raison à ça puisqu'elle qui représentait au bas mot ma bouée de survie après le décès de ma mère et pour faire face à mon père m'abandonna peu de temps après. Je ne l'ai plus jamais revu après ça, j'ignore même si elle est encore vivante. »

Après toutes ses années elle aimerait pouvoir dire que cela ne l'atteignait plus et si elle arrivait effectivement à en faire une complète abstraction dans sa vie quotidienne elle se rendait bien compte que replonger dans ses souvenirs restaient pénible. Ce passé était symbole de l'échec à ne jamais reproduire, d'une longue descente aux enfers qui l'avait forgée, affutée comme une lame que le forgeron frappe coup après coup. Avec le recul peut-être pourrait-elle être reconnaissante envers cette enfance de lui avoir permit d'obtenir cette clairvoyance sur le monde et cette force mais le prix qu'elle avait dû payer avait été beaucoup trop grand.

« Enfin bref, je me suis retrouvée seule avec mon père, promise à aucun avenir véritable étant une élève médiocre dans un contexte familiale qui l'était tout autant. Du moins jusqu'à ce que le destin m'offre une occasion de m'en sortir. Mon père était alcoolique depuis près de 20 ans maintenant et finit par faire un coma éthylique. Ce n'était pas le premier et j'avais naturellement appris à le mettre en sécurité dans des cas comme celui-ci mais ce jour-là, je pris soudainement du recul sur ma situation. Je me suis alors rendu compte que cet homme ne m'avait apporté que des mauvaises choses et que m'en débarrasser serait une délivrance. Il m'a alors suffit de ne pas lui porter secours et d'attendre sagement qu'il crève. » Elle marqua une pause pour rythmer son récit. « Par la suite j'ai pu découvrir lucratif commerce de l'héritage et que l'adolescente que j'étais a pu s'extraire de la fange pour chercher à respirer de l'air plus frais. »

C'était résumé mais Elizabeth jugeait qu'elle en avait déjà mis en valeurs les grands lignes. De toutes façon cette histoire n'était pas terrible, il n'était pas nécessaire de s'attarder plus que nécessaire dessus. Vlad n'était probablement pas le genre de personne à apprécier avoir le moindre détail.

« Cela vous convient-il ou peut-être que vous aimeriez certaines précisions ? Tant que nous sommes dans le sujet je serais moi aussi curieuse d’en apprendre un peu sur votre enfance, je n’ai eu d’écho de cette période que la vision des Livingstone et autant vous dire qu’elle n’était pas à votre avantage... » demanda-t-elle une fois son histoire finie.




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Mar 24 Juil - 21:53

Sa Dame approuva son initiative et posa sa main sur son bras. A être ainsi Vlad se fit la réflexion qu’il aurait aimé pouvoir sortir ainsi avec elle, en plein jour, pour afficher la grandeur de leur couple devant des regards craintifs et respectueux. Elizabeth méritait d’inspirer ce sentiment chez les autres.
Il se laissa conduire jusqu’aux fauteuils et prit garde à ce que sa compagne soit confortablement assise avant de s’installer à son tour, non loin d’elle.


« Que souhaitez-vous savoir exactement ? Je doute que les détails futiles vous intéresse vraiment ?

- Parlez-moi de votre famille dans un premier temps.
» demanda-t-il en se tournant de trois quarts vers elle, tout à fait dédié à la conversation.

Il ne lui avait pas fallu longtemps pour décider du premier sujet à aborder. En fait, il s’agissait d’une curiosité qu’il entretenait depuis un moment et qui était naturelle pour un aristocrate. La famille, c’était important. Non pas bien sûr comme la populace vous le dira avec leurs obsessions stupides pour l’amour familial, mais parce que c’était ce qui définissait votre mode de pensée et vos objectifs dans la vie. Vlad en était le parfait exemple : s’il commençait à remettre ces certitudes en doute, il avait tout de même passé sa vie à se préoccuper de l’image de sa famille et du devoir qu’elle faisait peser sur ses épaules. Il ne l’avait pas vécu comme un fardeau, non, mais comme une force directrice qui devait guider ses faits et gestes. Faire honneur à sa famille, c’était la raison de vivre d’un homme. Et même si son dévouement glissait actuellement des Grey à la famille qu’il construisait avec sa Dame, il s’agissait toujours de la valeur à laquelle il tenait le plus et qui était la plus profondément ancrée en lui.

Il ne fut pas surpris toutefois de voir un rictus apparaitre sur le visage de sa femme. Elle avait honte de venir du peuple, Vlad en avait bien conscience, et était sûrement agacée qu’il le lui rappelle. Peut-être n’avait-elle pas grand-chose à dire à ce propos (ou ne le voulait-elle pas, non plus) car une famille de bas lignage ne pouvait pas avoir une histoire très intéressante, mais Vlad tenait quand même à en savoir plus. Ne serait-ce que parce qu’il s’enquérait du sang qui coulait dans les veines de son futur fils, ainsi que des relations que sa Dame entretenait avec ses proches.

Même si c’était sûrement à contrecœur, Elizabeth entama son récit. Vlad l’écouta attentivement, sans un mot ni une réaction, et les informations s’enregistrèrent une à une dans sa mémoire. Sa mère travaillait, ce qui était plutôt choquant en soi, et ironiquement elle avait passé sa vie à sauver celle des autres quand sa fille allait la passer à leur donner la mort. Une idiote en effet. Vlad ne comprenait pas comment on pouvait se dévouer ainsi à préserver la vie de parfaits inconnus, i fallait avoir bien peu d’amour propre pour ne pas s’occuper de sa propre réussite. Quant à son père, Elizabeth ne l’avait connu que noyé dans l’alcool et prompt à donner des coups. Un raté, donc. Vlad comprenait mieux pourquoi sa Dame semblait si peu enclin à lui parler de parents aussi honteux.
Par contre, il apprit avec une certaine surprise qu’Elizabeth avait une sœur. Effectivement elle n’en avait jamais parlée, et pour cause. Malgré tout Vlad restait étonné : il s’était imaginé tout naturellement que sa Dame était enfant unique comme lui car elle avait le caractère de ceux qui ont pu se développer pleinement, sans avoir eu à se battre pour se faire leur place dans leur famille. Le Comte n’avait en réalité aucune idée de ce que c’était que de faire partie d’une fratrie, c’était tout simplement inenvisageable chez les Grey. Qu’en aurait-il été s’il y avait eu un deuxième enfant pour concentrer les espoirs de sa lignée ? Beaucoup de choses auraient été bien différentes, sans doute.

Elizabeth lui narra enfin son premier meurtre, si l’on pouvait appeler ça ainsi. Son propre père donc. Le Comte ne se sentait pas choqué par ces révélations : lui-même entretenait un désir de mort très puissant à l’encontre de son propre géniteur et il comprenait très bien que l’on veuille se débarrasser d’une présence à la fois si importante et si toxique dans sa vie. Toutefois, Vlad avait bien l’intention de le tuer de sa propre main, pas le laisser agoniser comme sa Dame avait pu le faire. Mais lui n’en était pas à son premier mort après tout.
Elle s’arrêta finalement. Il n’y avait donc rien d’autre à dire sur sa famille selon elle.


« Cela vous convient-il ou peut-être que vous aimeriez certaines précisions ? » demanda-t-elle, quoi qu’il lui en coûta. Cela avait eu l’air déjà suffisamment pénible de lui expliquer tout cela, mais Vlad lui était reconnaissant de rester ouverte à ses questions. « Tant que nous sommes dans le sujet je serais moi aussi curieuse d’en apprendre un peu sur votre enfance, je n’ai eu d’écho de cette période que la vision des Livingstone et autant vous dire qu’elle n’était pas à votre avantage... »

Il esquissa un sourire narquois à cette idée.

« Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’apporter plus de précisions. J’ai appris ce que je voulais savoir, et je comprends que vous rechigniez à m’en parler. Je vous remercie de vous être prêtée au jeu. » Il prit un instant de réflexion. Pouvait-il vraiment tout dire à sa femme ? Il n’était pas homme à s’épancher sur sa vie privée et ne croyait pas au principe du pas-de-secret-entre-nous. Toutefois, il reconnaissait que sa curiosité était légitime et comme elle avait satisfait la sienne, il pouvait bien faire de même pour elle. « Je suis disposé à vous parler de ma famille, en effet. »

Il s’installa davantage dans le fond de son fauteuil. Autant qu’il se mette à l’aise, cela allait être long.

« Comme vous le savez sans doute, je suis issu d’une longue lignée de Kantô. Je ne vous referai pas la généalogie complète car ce n’est sans doute pas ce qui vous intéresse, mais sachez simplement que ma famille a toujours été aristocrate, bien qu’elle ait parfois changé de titre au cours du temps. Depuis un siècle au moins nous sommes comtes de père en fils et il ne s’agit pas là d’une formule : mes ancêtres des cent dernières années n’ont toujours eu qu’un unique héritier de sexe masculin. Mon grand-père et mon père n’ont pas dérogé à cette règle. »

Il y a sans doute eu des filles ou des fratries dans le lot, la nature n’étant pas aussi bien réglée, mais de cela aucune trace dans les registres officiels. Simplement des nouveaux héritiers, de temps à autre, quand un enfant Grey venait à trouver prématurément la mort.

« Ma mère vient d’une riche famille de joailliers. Les Livingstone de mon père, si vous préférez : aucun titre, simplement une grande fortune à apporter en dot. Cela fait plusieurs générations que cela se passe ainsi, l’argent s’épouse. C’était ce que j’étais supposé faire aussi avec la cousine de votre ex-mari. » Même si, par chance, Blair Livingstone avait eu un peu plus d’intérêt que la simple bourse qui allait avec elle. Vlad se disait parfois qu’il était quand même dommage qu’elle soit morte. « Mes parents se sont mariés alors qu’ils ne se connaissaient pratiquement pas et n’avaient aucune affinité l’un avec l’autre. Mon père s’occupait des responsabilités liées à son rang, même si mon grand-père restait le patriarche de la famille, et ma mère s’occupait de moi. Je crois que c’était tout ce qui importait pour elle, elle était malheureuse sinon. »

Il parlait d’elle sans aucune émotion. Pourtant, qu’il l’avait désirée ! Et qu’il avait eu conscience de son désespoir, aussi. Surtout quand que les psychiatres avaient diagnostiqué sa psychopathie, Vlad avait nettement senti sa mère se rapprocher encore un peu plus du gouffre. Et pourtant, malgré toute l’importance qu’elle avait eu dans sa vie, Vlad parlait d’elle aussi calmement que s’il s’agissait de son dernier repas. Dana était morte et appartenait à un passé où il ne connaissait pas encore la saveur des vrais sentiments. Les pulsions d’adolescent qu’il ressentait pour elle n’étaient rien comparé à l’amour qu’il éprouvait aujourd’hui pour son interlocutrice.

« J’ai été élevé dans la plus pure tradition aristocratique. J’ai appris à aimer mon nom, mon sang, mes ancêtres et l’héritage que je représentais. Entretenir la gloire de ma famille devait être mon seul objectif et mon père et mon grand-père s’en sont assurés. Du moins, jusqu’à ce que je devienne adolescent et que l’on me diagnostique psychopathe. » Son sourire se fit légèrement haineux. « De ce jour, j’ai été considéré comme la tare de ma lignée. L’enfant maudit. Mon grand-père n’a plus voulu entendre parler de moi et mon père m’a fait ressentir jusqu’à mes vingt ans que j’étais son échec. Ma mère, au contraire, s’est occupé de moi plus encore qu’avant. C’était ridicule. Comme si des médecins pouvaient me connaître mieux que moi, comme si un Grey pouvait être déficient. Ils ont tous trahi leur sang en se détournant de moi. »

Il s’interrompit. C’était très étrange. Jamais il n’avait autant parlé de lui et jamais il n’avait abordé ces sujets avec quiconque. Avec qui de toute façon ? Il n’y avait eu personne avant cela avec qui il eut voulu partager le fond de sa pensée. Il fixa son regard dans celui d’Elizabeth et son sourire se détendit un peu.

« Je ne suis pas habitué à entrer dans des considérations aussi personnelles, je m’excuse si je vous ai incommodé. Du reste je n’ai plus grand-chose à vous dire, vous connaissez déjà la suite il me semble. C’est amusant, si je puis dire, de voir que nos deux familles nous ont profondément déçus. Au moins ne seront-elles pas un frein pour nous. »


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